Laurent Terzieff

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Laurent Terzieff

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Laurent Terzieff, en 2009, à la sortie du théâtre Rive Gauche, après une représentation de "L'Habilleur".

Nom de naissance Terzieff Laurent Didier Alex
Naissance 27 juin 1935
Toulouse, France
Nationalité française
Décès 2 juillet 2010 (à 75 ans)
Paris, France
Profession Comédien

Laurent Terzieff est un acteur et metteur en scène français, né le 27 juin 1935 à Toulouse (France), et mort le 2 juillet 2010 à Paris.

Laurent Terzieff dans son rôle de Philoctète,
Portrait suite à un croquis sur le vif à Chambéry, en février 2010.

Sommaire

Biographie [modifier]

Fils d'une plasticienne française d’origine, et de Jean Terzieff, sculpteur russe émigré en France, frère du sculpteur Brigitte Terziev et de la réalisatrice Catherine Terzieff. Adolescent passionné par la philosophie et la poésie, il assiste fasciné à la représentation de la Sonate des spectres de Strindberg, dirigée par Roger Blin. Il décide de devenir acteur. Il fait ses débuts sur scène à dix-sept ans au Théâtre de Babylone de Jean-Marie Serreau dans Tous contre tous d'Adamov, auteur et ami qu'il affectionne. En 1961 il rencontre l'actrice Pascale de Boysson, qui sera sa compagne dans la vie et sur scène, et fonde avec elle la compagnie Laurent Terzieff.

L'ayant remarqué dans la fiction télévisée L'affaire Weidmann, Marcel Carné l'engage en 1958 pour l'un des rôles principaux du film Les Tricheurs. Cette première apparition sur grand écran le rend célèbre, sa personnalité atypique, son charisme et son talent ne passant pas inaperçus.

Mais c'est au théâtre, sa véritable passion, qu'il vouera sa vie, assoiffé de faire partager par l'intermédiaire de cet art, sa passion pour la poésie, et recherchant à travers lui « à contribuer à élargir la conscience de l'autre ». Pour lui, le théâtre est le lieu où l'on peut « faire se rencontrer le visible et l'invisible » ; c'est aussi un moyen de faire « s'interroger l'homme sur lui-même et sur le monde dans lequel il vit » : il disait « faire du théâtre, c'est se mettre à l'écoute du monde, pour en être la caisse de résonance. » C'est dans cette quête, dans cette recherche qui ne cessera de lui tenir à cœur, que ses choix de metteur en scène et de comédien s'orienteront presque exclusivement vers des auteurs contemporains. Il aura ainsi brillamment contribué à faire connaitre nombre d'entre eux, la plupart anglo-saxons (comme Ronald Harwood, Brian Friel, Eugene O'Neill, Schisgal). Sa dernière interprétation au théâtre fut cependant celle de Philoctète, dans une version française écrite par Jean-Pierre Siméon.

Portrait de Laurent Terzieff par Reginald Gray (1981)

Parallèlement au théâtre, il poursuivit cependant sa carrière cinématographique, dont trois films avec Claude Autant-Lara (Tu ne tueras point) et La Prisonnière avec Clouzot. Partenaire de Brigitte Bardot dans À cœur joie, il joua ensuite un rôle de marginal désœuvré dans Les Garçons de Bolognini (1959), film écrit par Pasolini qui lui confie plus tard le rôle du Centaure dans Médée. Sollicité par les meilleurs réalisateurs italiens, Terzieff incarne en 1961 un révolutionnaire dans Vanina Vanini de Rossellini et apparaît en 1976 dans Le Désert des Tartares de Valerio Zurlini. En France, Buñuel le fait tourner dans la Voie lactée en 1969. Terzieff travaille avec d'autres metteurs en scènes relevant du cinéma d'art et d'essai, comme Philippe Garrel (quatre films dont Le Révélateur, tourné en plein mai 1968), et Jean-Luc Godard (avec Détective en 1985). Après les années 1980, il se fait plus rare sur les écrans. Il apparaît tout de même dans différents rôles, comme trotskiste dans Rouge Baiser, comme anarchiste dans Germinal en 1993, et dans Mon petit doigt m'a dit... de Pascal Thomas en 2005

Il remporte le Molière du comédien lors de la 24e cérémonie des Molières, le 25 avril 2010 pour ses rôles dans L'Habilleur (2009) et Philoctète (2009/2010).

Il meurt le 2 juillet 2010 à l'hôpital de la Salpêtrière de Paris suite à des complications pulmonaires après avoir été souffrant pendant plusieurs semaines[1]. Le monde du théâtre a pleuré l'un de ses plus grands maîtres, une voix singulière, exigeante et généreuse qui a profondément marqué la création contemporaine.

Il repose auprès de ses parents, au cimetière du Montparnasse.

Engagement personnel [modifier]

Politiquement engagé, il signa, en 1960 le manifeste des 121 contre la Guerre d'Algérie » et, en 2002, la pétition « Pas en notre nom » contre la Guerre d'Irak, sans pourtant appartenir, selon ses propres mots, à la « race des signeurs ».

Humaniste[2], Laurent Terzieff avait signé un appel demandant qu'une délégation du Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gedhun Choekyi Nyima, reconnu comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï lama[3].

Filmographie [modifier]

Cinéma [modifier]

Télévision [modifier]

Théâtre pour la télévision [modifier]

Une trilogie pour France 3 réalisation et conception pour la télévision de Stéphane Bertin, tournage en studio France 3 Toulouse et Marseille :

Théâtre [modifier]

Citations [modifier]

  • « Tout humain n'est-il pas réduit à vivre d'illusions ? (...) L'illusion n'est-elle pas notre combustible pour continuer à vivre ? »

Distinctions et prix [modifier]

Hommages [modifier]

  • le théâtre de l'ENSATT porte son nom

Notes et références [modifier]

  1. L'acteur et réalisateur Laurent Terzieff est mort sur LeMonde.fr 3 juillet 2010
  2. Benoît Fauchet, Laurent Terzieff, le feu sacré du théâtre, AFP, 3 juillet 2010
  3. Appel pour le plus jeune prisonnier politique du monde, Site de France-Tibet

Annexes [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Claude Mauriac, Laurent Terzieff, Stock, 1980, 298 p. (ISBN 2-234-01049-7)
  • Charlette Darmon-Le Pogam, Laurent Terzieff aventurier du théâtre, L'Harmattan, Paris, 2001, 327 p. (ISBN 2-7475-0790-4) (texte remanié d'une thèse de doctorat de Littérature et civilisation française, soutenue à l'Université de Montpellier 3 en 1999)
  • Laurent Terzieff et Olivier Schmitt, Laurent Terzieff, entretien, Flammarion, Paris, 2001, 179 p.
  • Laurent Terzieff, Marie-Noëlle Tranchant, Seul avec tous, Presses de la Renaissance, coll. « Chemin faisant », octobre 2010, 200 p. (ISBN 978-2-7509-0628-3)
  • Laurent Terzieff, Danièle Sastre, Cahiers de vie, éditions Gallimard, novembre 2011
  • Serge Venturini, Éclats d'une poétique de l'approche de l'inconnaissable, Livre VI, (2010-2013), coll. « Poètes des cinq continents », Éditions L'Harmattan, Paris, mars 2013, (Livre dédié à Laurent Terzieff), 150 p., (ISBN 9782343005225)

Liens externes [modifier]