Claude Miller

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Claude Miller né Claude Miler est un réalisateur de cinéma français né le 20 février 1942 dans le 18e arrondissement de Paris et mort le 5 avril 2012 dans le 12e arrondissement de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Miller est né à Paris dans une famille juive laïque[1] et passe son enfance à Montreuil[2]. Il fait ses études au lycée Turgot puis au lycée Voltaire dans une classe préparatoire à l'IDHEC[3].

Diplômé de l'IDHEC, où il est admis en 1961 et dont il sort major, Claude Miller débute au cinéma en tant qu'assistant réalisateur de Marcel Carné sur Trois chambres à Manhattan en 1965, de Michel Deville sur Martin soldat en 1966 ou de Jean-Luc Godard sur Weekend en 1967. Il devient ensuite directeur de production de François Truffaut, notamment pour Les Deux Anglaises et le Continent, et réalise ses premiers courts-métrages[1].

En 1976, il réalise son premier long-métrage La Meilleure Façon de marcher. Dans un entretien avec Léo Bonneville, le réalisateur explique que le film est né d'une colère contre l'intolérance d'ordre raciale et sexuelle : « Je ne supportais pas l'espèce d'intolérance que je constatais dans un cercle d'amis vis-à-vis de l'homosexualité[4]. » François Truffaut fait l'éloge de ce premier film[5].

Il réalise ensuite Dites-lui que je l'aime à partir d'un roman de Patricia Highsmith, Ce mal étrange. Le film ne connaît pas le même succès que le précédent. Après l'échec du film, Claude Miller n'a pas tout de suite l'occasion de tourner un nouveau long métrage. Il tourne alors des publicités[4],[1].

Sa carrière est relancée en 1980 grâce au producteur Georges Dancigers qui lui propose une adaptation d'un roman noir américain de John Wainwright avec des dialogues de Michel Audiard. Claude Miller tourne Garde à vue avec Michel Serrault et Lino Ventura. Le film rencontre un grand succès public et obtient quatre César[1], dont un pour Miller.

Il réalise ensuite avec Mortelle Randonnée l'un des plus beaux et fascinants films des années 1980, avec Michel Serrault et Isabelle Adjani.

Il donne à Charlotte Gainsbourg ses premiers grands rôles dans l'Effrontée en 1985 et dans La Petite Voleuse en 1988.

D'après l'auteur, L'Effrontée n'est pas une adaptation mais un scénario original écrit à partir de souvenirs personnels, de souvenirs de sa femme et de diverses lectures. Toutefois les héritiers de la romancière Carson McCullers y ont reconnu des éléments du roman La Ballade de Frankie Adams et ont intenté un procès au réalisateur[1],[4]. Le film connaît un très grand succès public avec 2,7 millions d'entrées[6].

La Petite Voleuse reprend un synopsis écrit par François Truffaut[1]. Il connaît de nouveau le succès avec 1,8 million d'entrées[7].

En 1994, Le Sourire est un échec commercial et critique[1].

Miller obtient le prix du jury au festival de Cannes pour le film La Classe de neige, adaptation d'un roman d'Emmanuel Carrère[1].

En 2003, il réalise La Petite Lili, une adaptation de La Mouette de Tchekhov.

Son dernier film, Thérèse Desqueyroux, adapté du roman de François Mauriac Thérèse Desqueyroux et tourné à l'été 2011, est présenté en clôture du festival de Cannes en mai 2012[8].

Il meurt à Paris le 4 avril 2012[9] d'un cancer.

Distinctions et responsabilités[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Claude Miller était marié à Annie Miller, productrice, dont il avait eu un fils, Nathan Miller, lui-même réalisateur[10].

Au début des années 2000, il rencontre Claire Vassé (née en 1970), critique de cinéma. Ils entretiennent une liaison jusqu’à la mort du réalisateur. Claire Vassé, qui est également écrivain et productrice, publie en 2012 De là où tu es aux éditions Stock qui parle de leur relation. Elle a eu une fille du réalisateur, Joséphine, que son père a eu le temps de connaitre quelques mois avant de mourir d'un cancer[11],[12].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Directeur de production[modifier | modifier le code]

Assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Prix et nominations[modifier | modifier le code]

Au long de sa carrière, Claude Miller a été nommé, à titre personnel, quinze fois aux César dont sept fois pour le César du meilleur réalisateur. Il n'a remporté qu'un seul César, en 1982, pour le scénario de Garde à vue.

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dossier « Claude Miller : Souvenirs et témoignages  » dans Positif, no 622, décembre 2012.
  • Claire Vassé, De là où tu es, Stock,‎ 2012
    Récit de sa relation avec Claude Miller

Films sur Claude Miller[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Thomas Sotinel, « Le cinéaste Claude Miller est mort », Le Monde,‎ 5 avril 2012 (lire en ligne)
  2. Marie-Noëlle Tranchant, « Claude Miller, cinéaste de l'intime, est mort », Le Figaro,‎ 5 avril 2012 (lire en ligne)
  3. Claude Miller, Claire Vassé, Serrer sa chance. Entretiens avec Claire Vassé, Stock,‎ 2007, p. 21
  4. a, b et c Léo Bonneville, « Rencontre avec Claude Miller », Séquences : La revue de cinéma, no 124,‎ avril 1986, p. 22-27 (lire en ligne)
  5. François Truffaut, « Claude Miller, entre complices », Le Point, no 180,‎ 1er mars 1976 réédité dans François Truffaut, Le plaisir des yeux, Flammarion,‎ 1987, p. 100-102
  6. Jean-Michel Frodon, Le Cinéma français, de la Nouvelle Vague à nos jours, Paris, Cahiers du Cinéma,‎ 2010, p. 789
  7. Frodon 2010, p. 790
  8. Sébastien Le Fol, « L'ultime film de Claude Miller ira à Cannes », Du fil à retordre, Le Figaro,‎ 5 avril 2012 (lire en ligne)
  9. La Rédaction, « Claude Miller : silence, il ne tournera plus ! », Le Point,‎ 5 avril 2012 (lire en ligne)
  10. Alain Riou, « Claude Miller, mort d'un artisan tourmenté », Le Nouvel Observateur,‎ 5 avril 2012 (lire en ligne)
  11. "De là ou tu es" de Claire Vassé, France Inter
  12. Vassé 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]