Johannes Strijdom

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Johannes Gerhardus Strijdom
Image illustrative de l'article Johannes Strijdom
Fonctions
6e Premier ministre d'Afrique du Sud
30 novembre 195424 août 1958
Prédécesseur Daniel François Malan
Successeur Hendrik Verwoerd
Biographie
Date de naissance 14 juillet 1893
Lieu de naissance Klipfontein
Cape Colony flag.png Colonie du Cap
Date de décès 24 août 1958 (à 65 ans)
Lieu de décès Le Cap,
province du Cap
Flag of South Africa 1928-1994.svg Afrique du Sud
Nationalité Sud-Africain
Parti politique parti national
Conjoint Marga van Hulsteyn (1896-1970)
Susan de Klerk (1910-1999)
Enfant(s) 2 enfants (Johannes et Estelle)
Diplômé de Université de Stellenbosch
Profession Avocat
Directeur de publication
Religion Calviniste membre de
l'Église réformée hollandaise
Résidence Nylstroom
Coat of Arms of South Africa (1932-2000).svg

Johannes (Hans) Gerhardus Strijdom (né le 14 juillet 1893 à Klipfontein près de Willowmore (en) dans la colonie du Cap - mort le 24 août 1958 au cap dans la province du Cap), le « lion du Transvaal » était un avocat et un homme politique sud-africain, membre du Parti national, député du Waterberg (1929-1959), ministre des Terres et de l'Irrigation (1948-1954) et Premier ministre d'Afrique du Sud (1954-1958).

Origines[modifier | modifier le code]

JG Strijdom (Strydom en afrikaans) fit ses études au Victoria College de Stellenbosh puis à Pretoria où il excelle également sur les terrains de sport en tant que capitaine de l'équipe locale de rugby à XV.

En 1913, il se lance dans l'élevage d'autruches sur sa terre natale mais doit abandonner un an plus tard à la suite de l'effondrement du marché de la plume d'autruche. Il entre alors dans la fonction publique à Pretoria tout en reprenant ses études de droit. En 1918, il est admis au barreau du Cap puis s'installe à Nylstroom, une petite ville afrikaner et conservatrice dans le nord du Transvaal où il fonde son propre cabinet d'avocat. Parallèlement, il se lance dans l'élevage et devient président de la Société agricole du Waterberg (1923 à 1929).

L'ascension politique[modifier | modifier le code]

J.G. Strijdom
Statue de J.G. Strijdom à Krugersdorp

En 1929, Strijdom est élu député pour la circonscription de Waterberg (Nylstroom) sous les couleurs du Parti national du Premier ministre James Barry Hertzog.

En 1934, il est, au côté de Daniel François Malan, l'un des douze députés qui refusèrent la coalition entre Jan Smuts et Hertzog. Il est même le seul des 33 députés nationalistes du Transvaal, élus lors des élections générales sud-africaines de 1933, à rompre avec Hertzog. En août 1934, Strijdom fonde le "Gehandhaafe Nasionale party" (parti national vigilant), la branche du Parti national au Transvaal débarrassé de sa sa branche pro-Hertzog (le parti s'appelle d'ailleurs "parti national purifié")[1].

Personnalité persévérante et intransigeante, il a la charge de reconstruire le parti national dans une province largement acquise au parti uni de J.B.M. Hertzog. Sa charge de travail l'oblige à abandonner son cabinet d'avocat, sa principale source de revenus, et à se consacrer entièrement à son activité politique sans percevoir de compensation financière de la part de son parti. Il s'applique notamment à collecter des fonds pour assurer la situation financière et en 1937, contribue à la création de Die Transvaler, l'organe de presse officiel du NP appelé à devenir le principal journal en afrikaans du nord du pays. Il devient également directeur de la maison d'édition Voortrekker Press[2] dont il présidera le conseil d'administration jusqu'à sa mort. Idéologiquement, c'est un républicain intransigeant dont les convictions sur ce thème institutionnel se heurtent maintes fois avec celles de Malan beaucoup plus souple[1]. Ainsi, il obtient de Malan que le premier programme d'action du parti national purifié mentionne explicitement comme objectif la constitution d'un État républicain en Afrique du Sud séparée de la Couronne britannique[1].

Lors des élections générales sud-africaines de 1938, Strijdom doit à la fois défendre son siège parlementaire du Waterberg mais aussi, en tant que chef provincial de parti, mener campagne pour les candidats des autres circonscriptions électorales du Transvaal. Au résultat, le seul siège remporté par le NP au Transvaal est celui de Strijdom.

Partisan de l'Allemagne en 1939, il est violemment antisémite dans plusieurs de ses discours.

À la suite du rapprochement de Hertzog et de Malan, qui se concrétise par la réunification du parti national (parti national réunifié ou Herenigde Nasionale Party), Strijdom, opposé à cette réconciliation, doit partager la direction du parti au Transvaal avec le général J.C.G. Kemp. À la mort de celui-ci en 1946, Strijdom en redevient le seul leader.

Membre du premier gouvernement NP en 1948 en tant que ministre des terres et de l'irrigation, il est partisan d'une ségrégation plus poussée encore que ne le prévoit l'apartheid. Animé d'une foi austère, Strijdom appartient à une branche fondamentaliste de l'église réformée hollandaise (les doppers). Convaincu que le peuple afrikaans est investi d'une mission divine pour protéger la race blanche en Afrique du Sud, il préconise le « baasskap », c’est-à-dire la suprématie blanche[3]. Il est aussi convaincu que la coexistence et la coopération pacifique avec la population blanche anglophone ne peut se faire qu'au sein d'une république indépendante. Au sein du parti national, il s'affirme d'ailleurs comme le chef de file des républicains qui font pression sur Malan pour que la question républicaine revienne au centre de l'actualité politique[4] En 1954, il sort pour la première fois de sa vie des frontières d'Afrique du Sud pour de courtes vacances en Europe.

Premier ministre d'Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

J.G. Strijdom, premier ministre
Sépulture de JG Strijdom et de son épouse au cimetière de church street à Pretoria

Le 30 novembre 1954, il succède à Daniel Malan, bien que celui-ci lui avait préféré Nicolaas Havenga, plus modéré, pour prendre sa succession à la tête du parti et du gouvernement.

Devenu Premier ministre, Strijdom resserre son gouvernement autour des éléments les plus radicaux jusqu'à n'avoir dans sa garde rapprochée que des « gens du nord » de l'Afrique du Sud, c’est-à-dire les plus intransigeants. Parmi eux, on trouve son futur successeur, Hendrik Verwoerd, considéré comme le grand architecte du développement séparé ; Jan de Klerk, son beau-frère et père d'un futur président d'Afrique du Sud et Charles Swart, le ministre de la Justice.

Strijdom poursuit la politique d'apartheid et supprime la franchise électorale des Coloureds et des métis du Cap et fait étendre la répression politique contre 156 activistes noirs dont Nelson Mandela impliqués dans la rédaction de la charte de la liberté. Nationaliste intransigeant, il retire au God save the Queen le statut de co-hymne national tandis que l'Union Jack perd tout statut officiel[3]. Sous sa mandature, la loi proposant d'abaisser l'âge du droit de vote à 18 ans est rédigé, favorisant l'électorat afrikaans[5]. Il remporte les élections générales sud-africaines de 1958.

Depuis longtemps de santé fragile, Strijdom meurt soudainement le 24 août 1958 au Cap.

Marié en secondes noces en 1931 avec Susanna de Klerk, JG Strijdom était le père de deux enfants et l'oncle du futur président Frederik de Klerk.

Strijdom dans l'Afrique du Sud post-apartheid[modifier | modifier le code]

Dans le Sud-Ouest africain, l'aéroport international de Windhoek porta son nom jusqu'à l'indépendance de la Namibie en 1990.

Dans l'Afrique du Sud post-apartheid, de nombreux artères, édifices et monuments continuent de porter son patronyme à l'instar du principal lycée de Naboomspruit (Hans Strijdom Hoerskool). La tour de télécommunication (JG Strijdom tower), située dans le quartier de Hillbrow à Johannesburg, a cependant été rebaptisée Telkom Joburg Tower en 2005.

À Pretoria, Market square fut rebaptisé Strijdom Square. Un buste géant en bronze de Strijdom, réalisé par le sculpteur Coert Steynberg, fut inauguré sur cette place le 31 mai 1972 par Susan Strijdom (décédée en 1999). Le 31 mai 2001, ce buste et la coupole qui le surplombait se sont effondrés, victimes de la corrosion. Il a été alors retiré pour rejoindre le musée consacré à Strijdom, situé dans sa maison de Nylstroom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, Ed. Complexe, 1992, p 130-133
  2. Paul Coquerel, ibid, p 202
  3. a et b Paul Coquerel, ibid, p 203
  4. Paul Coquerel, ibid, p 182
  5. Paul Coquerel, ibid, p 210

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ali Khan, A.Sherieff, A.Balakishan, Encyclopedia of world geography: The geography of South Africa, Vol 17, ed. Sarup&Sons, New Delhi, 2007, p 291 et s.