Leos Carax

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Leos Carax

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Leos Carax au festival de Cannes 2012

Nom de naissance Alex Dupont
Naissance 22 novembre 1960 (53 ans)
Suresnes
Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur
Acteur
Films notables Boy Meets Girl
Mauvais sang
Les amants du Pont-Neuf
Holy Motors

Leos Carax, de son vrai nom Alex Christophe Dupont, né le 22 novembre 1960 à Suresnes, est un réalisateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de la journaliste américaine et critique de cinéma, Joan Dupont (International Herald Tribune) et du journaliste scientifique français Georges Dupont[1]. Son nom d'artiste est une anagramme d'Alex qui est le prénom du personnage principal de la plupart de ses films (et le prénom qui lui a été donné par ses parents) et d'Oscar en référence à l'Oscar du cinéma : « Je suis né en 1976, dans une chambre noire, et ce serait très dur pour moi qu'on me fasse naître avant, sous un nom sorti de paperasses. J'ai fait du cinéma pour être orphelin. Avant, c'était comme si j'avais dormi pendant dix-sept ans. », déclare Carax[2].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Dès son enfance, Leos Carax apprécie le cinéma et particulièrement « les femmes filmées » : il se passionne notamment pour Marilyn Monroe. Dans le même temps, son parcours scolaire est assez chaotique : « J'étais assez voyou. » Il gagne de l'argent de poche en allant voler des disques au centre commercial de La Défense pour les revendre à ses camarades de lycée, selon les listes de demande qu'ils lui font ; c'est ainsi qu'il fera de nombreuses découvertes musicales. Ses idoles rock sont David Bowie et Iggy Pop[3] .

À la fin des années 1970, il suit des cours au centre Censier de l'université Paris III, où il rencontre Serge Daney et Serge Toubiana, qui l'introduisent aux Cahiers du cinéma, où il ne reste que peu de temps. Il commence le tournage d'un film intitulé La fille rêvée, avec de petits moyens ; mais il n'aboutit pas et l'entreprise se finit quand un projecteur cassé met le feu aux rideaux d'une salle du restaurant chinois dans lequel est réalisée l'une des scènes[3],[4].

Premiers films[modifier | modifier le code]

Il arrive ensuite à terminer en 1980 un court-métrage de dix-sept minutes intitulé Strangulation Blues. Son univers poétique urbain, son style écorché vif et son lyrisme en font un des réalisateurs français les plus prometteurs au début des années 1980. Il reçoit le Grand Prix du court-métrage du Festival de Hyères de 1981[4]. Il réalise ensuite Boy Meets Girl (1984), avec Denis Lavant et Mireille Perrier. L'intrigue est simple  : la nuit, dans une ville, un garçon et une fille déambulent chacun de leur côté, font une série d'étranges rencontres, finissent par faire connaissance, se parlent et tombent amoureux, mais leur rencontre s'achève de manière tragique et brutale. Le film, tourné en noir et blanc, est parsemé de références notamment à Jean-Luc Godard, Jean Cocteau et David Wark Griffith, et sera remarqué pour son ton poétique et l'énergie de sa mise en scène. Le film est présenté à la Semaine de la critique au Festival de Cannes 1984. Libération écrit à l'époque : « Un frêle fantôme hante tout le festival. »[5]

Il réalise ensuite Mauvais Sang en (1986), avec Denis Lavant, Juliette Binoche (tout juste révélée dans Rendez-vous d'André Téchiné) et Michel Piccoli, poème d'amour lyrique niché dans un polar. C'est l'histoire d'Alex, jeune garçon naïf engagé par la mafia pour un casse, qui tombe amoureux d'Anna, maîtresse du chef. Le titre est une référence au poème Mauvais Sang qui ouvre le recueil Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud[5].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Leos Carax s'attaque ensuite à un projet ambitieux à gros budget, Les Amants du Pont-Neuf, interprété par son acteur fétiche Denis Lavant et sa compagne d’alors, Juliette Binoche. À la suite d'un accident, les problèmes se multiplient, le tournage doit s'interrompre à plusieurs reprises. Carax doit l'achèvement de son film au soutien d'un grand nombre de cinéastes français et étrangers et d'une grande partie de la communauté cinéphile et artistique, ainsi qu'à l'appui du ministre de la Culture Jack Lang, ce qui finira par susciter l'intervention du producteur Christian Fechner. En 1991, Les Amants du Pont-Neuf est néanmoins un succès critique, malgré le demi-échec public en France.

Il faudra attendre 1999 pour que sorte Pola X, interprété par Guillaume Depardieu, Katerina Golubeva et Catherine Deneuve, mal accueilli par la presse[6] et le public (sélection officielle à Cannes), mais soutenu ardemment par quelques-uns, notamment par le cinéaste Jacques Rivette qui déclara  : « Pour moi, le plus beau film français des dix dernières années [7] ». Une version légèrement plus longue diffusée à la télévision sur Arte, en 2002, sous le titre Pierre ou les Ambiguïtés (titre du livre de Herman Melville dont le film est inspiré) fut l'occasion d'un jugement plus favorable.[réf. nécessaire]

En décembre 2004, Leos Carax obtient une rétrospective et une carte blanche à la Cinémathèque française où il décida de programmer quatorze œuvres, parmi lesquelles : Après nous, le déluge de Howard Hawks (1933), Fleurs de papier de Guru Dutt (1959), la Foule de King Vidor (1928), la Petite Lise de Jean Grémillon (1930) et le Soldat américain de Rainer Werner Fassbinder (1970).

Fin 2007, il réalise au Japon un des trois segments d'un long métrage intitulé Tokyo ! (les deux autres réalisateurs sont Bong Joon-ho et Michel Gondry). Sa contribution a pour titre Merde.

En 2012, Leos Carax fait son grand retour treize ans après son dernier long métrage, avec Holy Motors, toujours interprété par Denis Lavant. Le film est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes et reçoit un accueil globalement très enthousiaste, qui le place quelques jours avant l'annonce du palmarès en favori pour gagner la Palme d'or, et ce malgré quelques réticences du fait de l'aspect extrêmement novateur et original du film. Il ne gagnera finalement aucun prix du Palmarès officiel, mais est toujours considéré pour beaucoup[Qui ?] comme l'un des meilleurs films de la sélection cannoise de cette édition. Cette même année, il se rend au Festival du film de Locarno en Suisse, où il reçoit un Léopard d'or pour l'ensemble de sa carrière. À cette occasion, ses cinq longs métrages sont projetés. Olivier Père, directeur artistique du festival, se déclare « très ému et honoré d'inviter à Locarno l'un des plus grands créateurs du cinéma mondial. Les apparitions Boy Meets Girl et Mauvais Sang demeurent les plus probants manifestes esthétiques des années 80, Les Amants du Pont-Neuf un rêve de cinéma poétique à l'ambition inégalée, tandis que Pola X, d'une beauté, d'une sincérité et d'une ampleur bouleversantes, est sans doute le chef-d'œuvre de Leos Carax. Quant à Holy Motors, il s'agit d'un fulgurant voyage où se mêlent la vie et le cinéma, au gré d'émotions et de visions extraordinaires[8]. »

En 2014, la Galerie Gradiva à Paris demande au réalisateur de créer quelques minutes de cinéma autour de la sculpture Le Penseur d'Auguste Rodin.

« Carax est le plus grand poète français vivant. Il ne se passe pas un soir où, en traversant la Seine par le pont du Carrousel, je ne pense pas aux plans magiques des Amants du Pont-Neuf. Je lui ai demandé de filmer le Penseur. Et il a pensé que c’était une bonne idée », raconte le galeriste Thomas Bompard.

Éclairé par Caroline Champetier, ce court métrage est projeté en avant-première le soir du vernissage, le 27 mai, à la tombée de la nuit.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Clips musicaux[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Fergus Daly, Garin Dowd, Leos Carax, Manchester, Manchester University Press, coll. « French Film Directors », 2003.
  • Lionel Grenier, De Boy Meets Girl à POLA X - une introduction à l'univers caraxien, Morières-les-Avignon, Vacuum, 2006.
  • Alban Pichon, Le cinéma de Leos Carax. L'expérience du déjà-vu, Latresne, Le Bord de l'eau, coll. « Cinéma », 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]