Elephant (film)

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Elephant

Titre original Elephant
Réalisation Gus Van Sant
Scénario Gus Van Sant
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Sortie 2003
Durée 81 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Elephant[1] est un film américain réalisé par Gus Van Sant, sorti en 2003. Il a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 2003 ainsi que le Prix de la mise en scène. Le film s'appuie sur un fait divers survenu en 1999, la fusillade du lycée Columbine, qui eut lieu dans un lycée américain où deux adolescents souffre-douleurs ont abattu, avec des armes à feu, douze de leurs camarades et un professeur. Toutefois le film est également très inspiré par le court-métrage homonyme du réalisateur anglais Alan Clarke tourné en 1989 pour la BBC.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Une journée dans un lycée américain typique. Les élèves vaquent à leurs occupations habituelles. Elias prend des photos dans le parc, près du lycée. John arrive une fois de plus en retard. Michelle finit son entraînement de sport et se rend à la bibliothèque. Alors que tous les élèves vivent un quotidien banal se prépare un évènement qui va bouleverser leurs vies. Deux élèves, des souffre-douleurs, préparent une fusillade au lycée.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Note : Tous les acteurs sont, à l'époque, des non-professionnels, sauf Matt Malloy et Timothy Bottoms.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné en vingt jours avec de jeunes acteurs de la région de Portland[2].

La scène « si centrale » du film où le personnage d'Alex joue du piano, vient à Gus Van Sant en entendant par hasard l'acteur Alex Frost en jouer[3]. C'est l'acteur qui le persuade aussi d'utiliser dans le film la Sonate au clair de lune[3].

Le titre du film a pour Gus Van Sant une dimension politique par rapport à « l'aspect aliénant du système d'éducation américain » : « Elephant, c'est ce qui se voit comme le nez au milieu de la figure, mais ce que tout le monde souhaiterait bien occulter[4] »

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Elephant a été bien accueilli par les critiques. Il a été élu 2e meilleur film de la décennie 2000-2009 par les Cahiers du cinéma[5]

Accueil public[modifier | modifier le code]

HBO, la chaîne qui a produit le film, ne lui a permis qu'une « sortie fantomatique » aux États-Unis. Elle ne l'avait pas encore diffusé sur petit écran en 2005 et Gus van Sant déclarait alors ne pas penser qu'elle le diffuse un jour[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

L'auteur traite le sujet d'une façon toute personnelle, autant dans la narration et la présentation des personnages que dans le traitement de l'image et de la bande son. Il cherche à donner à ce drame une portée plus universelle, mettant le spectateur aux prises avec un point de vue subjectif et émotionnel plutôt que devant une narration structurée : le scénario sans référence explicite avec Columbine amène sur le terrain du paradigme[pas clair], ce qui le différencie de la version de Michael Moore[7]. Le film se déroule dans une narration non linéaire, s'attachant à montrer les personnages, plutôt qu'à démontrer, jusqu'à la catharsis finale, notamment grâce à l'utilisation de la technique du plan-séquence. Gus Van Sant s'attache à travers ce film, non à montrer la violence, mais à en rechercher les racines secrètes : comment peut-on en arriver à des actes aussi macabres [8] ? Mais l'auteur se garde bien de démontrer, il énonce calmement : l'absence des parents, l'homosexualité refoulée, l'adolescence, la facilité environnante, la vente libre des armes, des petits faits qui invitent le spectateur à s'interroger[9].[style à revoir] Néanmoins il a été reproché, que cette accumulation de conditions ont pu laisser entendre au spectateur qu'il faut forcément faire coïncider un nombre exagéré de conditions pour générer des envies meurtrières et suicidaires, d'autant que certaines conditions comme l'homosexualité refoulée n'ont jamais été observées chez les tueurs de la Fusillade de Columbine auquel le film fait allusion.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Elephant est souvent associé aux films Gerry et Last Days, considéré comme le deuxième volet d'un triptyque.
  • La plupart des acteurs du film ne sont pas des acteurs professionnels et ont gardé leurs vrais noms.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le titre a conservé sa graphie anglosaxonne même dans les pays francophones.
  2. cineclubdecaen.com
  3. a et b Bouquet et Lalanne, p. 159-60.
  4. Propos de Gus van Sant rapportés dans la revue Cinéastes n. 9, p.19.
  5. Cahiers du cinéma no 652, janvier 2010.
  6. Philippe Garnier, « Gus Van Sant à l'intuition », Libération,‎ 11 mai 2005 (lire en ligne)
  7. Cette tragédie avait profondément marqué les États-Unis et déjà donné lieu à un film de Michael Moore, Bowling for Columbine.
  8. Elephant, film de Gus van Sant dans Cinéma et Spiritualité.
  9. « Elephant », sur www.lesinrocks.com (consulté le 23 février 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]