Henri Gervex

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Henri Gervex

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Portrait d'Henri Gervex, Revue illustrée, 1902.

Naissance vendredi 10 septembre 1852
Montmartre
Décès vendredi 6 juin 1929 (à 76 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités peintre
Formation École nationale supérieure des beaux-arts
Maîtres Pierre-Nicolas Brisset
Alexandre Cabanel
Eugène Fromentin
Élèves Henry Gerbault
Georges Dubosc

Œuvres réputées

Avant l'opération
Rolla
Le Couronnement du Tsar

Henri Gervex, né le 10 septembre 1852 dans l’ancienne commune de Montmartre[1] et mort le 6 juin 1929 à Paris, est un peintre et pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Mlle Valtesse de La Bigne (1879), musée d'Orsay

Henri Gervex est le fils de Joséphine Peltier et Félix Nicolas Gervex, facteur de pianos. Un ami de la famille le fait admettre dans l’atelier du peintre Pierre-Nicolas Brisset en 1867, il a alors 15 ans. Trois ans plus tard, il s’engage au 152e Bataillon de la Garde nationale. En 1871, il est reçu à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d'Alexandre Cabanel où il suit son enseignement pendant cinq ans. Il est le condisciple de Jean-Louis Forain et Fernand Cormon. Il fait aussi son apprentissage auprès du peintre orientaliste Eugène Fromentin.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Rolla (1878), Musée d'Orsay, Paris.

Gervex débute au Salon de 1873 en exposant une Baigneuse endormie. L’année suivante, il reçoit une médaille de seconde classe, avec son Satyre jouant avec une ménade dont le nu est influencé par le style de Cabanel, et est acheté par l’État pour le musée du Luxembourg.

En 1876, il fait la connaissance d'Édouard Manet et fréquente les peintres impressionnistes. Sa peinture en subit l’influence et il éclaircit sa palette. C’est en 1878 qu’il fait scandale en exposant Rolla, considéré comme son chef-d’œuvre[2]. Cette toile, inspirée d’un poème d’Alfred de Musset, est refusée par le jury du Salon pour les mêmes motifs que l’Olympia de Manet : représentant un nu prosaïque dans un décor contemporain, l’œuvre est qualifiée d’immorale. Elle est exposée dans une galerie, chez le marchand de tableaux Bague, au 41 rue de la Chaussée-d'Antin où la foule se presse. Il aura la satisfaction, un peu de temps avant sa disparition en 1929 de la voir entrer au musée du Luxembourg. Il fait aussi le portrait de Mlle Valtesse de La Bigne, une demi-mondaine qui pose comme modèle et qui inspire Émile Zola pour la création de l’héroïne de son roman Nana. Gervex lui-même est l'un des modèles pour le personnage de Fagerolles, un peintre opportuniste et mondain, dans le roman L’Œuvre de Zola publié en 1886[3]

Dans les années 1880, il voyage en Espagne. Il fait partie du « Cercle des mirlitons » présidé par Ernest Meissonier, et expose au Cercle artistique de la Seine, qui vient d’être créé. C'est à partir de cette année-là qu'il fait de nombreux séjour à Dieppe chez les parents de Jacques-Émile Blanche. En 1882, il effectue son premier voyage en Angleterre avec Auguste Rodin. Il travaille à la décoration de la mairie du 19e arrondissement de Paris. L’année suivante, il effectue son deuxième voyage en Angleterre avec Rodin et est nommé chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique à l’occasion de l’Exposition triennale des beaux-arts de Gand. En 1884, il effectue son troisième voyage en Angleterre et s’installe dans un nouvel atelier rue de la Chaussée-d'Antin. Il voyage en Italie avec Guy de Maupassant et G. Legrand. Il fonde une académie de peinture avec le peintre Alfred Hubert.

Un artiste reconnu[modifier | modifier le code]

Tombe d'Henri Gervex au cimetière du Père-Lachaise.

En 1889, il est promu officier de la Légion d'honneur. En 1890, il est nommé chevalier de l’ordre de Saint-Olaf par le roi de Norvège et de Suède. En 1891, il participe à l’exposition internationale des beaux-arts de Munich. En 1892, il est nommé officier de l’ordre de Saint-Michel par le gouvernement de Bavière. Le 9 février 1893, il épouse Henriette Fauche dont la famille est propriétaire du château de Villeray dans la région du Perche. Il est nommé chevalier de l’ordre espagnol de Carlos III. Le 18 décembre 1894 naît sa fille Colette Gervex, qui deviendra la comtesse d'Argenté. En 1895, il est nommé vice-président de la commission d’examen de la Société nationale des beaux-arts. Il décore la salle de physique de la Sorbonne.

En 1896, lors de son premier voyage en Russie, il est nommé commandeur de l’ordre de Sainte-Anne de Russie. En 1897, il fait une croisière en Italie puis en Turquie. En 1898, il fait un deuxième voyage en Russie. Il envoie Le Couronnement de Nicolas II à l’Exposition universelle de 1900. La même année, il participe à la décoration de la Salle Dorée du restaurant le Train Bleu de la gare de Lyon à Paris avec La Bataille de fleurs à Nice. Il fait de fréquents séjours à Deauville et Trouville où il réside à la villa Les Frémonts sur la falaise et qui appartient à Mme Finaly, où Marcel Proust lui rend visite à plusieurs reprises. En 1901, il part avec sa famille pour un troisième voyage en Russie. En 1902, il fait une croisière en Italie. En 1911, il est promu commandeur de la Légion d'honneur et reçoit la commande de la décoration du plafond de l'escalier d'honneur de la Cour des comptes à Paris. Il entre à l’Institut de France en 1913 et est élu président de la Société des pastellistes. En 1918, il reçoit la croix de guerre pour service rendus à la patrie. En 1925, il est élu membre associé de la section peinture de l’Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Bruxelles. Il possède un hôtel particulier en bordure du parc Monceau, dont les rideaux jaunes de la chambre de sa fille sont souvent reproduits dans ses tableaux.

En 1928, il est atteint d’une maladie à l’œil. Il meurt à Paris le 6 juin 1929 et est inhumé dans la 55e division du cimetière du Père-Lachaise[4],[5].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Œuvres sur papier[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Satyre jouant avec une bacchante (1874), Musée d'Orsay, Paris.
Scène de café à Paris (1877), Detroit Institute of Arts.
  • Musée Carnavalet, Paris
    • Retour du Bal, 1879
    • Le Président Sadi Carnot entouré de personnalités de la IIIe République, devant l'Opéra, 1889, en collaboration avec Alfred Stevens
    • Portrait de Madame Blerzy, 1884
    • Une soirée au Pré Catelan[6], 1909
  • Mairie du 19e arrondissement de Paris
    • Naissance, vers 1881
    • Le bureau de bienfaisance, 1883
    • Le Bassin de la Villette, 1884, salle des mariages
    • Mathurin Moreau, maire du XIXe arrondissement de Paris, célébrant le mariage civil de son fils, 1884, salle des mariages
  • Musée d'Orsay, Paris
    • Satyre jouant avec une bacchante, 1874
    • Rolla, 1878
    • Une séance du jury de peinture au Salon des artistes français, 1885
    • Le Docteur Péan enseignant à l'Hôpital Saint-Louis sa découverte du pincement des vaisseaux ou Avant l'opération, 1887
    • Portrait de Mademoiselle Valtesse de La Bigne, 1887
    • La Direction du journal de La République française, 1890
    • Le Couronnement de Nicolas II et de l'impératrice Alexandra Féodorowna en l'église de l'Assomption de Moscou, 1896
  • Sorbonne, Paris
    • Décoration de la salle de physique
  • Musée de l'Armée, Paris
    • Officiers supérieurs et généraux de la Guerre de 1870-1871 et membres du gouvernement de la Défense, 1889, fragment du panorama de l'Histoire du siècle
  • Mairie de Neuilly-sur-Seine
    • Parmentier accueillant Louis XVI dans la plaine des Sablons, 1904, décor pour le grand escalier
  • Cour des Comptes, Paris
    • Allégorie de la France, 1911, plafond de l'escalier d'honneur

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1873, Le Salon, Une Baigneuse endormie
  • 1874, Salon des artistes français, Satyre jouant avec une ménade, médaille de de 2e classe
  • 1875, Diane et Endymion
  • 1876, Autopsie à l'Hôtel-Dieu
  • 1877, La Communion à l'église de la Trinité
  • 1880, Salon de la Société nationale des beaux-arts, Souvenir de la nuit du 4
  • 1885, Salon des artistes français, Une séance du jury de peinture
  • 1887, Avant l'opération
  • 1890, La Direction du Journal de la République française
  • 1894, Salon de la Société nationale des beaux-arts, Le Bain
  • 1897, Salon de la Société nationale des beaux-Arts, Distribution des récompenses au Palais de l'Industrie en 1889
  • 1906, Salon de la Société nationale des beaux-arts, 5 heures chez Paquin
  • 1907, Salon de la Société nationale des beaux-Arts, La Naissance de Vénus
  • 1911, Salon de la Société nationale des beaux-Arts, Portrait de Mme H…
  • 1913, Salon de la Société nationale des beaux-Arts, La Source
  • 1918, Salon de la Société nationale des beaux-Arts, La Lecture aux soldats aveugles
  • 1921, Salon de la Société nationale des beaux-Arts, Portrait de Mme J… (Jenny Sacerdote)

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1880, exposition au Cercle de l'Union des artistes de la Seine
  • 1881, Nana, galerie Georges Petit
  • 1881, Nana, Cercle de l'union des artistes
  • 1889, Exposition universelle de Paris : Panorama du siècle en collaboration avec Alfred Stevens, Rolla, Portait de Mme Blerzy et Portrait de Mlle Valtesse de La Bigne
  • 1891, Exposition internationale des beaux-arts de Munich
  • 1900, Exposition universelle de Paris, Le Couronnement de Nicolas II et Distribution des récompenses
  • 1988, exposition à l'Ancienne Douane de Strasbourg : Le portrait dans les musées de Strasbourg, à quoi ressemblons nous ?
  • 1992, Bordeaux, Galerie des beaux-arts
  • 1993, musée Carnavalet
  • 1993, musée des beaux-arts de Nice
  • 2001, exposition Portrait dans les collections des musées Rhône-Alpes à Bourg-en-Bresse, Chambéry et Valence
  • 2003, exposition Un siècle de bains de mer à Honfleur au musée Eugène-Boudin

Honneurs[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Christophe Pralong-Gourvennec, Henri Gervex catalogue de l’exposition de Bordeaux, galerie des Beaux Arts, 11 mai-30 août 1992, Paris, musée Carnavalet, 11er février-2 mai 1993, Nice musée des Beaux arts 27 mai-29 août 1993, éditions Paris-Musées 1992 (ISBN 2879000769)
  • Jean-Christophe Pralong-Gourvennec, Henri Gervex , Catalogue Raisonné
  • Cécile Ritzenthaler, L’École des Beaux arts du XIXe siècle siècle, les pompiers, éditions Mayer, 1987 (ISBN 2852990024)
  • Collectif, Le Train Bleu, Ed. Presse Lois Unis Service, Paris, 1990, 114p. (ISBN 2908557010)
  • L'Illustration, no 2911 du 10/12/1898, décoration du Foyer de l'Opéra-Comique par M Gervex
  • L'Actualité, no 63 du 7/4/1901, décoration du foyer de l'Opéra-Comique.
  • Benoît Noël, Jean Hournon, Parisiana, la capitale des peintres au XIXe, Dislab 2006- 160p. (ISBN 2952721408)
  • N. Dufouscq, La Musique, tome II, éditions Larousse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au no 18 de la rue Antoinette. Depuis le 8 juin 1968, cette rue porte le nom de Yvonne Le Tac (1882-1957), ancienne institutrice et directrice de l'École des filles de la rue Antoinette, résistante et déportée en 1942.
  2. Jacques Baschet, L'Illustration du 15 juin 1929 : « Non seulement elle fut son chef-d'œuvre, mais elle fit scandale, ce qui lui valut un éclatant début de carrière »
  3. Henri Mitterrand, notice pour l'édition de L'Œuvre d'Émile Zola dans la collection Folio classique, Gallimard, 1983, p. 435.
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 367
  5. Henri Gervex (1852-1929), sur le site appl-lachaise.net, consulté le 22 août 2014
  6. Au centre, de dos : Anna Gould devant elle son second époux : le duc Hélie de Talleyrand-Périgord, ainsi que Mme Gervex. au fond remontant en auto : le comte de Greffulhe et son épouse. Dans le restaurant, l'homme moustachu du premier plan assis à table à droite : le marquis Jules-Albert de Dion. Dans la baie centrale : Liane de Pougy, ainsi qu'à gauche : Alberto Santos-Dumont.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]