Laurent Terzieff

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Laurent Terzieff

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Laurent Terzieff, en 2009, à la sortie du théâtre Rive Gauche, après une représentation de L'Habilleur.

Nom de naissance Laurent Didier Alex Terzieff
Naissance 27 juin 1935
Toulouse
Nationalité Drapeau de France Français
Décès 2 juillet 2010 (à 75 ans)
Paris
Profession Acteur

Laurent Terzieff est un acteur et un metteur en scène français, né le 27 juin 1935 à Toulouse (Haute-Garonne) et mort le 2 juillet 2010 à Paris.

Laurent Terzieff dans son rôle de Philoctète,
portrait à la suite d'un croquis sur le vif à Chambéry, en février 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Laurent Terzieff est le fils de Jean Terzieff, sculpteur russe venu de Bucarest à Paris en 1919, et d'une plasticienne, Marina Terzieff, et le frère de Brigitte Terziev, sculpteur, Catherine Terzieff, réalisatrice, et de Marc Terzieff .

Il fait ses études secondaires au lycée Buffon, dans le 15e arrondissement ; il a pour condisciples, entre autres, Gabriel Cohn-Bendit, Philippe Robrieux et Jean-Marie Villégier[1].

Passionné par la philosophie et la poésie, il assiste fasciné à une représentation de la Sonate des spectres d'August Strindberg, dirigée par Roger Blin (1949). Il décide très tôt de devenir acteur.

Débuts professionnels

Il débute sur scène à dix-sept ans au Théâtre de Babylone de Jean-Marie Serreau dans Tous contre tous d'Arthur Adamov, auteur et ami qu'il affectionne.

L'ayant remarqué dans la fiction télévisée L'Affaire Weidmann, Marcel Carné l'engage en 1958 pour l'un des rôles principaux du film Les Tricheurs. Cette première apparition sur grand écran le rend célèbre : sa personnalité atypique, son charisme et son talent sont immédiatement salués.

En 1961 il rencontre l'actrice Pascale de Boysson, qui sera sa compagne dans la vie et sur scène, et fonde avec elle la compagnie Laurent Terzieff.

Une passion pour le théâtre

C'est au théâtre, sa véritable passion, qu'il vouera sa vie, assoiffé de faire partager par l'intermédiaire de cet art , sa passion pour la poésie, et recherchant à travers lui « à contribuer à élargir la conscience de l'autre ». Pour lui, le théâtre est le lieu où l'on peut « faire se rencontrer le visible et l'invisible » ; c'est aussi un moyen de faire « s'interroger l'homme sur lui-même et sur le monde dans lequel il vit » : il disait « faire du théâtre, c'est se mettre à l'écoute du monde, pour en être la caisse de résonance. » 

C'est dans cette quête, dans cette recherche qui ne cessera de lui tenir à cœur, que ses choix de metteur en scène et de comédien s'orienteront presque exclusivement vers des auteurs contemporains. Il aura ainsi brillamment contribué à faire connaitre nombre d'entre eux, la plupart anglo-saxons (tels que Ronald Harwood, Brian Friel, Eugène O'Neill, Schisgal). Sa dernière interprétation au théâtre fut cependant celle de Philoctète, dans une version française écrite par Jean-Pierre Siméon.

Carrière cinématographique

Parallèlement au théâtre, il poursuit cependant sa carrière cinématographique : trois films avec Claude Autant-Lara (dont Tu ne tueras point) ; La Prisonnière avec Henri-Georges Clouzot. Il est le partenaire de Brigitte Bardot dans À cœur joie.

Sollicité par les meilleurs réalisateurs italiens, il joue ensuite un rôle de marginal désœuvré dans Les Garçons de Bolognini (1959), film écrit par Pasolini qui lui confie plus tard le rôle du Centaure dans Médée. en 1961, il incarne un révolutionnaire dans Vanina Vanini de Roberto Rossellini et apparaît en 1976 dans Le Désert des Tartares de Valerio Zurlini.

En France, Luis Buñuel le fait tourner dans La Voie lactée en 1969. Terzieff travaille avec d'autres réalisateurs relevant du cinéma d'auteur ou d'art et d'essai, comme Philippe Garrel (quatre films dont Le Révélateur, tourné en plein mai 1968) et Jean-Luc Godard (Détective en 1985).

Après les années 1980, il se fait plus rare sur les écrans. Il apparaît tout de même dans le rôle d'un trotskiste dans Rouge Baiser, d'un militant anarchiste dans Germinal (1993), d'un personnage ambivalent dans Mon petit doigt m'a dit... de Pascal Thomas (2005).

Terzieff reçoit le Molière du metteur en scène à deux reprises, pour Ce que voit Fox en 1988 et Temps contre temps en 1993, et trois fois le Molière du théâtre privé (Ce que voit Fox en 1988, Temps contre temps en 1993 et L'Habilleur en 2010) . Il reçoit également le Molière du comédien en 2010 pour ses rôles dans L'Habilleur et Philoctète .

« Il meurt peu après, le 2 juillet 2010, à l'hôpital de la Salpêtrière de Paris, à la suite de complications pulmonaires après avoir été souffrant pendant plusieurs semaines »[2].

Il est inhumé auprès de ses parents, au cimetière du Montparnasse.

Engagements[modifier | modifier le code]

Politiquement engagé, il signe, en 1960 le manifeste des 121 contre la Guerre d'Algérie » et, en 2002, la pétition « Pas en notre nom » contre la Guerre d'Irak, sans pourtant appartenir, selon ses propres mots, à la « race des signeurs ».

Humaniste[3], Laurent Terzieff signe un appel demandant qu'une délégation du Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gedhun Choekyi Nyima, reconnu comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï lama[4].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre pour la télévision[modifier | modifier le code]

Une trilogie pour France 3 réalisation et conception pour la télévision de Stéphane Bertin, tournage en studio France 3 Toulouse et Marseille :

Théâtre[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Tout humain n'est-il pas réduit à vivre d'illusions ? (...) L'illusion n'est-elle pas notre combustible pour continuer à vivre ? »

Distinctions et prix[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • le théâtre de l'ENSATT porte son nom

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Cohn-Bendit, Nous sommes en marche, page 81 et suivantes et photographie de la classe de Seconde, hors-texte.
  2. L'acteur et réalisateur Laurent Terzieff est mort sur LeMonde.fr 3 juillet 2010
  3. Benoît Fauchet, Laurent Terzieff, le feu sacré du théâtre, AFP, 3 juillet 2010
  4. Appel pour le plus jeune prisonnier politique du monde, Site de France-Tibet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Mauriac, Laurent Terzieff, Stock, 1980, 298 p. (ISBN 2-234-01049-7)
  • Charlette Darmon-Le Pogam, Laurent Terzieff aventurier du théâtre, L'Harmattan, Paris, 2001, 327 p. (ISBN 2-7475-0790-4) (texte remanié d'une thèse de doctorat de Littérature et civilisation française, soutenue à l'Université de Montpellier 3 en 1999)
  • Laurent Terzieff et Olivier Schmitt, Laurent Terzieff, entretien, Flammarion, Paris, 2001, 179 p.
  • Laurent Terzieff, Marie-Noëlle Tranchant, Seul avec tous, Presses de la Renaissance, coll. « Chemin faisant », octobre 2010, 200 p. (ISBN 978-2-7509-0628-3)
  • Laurent Terzieff, Danièle Sastre, Cahiers de vie, éditions Gallimard, novembre 2011
  • Serge Venturini, Éclats d'une poétique de l'approche de l'inconnaissable, Livre VI, (2010-2013), coll. « Poètes des cinq continents », Éditions L'Harmattan, Paris, mars 2013, (Livre dédié à Laurent Terzieff), 150 p., (ISBN 9782343005225)

Liens externes[modifier | modifier le code]