Édouard Goerg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Édouard Goerg[1], né à Sydney (Australie), le 9 juin 1893, et mort à Callian (Var), le 13 avril 1969[2], est un peintre, graveur et illustrateur expressionniste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Australie[3] de parents français, dans une famille de négociants en champagnes, Édouard Goerg gagne ensuite leur comptoir en Grande-Bretagne, où il demeure quelques années avant de s'installer à Paris en 1900. Dès lors, il voyage beaucoup en France comme en Italie, aux Indes et à Ceylan. Rompant avec sa famille bourgeoise qui le destinait à reprendre le négoce dans le champagne, Goerg s'oriente vers la peinture. Il devient l’élève de Paul Sérusier et Maurice Denis à l’académie Ranson où il étudie de 1913 à 1914. Il y rencontre le peintre bordelais, Georges Préveraud de Sonneville (Nouméa, 1889-Talence, 1978) avec qui il se lie d'amitié, puis il suit l’enseignement d'Antoine Bourdelle[4].

Goerg est mobilisé durant la Première Guerre mondiale, et ce jusqu’en 1919. Il est envoyé sur le front de l'Ouest puis affecté dans les régions orientales du front et découvre ainsi la Grèce, la Turquie et la Serbie. L’expérience dramatique de la guerre va fortement influencer la nature de son œuvre dans les vingt années suivantes. L’une de ces œuvres, Ainsi va le monde sous l’œil de la police, est un manifeste anti-guerre qui inspirera à Picasso son Guernica[réf. nécessaire].

Le conflit qui l'oppose longtemps à son père jusqu'à la mort de celui-ci, en 1929, oriente la peinture de Goerg vers une critique de la société bourgeoise et ses mœurs hypocrites. À partir de 1920, il devient l'une des figures majeures de l’expressionnisme français, son œuvre se caractérisant par des couleurs profondes, des compositions étranges et des thèmes à contenu social (religion, cirque). Toute une période de son œuvre le rapproche également du surréalisme, notamment ses travaux dans le domaine de la lithographie. En tant qu'illustrateur, il réalise de nombreux livres de bibliophilie[4].

Dans l’entre-deux-guerres, son succès est manifeste. Il n'en participe pas moins aux Ateliers d'art sacré avec son ancien maître Maurice Denis.

Durant l’Occupation, il refuse de participer au voyage initié par Arno Breker que des artistes français[5] sont invités à faire dans le Reich pour y rencontrer Hitler. Sa première femme Andrée Bérolzheimer, d’origine juive, doit se cacher avec leur fille Claude-Lise et meurt faute de pouvoir accéder aux soins. Goerg en ressent un profond traumatisme. Il est traité par électrochocs puis se remarie en 1946[4].

Il fut, avec André Fougeron et Édouard Pignon, l'un des trois dirigeants nationaux du « Front National des Arts ». Il participa à l'album publié en juin 1944 au profit des FTP et intitulé Vaincre, avec André Fougeron, Boris Taslitsky, Pierre Aujame, Édouard Pignon, etc.

Dans les années 1950, il enseigne la gravure à l’eau-forte à l'École des beaux-arts de Paris et la peinture à l'Académie de la Grande Chaumière. Il devient par ailleurs président de la Société des peintres-graveurs français de 1945 à 1958 et en 1965, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts au fauteuil de Willem van Hasselt. Sa seconde épouse l'encourage à peindre à nouveau.

La femme est un de ses thèmes de prédilection, qui revient en plusieurs périodes. La plus connue est celle des Femmes-fleurs à la discrète et sereine mélancolie[4].

Alors qu’il s’apprête à quitter sa femme, il meurt en 1969. Sa mort de façon mystérieuse se complique de la disparition de tous ses écrits et mémoires qu'il tenait depuis 1912. Ils sont inhumés tous les deux dans le parc de son « Château » à Callian[4].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessin[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Estampe[modifier | modifier le code]

Livre illustré[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • « L'art en guerre », musée d'art moderne de Paris, 2012

Élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Waldemar-George, Goerg, illustré de 32 reproductions en héliogravure, Paris : Éditions G. Crès et Cie, 1929
  • Carole Senille, E. Goerg. Catalogue de l'œuvre de bibliophilie illustrée, Goerg inconnu, Paris : Éditions Marigny, 1976
  • Jacques Lethève, Goerg : l'œuvre gravé, catalogue d'exposition, préface par Julien Cain, introduction par Édouard Goerg, Paris, Bibliothèque nationale, 1963

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Goerg à Cély, réalisé par André Sauvage, France, 1928. Film restauré par les Archives françaises du film du CNC.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né « Édouard Joseph Goerg ».
  2. Notice d'autorité personne du catalogue général de la BNF.
  3. Ses parents voulaient y installer des comptoirs de champagne.
  4. a, b, c, d et e Lydia Harambourg, « Edouard Goerg : une œuvre miroir d’une vie (1893-1969) », chronique sur Canal Académie, 27 janvier 2013.
  5. Dont Charles Despiau.
  6. Notice du catalogue interministériel des Dépôts d'Oeuvres d'Art de l'Etat
  7. Notice du catalogue interministériel des Dépôts d'Oeuvres d'Art de l'Etat
  8. Notice du catalogue interministériel des Dépôts d'Oeuvres d'Art de l'Etat
  9. Contient deux contes : Un photographe à la campagne et La Légende de l'Écosse.

Liens externes[modifier | modifier le code]