Charles Fouqueray

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Charles Dominique Fouqueray, né le au Mans, et mort le à Paris, est un peintre, illustrateur, lithographe et affichiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un boulanger du Mans originaire de Fouras (Charente-Maritime), Charles Fouqueray est admis en 1887 à l'École des beaux-arts de Paris, où il est l'élève d'Alexandre Cabanel et de Fernand Cormon. Fouqueray souhaite être admis à l'École navale, mais n'y parvient pas à cause de son faible niveau en mathématiques[1].En 1889, il expose au Salon des artistes français. Après son mariage avec Alice Jansé en 1893, il partage son temps et son activité de peintre entre Paris et Fouras, où il possède une maison.

Épris de vie maritime, sa peinture s'en inspire fortement. Sa volonté d'obtenir le titre de peintre de la Marine est très rapidement affirmée. Il fait sa première demande 1895 auprès du ministre de la Marine et des Colonies sans succès, et réitère sa demande en 1902.

Il expose au Salon (médaille de troisième classe et bourse de voyage pour la Belgique et les Pays-Bas). Vendant peu de toiles, il accepte des commandes pour des décorations d'édifices officiels en Charente. Il collabore à partir de 1890 à la revue Le Monde illustré, puis plus tard à L'Illustration, The Sphere, The Graphic, The Illustrated London news. Il devient peu à peu illustrateur pour des ouvrages, dont l'Album historique de l'Armée et de la Marine, ainsi que de nombreux romans et œuvres littéraires. Son œuvre s'inspire de faits historiques du passé (la Bataille de Trafalgar, par exemple). Il figure à l'Exposition universelle de 1900[2].

Attiré par les voyages et les colonies qui lui inspirèrent ses ouvrages les plus réputés, il obtient le prix Rosa Bonheur en 1909, la médaille d'or pour la gravure en 1920 et le prix Indochine en 1914. Mais la guerre le retient en Europe et il ne peut partir qu'en 1921. On le retrouve ainsi en Grèce, en Égypte lors de l'attaque du canal de Suez, ou à bord de chalutiers patrouilleurs pourchassant les sous-marins allemands. Illustrateur talentueux de nombreux livres, il est présent dans de nombreux musées en France et dans le monde. Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1908.

Charles Fouqueray effectue deux grands périples au Moyen-Orient (1947-1918) puis en Grèce, Turquie, Syrie et Palestine en 1919[3]. Il rapporte de ces voyages des milliers de dessins aquarellés qui inspireront ses tableaux postérieurs. Entre 1917 et 1924, il effectue de nombreux voyages dans la péninsule arabique. Il laisse de son passage dans cette région un œuvre abondant et varié.

En 1947, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts, au fauteuil no 1 de la section peinture. Il participe à la décoration de nombreux bâtiments de la Marine nationale, dont le Duquesne. Le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Président de la Société coloniale des artistes français, il est également à l'origine de la Société des beaux-arts de la mer. Il participe à de nombreuses expositions collectives, et est membre du jury à l'Exposition coloniale de 1931 à Paris.

À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, le peintre, alors âgé de 70 ans , accepte encore des missions d'embarquement pour la Marine nationale ou la direction des camouflages entre 1939 et 1940. Il se réfugie pendant l'occupation chez le peintre de marine Raoul du Gardier.

Carrière[modifier | modifier le code]

Si au début de sa carrière, son œuvre était plus proche de la peinture d'histoire et de genre, c'est son style orientaliste qui lui apport a notoriété. Les commandes affluent pour des affiches, des lithographies, des illustrations d'ouvrages : Chez les anthophages d'Emilio Salgari (1904) ; Un sauvage de Léon Daudet (1907) ; Les Croix de bois de Roland Dorgelès (1925) ; Au Cœur des ténèbres de Joseph Conrad (1928) ; Kim de Rudyard Kipling (1931) ; Les mutinés de l'Elseneur de Jack London, Œuvres diverses de Charles Baudelaire (1934) ; Le Roman d'un spahi de Pierre Loti ; Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne.

Il a décoré l'hôtel de ville de Niort et créé des panneaux décoratifs pour l'Exposition nationale coloniale de 1922 à Marseille, ainsi que plusieurs timbres-poste. En 1929, il reçoit également une commande pour l'hôtel de l'empereur d'Annam à Paris, avenue de Lamballe, et est chargé d'exécuter la fresque de la salle du conseil municipal de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il décore d'autres hôtels de ville, tels que celui de Fouras, du Bourget, de Vincennes, de Montreuil, et d'autres édifices comme le palais des congrès de Buenos-Aires (1932), la cathédral de Gaspé au Canada (1933) et le palais de Fontainebleau (1943)[4].

La Marine nationale témoigne de l'intérêt du peintre pour l'Arabie saoudite en lui commandant trois toiles magistrales. La première, Les Quais d'El Waldi, est exposée au Salon de 1943. Elle est conservée le Cercle naval de Toulon. La seconde, intitulée Le Débarquement des pèlerins à Dejddah, n'est pas localisée. Quand à la dernière, Pèlerin à Djeddah, elle est exposée au Salon de 1946[5].

Après guerre, il continue l'illustration d'ouvrages (Claude Farrère, Jules Verne), et publie des recueils d'aquarelles, dont Jonques et sampans.

Charles Fouqueray meurt le à Paris alors qu'il travaille à la décoration de l'hôtel de ville du Bourget.

Citation[modifier | modifier le code]

« La première chose que l'on remarque lorsque l'on étudie les travaux de Charles Fouqueray, c'est la place qu'il donne à ses personnages »

— Nadine André-Pallois, Les Peintres français et indochinois, 1997, p. 108.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Front de mer, L'Édition de Luxe, Paris, 1918
  • Notice sur la vie et les travaux de M. Pierre Montezin (1874-1946), 20 octobre 1948, Institut de France, 1948
  • Baudrillart, La Grande et belle histoire de la Première Croisade, lithographies couleurs de Fouqueray, Calman-Lévy, 1935

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Paris, Gründ, 1976
  • « Charles Fouqueray 1869-1956 », in La revue maritime, no 1215, 1956
  • Yves Brayer, Notice sur la vie et les travaux de Charles Fouqueray, lue à l'occasion de son installation comme membre de la section peinture, séance du 12 juin 1957, Paris, Institut de France, 1957
  • Lynne Thornton, Les africanistes, peintres voyageurs 1890-1960, Paris, ACR
  • Jean-François Vaury, « Charles Fouqueray, sa vie, son œuvre », in L'art et la mer, 1990
  • Pierre Cabanne, Gérald Schurr, Dictionnaire des petits maîtres de la peinture 1820-1920, Paris, les Éditions de l'Amateur, 2003, p. 440
  • Xavier Beguin-Billecoq, Oman vu par les artistes français, Paris, Relations internationales et Culture, 1995
  • Archives du Service historique de la Défense, Vincennes (série CC7, 4° moderne)

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Béguin Billecocq, Charles Fouqueray, un peintre français français en Arabie saoudite, Paris, Collections relations internationales et culture, 1998, p. 24.
  2. Emmanuel Bénézit, « Charles Fouqueray », in Dictionnaire critique et documentaire des peintres sculpteurs dessinateurs et graveurs, Paris, Gründ, 1999, tome 5, p|607.
  3. Xavier Béguin Billecocq, op. cit., p. 36.
  4. Xavier Béguin Billecocq, op. cit., p. 39.
  5. Xavier Béguin Billecocq, op. cit., p. 20-21.

Liens excternes[modifier | modifier le code]