Götterdämmerung

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Crépuscule des dieux

Waltraute rend visite à Brünnhilde contre l'ordre de Wotan

Götterdämmerung Prononciation du titre dans sa version originale Écouter (Le Crépuscule des dieux en français) est le dernier des quatre drames musicaux qui constituent Der Ring des Nibelungen (L'Anneau du Nibelung) de Richard Wagner. La première fut donnée à Bayreuth le 17 août 1876 sous la direction de Hans Richter[1]'[2].

Le titre est une traduction via l'allemand du vieux norrois Ragnarökr, qui dans la mythologie nordique se réfère à une ultime guerre entre dieux et géants.

Personnages[modifier | modifier le code]

Les filles du Rhin tentent de récupérer l'anneau en charmant Siegfried.
  • Siegfried, Waelsung (Wälsung), fils de Siegmund et Sieglinde, ténor
  • Brünnhilde, ex-Walkyrie, fille de Wotan et Erda, soprano
  • Hagen, fils d'Alberich, demi-frère de Günther et Gutrune, basse
  • Günther, Gibichung (humain), frère de Gutrune, demi-frère de Hagen, baryton
  • Gutrune, sœur de Günther, demi-sœur de Hagen, soprano
  • Alberich, Nibelung, frère de Mime, baryton
  • Waltraute, Walkyrie, mezzo-soprano
  • Woglinde, fille du Rhin, soprano
  • Welgunde, fille du Rhin, mezzo-soprano
  • Flosshilde, fille du Rhin, contralto
  • Première Norne, l'aînée, contralto
  • Deuxième Norne, la cadette, mezzo-soprano
  • Troisième Norne, la benjamine, soprano
  • Vassaux et femmes

Argument[modifier | modifier le code]

Prologue[modifier | modifier le code]

Les trois Nornes, filles d'Erda, se rassemblent près du roc de la Walkyrie Brünnhilde, tressant la corde du destin. Elles chantent le passé et le présent, mais aussi l’avenir quand Wotan incendiera le Valhalla pour signaler la fin aux dieux. Leur corde se rompt brusquement. Se lamentant sur la perte de leur savoir, les Nornes disparaissent.

Au lever du jour, Siegfried et Brünnhilde apparaissent depuis leur grotte. Elle l'envoie vers de nouvelles aventures, lui rappelant de garder leur amour à l’esprit. Comme un gage de fidélité, Siegfried lui donne l’Anneau qu’il prit du trésor de Fafner. Portant le bouclier de Brünnhilde et montant son destrier Grane, Siegfried s’éloigne.

Acte I[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Höre mit Sinn was ich dir sage (info)
Höre mit Sinn was ich dir sage interprété par Ernestine Schumann-Heink (Waltraute) en 1929

Des difficultés  pour  écouter le fichier ? Des problèmes pour écouter le fichier ?

Dans le palais des Gibichungen (les descendants du roi Gibich), Günther, roi des Burgondes et sa sœur Gutrune sont assis en compagnie de leur demi-frère Hagen qui se demande quels conjoints pourraient leur convenir. Il conseille à Günther de choisir Brünnhilde, sauf qu’il n’y a qu’un homme sur terre capable de franchir le cercle de feu qui la protège, Siegfried, qui pourrait être l’époux de Gutrune. Il indique qu’il peut utiliser des potions pour obtenir ces unions.

Siegfried arrive au palais cherchant à rencontrer Günther. Celui-ci l’accueille. Il déclare son attachement pour Brünnhilde. Gutrune lui fait boire le philtre d’oubli. Il succombe à ses charmes et offre d’obtenir une femme pour Günther. Ils se jurent un attachement réciproque et partent pour le rocher de Brünnhilde.

Cependant, Brünnhilde reçoit la visite de sa sœur, la Walkyrie Waltraute, qui lui relate comment Wotan est revenu d’une de ses expéditions avec sa lance brisée. Il a fait abattre le Frêne qui soutient l'univers et en a fait entasser les morceaux autour du Walhalla. Toujours silencieux, il s'est retiré dans son manoir, refuse les pommes que fait mûrir Freia et envoie ses corbeaux en espions, attendant la fin du monde. Waltraute implore Brünnhilde de rendre l’Anneau aux Filles du Rhin. Mais Brünnhilde refuse de rendre ce cadeau d’amour de Siegfried, et Waltraude s’envole déçue.

Siegfried arrive sous l'apparence de Günther grâce au Tarnhelm, le heaume magique, et demande Brünnhilde comme épouse. Bien qu’elle résiste violemment, Siegfried la force et lui prend l’Anneau.

Acte II[modifier | modifier le code]

Hagen, qui attend sur les bords du Rhin, s’endort. Dans son rêve, son père Alberich apparaît et lui fait jurer de récupérer l’Anneau.

Siegfried et Brünnhilde arrivent au palais. Siegfried a repris son apparence et Brünnhilde est stupéfaite de voir qu’il porte l’Anneau. Elle comprend que c’est Siegfried qui est venu le prendre pour le compte de Gunther, l’en accuse et se met à le haïr. Quand Hagen lui propose de le tuer, elle dévoile que sa seule vulnérabilité est son dos car il ne fuirait jamais devant aucun adversaire. On fera croire à Gutrune que le meurtre est un accident.

Acte III[modifier | modifier le code]

Grane et Brunehilde se sacrifient dans un brasier à la fin de Götterdämmerung.

Une vallée sauvage près du Rhin. Les ondines dansent au fond du fleuve, elles supplient le soleil de leur envoyer le preux qui leur rendra l'or. Elles entendent la sonnerie du cor de Siegfried ; le héros a perdu ses compagnons de chasse. Elles lui demandent l'Anneau et lui rappellent la malédiction qui y est attachée : elles lui prédisent la mort pour ce jour même, s'il ne rend le trésor ; mais il refuse sur un ton moqueur. Elles déclarent que son héritier, une dame, sera plus équitable.

Siegfried rejoint les chasseurs, dont Gunther et Hagen. Pendant qu’ils se reposent, il leur parle des aventures de sa jeunesse. Hagen lui donne un philtre qui lui rend la mémoire, et il leur raconte qu’il a trouvé Brünnhilde endormie et l’a réveillée d'un baiser. Soudainement deux corbeaux s’envolent d’un buisson et tandis que Siegfried les regarde, Hagen le frappe dans le dos avec une lance. Les autres assistent avec horreur tandis que Günther part dans le bois. Siegfried meurt, languissant au souvenir de Brünnhilde. Son corps est emporté dans une procession funèbre.

Dans le palais des Gibichungen, Gutrune est préoccupée et inquiète : elle a fait de mauvais rêves et le rire sarcastique de Brünnhilde l'a réveillée. Ses pressentiments se réalisent. Hagen lui annonce la mort de Siegfried, tué par un sanglier. Mais Gutrune devine la vérité et Hagen avoue plein d'orgueil qu'il a vengé le parjure ; d'après le droit sacré du butin, il exige l'Anneau de Siegfried. Günther veut intervenir, mais Hagen le tue. À présent, il veut se saisir de l'Anneau, mais recule épouvanté, car les mains du défunt s'élèvent menaçantes. Brünnhilde paraît et, en tant que compagne du héros défunt, elle annonce avec orgueil que sa vengeance est proche. Gutrune comprend que son philtre maléfique a fait oublier à Siegfried son mariage. Sur ordre de Brünnhilde, les compagnons de Günther construisent un bûcher gigantesque : ils y déposent le cadavre de Siegfried ; d'autres amènent le cheval du défunt. La femme fait l'éloge du héros fidèle et intrépide, puis prend l'Anneau et le glisse à son doigt : puisse le feu le purifier de sa faute. Elle arrache le flambeau aux mains d'un des assistants et le lance sur le bûcher. Aux corbeaux de Wotan, elle ordonne d'annoncer aux dieux que leur fin est proche, et, sur le dos de Grane, elle saute dans le brasier. Soudain, le fleuve sort de son lit et s'approche du bûcher. Les ondines s'emparent de l'Anneau ; Hagen, qui veut s'y opposer, est entraîné par elles. L'incendie du Walhalla éclaire le ciel : c'est le crépuscule des dieux.

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Wagner-tuben
Instrumentation du Crépuscule des Dieux
Cordes
seize premiers violons, seize seconds violons, douze altos,

douze violoncelles, huit contrebasses

Bois
trois flûtes, trois hautbois, un cor anglais, trois clarinettes (si bémol)
une clarinette basse, trois bassons
Cuivres
4 cors, 3 trompettes (mi bémol), une trompette basse
trois trombones (ténor, basse, contrebasse)
un tuba contrebasse (do), quatre wagner-tuben (si, fa)

Homonymie[modifier | modifier le code]

  • Deux films de Luchino Visconti font allusion à l'opéra de Wagner :
    • Les Damnés (1969) dont le titre original est La caduta degli dei[3] et le titre anglais The Damned (Götterdämmerung)
    • Ludwig (1972) dont le titre français est Le Crépuscule des dieux[4]. Aucun de ces deux films n'est une adaptation directe de l'œuvre de Wagner, bien que le personnage apparaisse dans le second.
  • Le Crépuscule des dieux (1884) est le titre d'un roman de l'écrivain Élémir Bourges, grand admirateur de Wagner.
  • C’est également celui du troisième roman de la série jeunesse à succès Amos Daragon par l’auteur québécois Bryan Perro.
  • Film « Le crépuscule des faunes » de Christian Comte sur une musique de Wagner 1er fragment http://www.youtube.com/watch?v=umpLBYuv-NM
  • Le Götterdämmerung est également le nom du vaisseau mère de la colonie lunaire nazie du film Iron Sky
  • Le livre Les Démons de Berlin (Ignacio Del Valle)fait allusion à la prophétie du Ragnarök dans le Götterdammung : "Hitler croit en Wagner et Wagner croyait au Ragnarök, cette prophétie mythologique selon laquelle, à la fin des temps, les dieux mourront à l'issue d'une bataille apocalyptique" (p163)
  • Friedrich Nietzsche intitule un de ses derniers livres par paronymie avec l'opéra de Wagner : Götzendämmerung (Crépuscule des idoles).

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

L'anneau du Niebelung a fait l'objet de cinq enregistrements historiques[5].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 281
  2. Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 1185
  3. Titre italien de l'opéra de Wagner.
  4. Modifié par la suite en Ludwig, le crépuscule des dieux. Source : Encyclo-ciné.
  5. Dictionnaire des disques et compacts, Diapason, Bouquins/Laffont p.1009 (ISBN 2-221-05660-4)