Désert

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Plateau de l'Assekrem, dans l'extrême sud de l'Algérie.
Désert rocheux
Reg, désert de roches. Adrar mauritanien.

Le mot désert désigne aujourd’hui une zone stérile ou peu propice à la vie, en raison du sol impropre, ou de la faiblesse des précipitations (moins de 250 mm par an).

Un paysage désertique se reconnaît à son aspect dénudé sur de vastes surfaces, sans présence humaine réellement importante.

Définition[modifier | modifier le code]

Au-delà de son éventuel sens qui est : un désert est un endroit vaste et avec très peu d'habitants, le mot désert désigne également quelques réalités proches.

Le mot désert désignait en ancien français non pas des étendues vides de végétation, mais toute vaste zone inhabitée et non cultivée par l’Homme, en particulier les forêts profondes qui abritaient par exemple des moines ermites qui « allaient au désert » pour y vivre en méditation. À titre d’exemple l’ancien Hainaut franco-belge (pagus Fanomartensis) était probablement encore au XIe siècle presque couvert par la vaste forêt Charbonnière, elle-même relique de l’immense forêt d’Ardenne citée par César. Ce ne fut qu’au VIIe siècle, après les premiers grands défrichements, que Soignies, le Rœulx, Saint-Ghislain, et d’autres villes, s’y formèrent, « au milieu de forêts épaisses et dans de véritables déserts »[1]. On parle aussi du Désert de la Chartreuse à propos de la zone de silence, en montagne, située autour du monastère de la Grande-Chartreuse en Dauphiné (France).

En démographie, un désert est une région peu densément peuplée. Sa définition varie : au niveau mondial, on estime qu’en dessous de 5 habitants au km2, une région est désertique. En France, les cantons peuplés de moins de 20 habitants au km2 sont considérés comme déserts[réf. nécessaire]. L'expression a été popularisée par la célèbre étude du géographe Jean-François Gravier publiée en 1947, Paris et le désert français.

Par analogie, on parle aussi de déserts océaniques. Les océans comptent en effet des déserts biologiques bien plus vastes que les déserts terrestres. Repérables par des satellites comme Seastar, ils se situent dans les régions subtropicales de l’océan Pacifique et Atlantique et au sud de l’océan Indien au niveau des gyres. Des océanographes ont constaté qu’entre 1997 et 2006 leur surface globale a augmenté de 6,6 millions de km2, soit 15 % environ, probablement en raison du réchauffement climatique[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat désertique.

L’aridité est le manque d’eau permanent qui affecte une région. Elle ne dépend pas de la température : il existe alors des espaces arides et froids (aux pôles par exemple). On mesure le degré d’aridité d’une région en fonction de l’indice d’aridité qui mesure la différence entre l’évapotranspiration potentielle (EVP) et la pluviosité.

Tourbillon de sable dans le Désert des Mojaves, Californie.

De façon générale, les milieux désertiques sont caractérisés par :

Classement communément admis[modifier | modifier le code]

La typologie de Monique Mainguet[3] propose :

  • Déserts polaires froids : ces zones (arctique et antarctique) reçoivent en effet peu de précipitations, à cause de la présence de cellules anticycloniques. La glace empêche le développement de la végétation dans le domaine subpolaire désertique. La toundra apparaît dans le domaine subpolaire semi-aride[4]
Montagnes dénudées
Un désert hyperaride : le désert d'Atacama, Chili.
  • Déserts chauds de la zone intertropicale : Sahara, désert d’Arabie, centre de l’Australie… Ils subissent une forte insolation (3 250 heures de soleil dans le Sahel), des températures très élevées (78 °C en plein soleil à Tamanrasset[5]) et une forte évaporation.
  • Déserts chauds côtiers : désert chilo-péruvien, désert d’Atacama, désert de Namib, Basse-Californie, sud-ouest marocain. Souvent brumeux, ces déserts sont créés par des anticyclones, des courants froids (courant froid de Benguela pour le Namib) et des remontées d'eau des profondeurs (« upwellings »). Ils peuvent être hyper-arides (déserts du Pérou et du Chili).
  • Déserts d’abri de la zone tempérée : ces déserts se trouvent à l’abri d’une barrière montagneuse qui bloque les dépressions venues de l’océan (Grand Bassin, désert des Mojaves aux États-Unis). L’effet de foehn réchauffe et assèche l’air lorsqu’il redescend derrière la chaîne de montagnes contribuant ainsi à y renforcer la chaleur et l'aridité.
  • Déserts continentaux : essentiellement situés en Asie centrale (Désert de Gobi, Tibet, Désert du Karakoum…) à plusieurs milliers de kilomètres à l’intérieur des terres. Ils sont caractérisés par une très forte amplitude thermique.

On distingue également plusieurs milieux[6] arides ou semi-arides :

  • milieu saharien
  • milieu aralien
  • milieu péruvien
  • milieu sahélien
  • milieu méditerranéen semi-aride.

Jean Demangeot[7] fait remarquer que ce classement doit tenir compte de la complexité des facteurs. Il distingue les déserts polygéniques (Asie centrale, Borkou, Sonora…) pour lesquels les causes d’aridité sont multiples et les déserts d’altitude (bassin du Tarim très aride, mais les montagnes qui l’entourent sont relativement arrosées).

Classement en fonction de l’aridité[modifier | modifier le code]

D’une manière plus simple, on considère les déserts selon leur aridité[8] :

  • Les déserts hyper-arides qui reçoivent moins de 50 mm de précipitations en moyenne par an : on les trouve à certains endroits du Sahara, du désert chilo-péruvien, de Libye, d’Arabie, de Namibie.
  • Les régions arides (déserts) reçoivent moins de 100-150 mm de pluie en moyenne annuelle et connaissent au moins deux mois avec plus de 30 °C (déserts continentaux, d’abri, déserts asiatiques froids et quelques secteurs du désert australien).
  • Les régions semi-arides (centre et ouest de l’Australie, etc.)
  • L’agriculture pluviale (qui ne nécessite pas d’irrigation) se développe à partir de 300 mm de pluie par an.

En général, il est admis qu’un milieu est non aride lorsque l’indice xérothermique[9] est inférieur à 100, semi-aride entre 100 et 290, aride entre 290 et 350, et hyperaride entre 350 et 365.

Le critère de l’évapotranspiration[modifier | modifier le code]

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture retient un autre critère de typologie : l’évapotranspiration potentielle, associée à une formation végétale :

  • zones hyper-arides : quelques éphémères, buissons xérophytes dans les oueds ;
  • zones arides : plantes vivaces et annuelles ; pas d’agriculture pluviale ;
  • zones semi-arides : couvert végétal ouvert (steppe, buissons), plantes vivaces, agriculture pluviale possible et élevage extensif.

Liste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des principaux déserts.
Image satellitaire montrant l'albédo très élevé du Sahara.
La Tadrart Rouge à Djanet, dans le Sud algérien.
Les 10 plus grands déserts
Désert Superficie (km2)
Antarctique (Antarctique) 14 000 000
Sahara (Afrique) 8 600 000
Désert d'Arabie (Asie) 2 230 000
Désert de Libye (Afrique) 1 683 000
Désert australien (Australie) 1 500 000
Désert de Gobi (Asie) 1 036 000
Désert du Kalahari (Afrique) 580 000
Désert du Karakoum (Asie) 350 000
Désert du Taklamakan (Asie) 344 000
Désert de Namib (Afrique) 310 000

Géologie et processus morphogéniques[modifier | modifier le code]

Érosion[modifier | modifier le code]

Une des plus hautes dunes du monde à Sossusvlei, dans le désert de Namibie en Afrique.

Étant donné la rareté de l’eau et de la végétation en milieu désertique, l’érosion dépend essentiellement de deux processus : l’érosion éolienne et la thermoclastie. L’érosion par la thermoclastie résulte des variations de température sur la roche. Celles-ci peuvent provoquer, sur le long terme, des fissures qui s’agrandissent progressivement et qui finissent par faire éclater la roche. La thermoclastie est d’autant plus efficace que la roche est fragile et que l’amplitude thermique est importante. La gélifraction (action du gel) intervient dans les déserts d’altitude.

L’érosion éolienne attaque les roches du reg en enlevant des particules (déflation, abrasion) ou en polissant leur surface (corrasion par vent chargé de sable). Elle est plus efficace lorsque les obstacles sont inexistants et que le vent est puissant, régulier et chargé de poussières ou d’embruns. Le vent fait avancer les dunes (barkhanes, ghourd) qui forment parfois de vastes ensembles appelés « erg ».

Sur Canal IRD (les vidéos en ligne de l’Institut de Recherche pour le Développement) : La dynamique éolienne. (Décembre 2006, 3'01")

Dans les zones arides et semi-arides, le ruissellement peut être un agent efficace d’érosion. Le caractère violent et épisodique du phénomène érode les montagnes et transporte les matériaux vers les piémonts, les glacis (sheet flood en anglais) et plaine d’épandage. L’eau ruisselle et atteint les talwegs pour former des cours d’eau temporaires, les oueds. Leur lit charrie des débris de tailles diverses (galets, graviers, sables, particules en suspension). Les milieux hyper-arides sont marqués par l’absence de tout cours d’eau (aréité ou aréisme).

Les effets de l’évaporation[modifier | modifier le code]

Désert de plaques de sel
Un exemple de playa dans la Vallée de la Mort.


  • chott : En Afrique du Nord, un chott est une étendue d’eau salée permanente, au rivage changeant, située dans les régions semi-arides. Les géomorphologues le limitent à la partie tantôt ennoyée tantôt découverte autour du lac, portant quelque végétation et faisant partie d’un ensemble plus étendu qu’ils préfèrent nommer sebkha. Les chotts sont alimentés de façon discontinue lors des rares pluies, et subissent une forte évaporation, qui accumule les sels à la surface des limons, parfois exploités.
  • sebkha (en Afrique), playa (aux États-Unis), salinas (en Amérique latine)[10] ;

La vie[modifier | modifier le code]

La vie est peu probable dans un désert car les températures peuvent être glaciale ou caniculaires.

Végétation[modifier | modifier le code]

Cactus en forme de hauts candélabres
Hoggar, Sahara. Un milieu abiotique.
Saguaro (Carnegiea gigantea), cactus présent au Sud-ouest des États-Unis et au nord du Mexique, qui peut mesurer jusqu’à 15 m de haut.

La densité de la végétation dépend de la quantité d’eau disponible, de la force du vent et de la nature du sol (salinité, reg, erg…) : seuls les milieux hyper-arides rocailleux sont totalement dépourvus de végétation (Atacama, Hoggar, reg du Tanezrouft…). Contrairement à une idée reçue, les végétaux poussent sur les dunes de sables : on trouve des buissons de créosote et de prosopis (Prosopis juliflora) dans les dunes de la vallée de la Mort. Les plantes, les arbustes et les buissons se concentrent dans les lits des oueds et autour des points d’eau. Les adaptations de la flore désertique visent principalement à limiter la perte d’eau, mais également à obtenir autant d’eau que l’environnement puisse lui fournir.

Les plantes succulentes, également appelées "plantes grasses" sont adaptées pour survivre dans des milieux arides. Parmi elles se trouvent les agaves, les yuccas, les tubéreuses de la famille des agavaceae et tous originaires du continent américain. La famille des cactacées provient également d’Amérique : leur aspect s’explique principalement par l’adaptation aux conditions de sécheresse, à l’origine du développement de la fonction de stockage et de la réduction des surfaces d’évaporation. La fonction de stockage s’est traduite par un épaississement de la tige, et, pour quelques espèces, par le développement de racines tubéreuses (pterocactus tuberosus par exemple). Elle explique aussi l’apparition des côtes ou une disposition des mamelons en spirale, qui permettent, un peu comme sur un accordéon, la dilatation et la rétraction du corps de la plante au gré des périodes de pluies et de sécheresse, sans déchirure de l’épiderme. La réduction des surfaces d’évaporation s’est traduite par un épaississement de l’épiderme, parfois même recouvert d’une sorte de cire, une diminution du nombre de stomates (pores permettant la respiration), et surtout, chez beaucoup d’espèces, la disparition des feuilles. Quant aux épines, leur fonction est multiple : protection contre les animaux, mais aussi captation de la rosée, protection de l’épiderme contre les ardeurs du soleil, le vent desséchant ou le froid d’altitude…

Les plantes halophytes supportent des sols imprégnés de sel. Leur adaptation, différente de celles des plantes xérophytes proprement dites, est liée à leur capacité de stocker de l’eau dans les feuilles, les tige ou les racines.

Les plantes xérophytes se rencontrent dans des environnements très variés, tels que les déserts rocailleux mais aussi dans quelques cas sous des formes épiphytes sur la canopée des forêts tropicales.

Mécanismes Adaptation Exemple
Limitation de la perte d’eau cuticule céreuse Opuntia
nombre réduit de stomates
sunken stomata Pinus
stomate ouvert la nuit Carpobrotus edulis
duvet à la surface Sempervivum arachnoideum
feuilles incurvées Ammophila
Stockage de l’eau feuille succulente Bryophyllum
tige succulente Caulanthus inflatus
tubercule charnu Raphionacme
Prise d’eau système racinaire profond Acacia
directement à la nappe phréatique Nerium oleander
système racinaire étendu peu profond
absorption de l’humidité de l’air Tillandsia

Faune[modifier | modifier le code]

Le nombre d’espèces animales est relativement peu élevé dans les zones désertiques. Cependant, rares sont les régions sans aucune vie (milieux abiotiques). La faune s’est adaptée aux contraintes climatiques :

  • Pigmentation claire ;
  • Réserve : la bosse du chameau contient des graisses ;
  • Régulation de la température du corps : en cas de grande chaleur, les gangas semblent posséder une plus grande capacité à perdre de la chaleur que les autres oiseaux du désert. Mais cette excellente adaptation à la chaleur a son revers : dès que la température tombe, la thermogenèse doit s’amorcer, sollicitant une dépense énergétique correspondante. Les oryx algazelles peuvent survivre sans eau pendant de longues semaines, leurs reins prévenant la perte d’eau en urine, ils peuvent aussi élever la température de leur corps pour éviter de transpirer ;
  • Vie nocturne : de nombreux animaux ne sortent que la nuit pour chasser et se nourrir (gerboise, Addax, Oryctérope) ;
  • Abris : grottes, terriers (la terre est un excellent isolant thermique). Les Addax dorment le jour dans des cuvettes qu’ils creusent eux-mêmes dans le sable, à l’ombre ;
  • Léthargie : estivation (Souslik jaune).

Liste d’animaux vivant dans le désert :

Occupation et exploitation par les hommes[modifier | modifier le code]

Depuis la préhistoire, les hommes ont toujours occupé et parcouru tous les déserts arides, malgré les fortes contraintes naturelles. Traditionnellement, deux modes de vie, souvent concurrents, sont présents dans les sociétés humaines des déserts : les nomades et les cultivateurs. Depuis le début du XIXe siècle, la modernisation et l’exploitation des gisements miniers à des fins industrielles ont transformé certaines régions désertiques et fait émerger de nouveaux défis.

Modes de vie traditionnel[modifier | modifier le code]

Un homme enturbanné
Un petit cours d'eau canalisé
Foggara, système d'irrigation

Nomadisme[modifier | modifier le code]

Les groupes humains se déplacent pour chercher les points d’eau nécessaires à la survie des troupeaux. L’élevage faisait vivre plusieurs clans de bédouins ou de Touaregs. Aujourd’hui, ce mode de vie est menacé de disparaître à cause de la motorisation et de l’affirmation des frontières.

Cultures[modifier | modifier le code]

Depuis l’Antiquité, l’irrigation permet de mettre en valeur des régions désertiques ou semi-désertiques dans les oasis. Le puits permet de ramener l’eau des nappes phréatiques à la surface. Le problème est que cette eau d’origine fossile n’est souvent pas renouvelable à court terme dans les déserts. Le Qanat en Asie et la foggara en Afrique sont des systèmes d’irrigation souterrain permettant de récolter les eaux d’infiltration. La Noria permet de capter l’eau des fleuves en milieu désertique (Nil, Tigre, Euphrate).

Grandes civilisations du désert[modifier | modifier le code]

Les grandes routes historiques[modifier | modifier le code]

Route de la soie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Route de la soie.

La route de la soie est un réseau de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe allant de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie. Elle doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication. Dès l’Antiquité, de nombreux autres produits voyageaient sur les mêmes routes : pierres et métaux précieux, étoffes de laine ou de lin, ambre, ivoire, laque, épices, verre, corail, etc. Ces routes, parcourues par des caravanes, contournaient par le nord ou le sud le désert du Taklamakan. Ces deux branches possédaient différentes variantes, mais toutes ces pistes reliaient entre elles des oasis situés à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun. La longueur du parcours, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux attaques des brigands et à l’extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin méditerranéen et l’Extrême-Orient. Ce fut une des raisons qui incita les Européens à rechercher une route maritime vers les pays d’Orient. La Route de la soie fut progressivement abandonnée au XVe siècle.

Pistes transsahariennes[modifier | modifier le code]

En Afrique les pistes caravanières, aménagées à partir du IXe siècle, passaient par les oasis du Sahara. Les déplacements étaient dangereux et pénibles à cause des contraintes climatiques et des distances. Les grands convois transportaient des esclaves depuis l’époque romaine mais aussi toutes sortes de produits qui servaient au troc.

Mise en valeur moderne du désert[modifier | modifier le code]

L’extension des cultures dans le désert dépend des possibilités d’irrigation, et donc du pompage de l’eau qui nécessite aujourd'hui des appareils électriques. Il pose donc le problème de l’approvisionnement en énergie des régions désertiques. Le détournement du Colorado a permis la naissance de l’Imperial Valley en Californie. Le barrage d’Assouan en Égypte, achevé en 1970, permet d’irriguer 700 000 hectares de terres.

Le sous-sol des déserts offre souvent des richesses :

Les conditions géographiques et climatiques du désert permettent ou ont permis :

  • l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne, avec possibilité d'hydrolyser de l'eau de mer en hydrogène et oxygène sur les littoraux (Mauritanie, Sénégal par exemple). Ces énergies sont encore peu valorisées.
Grandes paraboles tournées vers le ciel
Very Large Array en configuration D.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le désir de dépaysement et d’aventure des sociétés développées entraîne le développement de l’offre touristique en milieu désertique. La ville de Las Vegas s’est développée rapidement dans un milieu désertique grâce aux eaux du Colorado.

Le désert, future sources d'énergie solaire et éolienne, voire d'hydrogène ?[modifier | modifier le code]

En zone chaude (tropico-équatoriale), les déserts sont souvent très ensoleillés le jour et exposés à un léger vent régulier la nuit ; ce sont des conditions qui présenteront des avantages intéressants pour une production combinée d'énergie douce, sûre, propre et renouvelable, d'autant que plusieurs déserts sont proches de la mer, ce qui permet d'utiliser une partie de l'électricité produite pour hydrolyser de l'eau de mer et produire de l'hydrogène. Il reste pour cela à produire des panneaux solaires plus performants lorsqu'ils sont exposés à de grandes chaleurs (jusqu'à 50 °C pour la température ambiante dans la Sahara ou au moyen-Orient et bien plus pour un panneau de couleur foncée). Il faut aussi produire des modules photovoltaïques et du matériel éolien très résistant à l'abrasion par le sable et les poussières transportés par les tempêtes de sable.

  • Le Maroc est leader en éolien en Afrique du Nord. Il disposait dès le début des années 2000 de sept grandes éoliennes près de Tanger (Parc financé par la banque publique allemande KfW, puis la France y a financé - toujours près de Tanger - une ferme de 84 éoliennes (50,4 MW)[12] ;
  • En Arabie saoudite un projet de 11,3 millions d'euros est déjà financé par Saudi Aramco (l'un des premiers groupes pétroliers au monde).
  • En Égypte, à Kuraymat, au sud du Caire, une centrale solaire moderne combine 53 000 miroirs renvoyant la lumière solaire vers 130 000 m2 de panneaux solaires de 6 m de large et 150 m de long, des anneaux paraboliques et l'exploitation de gaz naturel pour produire 150 MW d'électricité pour Le Caire.
  • Divers appels d'offre sont en cours en 2009 en Algérie, Maroc, Israël et aux Émirats.

Désertification et menaces sur les déserts existants[modifier | modifier le code]

Dans le passé, le Sahara n’était pas un désert avant le IVe millénaire av. J.-C. [réf. nécessaire]. Cependant, la découverte et l'analyse de formations dunaires fossiles au Tchad par des chercheurs du CNRS conduisent à réviser l'estimation de l'âge du Sahara, lequel ne serait pas âgé de 86 000 ans, comme on le croyait, mais d'au moins 7 millions d'années[13].

Des exemples historiques : le désert du Thar en Inde est peut-être devenu désertique entre 2000 et 1500 av. J.-C. À cette époque, le fleuve Ghaggar cessa d’être un cours d’eau.

L'ONU a alerté sur l'aggravation de la situation des nappes phréatiques, de la faune et de la flore des déserts, ainsi que des populations humaines en dépendant dans la plupart des zones arides. Les pompages et/ou une mauvaise agriculture favorisant la salinisation (Plus de 12 000 km2 de sols arides ont été ainsi salinisés et rendus improductifs de la fin des années 1970 aux années 2000). Les pesticides sont aussi une source nouvelle de pollution autour des zones cultivées. La surexploitation des ressources (herbes, bois mort, ligneux vivants, gibier) continue aussi à faire régresser des espèces telles que gazelles, l'oryx, l'addax, la chèvre himalayenne (tahr), les moutons de Barbarie, le Houbara, l'Autruche sauvage etc.

Les activités humaines y aggravent souvent les effets du changement climatique. L'ONU a relevé un accroissement de 0.5 à 2 degrés Celsius de la température moyenne des déserts de 1976 à 2000 (soit beaucoup plus que l'augmentation moyenne globale de 0.45 degrés Celsius sur la planète). L'IPCC estime que ces températures pourraient encore augmenter en moyenne de cinq à sept degrés d'ici 2071-2100, en comparaison avec la moyenne de la période 1961-1990, avec des pluies qui devraient diminuer de 5 à 10 % et jusqu'à 15 % pour les déserts de l'hémisphère sud (ex : désert Great Victoria en Australie) et de ceux de l'hémisphère nord (Désert du Colorado ou du Grand Bassin des États-Unis). Le désert de Gobi pourrait (c'est le seul) par contre recevoir de 10 à 15 % de pluies en plus mais le surpâturage et des pullulations de campagnols probablement favorisées par la régression de leurs prédateurs y ont déjà aggravé les phénomènes d'érosion et dégradation des sols.

Désert et humanité[modifier | modifier le code]

En 2009, les Nations-Unies estimaient à 2 millions le nombre d'hommes vivant en zone aride ou en passe de le devenir.

Écrivains et voyageurs du désert[modifier | modifier le code]

Depuis longtemps, les déserts, en premier lieu le Sahara, ont attiré les hommes, en particulier les occidentaux, certains pour l’explorer, le cartographier, le découvrir, d’autres aussi pour s’y retrouver face à eux-mêmes, dans une quête philosophique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Giulio Rosati, Halte au désert
  1. Miraeus, t. I, p. 403, cité par Ch. Duviviers, dans La forêt charbonnière (carbonaria silva) publié à Bruxelles, par EMM Devroye, imprimeur du roi, en 1860 (= extrait du tome II de la Revue d’histoire et d’archéologie)
  2. Source: Geophysical Research Letters
  3. Monique Mainguet, L’Homme et la sécheresse, pages 3 et 11-25.
  4. Monique Mainguet, L’Homme et la sécheresse, pages 11.
  5. Monique Mainguet, et moins 5 degrés la nuit L’Homme et la sécheresse, page 12.
  6. Jean Demangeot, Les milieux "naturels" du globe, Paris, Colin, 7e édition, 1998, p. 127
  7. Jean Demangeot, Les milieux "naturels" du globe, Paris, Colin, 7e édition, 1998, pp. 126-127
  8. Jean-Paul Amat, Lucien Dorize, Charles Le Cœur, Emmanuelle Gautier, Éléments de géographie physique, Paris, Bréal, coll. Grand Amphi, 2002, (ISBN 2-7495-0021-4), pp. 119-120
  9. Jean Demangeot, Les milieux "naturels" du globe, Paris, Colin, 7e édition, 1998, p. 114
  10. Jean-Paul Amat, Lucien Dorize, Charles Le Cœur, Emmanuelle Gautier, Éléments de géographie physique, Paris, Bréal, coll. Grand Amphi, 2002, ISBN 2-7495-0021-4, page 206
  11. Faune-du-Sahara http://sahara-vivant.org
  12. Parc éolien de la Compagnie éolienne du détroit (CED), filiale marocaine de la société française Theolia
  13. Février 2006. Laboratoire géobiologie, biochronologie et paléontologie humaine (CNRS - Université de Poitiers), Laboratoire domaines océaniques (CNRS - Université de Bretagne Occidentale, Plouzané), Centre de géochimie de la surface (CGS, CNRS, Université Strasbourg 1) - http://www2.cnrs.fr/presse/communique/819.htm.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Doucey, Alain Morel, Catherine Boudier, Gilbert Conan, Charlotte de Montigny, Le livre des déserts : Itinéraires scientifiques, littéraires et spirituels, Robert Laffont, 2006, Collection : Bouquins, (ISBN 2221099664)
  • Michaël Martin, Michael Asher (Préface), Les plus beaux déserts de la terre, Éditions du Chêne, 2004, (ISBN 2842775767)
  • Collectif, Les Déserts du monde par GEO, Solar, 2002, (ISBN 2263033246)
  • Théodore Monod, Déserts, Agep, 2005, (ASIN 2902634412)
  • Jacques Verdiel, Les Déserts, Amalthee, 2005, (ASIN 2350270238)
  • Jean-Loïc Le Quellec, Guy Barthèlemy, L’ABCdaire des déserts, Flammarion, 1999, (ISBN 2080124706)
  • Huguette Genest, Francis Pelter, Vie dans les déserts, dans Encyclopædia Universalis, 2002, corpus 7, pages 177-183.
  • Jean Demangeot, Les milieux naturels désertiques, Paris, Centre de documentation universitaire, 1973.
  • Monique Mainguet, L’Homme et la sécheresse, Paris, Masson géographie, 1995.
  • Benoît Desombres, Sagesse du Désert Calmann-Lévy 2003
  • Manuel Observatoire, l'environnement Sciences et hechnologies de l'environnement secondaire 4. Page 270, Biomes terrestres, les déserts, chapitre 8

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]