Ariane Mnouchkine

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Ariane Mnouchkine
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Ariane Mnouchkine, née le 3 mars 1939 à Boulogne-Billancourt, est metteur en scène de théâtre et animatrice de la troupe qu'elle a fondée en 1964, le Théâtre du Soleil. Elle est également scénariste et réalisatrice de films. Elle réside à Montrouge (Hauts-de-Seine).

Sommaire

Biographie [modifier]

Ariane Mnouchkine est la fille du producteur Alexandre Mnouchkine, qui nomma sa société de production cinématographique Les Films Ariane.

Elle fait ses débuts au théâtre en participant, en octobre 1959, à la création de l'Association théâtrale des étudiants de Paris (ATEP) à la Sorbonne. Parmi les membres de cette association, on peut compter : Philippe Léotard, Jean-Claude Penchenat, Martine Franck, Myrrha Donzenac, Françoise Tournafond, Gérard Hardy, Jean-Pierre Tailhade et Roberto Moscoso. Ariane Mnouchkine fonde ensuite, aux côtés de plusieurs membres de cette association, le Théâtre du Soleil, en 1964. Le théâtre s'installe à La Cartoucherie de Vincennes en 1970.

Le Théâtre du Soleil [modifier]

Le Théâtre du Soleil est fondé comme une coopération de travailleurs dans un esprit communautaire. Sa structure collective, une pratique héritée des années 1960 qui s'est dissoute avec l'avènement des années 1980, jouit d'une longévité particulière. Ariane Mnouchkine s'est par la suite distinguée par le choix des sujets abordés, donnant souvent à réfléchir sur la condition humaine, et surtout par ses mises en scènes très visuelles (ses fameux décors en mouvement présentant la scène sous différents angles, par exemple), soutenues par une véritable « bande-son », omniprésente, jouée en direct (sur le bord de la scène) par l'homme-orchestre Jean-Jacques Lemêtre, avec lequel elle collabore depuis 1979. Ces sujets présentent souvent des drames qui bouleversent ou ont bouleversé la planète pour faire du théâtre un moyen d'éclaircir l'histoire de notre temps : l'intégrisme dans Tartuffe, la lâcheté politique dans Tambours sur la Digue.

En 2003, le Théâtre du Soleil monte Le Dernier Caravansérail (Odyssées), constitué de deux volets (Le Fleuve Cruel et Origines et Destins), narrant des épisodes de la vie de tous les jours, en Afghanistan, dans le Nord de la France à Sangatte, où des réfugiés tentent d'entrer clandestinement en Angleterre, en espérant y trouver une vie qui leur est inaccessible dans leur pays d'origine. Les Éphémères, spectacle créé en 2006, également en deux parties (près de 3h15 par partie, ici nommées "recueils"), se déroule cette fois-ci en France. Ariane Mnouchkine, rompant provisoirement avec les grandes épopées, y met en scène de multiples tranches de vie, selon un rythme sans cesse brisé par une alternance de scènes hilarantes, mordantes, poignantes.

Méthode, jeu et influences [modifier]

Dans un esprit communautaire présent dès les débuts du Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine a pour coutume d'être présente en début et fin de spectacle, et ce, à chaque représentation. Ariane Mnouchkine n'effectue jamais de travail sur table. Elle ne distribue pas les rôles, elle n'impose pas de personnages à ses acteurs, car ce sont eux-mêmes qui travaillent des situations, des états, et non pas des émotions.

Ses premiers grands succès sont La Cuisine d'Arnold Wesker, puis 1789 et L'Âge d'or, des créations collectives. Elle met ensuite en scène des classiques (Molière, Shakespeare, etc.) et des auteurs contemporains (Hélène Cixous, Arnold Wesker, etc.), en s'inspirant souvent des traditions orientales (théâtre indien, japonais, etc.). Ariane Mnouchkine affirme que le théâtre oriental est le vrai théâtre. Contrairement au théâtre occidental, qui n'a su que créer des formes réalistes, le théâtre oriental l'attire vraiment, c'est ainsi qu'elle s'inspire surtout des formes asiatiques telles que le Kabuki, le Nô et le Bunraku.

Le théâtre d'Ariane Mnouchkine s'inscrit dans les traditions du théâtre de Vilar, Brecht ou Hegel, un théâtre qui renoue la nécessité du rapport entre théâtre et société.

Cinéma [modifier]

Au cinéma, elle participe en 1964 au scénario de L'Homme de Rio de Philippe de Broca. Puis, avec le Théâtre du Soleil, elle se lance d'abord en 1974 dans la captation filmée de leur spectacle 1789. Elle pousse l'ambition plus loin et réalise en 1978 une grande fresque, imposante, fougueuse et somptueuse, de Molière (avec Philippe Caubère dans le rôle-titre), qui sera ultérieurement diffusée en 1981 à la télévision sous forme d'une série de cinq épisodes d'une heure sous le titre Molière, ou la vie d'un honnête homme (le film sortira ensuite en DVD en 2004). Elle adapte, toujours pour la télévision, deux pièces d'Hélène Cixous, La Nuit miraculeuse en 1989 et Tambours sur la digue en 2003.

En 2011, à l'occasion du tournage du film tiré des Naufragés du Fol Espoir, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil inaugurent le concept de « DVD-mécène » et lancent une souscription auprès du nombreux et fidèle public de la compagnie[1], afin de ne pas devoir sacrifier l'art aux contraintes de temps.

Vie politique [modifier]

Nommée le 25 juillet 2007, par les membres du Collège de France, professeure associée pour une période de douze mois à la chaire de Création artistique, elle refuse d'abord le poste, croyant le devoir à Nicolas Sarkozy, avant d'envisager de l'accepter, ne voulant « pas faire de caprice auprès de gens qu['elle] admire et qu['elle] aime[2] », pour finalement le décliner[3].

Artiste engagée depuis toujours, elle signe en 2007 avec 150 intellectuels un texte qui appelle à voter pour Ségolène Royal, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance[4] ». Elle aurait par ailleurs (ainsi que Didier Bezace), dispensé quelques conseils à l'ancienne candidate à l'élection présidentielle sur sa gestuelle, lors de la première Fête de la Fraternité, en septembre 2008, au Zénith de Paris[5].

Parmi ses nombreux engagements, elle a rejoint le comité de soutien de l'Association Primo Levi[6] et a milité pour la liberté au Tibet[7].

Films [modifier]

Mises en scène [modifier]

Prix et récompenses [modifier]

Bibliographie [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Fabienne Pascaud en résume la problématique et l'enjeu en ces termes dans l'hebdomadaire Télérama : « Vers une nouvelle responsabilité du spectateur-téléspectateur ? » (« Le courage du pire », Télérama, no 3201, 16 mai 2011). Voir aussi La présentation du film et l’appel sur le site de la compagnie.
  2. « Ariane Mnouchkine revient sur sa décision », Le Monde, 27 juillet 2007.
  3. « Ariane Mnouchkine renonce au Collège de France », Le Nouvel Observateur, 11 février 2008.
  4. « Avant qu'il ne soit trop tard », Le Nouvel Observateur, 1er mars 2007.
  5. Selon Dominique Besnehard, dont les propos sont rapportés dans un article du Parisien (« Les secrets du meeting de Royal », Le Parisien, 30 septembre 2008).
  6. Liste des membres du comité de soutien de l’association Primo Levi.
  7. Tibet: Mnouchkine lance un appel, Le Figaro, 22 mars 2008.

Liens externes [modifier]

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