Claude Miller
Claude Miller
Claude Miller au festival de Cannes 2003.
| Naissance | 20 février 1942 Paris, France |
|---|---|
| Nationalité | |
| Décès | 4 avril 2012 (à 70 ans) Paris, France |
| Profession | Réalisateur |
| Films notables | La Meilleure Façon de marcher, Garde à vue, Mortelle randonnée, La Petite Voleuse |
Claude Miller est un réalisateur de cinéma français né le 20 février 1942 à Paris et mort le 4 avril 2012 à Paris.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Claude Miller est né à Paris dans une famille juive laïque[1] et passe son enfance à Montreuil[2].
Diplômé de l'IDHEC, où il est admis en 1961 et dont il sort major, Claude Miller débute au cinéma en tant qu'assistant réalisateur de Marcel Carné sur Trois chambres à Manhattan en 1965, de Michel Deville sur Martin soldat en 1966 ou de Jean-Luc Godard sur Weekend en 1967. Il devient ensuite directeur de production de François Truffaut, notamment pour Les Deux Anglaises et le Continent, et réalise ses premiers courts-métrages[1].
En 1976, il réalise son premier long-métrage La Meilleure Façon de marcher. Dans un entretien avec Léo Bonneville, le réalisateur explique que le film est né d'une colère contre l'intolérance d'ordre raciale et sexuelle : « Je ne supportais pas l'espèce d'intolérance que je constatais dans un cercle d'amis vis-à-vis de l'homosexualité[3]. » François Truffaut fait l'éloge de ce premier film[4].
Il réalise ensuite Dites-lui que je l'aime à partir d'un roman de Patricia Highsmith, Ce mal étrange. Le film ne connaît pas le même succès que le précédent. Après l'échec du film, Claude Miller n'a pas tout de suite l'occasion de tourner un nouveau long métrage. Il tourne alors des publicités[3],[1].
Sa carrière est relancée en 1980 grâce au producteur Georges Dancigers qui lui propose une adaptation d'un roman noir américain de John Wainwright avec des dialogues de Michel Audiard. Claude Miller tourne Garde à vue avec Michel Serrault et Lino Ventura. Le film rencontre un grand succès public et obtient quatre César[1], dont un pour Miller.
Il réalise ensuite avec Mortelle Randonnée l'un des plus beaux et fascinants films des années 1980, avec Michel Serrault et Isabelle Adjani.
Il donne à Charlotte Gainsbourg ses premiers grands rôles dans l'Effrontée en 1985 et dans La Petite Voleuse en 1988.
D'après l'auteur, L'Effrontée n'est pas une adaptation mais un scénario original écrit à partir de souvenirs personnels, de souvenirs de sa femme et de diverses lectures. Toutefois les héritiers de la romancière Carson McCullers y ont reconnu des éléments du roman La Ballade de Frankie Adams et ont intenté un procès au réalisateur[1],[3]. Le film connaît un très grand succès public avec 2,7 millions d'entrées[5].
La Petite Voleuse reprend un synopsis écrit par François Truffaut[1]. Il connaît de nouveau le succès avec 1,8 million d'entrées[6].
En 1994, Le Sourire est un échec commercial et critique[1].
Miller obtient le prix du jury au festival de Cannes pour le film La Classe de neige, adaptation d'un roman d'Emmanuel Carrère[1].
En 2003, il réalise La Petite Lili, une adaptation de La Mouette de Tchekhov.
Son dernier film, Thérèse Desqueyroux, adapté du roman de François Mauriac Thérèse Desqueyroux et tourné à l'été 2011, est présenté en clôture du festival de Cannes en mai 2012[7].
Il meurt à Paris le 4 avril 2012[8] d'un cancer.
Distinctions et responsabilités [modifier]
- Président du réseau de salles de cinéma subventionnées Europa Cinemas.
- Président de la Fémis de 2007 à 2010.
- 2008 : membre du Club des 13.
Vie privée [modifier]
Claude Miller était marié à Annie Miller, productrice, dont il avait eu un fils, Nathan Miller, lui-même réalisateur[9].
Au début des années 2000, il rencontre Claire Vassé (née en 1970), critique de cinéma. Ils entretiennent une liaison jusqu’à la mort du réalisateur. Claire Vassé, qui est également écrivain et productrice, publie en 2012 De là où tu es aux éditions Stock qui parle de leur relation. Elle a eu une fille du réalisateur, Joséphine, que son père a eu le temps de connaitre quelques mois avant de mourir d'un cancer[10],[11].
Filmographie [modifier]
Réalisateur [modifier]
- 1967 : Juliet dans Paris (court-métrage)
- 1969 : La Question ordinaire (court-métrage)
- 1971 : Camille ou la comédie catastrophique (court-métrage)
- 1976 : La Meilleure Façon de marcher
- 1977 : Dites lui que je l'aime
- 1981 : Garde à vue
- 1983 : Mortelle randonnée
- 1985 : L'Effrontée
- 1988 : La Petite Voleuse
- 1992 : L'Accompagnatrice
- 1994 : Le Sourire
- 1998 : La Classe de neige
- 2000 : La Chambre des magiciennes
- 2001 : Betty Fisher et autres histoires
- 2003 : La Petite Lili
- 2007 : Un secret
- 2009 : Marching Band
- 2009 : Je suis heureux que ma mère soit vivante co-réalisé avec son fils Nathan Miller
- 2011 : Voyez comme ils dansent
- 2012 : Thérèse Desqueyroux
Acteur [modifier]
- 1967 : Deux ou trois choses que je sais d'elle de Jean-Luc Godard
- 1970 : L'Enfant sauvage de François Truffaut
- 1976 : L'Ordinateur des pompes funèbres de Gérard Pirès
- 1978 : La Tortue sur le dos de Luc Béraud
- 1979 : Félicité de Christine Pascal
- 1981 : Plein sud de Luc Béraud
- 2005 : La vie de Michel Muller est plus belle que la vôtre de Michel Muller
- 2006 : Un ami parfait de Francis Girod
- 2009 : La Librairie de Schrödinger de Christophe Beauvais et Claire Vassé (court métrage)
Scénariste [modifier]
- 1978 : La Tortue sur le dos de Luc Béraud
- 1981 : Plein sud de Luc Béraud
- 1987 : Vent de panique de Bernard Stora
Directeur de production [modifier]
- 1967 : Deux ou trois choses que je sais d'elle de Jean-Luc Godard
- 1968 : Baisers volés de François Truffaut
- 1969 : La Sirène du Mississipi de François Truffaut
- 1970 : L'Enfant sauvage de François Truffaut
- 1970 : Domicile conjugal de François Truffaut
- 1971 : Les Deux Anglaises et le Continent de François Truffaut
- 1972 : Une belle fille comme moi de François Truffaut
- 1973 : Les Gaspards de Pierre Tchernia
- 1973 : La Nuit américaine de François Truffaut
- 1975 : L'Histoire d'Adèle H. de François Truffaut
Assistant réalisateur [modifier]
- 1965 : Nick Carter et le trèfle rouge de Jean-Paul Savignac
- 1965 : Le Dimanche de la vie de Jean Herman
- 1966 : Au hasard Balthazar de Robert Bresson
- 1966 : Martin soldat de Michel Deville
- 1967 : Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy
- 1967 : Week-end de Jean-Luc Godard
- 1969 : La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié
- 1971 : Fantasia chez les ploucs de Gérard Pirès
- 1973 : Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès
Prix et nominations [modifier]
Au long de sa carrière, Claude Miller a été nommé, à titre personnel, quinze fois aux César dont sept fois pour le César du meilleur réalisateur. Il n'a remporté qu'un seul César, en 1982, pour le scénario de Garde à vue.
- César 1977 (pour La Meilleure Façon de marcher) :
- nomination au César du meilleur film
- nomination au César du meilleur réalisateur
- nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation
- César 1978 : nomination au César du meilleur réalisateur pour Dites-lui que je l'aime
- César 1982 (pour Garde à vue) :
- nomination au César du meilleur film
- nomination au César du meilleur réalisateur
- César du meilleur scénario original ou adaptation
- César 1986 (pour L'Effrontée) :
- nomination au César du meilleur film
- nomination au César du meilleur réalisateur
- nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation
- César 1989 : nomination au César du meilleur réalisateur pour La Petite Voleuse
- César 2004 : nomination au César du meilleur réalisateur pour La Petite Lili
- César 2008 (pour Un secret) :
- nomination au César du meilleur film
- nomination au César du meilleur réalisateur
- nomination au César du meilleur scénario original ou adaptation
- Festival de Cannes 1998 : Prix du jury pour La Classe de neige
- Festival international du film de Rome 2011 : Grand prix du jury pour Voyez comme ils dansent
Publications [modifier]
- Claude Miller, Philippe Grimbert et Thierry Valletoux, Les secrets d'Un secret, Verlhac Editions, 4 octobre 2007, 108 p. (ISBN 978-2916954080)
- Claire Vassé et Claude Miller, Serrer sa chance : Entretiens avec Claire Vassé, Stock, 5 septembre 2007, 325 p. (ISBN 978-2234059528)
- Claude Miller et François Truffaut, La Petite Voleuse : texte et documents, Klett Ernst /Schulbuch, novembre 2008, 81 p. (ISBN 978-3125984127)
Bibliographie [modifier]
- Dossier « Claude Miller : Souvenirs et témoignages » dans Positif, no 622, décembre 2012.
- Claire Vassé, De là où tu es, Stock, 2012
Récit de sa relation avec Claude Miller
Films sur Claude Miller [modifier]
- 2012 : Claude M le cinéma d'Emmanuel Barnault
Notes et références [modifier]
- Thomas Sotinel, « Le cinéaste Claude Miller est mort », Le Monde, 5 avril 2012 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2012)]
- Marie-Noëlle Tranchant, « Claude Miller, cinéaste de l'intime, est mort », Le Figaro, 5 avril 2012 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2012)]
- Léo Bonneville, « Rencontre avec Claude Miller », Séquences : La revue de cinéma, no 124, avril 1986, p. 22-27 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2012)]
- François Truffaut, « Claude Miller, entre complices », Le Point, no 180, 1er mars 1976 réédité dans François Truffaut, Le plaisir des yeux, Flammarion, 1987, p. 100-102
- Jean-Michel Frodon, Le Cinéma français, de la Nouvelle Vague à nos jours, Paris, Cahiers du Cinéma, 2010, p. 789
- Frodon 2010, p. 790
- Sébastien Le Fol, « L'ultime film de Claude Miller ira à Cannes », Du fil à retordre, Le Figaro, 5 avril 2012 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2012)]
- La Rédaction, « Claude Miller : silence, il ne tournera plus ! », Le Point, 5 avril 2012 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2012)]
- Alain Riou, « Claude Miller, mort d'un artisan tourmenté », Le Nouvel Observateur, 5 avril 2012 [texte intégral (page consultée le 5 avril 2012)]
- "De là ou tu es" de Claire Vassé, France Inter
- Vassé 2012