Gus Van Sant
Gus Van Sant
| Nom de naissance | Gus Van Sant Jr. |
|---|---|
| Naissance | 24 juillet 1952 |
| Nationalité | Américaine |
| Profession | Réalisateur |
| Films notables | Drugstore Cowboy My Own Private Idaho Prête à tout Will Hunting À la rencontre de Forrester Gerry Elephant Harvey Milk Promised Land |
Gus Van Sant Jr. (né le 24 juillet 1952 à Louisville dans le Kentucky) est un réalisateur, directeur de la photographie, musicien et scénariste américain. Il vit à Portland, dans l'Oregon.
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Biographie[modifier]
Vie personnelle[modifier]
Gus Van Sant est né à Louisville, Kentucky, aux États-Unis. Il est le fils de Betty Seay et Gus Green Van Sant, Sr. Son père gagne sa vie en confectionnant des vêtements[1] tout en voyageant régulièrement en tant qu'agent commercial.
Gus Van Sant sort diplômé de la Rhode Island School of Design en 1970. Durant ces années de découverte, il peint et réalise des courts-métrages autobiographiques. Parmi ses camardes de classe, se trouvent David Byrne et d’autres membres du groupe de rock Talking Heads[2].
Ses débuts (1978–1989)[modifier]
Gus Van Sant se rend à Los Angeles en 1976 et y tourne un court-métrage librement inspiré de Burroughs, The Discipline of DE (1978). En 1981, il tourne un long-métrage qu'il est contraint de ramener à une durée de 45 minutes, Alice in Hollywood, histoire d'illusions perdues par une jeune fille tentant de percer à Hollywood. Aucun de ces films n'est remarqué.
Van Sant s’installe à New York pendant plus de deux ans et y travaille comme assistant de production dans une agence de publicité. Il décide alors d’adapter un court récit semi-autobiographique de Walt Curtis, Mala Noche et économise 22 000 dollars pour le financer. Filmé en 16 mm et en noir et blanc, le film, rattaché à la mouvance underground, raconte l’histoire d’un amour non réciproque entre deux clandestins mexicains. Van Sant se fait remarquer grâce à la présentation du film dans de nombreux festivals et à l'enthousiasme du Los Angeles Times qui nomme Mala Noche « Meilleur Film indépendant » de l'année 1985[3].
Van Sant s’installe de nouveau à Portland, Oregon où il réalise Drugstore Cowboy en 1989, un road movie où quatre jeunes drogués à la recherche d'argent braquent des pharmacies afin de combler leur état de manque. Le film connaît un grand succès et permet de relancer la carrière de Matt Dillon.
Succès artistique dans le milieu indépendant (1990–1995)[modifier]
Grâce au succès de Drugstore Cowboy, Gus Van Sant peut réaliser un projet refusé maintes fois par le passé. En 1991, sort My Own Private Idaho, produit par New Line Cinema, dans lequel il fait jouer River Phoenix et Keanu Reeves après bien des difficultés. Le film explore une relation complexe entre deux prostitués masculins tout en s'interrogeant sur les notions d'identité, d'amitié amoureuse et de famille. Il remporte le Prix du meilleur scénario aux Independent Spirit Awards et vaut à River Phoenix la Coupe Volpi du meilleur acteur à la Mostra de Venise[4].
Fort de ce succès grandissant, Van Sant entreprend d'adapter le roman de Tom Robbins, Even Cowgirls Get the Blues en 1993 avec Uma Thurman, John Hurt et Keanu Reeves. Plus gros budget du réalisateur à l'époque avec 8 millions et demi de dollars, le film est un échec critique et commercial qui compromet un temps sa carrière.
Afin de restaurer sa crédibilité, il s'engage sur Prête à tout (To Die For), adaptation du roman de Joyce Maynard conçue comme une comédie grinçante sur les ambitions sans limites d'une jeune présentatrice météo jouée par Nicole Kidman. On retrouve également Matt Dillon dans le rôle du mari et un jeune frère de River Phoenix, Joaquin Phoenix dans l'un de ses premiers rôles. Il s'agit du premier film de commande de la part d'un studio pour Van Sant (Columbia). Le film est un immense succès qui permet au réalisateur de choisir les projets qui lui plaisent.
La même année, il s'essaie à la production et devient producteur exécutif de Larry Clark sur son film Kids, sorte de miroir trash de Drugstore Cowboy et renvoi d'ascenseur puisque les photographies de Clark ont largement inspiré Van Sant[5].
La percée à Hollywood (1997–2002)[modifier]
En 1997, arrive la consécration avec Will Hunting (Good Will Hunting) dont Matt Damon et Ben Affleck sont à la fois les acteurs et les scénaristes. Cette histoire d’un fils de prolétaires turbulent, génie des mathématiques, remporte un succès critique et commercial planétaire. Avec 220 millions de dollars de recettes et plusieurs nominations aux Oscars, dont une pour une pour le meilleur film et le meilleur réalisateur, le film remporte deux statuettes : Meilleur scénario pour Damon et Affleck et Meilleur second rôle pour Robin Williams.
Universal approche Van Sant et lui propose de choisir un film de son catalogue pour le réaliser. Ainsi Gus Van Sant réalise-t-il un remake de Psycho d’Alfred Hitchcock. Plutôt que de proposer une réinterprétation du film, Van Sant suit une démarche radicale et reproduit le film à l'identique, plan par plan, en optant toutefois pour la couleur.
Le film, sans être un échec, divise la critique et les cinéphiles. En revanche, il inspire le monde de l’art et la critique universitaire pour son discours sur l’influence, le modèle esthétique et la répétition[6].
La même année, il publie un roman Pink, une plongée autobiographique, sous couvert de fiction, dans le deuil impossible de River Phoenix, décédé brutalement en 1993.
Van Sant retrouve l’estime du public en 2000 avec À la rencontre de Forrester (Finding Forrester), drame narrant la rencontre d’une jeune lycéen du Bronx (Rob Brown) qui devient le protégé d’un écrivain reclus et misanthrope interprété par Sean Connery.
Retour au cinéma expérimental et consécration (2002–2008)[modifier]
Désireux de revenir à un cinéma plus exigeant mais aussi plus minimaliste, Gus Van Sant s'entoure de Matt Damon et Casey Affleck qui s'inspirent d'un fait divers afin d'écrire le scénario de Gerry, sorti en salles en 2002[7]. Ce film, expérimental, proche du théâtre de l'absurde et ostensiblement à rebours des codes dramaturgiques et esthétiques dominants de l'industrie hollywoodienne, suit les interminables déambulations, dans un désert, de deux hommes nommés Gerry dont on ignore le lien l'un à l'autre.
Pendant l'année de latence, avant la sortie de Gerry, Van Sant travaille sur son film suivant : Elephant. Suite aux sollicitations de la chaine HBO et de l'actrice-productrice Diane Keaton, il accepte d'adapter, en fiction, le massacre du lycée Columbine en 1999. Comme à son habitude, Van Sant déplace l'action dans sa ville natale de Portland où il fait jouer de nombreux adolescents non-professionnels, choisis sur place[8].
Le film raconte à travers le point de vue de plusieurs adolescents et sur l'espace d'une journée, la tragédie du massacre organisé dans un lycée. Éclairé par le chef opérateur de Gerry, Harris Savides, Elephant se conçoit comme une vision kaléidoscopique, labyrinthique et fondamentalement insaisissable de l'adolescence américaine et de ses dérives meurtrières. L'œuvre malmène la chronologie et se compose de nombreux plans de dos et de longs plans séquences aux travellings fluides et à la lumière très travaillée, marquant ainsi l'influence première du film de 1989 réalisé par Alan Clarke et également nommé Elephant. Le film déclenche une polémique lors de sa présentation au Festival de Cannes 2003 mais fait l'unanimité au sein du jury qui lui attribue la Palme d'or et le Prix de la mise en scène[9].
Prolongeant ce qu'il nomme Trilogie de la mort (précédés donc de Gerry et Elephant), il enchaine en 2005 avec Last Days. Le film raconte les errements d'un musicien dépressif, Blake. Il ne cache pas qu'il est une adaptation fictive des derniers jours de Kurt Cobain, ex leader du groupe Nirvana.
Transformant alors sa trilogie en tétralogie sur la mort, Van Sant produit avec l'aide de MK2, en 2006, Paranoid Park adapté du roman éponyme de Blake Nelson. Un jeune adolescent, adepte de skateboard, provoque la mort accidentelle d'un agent de sécurité et doit faire face à sa culpabilité. Le film ne sort qu'en 2008. Durant cette période, Gus Van Sant participe au film collectif Paris, je t'aime dans lequel il signe le court métrage IVe siècle arrondissement : Le Marais.
Un nouveau tournant (2008-aujourd'hui)[modifier]
La même année sort Harvey Milk, un biopic consacré à l'homme politique du même nom, interprété par Sean Penn. Le film raconte alors l'ascension politique, à San Francisco, de Milk, fervent militant pour les droits civiques des homosexuels, assassiné en 1978. Harvey Milk rencontre un grand succès critique et public et reçoit huit nominations aux Oscars dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Lors de la 81e cérémonie, Sean Penn gagne finalement l'Oscar du meilleur acteur et Dustin Lance Black celui du meilleur scénario original[10][11] Gus Van Sant déclare publiquement que son expérience de tournage avec Sean Penn est « incroyable »[12].
En 2011, son film suivant, Restless est sélectionné[13] au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard[14][15].
Autres projets[modifier]
En plus du cinéma, il publie le livre de photographie 108 Portraits et deux albums de musique : Gus Van Sant et 18 Songs About Golf.
Il travaille également comme directeur artistique avec le groupe de rock californien Red Hot Chili Peppers. Il a réalisé le clip de la chanson Under the Bridge, photographié les albums Blood Sugar Sex Magik (1991) et Stadium Arcadium (2006) et a également chanté une reprise de Moon River, chanson originale du film Diamants sur canapé d'Henry Mancini, dans l'album A Retrospective du groupe Pink Martini.
Filmographie[modifier]
Réalisateur[modifier]
Longs métrages[modifier]
- 1985 : Mala Noche
- 1989 : Drugstore Cowboy
- 1991 : My Own Private Idaho
- 1993 : Even Cowgirls Get the Blues
- 1995 : Prête à tout (To Die For)
- 1997 : Will Hunting (Good Will Hunting)
- 1998 : Psycho
- 2000 : À la rencontre de Forrester (Finding Forrester)
- 2002 : Gerry
- 2003 : Elephant
- 2005 : Last Days
- 2007 : Paranoid Park
- 2008 : Harvey Milk
- 2011 : Restless
- 2012 : Promised Land
- Télévision
- Courts métrages
- 1967 : Fun with a Bloodroot (2 min 20 s, 8 mm Film couleur)
- 1971 : The Happy Organ (20 min, 16 mm Film noir et blanc)
- 1972 : Little Johnny (40 s, 16 mm Film noir et blanc)
- 1973 : 1/2 of a Telephone Conversation (2 min, 16 mm Film noir et blanc)
- 1975 : Late Morning Start (28 min, 16 mm Film couleur)
- 1978 :The Discipline of DE (9 min, 16 mm Film noir et blanc, adaptation d'une nouvelle de William S. Burroughs, relaté par Ken Shapiro)
- 1981 : Alice in Hollywood (45 min, 16 mm Film couleur)
- 1982 : My Friend (3 min, 16 mm Film noir et blanc)
- 1983 : Where'd She Go? (3 min, 16 mm Film couleur)
- 1984 : Nightmare Typhoon (9 min, 16 mm Film noir et blanc)
- 1984 : My New Friend (3 min, 16 mm Film couleur)
- 1985 : Ken Death Gets Out of Jail (3 min, 16 mm Film noir et blanc)
- 1986 : Five Ways to Kill Yourself (3 min, 16 mm Film noir et blanc)
- 1991 : Thanksgiving Prayer (2 min, 35 mm Film couleur, écrit par William S. Burroughs et dans le premier rôle William S. Burroughs)
- 1996 : Four Boys in a Volvo (4min, Film couleur)
- 2006 : Paris, je t'aime - segment Le Marais
- 2007 : Chacun son cinéma - segment First Kiss
- 2008 : 8 - segment Reduce child mortality
- 2009 : Do easy
- Clips vidéos
- 1990 : Thanksgiving Prayer by William S. Burroughs
- 1990 : Fame '90 by David Bowie
- 1991 : I'm Seventeen by Tommy Conwell & The Young Rumblers
- 1992 : Under the Bridge by Red Hot Chili Peppers
- 1992 : Bang Bang Bang by Tracy Chapman
- 1992 : Runaway by Deee-Lite
- 1992 : Anal Torture by That Kid Art
- 1992 : The Last Song by Elton John
- 1993 : San Francisco Days by Chris Isaak
- 1993 : Just Keep Me Moving by k.d. lang
- 1993 : Creep (alternate version) by Stone Temple Pilots
- 1995 : Understanding by Candlebox
- 1996 : The Ballad of the Skeletons by Allen Ginsberg with Paul McCartney, Philip Glass, Lenny Kaye et al.
- 1998 : Weird by Hanson
- 2005 : Who Did You Think I Was? (turntable version) by John Mayer Trio
- 2007 : Desecration Smile by Red Hot Chili Peppers
Producteur[modifier]
- 1994 : Kids, de Larry Clark
- 1999 : Speedway Junky, de Nickolas Perry
- 2010 : Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman
Récompenses[modifier]
- 1991 : Coup de cœur LTC au Festival du cinéma américain de Deauville pour My Own Private Idaho
- 2003 : Palme d'or et Prix de la mise en scène au 56e Festival de Cannes pour Elephant [16]
- 2007 : Prix du soixantième anniversaire au 60e Festival de Cannes pour Paranoid Park[17]
- 2013 : Mention spéciale du jury au 63e Festival de Berlin pour Promised Land
Nominations[modifier]
- 1998 : nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur pour Will Hunting
- 2004 : nomination au César du meilleur film étranger pour Elephant
- 2009 : nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur pour Harvey Milk
- 2010 : nomination au César du meilleur film étranger pour Harvey Milk
Sélections[modifier]
- 2003 : sélection officielle, en compétition, pour Elephant
- 2005 : sélection officielle, en compétition, pour Last Days
- 2007 : sélection officielle, en compétition, pour Paranoid Park
- 2011 : sélection au Certain regard pour Restless
- 1991 : sélection officielle, en compétition, pour My Own Private Idaho
- 1998 : sélection officielle, en compétition, pour Will Hunting
- 2013 : sélection officielle, en compétition, pour Promised Land
Bibliographie[modifier]
- Édouard Arnoldy, Gus Van Sant. Le cinéma entre les nuages, Yellow Now, 2009
- Stéphane Bouquet, Jean-Marc Lalanne, Gus Van Sant, Cahiers du cinéma, 2009
Notes et références[modifier]
- (en) film reference, « Gus Van Sant Biography (1952?-) », film reference, Advameg, Inc, 2012. Consulté le 15 Aout 2012
- (en) Rhode Island School of Design (RISD), Campus Explorer, Campus Explorer, Inc, 2012. Consulté le 24 September 2012
- Stéphane Bouquet, Jean-Marc Lalanne, Gus Van Sant, Cahiers du cinéma, 2009, p. 15-16
- (en) Independent Spirit Awards pour 1992, IMDB, 2012. Consulté le 20 novembre 2012
- Stéphane Bouquet, Jean-Marc Lalanne, Gus Van Sant, Cahiers du cinéma, 2009, p. 179
- http://www.horschamp.qc.ca/spip.php?article249
- Stéphane Bouquet, Jean-Marc Lalanne, Gus Van Sant, Cahiers du cinéma, 2009, p. 130
- (en) Billet du Festival de Cannes 2003, 2012. Consulté le 20 novembre 2012
- (en) Palmarès officiel du Festival de Cannes 2003, 2012. Consulté le 20 novembre 2012
- (en) Andy Towle, « Milk Picks Up Two Big Oscars as Slumdog Dominates Academy Awards », Towleroad, Towleroad, février 2009. Consulté le 15 August 2012
- (en) Greg Hernandez, « "Milk" gets EIGHT Academy Award nominations.... », Out In Hollywood with Greg Hernandez, 22 January 2009 [texte intégral (page consultée le 15 August 2012)]
- (en) Gus Van Sant, « MADONNA », interviewmagazine.com, Interview, Inc, 2010. Consulté le 15 August 2012
- (en) Selection officielle du Festival de Cannes, Cannes. Consulté le 2011-04-14
- (en) Gus Van Sant's 'Restless' to Open Cannes Un Certain Regard, The Hollywood Reporter, April 13, 2011. Consulté le April 13, 2011
- (en) Mike Fleming, « Focus, Participant Acquire Matt Damon/John Krasinski Film; Gus Van Sant Directing », Deadline.com, February 1, 2012 [texte intégral]
- Elephant Palme d'or à Cannes sur ina.fr
- Paranoid Park de Gus Van Sant à Cannes sur ina.fr
Liens externes[modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- (en) Gus Van Sant sur l’Internet Movie Database
- Dossier Gus Van Sant sur le site Cadrage.net
- Santiago Juan-Navarro, “A la rencontre de Gus Van Sant” Cinéastes 9 (2003): 16-17.