Comme il vous plaira

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Comme il vous plaira
Image illustrative de l'article Comme il vous plaira
Facsimilé du premier in-folio de 1623

Auteur William Shakespeare
Genre Mixte : tragi-comédie romantique avec des éléments de comédie pastorale
Pays d'origine Angleterre
Lieu de parution Londres
Date de parution 1623 (premier in-folio)
Date de la 1re représentation avant 1600

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Comme il vous plaira (As You Like it) est une pièce de théâtre de William Shakespeare ; c'est une petite comédie écrite vers 1599, peu avant Hamlet (1600-1601).

C'est dans le deuxième acte de cette pièce que se trouve le célèbre monologue de Jaques, commençant par All the world's a stage.

Présentation[modifier | modifier le code]

Cette comédie est vraiment l'œuvre de Shakespeare et aussi le produit pur de sa pensée : on y trouve la sensualité des Gentilhommes de Vérone, les trahisons entre frères, flambeaux de Hamlet ou de La Tempête, la gaieté des Joyeuses commères de Windsor et la fin enchanteresse de La Nuit des rois.

Les deux premiers actes sont les plus intéressants, il s'agit surtout après de marivaudage. Les rivalités fraternelles sont encore une fois le sel et l'aliment de l'intrigue. Ainsi Olivier nourrit une haine farouche contre Orlando. Le roi Frédérick renversa son propre frère, le Duc, banni et retiré avec quelques compagnons dans la forêt. Le désespoir est présent. Le choix d'Orlando de combattre le chevalier Charles à la joute, malgré son inexpérience et les nombreuses victoires de l'adversaire, ne manque pas de rappeler la décision d'Hamlet d'accepter le duel truqué avec Laërte, risquant ainsi ses espoirs de vengeance. L'irréversibilité et la providence se retrouvent ainsi, pourtant il y a d'un côté une comédie frivole et légère et de l'autre le tourment, le doute véritable.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Les hommes
    • Le vieux duc, proscrit ;
    • Frédéric, duc usurpateur, frère du précédent ;
    • Jacques et Amiens, seigneurs ayant suivi le vieux duc banni dans la forêt ;
    • Charles, lutteur ;
    • Olivier, Jacques et Orlando, fils de Roland des Bois ;
    • Pierre de Touche, bouffon ;
    • Adam et Denis, serviteurs d'Olivier ;
    • Sire Olivier Gache-Texte, vicaire ;
    • Corin et Silvis, bergers ;
    • William, paysan épris d'Audrey.
  • Les femmes
    • Rosalinde, fille du vieux duc ;
    • Célia, fille de Frédéric ;
    • Phébé, bergère ;
    • Audrey, paysanne ;
    • L'hymen.
  • Autres
    • Des seigneurs, des pages, des veneurs et des serviteurs.

Argument[modifier | modifier le code]

La pièce se déroule dans un duché en France, mais la plupart de l'action se déroule dans un lieu appelé la Forêt d'Arden, qui pourrait correspondre aux Ardennes en France, mais est parfois identifiée avec Arden, Warwickshire, près de la ville d'accueil de Shakespeare.

Frédéric a usurpé le duché et exilé son frère aîné, le duc principal. Rosalinde, la fille du duc, a été autorisée à rester à la cour parce qu'elle est la plus proche amie et cousine de l'enfant de Frédéric, Celia.

Orlando, un jeune gentilhomme du royaume qui a eu le coup de foudre pour Rosalinde, est forcé de fuir de son domicile après avoir été persécuté par son frère aîné, Olivier. Frédéric se met en colère et bannit Rosalinde de la cour. Celia et Rosalinde décident de fuir ensemble accompagnées par le bouffon Touchstone, avec Rosalinde déguisée en jeune homme et Celia déguisée en pauvre dame.

Rosalinde, maintenant déguisée en Ganymède (le page de Jupiter), et Celia, à présent déguisée en Aliena ("étranger", en latin), arrivent dans la forêt d'Arden, où le duc en exil vit maintenant avec quelques partisans tels que Jacques le mélancolique, mais «Ganymède» et «Aliena » ne les rencontrent pas immédiatement. Ils croisent d’abord la route de Corin, un berger, qui leur propose d'acheter la cabane de son maître absent. Pendant ce temps, Orlando et son serviteur Adam (un rôle qui fut peut-être joué par Shakespeare lui-même, bien que cette histoire est dite être apocryphe), retrouvent le duc et ses hommes et s’installent avec eux. Orlando se met à graver des poèmes d'amour simplistes sur les arbres à l’attention de Rosalinde. Rosalinde, également amoureuse d’Orlando, le rencontre sous l’apparence de Ganymède et fait mine de lui conseiller de ne plus l’aimer. Rosalinde joue alors un double jeu : sous le prétexte de dégoûter son soupirant de son amour, elle accepte de jouer le rôle d'une jeune femme versatile. Et pour mieux incarner ce rôle, elle se fait appeler Rosalinde (alors qu'elle porte toujours le costume masculin sous lequel elle cache sa véritable identité). Orlando accepte de lui rendre visite tous les jours pour lui faire sa cour, comme si elle était véritablement sa bien-aimée, alors qu'il ignore qu'elle l'est.

La bergère Phébé, dont Silvius est amoureux, tombe amoureuse de Ganymède (qui est en fait, Rosalinde), bien que «Ganymède» montre sans cesse qu’"il" n'est pas intéressé par Phébé. Touchstone, quant à lui, tombe amoureux d’Audrey la bergère et tente de la séduire, mais il se voit obligé de l’épouser pour pouvoir poursuivre son idylle. William, un autre berger, tente de se marier avec Audrey mais se voit menacé par Touchstone.

Enfin, Silvius, Phebe, Ganymède, et Orlando sont réunis dans une dispute ou chacun tente de savoir quels couples vont se former. Ganymède affirme qu'il va résoudre le problème si Orlando promet d’épouser Rosalinde, et si Phebe promet d’épouser Silvius, dans l’éventualité où celle-ci ne pourrait pas épouser Ganymède.

Orlando rencontre Oliver dans la forêt et le sauve d'une lionne. Ce dernier se repent alors d’avoir maltraité Orlando. Oliver rencontre Aliena (la fausse identité de Celia) et tombe amoureux d’elle. Orlando et Rosalinde, Oliver et Celia, Silvius et Phebe, et Touchstone et Audrey se marient tous dans la scène finale. Ils découvrent alors que Frédéric s'est repenti de ses fautes et a décidé de rétablir son frère en tant que duc légitime et d'adopter une vie religieuse. Jacques, toujours mélancolique, décline son invitation à revenir à la cour, préférant rester dans la forêt et adopter une vie religieuse. Dans un épilogue final, Rosalinde invite les hommes et les femmes du public à défendre la pièce qui vient de se jouer, les uns aux autres.

Extraits[modifier | modifier le code]

Le monde entier est un théâtre, et tout le monde, hommes et femmes y sont acteurs

On retrouve cette citation sur le frontispice du théâtre du Globe, à Londres

Sources[modifier | modifier le code]

Scène de la pièce par le peintre anglais Walter Deverell

Le dramaturge s'inspire du roman en prose de Thomas Lodge Rosalynde, Euphues Golden Legacie et, sans doute, du Conte de Gamelyn (tiré du récit de Geoffrey Chaucer, peut-être apocryphe), dont Lodge s'est lui-même inspiré[1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma
Télévision

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice par F. N. Lees. Œuvres complètes de Shakespeare. Tome VI. Le Club Français du Livre. Édition bilingue. P. 487. 1967.