Coloured

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Coloured

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Une famille coloured
(Afrique du Sud, Noël 2000)

Populations significatives par région
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 4 433 100[1]
Drapeau de la Namibie Namibie 200 000
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 144 000
Drapeau du Swaziland Swaziland 11 000
Drapeau du Lesotho Lesotho 1 200
Population totale 4,8 millions
Autres
Langues

afrikaans (~ 80 %), anglais (~ 19 %)[2]

Religions

christianisme (Calvinisme principalement)

Coloured [3] est un terme anglo-sud-africain désignant les populations mélangées, ni blanches ni noires ni asiatiques en Afrique du Sud, Namibie, Zambie, Botswana et Zimbabwe.

Les termes Bruinmense (« gens bruns » en afrikaans), Kleurlinge (« gens de couleur » en afrikaans) ou Bruin Afrikaners (« bruns Afrikaners » en afrikaans) sont aussi utilisés en alternance pour désigner ce groupe ethnique issu principalement de mélanges interraciaux entre Européens, Khoïkhoï, Indonésiens, Indiens, Malgaches, Mozambicains, Mauriciens. Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, le terme Basters (bâtards) a également été utilisé, et a fini par donner l'autoethnonyme de certains groupes, comme les Basters de Rehoboth.

Avec près de 4,4 millions de personnes, les Coloureds représentèrent près de 9 % de la population sud-africaine en 2009[1].

Populations[modifier | modifier le code]

Les Coloured ne constituent pas un groupe homogène, ni par leurs origines, ni par leur religion (certains sont musulmans) ni par leurs langues (anglais ou afrikaans), ni par leurs histoires, certaines populations ayant une histoire politique assez riche, marquée par la construction d'états indépendants (comme le Griqualand).

Les métis du Cap sont issus principalement des mélanges inter-raciaux entre Européens et Khoïkhoï au 17e et 18e. Ils parlent l'afrikaans et sont protestants.

Les Basters de Rehoboth ont des caractéristiques similaires à celles des métis du Cap, et sont de fervents calvinistes, mais ils ont émigré au XIXe siècle vers la Namibie.

Les Griquas, également issus de relations entre Khoïkhoï et Afrikaners, ont migré dès les années 1750 vers les régions au nord-ouest de la Colonie du Cap. Ils maintiendront leur indépendance politique jusqu'aux années 1870.

Toujours de souche européenne et Khoïkhoï (plus spécifiquement Namaquas), les Oorlam ont émigré vers la Namibie au début du XIXe siècle.

Les Malais du Cap sont issus principalement des mélanges inter-raciaux entre Khoïkhoï, Européens et esclaves indonésiens ou malais au 17e et XVIIIe siècle. Ils parlent l'afrikaans et sont musulmans.

Au KwaZulu-Natal, le terme coloured désigne les populations ayant des ancêtres communs anglais et zoulou alors qu'au Zimbabwe, ceux-ci désignent les personnes issues d'unions entre africains (Shonas ou Ndebeles) et colons britanniques ou Afrikaners.

Philippe Gervais-Lambony [4] note l'existence d'une identité coloured marquée par l'émergence de groupes nationalistes Coloured comme le « mouvement de résistance coloured », lequel réclame un droit à l'autodétermination pour ce groupe ethnique. À l'inverse, certains Coloured réfutent cette désignation ethnique et s'assimilent en tant que noirs, Khoï ou juste en tant que sud-africain.

Durant la période d'apartheid en Afrique du Sud, les Coloured étaient l'un des quatre grands groupes raciaux reconnus au côté des Blancs, des Noirs et des Indiens. Ils bénéficiaient de droits spécifiques par rapport aux Noirs comme certains emplois réservés et le droit de vote (sauf durant la période 1956-1984).

Les Coloured constituent la majorité de la population des provinces du Cap-Occidental et du Cap-du-Nord, et dans leur très grande majorité ont l'Afrikaans pour langue maternelle. Près de 10 % sont cependant anglophones et résident principalement au Natal et dans la province du Cap-Oriental. Il existe également une troisième langue spécifique appelée Kaapse taal constituant un dialecte propre à la région du Cap.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (af) Gekonsolideerde Algemene Bibliografie: Die Kleurlinge Van Suid-Afrika, South Africa Dept. of Coloured Affairs, Inligtingsafdeling, 1960, 79 p.
  • (en) Mohamed Adhikari, Not White Enough, Not Black Enough: Racial Identity in the South African Coloured Community, Ohio University Press, 2005, 252 p. (ISBN 9780896802445)
  • (en) Vernie A. February, Mind Your Colour: The "coloured" Stereotype in South African Literature, Routledge, 1981, 248 p. (ISBN 9780710300027)
  • (en) R. E. Van der Ross, 100 Questions about Coloured South Africans, 1993, 36 p. (ISBN 9780620178044)
  • (fr) Philippe Gervais-Lambony, La nouvelle Afrique du Sud, problèmes politiques et sociaux, La Documentation française, 1998
  • (fr) François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, 2006, Seuil

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [1]. Statistics South Africa (page 7).
  2. First home language by population group and gender (percentages): South Africa, 2001. Statistics South Africa (page 19).
  3. Le terme anglais de Coloured est employé dans son glossaire par Philippe Gervais-Lambony (La nouvelle Afrique du Sud, problèmes politiques et sociaux). Il précise qu'en français, ce terme est souvent traduit par métis mais que le groupe ethnique ainsi désigné est si hétérogène qu'il est préférable d'utiliser également en français le terme coloured (ou colorés). François Xavier Fauvelle-Aymar, dans son histoire de l'Afrique du Sud (p 54 et s.) utilise aussi le mot coloured et précise que l'« on cherche en vain l'équivalent de Coloureds, ou de Kleurlinge » en français, que « Colorés ou gens de couleurs fait trop porter l'accent sur l'aspect somatique, minimisant l'importance du sentiment d'appartenance à cette communauté », que métis n'est pas non plus exact, qu'il ne tient pas compte de la « très grande variété d'origine des Coloureds », qui n'implique pas nécessairement le métissage.
  4. La nouvelle Afrique du Sud, problèmes politiques et sociaux