Joan Brossa

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Joan Brossa

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Joan Brossa en 1998

Nom de naissance Joan Brossa i Cuervo
Activités Poète, dramaturge, artiste plastique
Naissance 19 janvier 1919
Barcelone, Drapeau : Royaume d'Espagne Espagne
Décès 30 décembre 1998 (à 79 ans)
Barcelone, Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue d'écriture Catalan
Mouvement Neosurréalisme, Futurisme, Poésie engagée
Genres Poésie lyrique, antipoésie, poésie concrète, théâtre, scénario, poésie visuelle, poésie typographique, poème-objet, affiche, poésie urbaine
Distinctions 6 Prix de la critique Serra d'Or (1971, 1974 - en deux catégories -, 1978, 1979, 1996)
Prix Lletra d'Or (1981)
Médaille Picasso de l'UNESCO (1888)
Médaille d'Or au Mérite en Beaux Arts (1995)
Prix National de Théâtre (1998)
Docteur Honoris Causa de l'Université autonome de Barcelone (1999)

Œuvres principales

  • Em va fer Joan Brossa
  • Poesia rasa
  • Poemes de seny i cabell
  • Rua de llibres
  • Ball de sang
  • Cappare
  • Poesia escènica. Teatre complet. (6 vols.)
  • Passat festes

Joan Brossa [ʒuˈam ˈbɾɔsə] né le 19 janvier 1919 à Barcelone et mort dans cette même ville le 30 décembre 1998 est un poète, auteur dramatique, dessinateur graphique et artiste plastique espagnol d'expression catalane, pour lequel il n'existait pas de frontières entre les genres : à son avis, « tous sont des faces de la même pyramide[1] ». Il a été l'inspirateur et l'un des fondateurs de la revue Dau al Set et du groupe artistique du même nom (1948)[2].

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Joan Brossa est considéré comme l'un des grands créateurs de poésie visuelle, ainsi que l'introducteur de ce genre en Espagne. Cependant il a été un important auteur de poésie littéraire (plus de 80 livres), de poésie scénique (il touchait à tous les champs : pièces de théâtre, scénarios de cinéma, livrets d'opéra, performances, cabaret, happenings, actions musicales, actions spectacles, cirque, strip-teases… jusqu'à plus de 350 œuvres)[3] et de proses (littéraires, programmatiques ou circonstancielles). Sa seule langue de création a été la langue catalane.

Âgé de 18 ans, il participe à la guerre civile espagnole recruté par l'armée républicaine, où il est blessé à l'œil. C'est pendant cette guerre qu'il fait ses débuts littéraires dans une revue de son bataillon. Après sa rentrée à Barcelone (1941), Joan Brossa se lie avec le poète J.V.Foix, le peintre Joan Miró et le dynamiste culturel Joan Prats, des sommets des avant-gardes catalanes qui restaient alors en exil intérieur, tus par le Franquisme. Il fait également la connaissance (1948) du poète brésilien João Cabral de Melo Neto, alors que celui-ci était vice-consul dans la capitale catalane. Cette rencontre fut déterminante et influença l'œuvre du poète, en lui donnant une forte connotation sociale.

Bien qu'à ses débuts il ait exploré l'hypnagogie, le surréalisme, le dadaïsme et tous les grands mouvements des avant-gardes européennes, il s'est plus tard consacré à la composition de centaines de sonnets, d'odes sapphiques[4] et de sextines d'une totale perfection formelle, autant que de milliers de poèmes libres et directs. Cabral de Melo édita et préfaça en 1950 le livre Em va fer Joan Brossa (Joan Brossa m'a fait), l'un des premiers exemples européens d'« antipoésie ». En 1970 l'apparition du volume Poesia rasa (Poésie rase), réunion de dix-sept livres écrits depuis 1943, ayant eu une mince diffusion lors de leur première publication ou tout à fait inédits, secoua fortement le panorama littéraire catalan qui était toujours sous contrôle politique. Depuis lors et jusqu'à sa mort, Brossa n'a pas cessé de publier. Aujourd'hui, son travail occupe una place prépondérante dans la littérature contemporaine catalane et il a été déjà traduit dans plus de quinze langues[5].

L'œuvre de Brossa est toujours imprégnée de visualité et d'esprit plastique — presque photographique — vers la réalité quotidienne reliée et ralliée par les lecteurs/spectateurs à leur regard. La fonction de l’artiste n'est donc qu'agir comme l'amadou du potentiel de chacun. À ce propos les armes brossiennes sont la satire, l'ironie, la critique et parfois l’irrévérence. À son avis, la forme est toujours prioritaire face au contenu, et en conséquence sa poésie a pris souvent l'aspect de jeu de mots, même de jeu de lettres, capable de toucher le lecteur au premier abord. Cela n’exclut pas le fort engagement patriotique catalan de son message, politique autant que social.

Au long de sa carrière, les paroles de Joan Brossa ont trouvé la complicité de nombreux artistes, dont les peintres Joan Miró, Antoni Tàpies, Alfons Borrell et Riera i Arago, le sculpteur Eduardo Chillida, les poètes Serge Pey et Bernard Manciet, les musiciens Josep Maria Mestres Quadreny et Carles Santos, le cinéaste Pere Portabella, le photographe Chema Madoz.

Joan Brossa : Poème visuel transitable en trois parties (1984) à Barcelone, Parc du Vélodrome d'Horta.

Brossa n'a pas voulu être appelé que « poète », et pourtant c'est son œuvre plastique (poèmes visuels, poèmes-objet, affiches, installations, poèmes urbains…), en débordant évidemment les frontières idiomatiques, qui a fait de lui une référence mondiale, même dans certaines ambiances artistiques qui méconnaissent souvent son immense travail littéraire. Fidèle a des paramètres futuristes, en 1941 il esquisse les premiers « poèmes expérientaux », lorsque sa poésie déborde la stricte littérature avec une technique proche du calligramme. La première incursion de Brossa dans la plastique corporelle est un objet trouvé daté de 1943. Après cela, c'est en 1951 qu'il composa sa première association d'objets disparates et en 1956 sa première installation, dans la vitrine d'une boutique à Barcelone. C'est dans les années soixante que son expérimentation dans la poésie visuelle et « objectuelle » atteint sa plénitude, en nombre et en profondeur. Justement, c'est en 1960 que Brossa crée le poème-objet Cerilla (Allumette) et en 1965 le livre d'artiste Novel·la (Roman) — ce dernier en collaboration avec Antoni Tàpies —, des chefs-d'œuvre de l'art conceptuel international. Quant à ses poèmes visuels (presque mil cinq-cents, la plupart restant inédits), ils sont conçus en des séries bien réglées, à fin d'être présentés à l'instar d'un livre, bien que parfois, ils soient publiés individuellement en sérigraphie.

C'est après l'arrivée de la démocratie en Espagne (1978) que la poésie de Brossa se déploie dans les affiches, souvent liés avec des événements de culture populaire, en pleine liberté. Enfin ses livres peuvent être publiés sans censure, ni linguistique ni idéologique. Il reçoit bientôt des commandes des nouvelles autorités démocratiques, et en 1984 son œuvre parvient dans les espaces publics avec le monumental Poème visuel transitable en trois parties placé près du vélodrome de Barcelone : c'est le premier « poème urbain », genre que Brossa, en parallèle avec les genres littéraire, dramatique et visuel, ne quittera plus.

Après sa première retrospective à la Fundació Joan Miró de Barcelone en 1986, l'œuvre plastique de Brossa fut bientôt exposée individuellement au-dehors de son Pays : Munich (1988), New York, Amsterdam et Bâle (1989), Houston et Minneapolis (1990), Céret-Collioure (1991)... Cette dernière année, l'exposition au Museo Centro Nacional de Arte Reina Sofia à Madrid fit sa vraie consécration internationale, confirmée incessamment par la présence du poète aux pavillons officiels des Biennales de São Paulo (1993) et de Venise (1997) et des expositions singulières à Londres et Chicago (1992), Marseille et Malmö (1993), Paris (1995), Francfort (1997), Mexico, Monterrey, Cassel, Goppingen et Göteborg (1998).

Joan Brossa : Poème urbain Barcino (1994) à Barcelone, place de la Cathédrale.

Après la mort du poète, une grande exposition anthologique, réalisée encore à la Fundació Joan Miró (2001), situa définitivement Joan Brossa parmi les grands noms de la création artistique de la seconde moitié du XXe siècle. À partir de 2005 de nouvelles rétrospectives ont voyagé dans plusieurs villes du Chili, du Brésil, d'Argentine, du Portugal, d'Espagne, de l'Autriche, de la Tchéquie, de la Suède, de la France, d'Allemagne, de la Pologne, du Mexique et encore de la France, tandis que son œuvre était déjà arrivée dans des musées et collections d'art contemporain du monde entier.

En 1988, Joan Brossa est décoré de la Médaille Picasso de l'UNESCO. En 1999, à l'occasion de son 80e anniversaire, il devait recevoir le doctorat honoris causa de l'Université autonome de Barcelone. Mais vingt jours avant cette date, le poète meurt dans un accident domestique.

En 2012, le monumental legs de Joan Brossa — plus de 64 000 pièces — a été mis en dépôt auprès du MACBA de Barcelone[6].

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • "Pim-pam-poum où la pyramide des pommes", "Action spectacle", "Farce", "Le Calendrier" et "Hommage au Vietcong" (poésie scénique). Traduction d’Alain Arias-Misson. Bruxelles, L'VI (septembre 1968).
  • Quadern de poèmes (poésie littéraire). Traduction d’Anne-Marie Comert. Barcelone : Ed. Ariel, 1969.
  • "En avant!" et "Défaite" (poésie littéraire). Traduction pas signée. Toulon, Le journal des poètes nº 8, année 40e (1969).
  • "Poème" (poésie littéraire). Traduction de Mathilde Bensoussan. Paris, Le Monde (11 avril 1970), supplément littéraire, p. V.
  • "Poème floral", "Poisson de cire" et "Mot à l’envers" (poésie littéraire). Traduction de J. L. Soderberg. Paris, Paroles peintes nº 4 (hiver 1970).
  • "Oracle sur Antoni Tàpies" (prose poétique). Traduction d’Alain Arias-Misson. Dans Vicens F. et al. : Antoni Tàpies o l'escarnidor de diademes. Barcelone : La Polígrafa, 1971.
  • "Sextine à Joan Miró" (poésie littéraire). Traduction de Pierre Lartigue et Maurice Molho. Paris, L'Humanité (20 avril 1978).
  • "Sextine conceptuelle", "Sextine", "Sextine en pleine pluie", "Sextine de la vie là-haut ou l'apothicaire boiteux", "Face à face dans des bois avec beaucoup d'effanures" et "Sextine à Joan Miró" (poésie littéraire). Traduction de Pierre Lartigue et Montserrat Prudon. Paris, Po&sie nº 24 (1983).
  • "Où l'auteur se lamente de n’avoir pas su conserver un tendre amour" (poésie littéraire). Traduction de Montserrat Prudon. Paris, Les cahiers de Pandora nº 13 (mars 1987).
  • "Chanson sextine", "Voyage" et "Berceau" (poésie littéraire). Traduction de Pierre Lartigue. Dans Anthologie poétique. Cultures hispaniques et culture française. Paris : Ed. Noiesis / Unesco, 1988.
  • "Sextine à l’architecte Josep M. Jujol" (poésie littéraire). Traduction de Claudine Fitte. Catalogue de l’exposition Jujol. Paris : Centre Pompidou, 1990.
  • L'illusionniste (anthologie de poésie littéraire). Traduction de Pierre Lartigue et Montserrat Prudon. Paris : Ed. La Différence (Orphée ; 109), 1991 ISBN 2729107347.
  • "Sextine conceptuelle", "Sextine à Joan Miró" et "Sextine à la vie là-haut ou l'apothicaire boiteux". Traduction de Pierre Lartigue. Manchester, Mediterraneans nums. 2-3 (1992).
  • Feu à la cruche (scénario). Traduction d'Edmond Raillard. Dans Janicot, Christian (éd.) Anthologie du cinéma invisible. Paris / Strasbourg : Jean-Michel Place / ARTE, 1995, p. 85-89 ISBN 2858932336.
  • "A…B" (poésie scénique). Traduction de Luca Benefort. Paris, Cahiers de la Comédie-Française nº 26 (hiver 1997).
  • "Élégie" (poésie littéraire). Traduction pas signée. Il y a trente ans. Saint-Amand-Montrond : Ed. La Remembrance, 2005
  • Le poète présente quinze pantomimes (poésie littéraire). Traduction de Marc Audi. Lyon, Nioques nº 1 (2006) ISBN 2914904061.
  • "Action spectacle en trois parties", "Voyage inexplicable", "Action spectacle dans un restaurant self-service", "Action spectacle en deux parties", "La mer" et "Dix numéros de strip-tease" (poésie scénique). Traduction d’Alain Arias-Misson et Marc Audi. Paris, Luna-Park nº 5, nouvelle série (été 2009) ISBN 9782802500261.
  • "Le jardin de la Reine", "Le temps", "Élégie au Che" (poésie littéraire et visuelle). Traduction de Montserrat Prudon. Paris, La Nouvelle Revue Française nº 590 (juin 2009) ISBN 9782070126064.
  • Poèmes civils (poésie littéraire). Traduction de Thierry Defize. Villeurbanne : Urdla (La Source d'Urd ; 6), 2010 ISBN 9782914839358.
  • Strip-Tease et Théâtre irrégulier suivi de Actions musicales (poésie scénique). Traduction de Marc Audi. Paris : Les Éditions de l'Amandier (Théâtre), 2010 ISBN 9782355161193.
  • "Petite ode le jeudi" et "Magique cinéma" (poésie littéraire). Traduction de Jean-Claude Morera. Dans Huit siècles de poésie catalane. Paris : L'Harmattan (Accent Tonique), 2010 ISBN 9782296116917.
  • Sommaire Astral et autres poèmes (poésie littéraire). Traduction et préface de Marc Audi. Marseille : cipM (Spectres Familiers), 2011 ISBN 9782909097909.

Livres de poésie visuelle[modifier | modifier le code]

Joan Brossa : Poème urbain Grand A couché avec poisson (2003), hôtel de ville de Mollet del Vallès.
  • Poemes visuals (anthologie). Barcelone : Edicions 62 (Els llibres de l’escorpí, Poesia ; 29), 1975, ISBN 8429711112.
  • Poemes objecte (anthologie). Barcelone : Servicios Editoriales, 1978, ISBN 8485546008.
  • Los quasigrafismos de Brossa (anthologie). Barcelone : Mario Eskenazi, 1990
  • Arlequins. Barcelone : Sala Tandem DDB Needham, 1996
  • Joan Brossa. Poesia visual. Valence : IVAM, 1997, ISBN 8448215915.
  • Joan Brossa. Cartells 1975-1999. Sabadell ; Palma de Majorque : Caixa de Sabadell ; Sa Nostra, 1999, ISBN 8495166097. (rééd. Barcelone : Fundació Joan Brossa, 2001, ISBN 8493195154)
  • Poemes visuals (anthologie). Barcelone : Ed. 62 ; Empúries (Poesia ; 49), 2001, ISBN 842974794X.
  • Poesia tipogràfica (anthologie thématique). Barcelone : Fundació Joan Brossa ; Ajuntament, 2004, ISBN 8476094159.
  • Les etceteras. Marseille : cipM, 2011, ISBN 9782909097916.
  • Fora de l'umbracle (mixte poésie littéraire et visuelle). Tarragone : Arola-URV, 2012, ISBN 9788494072642.
  • Joan Brossa. Poemes visuals (reproduction de l'œuvre graphique sériée complète). Barcelone : Enciclopèdia Catalana, 2014, ISBN 9788441222847.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Joan Brossa : Poème urbain Hommage au livre (1994) à Barcelone, carrefour Passeig de Gràcia / Gran Via.
  • Arias-Misson, Alain ; Dachy, Marc. "De Joan Brossa au poème public". Paris, Luna-Park num. 5 (nouvelle série), été 2009, p. 83-88, ISBN 9782802500261
  • Audi, Marc. La poésie visuelle de Joan Brossa (1919-1998) : description et analyse intégrales. Thèse de doctorat en Études romanes, soutenue à l'Université Paris IV-Sorbonne (2011). Inédite ; en ressource électronique.
  • Bordons, Glòria. Introducció a la poesia de Joan Brossa. Barcelone : Edicions 62, 1988, ISBN 8429727299
  • Bordons, Glòria (éd.). Aprendre amb Joan Brossa. Barcelone : Edicions UB; Fundació Joan Brossa, 2003, ISBN 8483383802
  • Bordons, Glòria (éd.). Bverso Brossa. Madrid : Instituto Cervantes, 2008, ISBN 9788488252418
  • Bordons, Glòria; Audi, Marc. Joan Brossa entre la paraula, el gest i la imatge. Barcelone : Enciclopèdia Catalana, 2014, ISBN 9788441222861.
  • Borràs, Maria Lluïsa (éd). Joan Brossa. Nîmes : Musée d'art moderne de Céret ; Musée de Collioure ; Fonds Peské, 1990, ISBN 2901298052
  • Casanova, Maria (coord.). Joan Brossa. Poesia visual. Valence : IVAM Institut Valencià d'Art Modern, 1997, ISBN 8448215915
  • Coca, Jordi. Joan Brossa, oblidar i caminar. Barcelone : La Magrana, 1992, ISBN 8474106176
  • Donguy, Jacques. Poésies expérimentales, zone numérique, 1953-2007. Dijon : les Presses du réel, 2007, p. 212-215 et 339, ISBN 9782840662020
  • Guerrero, Manuel (éd). Joan Brossa or the Poetic Revolt. Barcelone : Fundació Joan Miró, 2001, ISBN 8439353448
  • London, John. Contextos de Joan Brossa. L’acció, la imatge i la paraula. Barcelone : Edicions UB, 2010, ISBN 9788447534289
  • Marrugat, Jordi. « El saltamartí » de Joan Brossa. Les mil cares del poeta. Tarragone : Arola, 2009, ISBN 9788492408542
  • Permanyer, Lluís. Brossa x Brossa. Records. Barcelone : La Campana, 1999, ISBN 8488791712
  • Planas, Eduard. La poesia escènica de Joan Brossa. Barcelone : AIET, 2002, ISBN 8460752941
  • Vallès, Isidre. Joan Brossa: les sabates són més que un pedestal. Barcelone : Alta Fulla, 1996, ISBN 8479000686

Liens externes[modifier | modifier le code]