Jean-Louis Forain

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Jules-Alexandre Grün, Portrait de Jean-Louis Forain (1934), Paris, musée d'Orsay.

Louis-Henri Forain, dit Jean-Louis Forain, né à Reims le 23 octobre 1852 et mort à Paris le 11 juillet 1931, est un peintre, goguettier, illustrateur et graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un modeste artisan peintre, Forain s'établit à Paris vers les années 1860 et étudie la peinture et le dessin auprès de Jacquesson de La Chevreuse, Jean-Baptiste Carpeaux et André Gill. Entré à l'École des beaux-arts de Paris, il a pour professeur Jean-Léon Gérôme.

« Doux pays – Le péril clérical », croquis pour L'Écho de Paris, reproduit dans Le Pèlerin en 1902.

Il participe à la guerre de 1870, puis devient l'ami de Paul Verlaine et d'Arthur Rimbaud. Il habite avec ce dernier dans une chambre louée par Verlaine à Paris, rue Campagne-Première, de janvier à mars 1872. À cette époque on le surnomme Gavroche[1]. Il est un familier des salons de Nina de Callias et de la comtesse de Loynes, où il croise les écrivains Maurice Barrès, Paul Bourget, et fréquente Edgar Degas et Édouard Manet. Il commence sa carrière de peintre aux côtés des impressionnistes avec qui il participe à plusieurs expositions entre 1879 et 1886.

Il débute comme illustrateur en 1876 dans la revue La Cravache parisienne, et publie quelques caricatures, dans différents journaux tels que Le Scapin en 1876, puis La Vie Moderne, Le Monde Parisien et La République des Lettres, où il fait preuve d’une ironie pleine de verve. Découvrant le monde de l'opéra avec ses danseuses et ses abonnés, il en fait son thème de prédilection.

Son tableau Le Buffet, qui montre une réception mondaine, est reçu au Salon de 1884. Le Veuf est également accepté au Salon de 1885. À partir de 1887, Le Courrier français lance Forain en publiant régulièrement ses dessins satiriques et, en 1891, débute sa collaboration avec Le Figaro qui durera trente-cinq ans.
De nombreux journaux tels L'Écho de Paris, Le New York Herald, Le Journal amusant, Le Rire, Le Temps, L'Assiette au Beurre, Le Gaulois se disputent également son esprit caustique. Il explique[réf. nécessaire] dans Le Fifre, son propre journal lancé en 1889, qu’il veut « conter la vie de tous les jours, montrer le ridicule de certaines douleurs, la tristesse de bien des joies. »

En 1891, Forain épouse la sculptrice Jeanne Bosc. Il peint des panneaux pour un haut lieu mondain de la Belle Époque, Le Café Riche, à Paris. C'est à cette époque qu'il retrouve la foi catholique de son enfance et participe à plusieurs pèlerinages à Lourdes. Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1896 comme une « notoriété de la vie parisienne », le décrit comme un « dessinateur de grand talent qui voit les choses en laid »[2]. » L'édition de 1899 ajoute qu'il est « antisémite »[3].

Avec le boulangisme, le scandale de Panama, et l’affaire Dreyfus, Forain se détourne de la satire sociale et s’oriente progressivement vers la satire politique contre les « turpitudes » de la Troisième République. Il fréquente à cette époque le salon de la comtesse de Martel. Le polémiste se déchaîne dans le Psst…![4], journal foncièrement antisémite et anti-dreyfusard qu’il fonde en 1898 avec Caran d'Ache et le soutien actif d'Edgar Degas et Maurice Barrès. Il allait souvent rendre visite à son ami, le sculpteur Pierre-Nicolas Tourgueneff qui avait son atelier au château de Vert-Bois, sur la commune de Rueil-Malmaison où il séjournait le plus souvent et qu'il fit reconstruire en 1903. Parmi les autres visiteurs des écrivains, artistes, peintres et dessinateurs : Roger-Joseph Jourdain, Ernest Ange Duez, Miguel Zamacoïs, journaliste au journal Le Gaulois[5].

Pendant la Première Guerre mondiale, il exalte le patriotisme de ses contemporains dans L’Opinion, Le Figaro et Oui avec des légendes telles que « — Pourvu qu’ils tiennent. — Qui ça ? — Les Civils », parue le 9 janvier 1915.

Le Figaro du 31 mars 1913.

Engagé volontaire en 1914, âgé de 62 ans, il participe à la section de camouflage avec d'autres artistes comme Lucien-Victor Guirand de Scevola. Il accompagne les soldats dans les tranchées pour continuer à dessiner et à les soutenir moralement. Il est extrêmement populaire pendant ces années de guerre.

Après la guerre, durant l'hiver 1920, Forain participe avec d'autres artistes — Joë Bridge, Adolphe Willette, Francisque Poulbot, Maurice Neumont, Louis Morin, Maurice Millière, Jules Depaquit — à la fondation de la République de Montmartre.

Il est, au côté de Joë Bridge, Adolphe Willette, Francisque Poulbot, Maurice Neumont, etc. membre de la goguette du Cornet[6].

En 1921, par attachement à sa ville natale de Reims, il offre au musée municipal un lot important de dessins préparatoires. Certains de ses dessins de guerre sont d'ailleurs exposés dans une des salles du musée des beaux-arts de Reims.

Forain est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1923. La même année, il devient président de la République de Montmartre et le restera jusqu'à la fin de sa vie. Il est membre de la Royal Academy en 1931 et commandeur de la Légion d'honneur[7]. Sa tombe se trouve au cimetière du Chesnay, près de Versailles.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

  • Le Boulevard, 1876, plume et aquarelle, Paris, musée Carnavalet
  • Portrait de J-K. Huysmans, vers 1878, pastel, Paris, musée d'Orsay
  • Le Client, 1878, crayon, aquarelle, gouache, Memphis, Dixon Gallery Gardens
  • Soirée à l'Opéra, vers 1879, gouache sur éventail, Memphis, Dixon Gallery Gardens
  • Femme respirant des fleurs, 1883, pastel, Memphis, Dixon Gallery Gardens
  • Diane en buste, 1890, pastel, Memphis, Dixon Gallery Gardens
  • Femme avec loup et gants noirs, 1894, gouache sur papier brun, carton de mosaïque, musée des arts décoratifs de Paris
  • La Confidence au bal, 1894, gouache sur papier brun, musée des arts décoratifs de Paris
  • Le Trottin de Paris, 1894, gouaches, Genève, musée du Petit Palais
  • Dans les coulisses, vers 1900, pastel et gouache sur carton, Paris, Petit Palais
  • Le Peintre et son modèle, graphite sur vélin avec rehauts de fusain, inscription « Dis-donc, j'pose comm'ça chez Van Beers, mais avec des bas noirs ! », musée d'Évreux

Peintures[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

  • Exposition des Arts de la Femme, 1892, reproduit dans Les maîtres de l'affiche
  • Deuxièmes salon du cycle. Palais de l'industrie, 1894, reproduit dans Les maîtres de l'affiche
  • Scène de café, 1914, lithographie, New York, Brooklyn Museum

Galerie[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

  • Salon des artistes français de 1884 : Le Buffet
  • Salon des artistes français de 1885 : Le Veuf
  • Salon des artistes français de 1930 : Autoportrait

Expositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alicia Craig Faxon, Jean-Louis Forain : a catalogue raisonné of the prints, Garland Pub., New York, 1982, 297 p. (ISBN 0-8240-9343-7)
  • (en) Alicia Craig Faxon, Jean-Louis Forain : artist, realist, humanist : organized and circulated by the International Exhibitions Foundation, Washington, D.C., 1982-1983, The Foundation, Washington, D.C., 1982, 60 p. (ISBN 0-88397-042-2)
  • Jean-François Bory, Forain, H. Veyrier, Paris, 1979, 126 p. (ISBN 2-85199-197-3)
  • Cécile Coutin, Jean-Louis Forain et la guerre de 1914-1918, Université de Paris 4, 1987 (thèse de doctorat)
  • Charles Kunstler, Forain, 60 planches hors-texte en héliogravure, F. Rieder & cie, Paris, 1931, 63 p.
  • Léandre Vaillat, En écoutant Forain, Flammarion, 1931, 257 p.
  • J.-L. Forain, peintre, dessinateur et graveur : exposition organisée pour le centenaire de sa naissance, Bibliothèque nationale, juin-septembre 1952, Bibliothèque nationale, paris, 1952, 45 p.
  • Jean-Louis Forain : chroniqueur - illustrateur de guerre, 1914-1919, catalogue édité à l'occasion de l'exposition organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, Musée des deux guerres mondiales, janvier-juillet 1986, 1986, XXVI-82 p.
  • Jean-Louis Forain : les années impressionnistes et post-impressionnistes, avant-propos de François Daulte, Bibliothèque des arts, Paris, 1995, 170 p. (ISBN 2-88453-010-X)
  • Jean-Louis Forain, 1852-1931, catalogue d'exposition, 8 avril - 28 septembre 2003, Musée Angladon, Avignon, Musée Yves Brayer, Les Baux-de-Provence, 2003, 80 p. (ISBN 2-9510540-1-7)
  • Collectif, Jean-Louis Forain, la Comédie Parisienne , catalogue de l'exposition 2011, (ISBN 9782759601554)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article contient tout ou partie d'un document provenant du site La Vie rémoise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trois dessins de Rimbaud par Forain/
  2. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1896, p. 277
  3. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 26
  4. Numéros de Psst…! disponibles dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF
  5. Madeleine de Poix, née Viaris de Lesegno, Souvenirs, témoignages sur la famille Tourgueneff, éditeur ?
  6. Voir l'article « Le Déjeuner Maurice Neumont », dans Le Cornet, avril 1922, p. 5.
  7. dossier LH/997/1 dans la Base Leonore

Liens externes[modifier | modifier le code]

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