Alliance démocratique (Afrique du Sud)

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Alliance démocratique
Image illustrative de l'article Alliance démocratique (Afrique du Sud)
Logo officiel
Présentation
Présidente Helen Zille
Fondation 24 juin 2000
Siège 5de Vloer, Ruskin House 2 Roelandstraat (Le Cap)
Jeunes DA Youth
Députés
67 / 400
Membres du NCOP
13 / 90
Idéologie centre-droit : libéralisme, démocratie libérale, centrisme, social-libéralisme, conservatisme social
Affiliation internationale Internationale libérale, Alliance mondiale des démocrates
Adhérents 62 000[1]
Couleurs bleu
Site web www.da.org.za

L'Alliance démocratique (Democratic Alliance en anglais ou Demokratiese Alliansie en afrikaans - DA) est un parti politique d'Afrique du Sud, de tendance libérale, membre de l'Internationale libérale et du Réseau Libéral Africain. Sur l'échiquier politique sud-africain, la DA est globalement considérée comme un parti de centre-droit[2],[3] même si, en de rares occasions, des aspects de son programme économique paraissent le placer un peu plus au centre-gauche[4]. Cette coexistence de sensibilités politiques est expliquée par le fait que la DA rassemble le plus largement possible contre l'ANC.

Fondée en 2000 à la suite de l'alliance de 3 partis politiques, - le parti démocratique (social-libéral), le nouveau Parti national (conservateur) et l'Alliance fédérale (conservateur) - elle détient au parlement le statut d'opposition officielle depuis 2004. Elle est membre de l'Internationale libérale et de l'Alliance mondiale des démocrates.

Bien que multiraciale, la DA fut au départ considéré comme le parti des sud-africains blancs. Néanmoins, lors des élections générales du 22 avril 2009, elle a obtenu plus de 16,66 % des voix et 67 députés (contre 50 en 2004) au niveau national, accentuant sa base électorale multiraciale. Grâce notamment au vote de la population des Coloureds, il est le premier parti de la province du Cap-Occidental où il a obtenu 51 % des suffrages (2009). En août 2010, le parti des Démocrates indépendants annonce sa fusion avec la DA afin d'unir l'opposition pour les élections locales de 2011 et pour les élections nationales de 2014.

Origines[modifier | modifier le code]

Emblème de l'Alliance démocratique (2000-2008) amalgamant les couleurs et les symboles du parti démocratique avec ceux du nouveau Parti national

Les origines de la DA sont complexes et trouvent une origine lointaine à la fois dans le parti sud-africain (SAP) et dans le parti national.

Ce parti est né en 2000 à la suite de l'alliance entre le parti démocratique (DP) de Tony Leon avec le nouveau Parti national (NNP) de Marthinus van Schalkwyk, rejoint ensuite par le groupuscule « Alliance fédérale » (Federal Alliance) de Louis Luyt.

Tony Leon en prit la présidence laissant la vice-présidence à Marthinus van Schalkwyk.

Cette alliance consolida le gouvernement d'union DP-NNP dans la province du Cap-Occidental. Elle permit surtout la victoire dans 18 municipalités en décembre 2000 notamment au Cap, Stellenbosch, Oudtshoorn, Mossel Bay ou George.

La rupture avec le NNP[modifier | modifier le code]

À l'automne 2001, le NNP se retire brutalement de la DA à la suite de controverses internes entre certains anciens membres du NNP et du DP. Le soutien notamment de Marthinus van Schalkwyk au maire du Cap, Peter Marais, pris dans un scandale politico-judiciaire, précipita cette rupture.

Le NNP noua alors une nouvelle alliance avec l'ANC, le parti au pouvoir du président Thabo Mbeki, entrainant un jeu de chaises musicales entre loyalistes de la DA et ceux du NNP. La DA perdit à cette occasion 54 % des anciens membres du NNP ainsi que les contrôles de la province du Cap-Occidental et de plusieurs municipalités comme Le Cap, Stellensbosch et Oudsthoorn

L'opposition officielle[modifier | modifier le code]

Aux élections générales du , la DA emporte 12,4 % des suffrages et 50 sièges confirmant sa place de deuxième parti d'Afrique du Sud alors que le NNP s'effondrait à 1,9 % des suffrages.

Pendant cette période et notamment pendant la campagne électorale de 2004, Tony Léon a très violemment attaqué l'ANC sur ses carences en matière d'éducation, de santé et de criminalité. Il a également attaqué le président Thabo Mbeki sur les questions du respect des minorités (en particulier la communauté blanche et afrikaner). Caricaturé en roquet par le parti au pouvoir il a également essuyé des critiques de l'ANC lui reprochant d'avoir fait de la DA un parti "raciste" alors qu'elle-même tenait des propos ambiguë sur les anglophones, les indiens et les métis. Il s'est fait le porte parole pendant son mandat d'un électorat blanc, conservateur, amer et inquiet[5].

Depuis l'élection d'Helen Zille[modifier | modifier le code]

En 2007, le parti entame une nouvelle ère avec l'annonce du retrait de la présidence de Tony Leon. Le 6 mai 2007, Helen Zille, maire du Cap, est élue par les militants de l'Alliance démocratique pour succéder à Tony Leon à la direction générale (leadership) du parti. Elle l'emporte avec 786 voix contre 228 au chef de l'Alliance dans la province du Cap-Oriental, Athol Trollip et 65 voix à Joe Seremane, le secrétaire-général du parti. Au parlement où Leon était le chef du groupe parlementaire de l'Alliance démocratique, il est remplacé par Sandra Botha élue avec 30 voix contre 26 à Tertius Delport.

À l'occasion du relancement du parti en 2008, la DA s'offre un nouveau logo censé représenté toutes les communautés sud-africaines.

L'élection d'Helen Zille, a suscité l'espoir au sein des membres de la DA qui voudraient se débarrasser de l'image connotée blanche dont souffre le parti. L'intéressé a déjà fait savoir que les militants de la DA devraient apprendre une langue ou plusieurs langues des 11 langues officielles que compte l'Afrique du Sud pour "jeter de nouveaux ponts" et notamment avec l'électorat noir. D'ailleurs celui-ci fait assez nettement la différence entre Helen Zille (qui parle couramment le xhosa) et le reste du parti.

Le 15 août 2010, le parti des démocrates indépendants, un petit mouvement politique de centre-gauche dirigé par Patricia de Lille, annonce sa fusion avec la DA en prélude à sa propre dissolution. L’accord vise à unir l'opposition pour les élections locales de 2011 et pour les élections nationales de 2014.

C'est dans cette optique que la parti affiche un volontarisme pour « franchir la barrière raciale » et convaincre un nombre croissant d'électeurs noirs[6]. Ce volontarisme s'articule autour de trois axes prioritaires : le renouvellement des cadres du parti, la pénétration dans les terres électorales de l'ANC, et la bonne gestion gouvernementale. Celle-ci semble avoir déjà porté ses fruits puisque lorsque le chômage augmentait en 2010 dans toutes les provinces sud-africaines celui-ci reculait au Cap-Occidental, la seule province gérée par l'opposition. Par ailleurs la très bonne gestion financière de la ville du Cap (la dette a été réduite de un milliard de rand un an après l'arrivée de la DA au pouvoir), la hausse de 12 % du PIB de la ville entre 2005 et 2008, et le meilleur réseau de services publics au sein des municipalités métropolitaines d'Afrique du Sud (augmentation de 15 % du budget consacré aux services publics, construction de 7000 logements en moyenne en 2008 contre 3000 en 2002)[7] ont convaincus certains électeurs noirs de se détourner de l'ANC vers la DA. En mai 2010, au Cap, l'Alliance démocratique remporte deux sièges sur l'ANC dans des circonscriptions essentiellement noires. Dans la circonscription de Gugulethu-Heideveld, elle remporte 60,3 % des voix (alors qu'elle n'en avait eu que 26 % en 2006) contre 37,7 % à l'ANC (53 % en 2006). Dans la circonscription de Grabouw, la DA remporte 48 % des suffrages (contre 9 % en 2006). Ces deux sièges s'ajoutent alors à 6 autres sièges remportés en un an par la DA sur l'ANC, qui détenaient auparavant ces sièges depuis 1994[8]. Le volontarisme de l'Alliance démocratique semble commencer à porter ses fruits puisque lors des élections municipales de 2011 elle obtient 24 % des voix et multiplie par cinq son score chez l'électorat noir notamment dans la province du Gauteng. Helen Zille déclare à ce sujet : « Seuls 8 % des électeurs inscrits sont blancs. Faites le calcul, les blancs ne sont pas les seuls à avoir voté pour la DA »[9], avant d'ajouter : « Nous avons gagné, pour la première fois, des circonscriptions 100 % noires, et c'est le tournant que je voulais »[10].

Les élections générales de 2009[modifier | modifier le code]

Carte montrant le score réalise par la DA aux élections de 2009
  •      0–20 %
  •      20 %–40 %
  •      40 %–60 %
  •      60 %–80 %
  •      80 %–100 %

Les élections de 2009 font entrer l'Alliance démocratique dans une nouvelle phase puisque le parti d'Helen Zille récolte 16,66 % des suffrages au niveau national (67 sièges et 1 million de voix supplémentaires) et remporte la province du Cap-Occidental avec 51 % des votes. Dans le même temps le Congrès du Peuple (COPE), dissident de l'ANC, atteignait difficilement les 7,5 %. Conservant son statut d'opposition officielle, la DA subit une certaine mutation de ses votes. Ainsi, aux voix traditionnelles des électeurs blancs (10 % de la population) ce sont ajoutées celles de l'électorat métis (remportées par le NP en 1994), lui permettant de reprendre à l'ANC le Cap-Occidental. De ce fait, elle a également doublé son score chez l'électorat noir du Cap, qui malgré tout, reste encore très faible.

On peut ajouter qu'à la différence des élections précédentes, la DA a réussi à capter une partie du vote populaire notamment chez les métis.

Sa victoire contre l'ANC dans la province du Cap-Occidental est importante pour le parti Helen Zille car elle permet à l'opposition de contrôler de nouveau un exécutif provincial, en l'occurrence celui de la troisième province en termes de PIB et la plus riche en termes de revenu par habitant. Helen Zille devrait en faire un laboratoire de sa politique et essayer de démontrer les compétences de l'opposition en matière de gestion provinciale. En passant de 46 % à 31 % des suffrages, sans compter les 10 % qu'avait récolté son allié du NNP en 2004, l'affaiblissement de l'ANC est encore plus sensible au Cap-Occidental qu'au niveau national. Parallèlement, la DA passe de 27 % a 51,5 %, récupérant les électeurs de l'ex-NNP, des déçus de l'ANC et quelques autres petits partis. Bien que disposant de la majorité absolue des sièges au parlement provincial, la DA pourrait néanmoins passer une alliance avec le Congrès du Peuple (COPE) pour gérer la région. Par ailleurs, si la DA perd son statut d'opposition officielle au profit du COPE dans 4 des 9 provinces (l'État-Libre, le Cap-Oriental, le Limpopo et le Cap-du-Nord) en plus du KwaZulu-Natal où l'Inkhata zoulou la devance, elle améliore partout ses scores de 2004. Elle obtient un peu plus de 22,5 % dans la riche province du Gauteng (moyenne nationale 16,7 %), élargissant là-aussi sa base électorale blanche aux métis et aux asiatiques. D'une manière générale, si la DA réussit à faire de bon score dans les centres urbains (autrefois réservés aux blancs) et les régions urbanisées, elle pâtit du vote des populations des townships, acquis essentiellement à l'ANC, ainsi que dans les campagnes et les régions isolées comme celles du nord, relativement peuplées.

Programme et courants internes[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs sensibilités politiques au sein de la DA. En effet, ce parti est issu de partis tant libéraux que conservateurs. Prenant racine dans le progressisme, son idéologie a progressivement évoluée vers un certain conservatisme sous la gestion de Tony Leon afin notamment de capter et de garder les voix afrikaners, en particulier après la scission avec le Nouveau Parti national. Voulant fédérer une opposition plausible et la plus large à l'ANC, son programme défend notamment une vision libérale de l'économie au travers d'une économie sociale de marché permettant plus d'égalité, le respect des libertés individuelles et de la propriété privée ainsi qu'une démocratie irréprochable s'appuyant sur la primauté de la loi et de la constitution. En matière sociale elle prône un certain conservatisme social mélangeant des idées sociales (augmentation du revenu minimum, meilleur accès aux services publics) et des positions plus conservatrices notamment sur la criminalité ou les mœurs tempérées par des positions quelquefois plus progressistes.

Deux courants principaux dominent la DA : les libéraux issus du DP et les conservateurs issus du NP puis du NNP. On note cependant que les courants internes se sont progressivement atténués après l'élection d'Helen Zille à la tête du parti et encore plus sensiblement après les élections de 2009.

En novembre 2009, Lindiwe Mazibuko, porte-parole du parti, devient la première femme noire de l'Alliance démocratique à accéder au poste de chef du groupe parlementaire de la DA, devenant ainsi le chef de l'opposition au parlement. Elle est élue à cette fonction au cours d'une élection interne contre le titulaire sortant Athol Trollip, un blanc anglophone. Elle devient alors la seule noire de l'équipe dirigeante de la DA alors que le groupe parlementaire qu'elle dirige ne comprend encore que 20 % de députés noirs[11].

Résultats électoraux depuis 1994[modifier | modifier le code]

Lors des élections nationales de 2009, l'Alliance démocratique obtient pour la première fois un résultat proche des scores réalisés en 1994 par le vote cumulé du DP et du NP. Pour le DP, qui ne réalisait que 1,7 % des voix en 1994, la progression est spectaculaire. Pour le NP, dont l'électorat en 1994 comprenait la quasi-totalité des voix des blancs d'Afrique du Sud (à l'exception d'une minorité, issue de l'ancien parti conservateur d'Afrique du Sud, ralliée au Front de la liberté), c'est un désaveu vis-à-vis de la stratégie d'alliance avec l'ANC, suivie par Marthinus van Schalkwyk.

Cette évolution est notamment due à la gestion du parti démocratique par ses dirigeants, à son opposition intransigeante à l'ANC, ayant abouti à élargir sa base électorale en ralliant les suffrages conservateurs des anciens électeurs du Parti national mais aussi ceux des métis et des indiens. À l'issue des élections municipales de 2011, elle effectue une percée remarquée, passant de 14,8 % à 23,9 % au niveau national, et s'impose comme la quasi-unique représentante de l'opposition. Par ailleurs, elle augmente sensiblement son score chez l'électorat noir, celui-ci passant de 1 % à 5 %–6 % et devient la formation politique la plus multiraciale d'Afrique du Sud avec environ un peu moins de la moitié de ses soutiens venant de l'électorat blanc, 20 % de l'électorat noir et d'environ un tiers de l'électorat métis[12].

Élection Voix Part Sièges Chef de parti Observations
1994 338 426
3 983 690
1,73 %
20,4 %
7
82
Zach de Beer (DP)
Frederik de Klerk (NP)
Le parti démocratique et le parti national sont concurrents. L'ANC remporte les élections et 7 provinces. Le parti national remporte la province du Cap-Occidental (59 %).
1999 1 527 337
1 098 215
9,56 %
6,9 %
38
28
Tony Leon (DP)
Marthinus van Schalkwyk (NNP)
Le parti démocratique remplace le Nouveau Parti national comme opposition officielle.
Il cogère avec ce dernier la province du Cap-Occidental.
2004 1 931 201 12,37 % 50 Tony Leon (DA) La DA se présente pour la première fois sous ses couleurs.
La faction résiduelle du NNP (1,65 % et 7 sièges) a rallié l'ANC. Celle-ci remporte les neuf provinces.
2009 2 945 829 16,66 % 67 Helen Zille (DA) La DA remporte la province du Cap-Occidental (51 %).

Municipalités locales contrôlées par la DA et ses alliés (2011-2016)[modifier | modifier le code]

Vainqueur par district électoral aux élections municipales de 2011

Membres et élus[modifier | modifier le code]

  • Tony Leon, ancien chef de la DA (ancien DP)
  • Joe Seremane, secrétaire général (ancien ANC et ancien DP)
  • Helen Zille, ancien maire du Cap et première ministre du Cap-Occidental depuis le 6 mai 2009 (ancien DP)
  • Sandra Botha, ancien chef du groupe parlementaire de 2007 à 2009 (ancien DP)
  • Kraai van Niekerk, ancien ministre de l'agriculture de 1990 à 1996 (ancien NP)
  • Gerald Morkel, ancien premier ministre du Cap-Occidental (ancien NNP)
  • Hernus Kriel, ancien ministre de la loi et l'ordre et ancien premier ministre du Cap-Occidental (ancien NP)
  • Inus Aucamp, ancien chef du nouveau parti national de l'état libre.
  • Sheila Camerer (ancien NNP),
  • Wilhelm le Roux, ancien chef du NNP dans le Cap-Oriental
  • Dan Plato, maire du Cap (ancien NP)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Franchir la barrière raciale, le volontarisme de l'Alliance Démocratique, Mémoire rédigé par Victor Magnani. Le parti ne souhaite pas communiquer sur le nombre de militants, toutefois d'après les informations obtenues il compterait environ 62000 membres dont 30000 dans la province du Cap-Occidental.
  2. A critique of the Democratic Alliance, Frans Cronje, South African Institute of Race Relations, 8 novembre 2008 " the DA whose centre-right position in South African politics could now face a credible challenge for the first time"
  3. l'Alliance démocratique (DA), la droite modérée
  4. Focus on Gordhan and Manuel, John Matisonn, 29 avril 2009. Concernant le revenu minimum notamment
  5. Afrique du Sud : Le paysage politique, Biblio Monde
  6. L’opposition sud-africaine veut séduire les Noirs, Le Monde, 19 Mai 2011
  7. Franchir la barrière raciale, le volontarisme de l'Alliance Démocratique
  8. DA takes Gugulethu, Time, 27 mai 2010
  9. L'opposition sud-africaine progresse au détriment de l'ANC
  10. Municipales en Afrique du Sud: l'ANC domine, percée de l'opposition
  11. Sébastien Hervieu, Le principal parti d'opposition sud-africain affiche son image multiraciale pour séduire l'électorat de l'ANC, Le Monde, 1er novembre 2011
  12. L'analyse de la DA sur les élections municipales de 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]