Elektra (opéra)

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Elektra

Description de cette image, également commentée ci-après

Affiche pour une représentation d'Elektra en 1920

Genre Opéra
Nbre d'actes 1 acte
Musique Richard Strauss
Livret Hugo von Hofmannsthal
Langue
originale
allemand
Sources
littéraires
Électre de Sophocle
Dates de
composition
1906-1908
Création
Hofoper, Dresde
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Création
française
1932
Opéra de Paris

Personnages

Elektra (opus 58) est un opéra en un acte de Richard Strauss. Le livret a été écrit par Hugo von Hofmannsthal[1] : c'est le premier livret d'une série de six, produit de la collaboration fructueuse entre les deux artistes. Elektra est une réécriture pour un public contemporain de la pièce de Sophocle[1].

L'opéra est créé le [1] au Hofoper de Dresde.

La durée d'exécution va d'1 heure 40 à 2 heures.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Klytämnestra (Clytemnestre), veuve d'Agamemnon, souveraine de Mycènes, contralto ou mezzo-soprano
  • Elektra (Électre), sa fille, soprano
  • Chrysothémis, sa fille, soprano
  • Ägisth (Égisthe), nouvel époux de Clytemnestre, ténor
  • Orest (Oreste), frère d'Électre, baryton-basse
  • Der Pfleger des Orest (le précepteur d'Oreste), basse
  • Die Vertraute (la confidente), soprano
  • Die Schleppträgerin (la porteuse de traîne), soprano
  • Ein junger Diener (un jeune serviteur), ténor
  • Ein alter Diener (un vieux serviteur), basse
  • Die Aufseherin (la surveillante), soprano
  • Fünf Mägde (cinq servantes), 1 alto, 2 mezzo-soprano et 2 soprano
  • Diener und Dienerinnen (servants et servantes)

Action[modifier | modifier le code]

L'action se déroule à Mycènes après la guerre de Troie.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après son retour de la guerre de Troie, Agamemnon est assassiné par sa femme Clytemnestre et son amant Égisthe. Électre, fille de Clytemnestre et d'Agamemnon, a emmené son jeune frère Oreste en sécurité à l'extérieur du pays.

Instrumentation[modifier | modifier le code]

C'est une œuvre pour un très grand orchestre, dans la tradition postromantique. Il s'agit de l'instrumentation la plus fournie qu'ait prescrite Strauss.

  • Bois
    • 1 piccolo
    • 3 flutes (flute 1 et 3 aussi piccolo 2)
    • 2 hautbois
    • 1 cor anglais (aussi hautbois 3)
    • 1 heckelphone
    • 1 petite clarinette en mi bémol
    • 4 clarinettes en si bémol et en la
    • 2 cors de basset
    • 1 clarinette basse en si bémol
    • 3 bassons
    • 1 contrebasson
  • Cuivres
    • 4 cors en fa et en mi
    • 4 tubas wagnériens : 2 ténors en si bémol et 2 basses en fa (les 4 tubas aussi cors 5-6-7-8 en mi bémol, en fa, en si bémol et en mi)
    • 6 trompettes en fa, en ré, en do, en mi bémol, en si bémol et en mi
    • 1 trompette basse en ré et en do
    • 3 trombones
    • 1 trombone contrebasse
    • 1 tuba contrebasse
  • Percussion
    • 6-8 timbales (2 joueurs)
    • 1 glockenspiel
    • 1 triangle
    • 1 tambourin
    • 1 caisse claire
    • 1 paire de cymbales
    • 2 paires de castagnettes
    • 1 grosse caisse (avec verges)
    • 1 tam-tam
  • Clavier
    • 1 célesta (ad libitum)
  • Cordes
    • 2 harpes
    • 24 violons divisés en 3 sections
    • 18 alti divisés en 3 sections (la 1ère section aussi 4e section de violons)
    • 12 violoncelles divisés en 2 sections
    • 8 contrebasses

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'orchestration d'Elektra ressemble à celle du Ring de Richard Wagner, notamment dans les cuivres, avec la présence de 4 tubas wagnériens parmi les 8 cors, de la trompette basse ou encore du trombone contrebasse. Mais elle est surtout révolutionnaire, dans la mesure où les alti et violoncelles sont divisés en sections. Richard Strauss a non seulement repris des instruments rares présents dans Salome comme le heckelphone, la petite clarinette en mi bémol ou encore le contrebasson, mais aussi ajouté de nouveaux instruments tels que les cuivres évoqués précédemments ou les cors de basset. Strauss, empreinte également le procédé des "leitmotivs" à Wagner. Ainsi, on retrouve des thèmes symbolisant Agamemnon (joué avec énergie dès la première mesure de l'opéra par les hautbois, les clarinettes, les cors, les trompettes et les cordes. En mode mineur, durant tout l'opéra, le motif est modulé en majeur à la fin de la pièce et repris de manière triomphale par les trompettes), Electre, Clytemnestre, Egiste (2 motifs qui semblent ridiculiser le personnage et être l'une des rares traces d'ironie dans l'oeuvre), la mort présumée d'Oreste (d'abord en mode mineur, ce motif passe également en majeur et symbolise à partir de ce moment le triomphe du frère d'Electre sur leur mère et Egiste)...

L’atmosphère de cet opéra est parfois inquiétante et la musique sombre, notamment lorsque Clytemnestre fait part de ses nuits agitées à Electre, quand Oreste arrive au palais, ou au moment où la meurtrière d'Agamemnon se fait assassiner par son fils. Seuls l'espoir de vengeance sur les meurtriers du roi de Mycènes et la fin de l'opéra sont matérialisés par des mélodies claires et grandioses. La plupart des interludes reliant les différentes scènes sont très impressionnants (arrivée de Clytemnestre notamment).

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Mises en scène notables[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Banoun, L'Opéra selon Richard Strauss, un théâtre et son temps, Fayard, 2000
  • Antoine Golea, Richard Strauss, Flammarion, 1965
  • Dominique Jameux, L'École de Vienne, Fayard, 2002
  • Dominique Jameux, Richard Strauss, collection « Solfèges », Le Seuil, 1971
  • Michael Kennedy, Richard Strauss, Fayard, 2001
  • Claude Rostand, Richard Strauss, Seghers, 1964
  • André Tubeuf, Richard Strauss ou le voyageur et son ombre, Albin Michel, 1980
  • Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal, Correspondance 1900 - 1929, Fayard, 1992
  • Bryan Gilliam, Elektra, Oxford University Press, 1996

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c François-René Tranchefort, L'Opéra, Éditions du Seuil,‎ 1983, 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 366