Theophilus Dönges

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Theophilus Ebenhaezer Dönges
Eben Dönges
Eben Dönges
Fonctions
Président d'État
de la République d'Afrique du Sud

(élu)
31 mai1er juin 1967
Élection 19 janvier 1967
Prédécesseur Charles Swart
Successeur Jozua François Naudé
Ministre des finances
19581967
Ministre de l'intérieur
19481958
Biographie
Date de naissance 8 mars 1898
Lieu de naissance Klerksdorp,
Transvaal
Date de décès 10 janvier 1968 (à 69 ans)
Lieu de décès Le Cap,
Province du Cap
(Afrique du Sud)
Nationalité sud-africaine
Parti politique Parti national
Conjoint Johanna Schoeman (1904-1993)
Enfant(s) 2
Diplômé de Université de Stellenbosch
Université de Londres
Profession Avocat

Theophilus Dönges
Présidents d'État
de la République d'Afrique du Sud

Theophilus Ebenhaezer Dönges (1898-1968) est un avocat et un homme politique afrikaner d'Afrique du Sud. Il fut membre du Parti national et de l'Afrikaner Broederbond, député de Fauresmith (1941-1948) puis de Worcester (1948-1967), ministre de l'Intérieur (1948-1958) dans les gouvernements de Daniel François Malan et JG Strijdom et ministre des finances dans les gouvernements d'Hendrik Verwoerd et de John Vorster (1958-1967). Il est élu président d'État de la République d'Afrique du Sud en 1967 mais, victime d'une hémorragie cérébrale, n'a pas le temps de prêter serment et d'entrer en fonction.

Origines[modifier | modifier le code]

D’ascendance néerlandaise et allemande, fils cadet de Theophilus Christiaan Dönges, un pasteur de l'église réformée hollandaise, et de son épouse, Cornelia Hendrika Appeldoorn Cruywagen, Theophilus (Eben) Dönges est né à Klerksdorp dans la république sud-africaine du Transvaal, le 8 mars 1898.

Études[modifier | modifier le code]

Après des études primaires et secondaires effectuées à Kroonstad, Boshoff et au lycée de Robertson, il obtient un baccalauréat avec mention (1918) doublé d'une maîtrise en philosophie (1919) du Collège Victoria de Stellenbosch ce qui lui permet d'obtenir une bourse d'étude à l'étranger qu'il n'utilise pas.

En 1920-1921, Eben Dönges est juriste stagiaire auprès d’Étienne de Villiers, le président de la Cour suprême de la province de l'état libre d'Orange. L'année suivante, il se rend en Angleterre où il obtient un baccalauréat en droit avec mention à l'Université de Londres (1922) qu'il complète l'année suivante par une équivalence à l'Université d'Afrique du Sud tout en suivant des études à la London School of Economics. Il obtient enfin un doctorat en droit de l'Université de Londres en 1925.

Sportif accompli tant sur les courts de tennis qu'au cricket ou au golf, il est aussi, durant ses années étudiantes, capitaine de l'équipe de cricket de l'université (avant d'être plus tard le capitaine de l'équipe de cricket du parlement).

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De 1924 à 1928, Dönges est rédacteur en chef du South African Nation, le premier hebdomadaire anglophone du parti national. Parallèlement, il est rédacteur en chef adjoint du quotidien afrikaans du Cap, Die Burger de 1924 à 1927.

Parallèlement, Donges s'est inscrit au barreau de Pretoria puis, après avoir démissionné de son emploi au Burger, il s'inscrit au barreau du Cap.

De 1929 à 1939, Eben Dönges est avocat et conseiller juridique de l'administration provinciale. En 1939, il devient l'un des rares sud-africains à avoir le titre d'avocat-conseiller du Roi ce qui lui permet d'agir au nom du ministère public devant le Conseil privé de Londres. En plus de son travail juridique, il est également chargé de cours à temps partiel en droit à l'Université de Stellenbosch où il enseigne l'interprétation des lois et le droit des sociétés.

Le militant et député du Parti national[modifier | modifier le code]

Sympathisant depuis ses années étudiantes au parti national, il soutient la ligne de Daniel François Malan contre celle de James Barry Hertzog lors de la fusion avec le parti sud-africain (1934). Il suit Malan au parti national purifié et se présente aux élections générales de 1938 à Hoopstad où il est battu par J.H. Viljoen, le candidat du parti uni.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il participe aux travaux de la commission de l'Afrikaner Broederbond, dirigée par L.J. du Plessis, consacré à l'élaboration d'une constitution républicaine pour l'Afrique du Sud. Membre de l'Ossewabrandwag (la sentinelle des chars à bœufs), il quitte cette organisation ne cautionnant plus ses objectifs ni le recours à l’illégalité et au sabotage contre le gouvernement.

Lors d'une élection partielle à Fauresmith en 1941, Eben Dönges est élu député avec 63,9% des suffrages, reprenant alors le siège de Nicolaas Havenga. Il est réélu aux élections de 1943 avec 60,2% des voix. En tant que parlementaire d'opposition, Dönges se distingue rapidement et devient le porte-parole du parti national sur les questions relatives aux finances publiques.

En 1947, à l'initiative de l'Afrikaner Broederbond dont Dönges est alors le vice-président, le parti national et le parti afrikaner concluent une alliance électorale qui remporte les élections générales du 4 juin 1948. Réélu député avec 53,4% des voix, mais cette fois dans la circonscription de Worcester, Dönges est nommé ministre de l'intérieur dans le premier gouvernement nationaliste dirigé par Daniel Malan, ainsi que ministre des postes et des télégraphes, fonction qu'il quitte l'année suivante pour devenir ministre des mines.

Ministre de l'Intérieur (1948-1958)[modifier | modifier le code]

En tant que ministre de l'intérieur (1948-1958), dans le cadre de la mise en place de la politique de séparation raciale de l'apartheid, il est responsable de l'élaboration du Group Areas Act formalisant la ségrégation résidentielle et industrielle, du Population Registration Act par lequel il fait mettre en place de nouvelles cartes d’identités mentionnant l'identité raciale de chaque individu ainsi que du Separate Representation of Voters Act qui supprime la franchise électorale des Coloureds de la province du Cap (1956). Il met également une politique restrictive en matière d'immigration afin de maintenir la prédominance de la communauté Afrikaner au sein du groupe blanc.

Il est également responsable d'une manière générale des libertés civiles et civiques et des problèmes de naturalisation.

Le 18 novembre 1953, Dönges succède à Daniel François Malan à la direction du parti national de la province du Cap. L'année suivante, bien qu'il soit le candidat potentiel pour succéder à Malan au poste de premier ministre, il écarte toute candidature de sa part, laissant le champ libre à JG Strijdom.

Personnalité particulièrement imprégné de convictions religieuses, Eben Dönges représente au sein du parti national la faction modérée et centriste des Afrikaners du Cap face aux radicaux du Transvaal. Proche des milieux industriels et du commerce, l'opposition politique compte un temps sur lui pour provoquer un schisme vers le centre au sein du parti national[1] ce que se gardera de faire Dönges conscient que le nationalisme afrikaner ne s'est jusque là construit que grâce à ses partisans les plus radicaux et les moins enclins au compromis avec les autres groupes politiques et raciaux du pays. En 1958, après la mort soudaine du premier ministre JG Strijdom, Dönges présente cette fois sa candidature au poste de chef national du parti national et de premier ministre du pays. Après avoir devancé Charles Swart lors du premier tour de l'élection organisée au sein du caucus parlementaire, il obtient, au second tour, 75 voix contre 98 voix à Hendrik Verwoerd qui devient alors le nouveau premier ministre. Sa défaite face à Verwoerd, survenant après celle de Nicolaas Havenga face à Strijdom (en 1954), consacre la victoire de la machine politique nationaliste et intransigeante du Transvaal sur celle du Cap.

Ministre des Finances (1958-1967)[modifier | modifier le code]

Donges est ministre des finances de 1958 à 1967, assurant l’intérim à la tête du gouvernement du 6 septembre (assassinat d'Hendrik Verwoerd) au 13 septembre 1966 (prise de fonction de John Vorster).

Le président d'État élu de la République d'Afrique du Sud (1967)[modifier | modifier le code]

Le 19 janvier 1967, le caucus des parlementaires du parti national propose T.E. Dönges pour succéder à Charles Swart à la présidence d'État de la République d'Afrique du Sud. Il est élu au second tour de scrutin contre Pieter Voltelyn Graham van der Byl, le candidat du Parti uni. Mais en mai 1967, Dönges est victime d'une hémorragie cérébrale qui le plonge dans le coma, 3 semaines avant sa prestation de serment et l'inauguration de son mandat présidentiel qui devait avoir lieu le 1er juin 1967. L’intérim de la présidence est alors assuré en son nom par le président du sénat, Jozua François Naudé.

Le 10 juin 1967, Dönges subit une intervention chirurgicale délicate au cerveau. Son état s'améliore mais le 3 octobre 1967, il est victime d'un accident vasculaire cérébral. C'est par l'intermédiaire de son avocat qu'il présente sa démission le 6 décembre 1967.

Âgé de 69 ans, Theophilus Dönges meurt le 10 janvier 1968 à l'hôpital de Groote Schuur au Cap, sans jamais avoir repris connaissance et sans avoir pu exercer ses fonctions de président d'État. Néanmoins, il reçoit des funérailles de chef d'État lors de son enterrement à Stellenbosch le 15 janvier 1968. Il aura également droit à ce titre à avoir son effigie sur les pièces de 1 rand en 1969.

Divers[modifier | modifier le code]

Impliqué dans la défense de l'identité afrikaner, tant sur le plan politique, social, économique et culturel, Eben Dönges a joué un rôle important au sein de l'Afrikaner Broederbond et de la Fédération des organisations culturelles afrikaans dont il assura également la vice-présidence. Il participa notamment en 1939 à la création du mouvement Reddingsdaadbond, visant à sortir les Afrikaners les plus modestes de la pauvreté, et à celle de l'Institut du commerce en Afrique (AHI) en 1942.

Dönges fut aussi le président du Comité de liaison des associations culturelles afrikaners du Cap et, en 1948, membre fondateur du Bureau sud-africain des Affaires raciales (SABRA). Il a également été membre de la Commission des Monuments nationaux, membre du Comité central du Monument de la langue afrikaans, membre honoraire de l'Académie sud-africaine des sciences et des arts, membre du conseil de Nasionale Pers, Voortrekker Pers et, de 1959 à 1968, chancelier de l'Université de Stellenbosch.

Hommages[modifier | modifier le code]

L’hôpital de Worcester portera jusqu'en 2007 le nom de Eben Donges Hospital.

Un lycée à Kraaifontein et une école primaire de Bothaville portent son nom.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Eben Dönges s'est marié le 30 septembre 1926 avec Johanna Catharina Louisa Schoeman, fille de J.H. Schoeman, député de Oudtshoorn et a eu deux filles.

L'une de ses filles, Ingrid Cornelia Dönges (1933-2009) a épousé Jan Pickard (1927-1998), capitaine de l'équipe de rugby de la Western Province, joueur de l'équipe nationale des Springboks et président de la Western Province Rugby Union. Fervente chrétienne, elle a apporté son soutien politique au parti chrétien-démocrate africain (ACDP) en 2005[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. All Out for Apartheid, Time, 7 septembre 1959
  2. Tribute to Ingrid Cornelia Pickard

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anton Bekker, Eber Dönges:Balanstaat, historiese perspektief, Sun Press, 2005, (ISBN 1-919980-68-7)