Édouard Debat-Ponsan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Édouard Debat-Ponsan

Édouard Debat-Ponsan, né à Toulouse le et mort à Paris le , est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nec mergitur ou La Vérité sortant du puits, Hôtel de ville d’Amboise
Le Massage au Hamam, 1883, Musée des Augustins de Toulouse

Élève de Cabanel, célèbre pour ses portraits de la grande bourgeoisie et des hommes politiques parisiens, ses peintures d'histoire de l'Antiquité et ses scènes de la vie paysanne. Républicain, ancien combattant de la guerre de 1870, Debat-Ponsan s'engage dans la lutte pour la réhabilition du capitaine Dreyfus, en exposant au Salon de 1898 sa Vérité sortant du puits, tableau manifeste qui sera offert en souscription à Émile Zola. Père de l'architecte et grand prix de Rome 1912, Jacques Debat-Ponsan, il est aussi le grand-père de Michel Debré, premier ministre sous le Général de Gaulle et l'un des rédacteurs de la cinquième république, et l'arrière-grand-père de Jean-Louis Debré, homme politique, sa fille Jeanne Debat-Ponsan ayant épousé Robert Debré le fondateur de la pédiatrie moderne en France.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Sa production des premières années après sa formation reste le grand genre appris à l'école, la peinture d'histoire qu'il développe au Salon est censée exalter l'ordre moral et montrer la vertu sociale et éducatrice de l'art. Debat-Ponsan y exprime souvent le tragique et le pathétique dans des compositions savantes qui gagneront peu à peu en réalisme. De ces six participations au Grand Prix de Rome il ne remportera qu'un premier second grand prix pour La Captivité des Juifs à Babylone aujourd'hui perdu. Il bénéficie de ses premiers achats par l'État comme en 1875 une somme de 2000 francs pour son tableau Daniel dans la fosse aux lions qui trône aujourd'hui dans la cathédrale de Mirande ou bien l'année suivante La Fille de Jephté l'un des plus beaux tableaux d'histoire du peintre et entré au Musée des Beaux Arts de Carcassonne. En 1877 il voyage en Italie grâce à une somme de 4000 francs qui lui est accordée par l'Académie. Il vit alors de différents travaux de peinture et à partir de 1880 deviendra un portraitiste mondain. En 1882-1883 il effectue un voyage à Istanbul accompagné de ses deux beaux-frères Jules-Arsène Garnier et Henri-Eugène Delacroix (homonyme du grand peintre Delacroix), après l'Italie c'est un orient pittoresque qui dévoile sa lumière au peintre, il peindra en 1883 Le Massage, Scène de Hamam, conservée au Musée des Augustins à Toulouse, ce corps nu entièrement abandonné aux mains expertes d'une masseuse et offert au spectateur dégage une forte tension érotique.

Suivent des commandes pour des portraits de ministres, généraux dont celui du général Boulanger ministre de la guerre à la célèbre Revue de Longchamps, ambassadeurs, portraits mondains de femmes du monde et de personnalités parisiennes de la haute bourgeoisie dont la plupart sont toujours conservés par ces familles, portraits de personnalités du Sud-Ouest, Pedro Gailhard, directeur de l'Opéra et sa maîtresse Emma Sandrini dans Portrait de Mme Sandrini dans la ballet de la Maladeta, aujourd'hui tous les deux dans les collections du Musée de l'Opéra de Paris. Quelques belle toiles de réunions de famille d'une grande sensibilité, Une séance de musique chez les Antonins commande de proches ou d'amis, de membres de sa famille Les Tantines à Préousse Dans ma serre, Portrait de Jeanne en communiante, Robert et Jeanne Debré à Nazelles.

Coin de vigne, 1886, Musée des beaux-arts de Nantes

Dans ses scènes de la vie rurale, genre très en vogue vers les années 1830-1840, hésitant entre un idéalisme du monde paysan et le réalisme militant d'un Gustave Courbet, puis officiel avec Rosa Bonheur, Jules Breton, il occupe une place de choix que son lien familial fort qui l'unit à sa terre du Sud-Ouest renforce dans son aptitude à saisir toute l'intériorité de ses personnages à l'image de Jules Bastien-Lepage ou de Léon Augustin Lhermitte, eux aussi issus de la paysannerie[1].

Peinture décorative[modifier | modifier le code]

Un matin devant la porte du Louvre, huile sur toile, 1880, Mairie de Clermont-Ferrand

Debat-Ponsan est l'auteur d'une scène picturale dans la salle du conseil municipal du Capitole de Toulouse, où l'on voit les personnages de Molière et Pierre Goudouli dans la cour d'une maison languedocienne. Le jeune Molière écoute assis, le regard bienvaillant, le vieux Goudouli qui déclame ses poèmes, la main tendue vers le ciel. Une servante assiste à la scène dans l'encoignure d'une porte. Toute la scène baigne dans une atmosphère de tendresse, de complicité et d'amour, que l'on retrouvera souvent dans les scènes paysannes toutes entières d'authenticité et de réalisme, comme A Midi de 1890. Au plafond, un sujet plein de fraîcheur : La Garonne et l'Ariège dévalant les Pyrénées courent arroser Toulouse.Dans cette salle sont aussi présentes des peintures de Paul Gervais représentant des monuments de la ville et de sa région et des scènes champêtres. Une peinture d'André Roucolle (L'Entrée de Louis XI à Toulouse), ainsi que des bustes sculptés par Marc Arcis, dont celui de Raymond IV et de rois wisigoths, sont présents dans des niches. Une plaque de marbre rose liste l'ensemble des maires de la ville depuis 1790.

À Debat-Ponsan fils et petit-fils de musiciens toulousains a été confiée la réalisation d'un plafond dans la salle des Illustres sur le thème de l'allégorie des arts, qu'il étendra à tous les arts. Sur un pan de mur de la salle, La visite au sculpteur reconstitue l'épisode supposé de la visite du cardinal Loménie de Brienne au sculpteur François Lucas en 1775 sur le chantier du grand bas-relief du port de l'Embouchure à Toulouse.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Ruffié, Debat-Ponsan, Privat.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul Ruffié, Debat-Ponsan.

Liens externes[modifier | modifier le code]