Olivier Debré

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Olivier Debré

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Olivier Debré en 1995,
capture d'écran d'une vidéo
de l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain.
.

Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 79 ans)
Paris
Activités Peintre
Formation École des beaux-arts, Paris
Maîtres Le Corbusier
Récompenses Membre de l'Académie des beaux-arts (1999)

Olivier Debré, né le à Paris où il est mort le , est un peintre français représentant majeur de l’abstraction lyrique.

Il est le fils du professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré et l'oncle de Bernard Debré et de Jean-Louis Debré.

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième enfant de Robert Debré et de Jeanne Debat-Ponsan (fille du peintre Édouard Debat-Ponsan), le jeune Olivier est un bon élève, au lycée Montaigne[1]. Il passe ses vacances à Nazelles chez son grand-père maternel Édouard Debat-Ponsan qui l'encourage à peindre, dessiner, sculpter puis à partir de 1933 dans le domaine Les Madères acquis par son père à Vernou-sur-Brenne, dont il hérite avec sa sœur en 1978 et où il a installé depuis lors un de ses ateliers.

Après avoir passé la seconde partie de son baccalauréat de philosophie, il s'inscrit en 1937 pour des études d'architecture à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de son oncle Jacques Debat-Ponsan, et s'inscrit à la Sorbonne pour une licence d'histoire qu'il obtient en 1942. Il fréquente l'atelier de Le Corbusier.

En juin 1937, il subit un choc en voyant, exposé au Pavillon de l’Espagne de l’Exposition internationale à Paris, le Guernica de Picasso. Georges Aubry dont la galerie est située rue de Seine à Paris l'encourage en l'exposant le premier. Il est remarqué par Dunoyer de Segonzac et Picasso[2] qu'il rencontrera en 1941, ce dernier l’invitant à son atelier 7, rue des Grands Augustins pendant l’hiver 1942-1943.

En 1943 Georges Aubry expose ses premières toiles abstraites.

En 1944, il épouse Denise Coulon[3] (avec qui il aura deux enfants, Patrice et Sylvie), puis rejoint son père et son frère dans la résistance des maquis. Il peindra dans la propriété familiale de sa femme à Saint Georges-de-Didonne ainsi que sur le port de Royan jusqu'à sa mort.

1945 est marquée par l'expression graphique.Le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre : Le Mort de Dachau, Le Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme...

En 1946 il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime. Il rencontre Lanskoy.

En 1949 il présente sa première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris,marchand de Soutine et de Modigliani. À l'automne, Olivier Debré installe un second atelier rue de Saint Simon à Paris. Il est invité pour la première fois au Salon d'Automne auquel il est resté fidèle. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de ses grands aînés abstraits: Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Elena Viera da Silva. Premiers Signes-personnages[2].

1950 Olivier Debré expose à New York à la Perspective gallery. Il est invité au Salon de mai auquel il participera jusqu'à sa mort. Autour de 1950, il privilégie la matière et les couleurs sourdes et peint "les Signes-personnages".

En 1951 la librairie-galerie la Hune présente pour la première fois les gravures d'Olivier Debré.

En 1952 il participe à son premier Salon d'Octobre qui regroupe les peintres les plus significatifs de l'art non figuratif et abstrait. Il y côtoie Asse, Bellegarde, Bott, Degottex, Dimitrienko, Doucet, Germain, Lapicque, Messagier, Sugai, Zao Wou-Ki, parmi d'autres. 1953 correspond à une période charnière dans l'œuvre d'Olivier Debré qui délaisse les "signes-personnages" pour les "signes-paysages".C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de pratiquer[2].

1954 première participation au salon Comparaisons.

En 1956, Michel Warren organise sa première exposition solo à Paris.

En 1957 la seconde exposition chez Michel Warren le fait figurer « désormais en bonne place parmi les chefs de file de l'Ecole de Paris » écrit John Prossot dans Apollo dont la couverture reproduit le tableau exposé.

1958 voyage en Espagne.

En 1959, exposition à la Phillips Gallery à Washington. Il rencontre Rothko. En Mai, première exposition personnelle à la Knoedler Gallery aux États Unis, avec une préface de Pierre Courthion. Il participe à "Peintres d'aujourd'hui" au Palazzo delle Arti à Turin.

Au tournant des années 1960 il revient au paysage, sa peinture est plus fluide avec des ponctuations de concrétions épaisses qui délimite et génère l'espace. Il qualifie alors sa peinture d'abstraction fervente car elle symbolise l'émotion ressentie devant le paysage

En 1960 exposition à la galerie Knoedler à Paris. La presse se fait écho de cet événement[2].

L'été 1960 il séjourne en Vénitie avec sa famille[2].

En 1961 nouveau voyage en Espagne avec son fils Patrice.

En 1962 voyage en Grèce avec sa famille.A l'Automne exposition au musée de l'Athénée à Genève.Première participation au Salon Grands et Jeunes d'aujourd'hui à Paris. Il expose un bahut en bois sculpté posé sur un socle de métal à l'exposition Antagonismes 2-L'objet au musée des Arts décoratifs à Paris.

En 1963,double exposition à la galerie Knoedler à Paris puis New York.Francis Ponge écrit le texte pour les 2 catalogues.La presse se fait largement l'écho de cet événement en France comme aux États Unis,pour cet événement Olivier Debré retourne à New York et y rencontre Rothko pour la seconde fois.

1965 réalisation de grandes toiles 1,8 × 8,8 m - 1,8 × 15 m pour le lycée de Royan. Participe à de nombreuses expositions itinérantes en Amérique latine et en Europe de l'Est.

1966 Première exposition personnelle à Oslo galerie Haaken A.Christensen. Il voyagera et peindra en Norvège jusqu'à la fin de sa vie. Exposition rétrospective au musée du Havre,presse abondante.Exposition à Francfort galerie Appel und Fertsch[2].

1967 Participation à l'exposition internationale de Montréal « Expo 67 ». Il réalise une gigantesque peinture (5 m × 2,5 m) Signe d'homme pour le pavillon français. Nombreuses participations à des expositions collectives. Parution de la première monographie par Pierre Courthion.

1967-69 Nombreuses participations à des expositions collectives et personnelles.Plusieurs commandes pour des établissements :lycées,facultés.

1970 Première exposition au Japon Nippon Gallery à Tokyo.Daniel Abadie présente 7 grandes toiles au Prieuré de Vivoin et signe la préface[2].

1971-75 Olivier Debré participe en 1971 au concours d'architecture pour le centre Georges Pompidou en présentant 2 projets.Nombreuses commandes et expositions personnelles.

1975 Rétrospective au Musée d'Art et d'industrie et à la maison de la culture et des loisirs de Saint-Étienne,reprise en partie au musée Picasso à Antibes.

1980-85 Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de peinture murale à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Céramique pour le mur extérieur de l'hôtel Nikko à Paris.

1982 Inauguration d'une salle Olivier Debré au musée des Beaux arts de Tours.

1983 Nombreuses expositions personnelles en France et à l'étranger : Washington,Danemark Houston. Création des décors et costume de la pièce "Racines" pour le festival d'Avignon.

1985-86 Rétrospective dans les musées Orléans,Metz. Expositions personnelles à l'étranger Dakar,Stockholm,Genève,Luxembourg.

1987 Donation de 170 estampes faites par Olivier Debré à la Bibliothèque nationale. Inauguration,par le ministre de la culture François Léotard et Jean Le Poulain,du rideau de scène et de fer pour la Comédie-Française

1989 Inauguration du rideau de l'Opéra de Hong Kong commandé par la fondation Louis Vuitton.

1990 Exposition des dessins d'après-guerre au musée d'Art et d'iHistoire de Saint-Denis,préface de Bernard Noel.

1991 Comm par la Régie immobilière de la ville de Paris,par l'intermédiaire de son directeur,Michel Lombardini, d'un immeuble d'ateliers d'artistes et de logements dans le XIII arrondissement de Paris,54 rue Albert,inauguré en 1993. Olivier Debré gagne le concours pour la construction d'une église à Compiègne, Notre-Dame de la Source.

1992 Inauguration d'une salle Olivier Debré au musée des Beaux arts de Tours.Dans le parc Lafontaine à Montréal est inauguré par Jacques Chirac le Mémorial du général de Gaulle commandé à Olivier Debré par le maire de Paris et offert à la ville de Montréal pour le 350e anniversaire de la cité québécoise. Inauguration du mur extérieur de la Villa Kujoyama à Kyoto.

1993 Inauguration de la céramique destinée au temple Daikakuji à Kyoto.

1994 Inauguration de 4 sculptures en acier pour l'entrée du tunnel sous la manche. Fontaines pour les Autoroutes du Sud de la France

1995 Rétrospective à la galerie nationale du Jeu de Paume à Paris, Daniel Abadie étant le commissaire et directeur[4]. La rétrospective circule dans de nombreux pays. Réalisation de vitraux pour la chapelle Saint-Mandé (Morbihan)

1996 Inauguration à Paris du théâtre des Abbesses de l'architecte Vandehove, Olivier Debré réalise le rideau et ls toiles tendues des galeries des balcons latéraux.

1997 Première à l'Opéra Bastille du spectacle Signes avec les décors et les costumes d'Olivier Debré, Carolyn Carlson ayant fait la chorégraphie. Ce spectacle est inscrit dans le répertoire de l'Opéra et est repris régulièrement.

1998 Réalisation du rideau de scène de l'Opéra de Shanghai.

Le 17 mars 1999, il est élu membre de l'Institut, à l'Académie des beaux-arts au fauteuil précédemment occupé par Georges Cheyssial[2].

Abstraite et solidement construite dans les années 1940-1950, sa peinture a évolué à partir des années 1960 vers une spatialité qui renvoie à la liberté et à l'impermanence de la nature. Grand coloriste, son intervention sur l'espace pictural exalte la couleur. Dans les années 1970, sa peinture atteint un équilibre formel dans une suite de toiles d’un format carré[2].

Debré a parfois peint de très grandes toiles (en faisant glisser une sorte de pinceau-balai sur la toile au sol), peignant toujours dehors quel que soit le temps.

Il a dessiné également un timbre-poste, des vitraux, peint plusieurs rideaux de scène, pour la Comédie-Française, pour l'Opéra de Hongkong et le nouvel Opéra de Shanghai en Chine, ainsi que les fresques murales du Théâtre des Abbesses à Paris, ce qui ne se fit pas sans remous avec le directeur Gérard Violette[5].

Il a aussi été sculpteur et illustrateur, entre autres des livres de Michel Déon, Francis Ponge, Edmond Jabès et Julien Gracq. Il a publié quelques essais artistiques, notamment pour donner sa vision de l'évolution des formes, et proposé une nouvelle architecture adaptée à la ville contemporaine.

À son décès, un hommage lui est rendu le 5 devant son atelier aux Madères et le 9 juin à la Comédie-Française. Il est enterré au cimetière de Nazelles[2]. Madame Denise Debré est décédée le 12 septembre 2013 à 90 ans.

La création d'une Fondation Olivier Debré est programmée pour 2012 à Tours, en lieu et place de l'École supérieure des Beaux-Arts de Tours qui s'installera dans de nouveaux locaux[6].

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Signe de ferveur noir 1944 huile sur bois
  • Le Concert champêtre 1945
  • D et S ou Grise lourde 1948 (Centre Pompidou Paris)
  • Les Pins, 1971, huile sur toile, signé et daté au dos, 100 × 100 cm. Musée d'Évreux
  • La Mosquée est signé et daté au dos (collection particulière)
  • Sculpture "fontaine", implantée sur l'aire de Parcé-sur-Sarthe A11. Fontaine en deux parties, mettant en scène tout autant l'eau tumultueuse que le calme d'une eau paisible. Jets d'eau, grès, métal
  • Monument commémoratif à Charles de Gaulle érigé en 1992 au parc Lafontaine pour le 350e anniversaire de la cité québécoise : obélisque moderne et abstrait haut de 17 mètres en granit bleu de Vire[7]
  • Mur extérieur revêtu d’une céramique à la Villa Kujoyama à Kyoto, 1992
  • Quatre structures en acier peintes en rouge pour l’entrée de l’Eurotunnel à Calais, 1994
  • Céramique pour le mur extérieur de l'hôtel Nikko à Paris
  • Rideaux de scène et de fer Comédie-Française de Paris, théâtre des Abbesses Paris, Opéra de HongKong, Opéra de Shanghai
  • Décors et costumes pour le ballet "Signes" de l'Opéra Bastille

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Impressions de voyage, Galerie Ariel, 1973
  • Espace pensé, espace créé, par Olivier Debré (1999)
  • Olivier Debré, par Olivier Debré et Emmanuel Pernoud (1995)
  • L'Espace et le comportement, par Olivier Debré (1990)
  • L'Œuf dans le chocolat, par Olivier Debré (1997)
  • La Marche de Mme Ouvrard, par Olivier Debré (1996)
  • OD, fond yeo / area
  • Une de ces oeuvres est exposée pour l'exposition l'Ecole de Paris au musée de la Cour d'Or à Metz en 2014

Philatélie[modifier | modifier le code]

En hommage à Olivier Debré un timbre reproduisant l'une de ses œuvres est émis par les Postes françaises en 1993 (valeur de 2,50 F).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Cortot, « Notice sur la vie et travaux de M. Olivier Debré (1920-1999) », notice lue à l'occasion de son installation comme membre de la Section Peinture de l'Académie des Beaux-Arts, 11 décembre 2002
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Biographie Lydia Harambourg dans "Olivier Debré", Eric de Chassey.
  3. Arrière-petite-fille d'Eugène Scribe et petite-nièce de Camille Pelletan.
  4. Bernard Heitz, « Le paysage à l'âme. Olivier Debré au Jeu de paume », Télérama n° 2371, 21 juin 1995, pp.59-60.
  5. Le Théâtre de la Ville s'étend aux Abbesses. Ouverture à Montmartre d'une autre salle subventionnée par la mairie de Paris. dans Libération du 20 novembre 1996.
  6. « Olivier Debré bientôt dans ses murs », Libération, 7 octobre 2008
  7. Monument commémoratif dédié au Général de Gaulle à Montréal

Liens externes[modifier | modifier le code]