Jean Lurçat

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Jean Lurçat

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La Création du Monde, installée à la Maison de la Radio de Strasbourg en 1961

Naissance 1er juillet 1892
Bruyères, Vosges
Décès (à 73 ans)
Saint-Paul-de-Vence
Activités Peintre, céramiste
Formation École de Nancy
Maîtres Jean Prouvé
Élèves Josep Grau-Garriga

Jean Lurçat est un peintre, céramiste et créateur de tapisserie français, né à Bruyères (Vosges) le et mort à Saint-Paul-de-Vence le .

Il doit principalement sa notoriété à ses travaux de tapisserie dont il rénova en profondeur le langage.

Il est le frère aîné d'André Lurçat[1], qui sera architecte.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est un peintre qui  s'est illustré dans des domaines très variés :
fresque, vitrail, céramique ou encore comme décorateur de théâtre et peintre cartonnier de tapisserie (peignant sur des cartons de tapisserie destinant à être tissés. 

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean Marie Auguste est le fils de Lucien Jean Baptiste Lurçat, receveur des postes[2], et de Marie Émilie Marguerite Charlotte L'Hôte, issue d'une famille de Dompaire[3].

Après des études secondaires à Épinal, il s'inscrit à la faculté des sciences de Nancy et envisage des études de médecine. Il se rend en Suisse et en Allemagne (Munich) et quittant la voie des études, il entre à l'atelier de Victor Prouvé, le chef de l'école de Nancy.

En 1912, Jean Lurçat s'installe à Paris avec son frère André. Il s'inscrit à l'académie Colarossi puis à l'atelier du graveur Bernard Naudin. Il découvre alors les peintres Matisse, Cézanne, Renoir…, devient proche de Rainer Maria Rilke, Bourdelle, Elie Faure…, et fonde avec trois amis les Feuilles de mai, une revue d'art à laquelle participent ces célébrités. Il devient ensuite apprenti auprès du peintre fresquiste Jean-Paul Lafitte avec lequel il mène, en 1914, un premier chantier à la faculté des sciences de Marseille.

Son premier voyage en Italie est interrompu en août par la déclaration de guerre. Revenu en France il s'engage dans l'infanterie(46ème), mais malade, il est évacué le 15 novembre. Hospitalisé à La Mure (Isère), le 2e classe Lurçat est soigné pour une thyphoïde entre le 24 janvier 1915 et le 28 février 1915. Pendant sa convalescence à Sens, en 1915, il pratique la peinture et s'essaie à la lithographie. Renvoyé au front en juillet 1916, il est blessé et évacué. Il ne retournera plus au front. Dès septembre, il expose des œuvres à Zurich.

La découverte de la tapisserie[modifier | modifier le code]

En 1917, Jean Lurçat fait exécuter par sa mère, ses premiers canevas : Filles vertes et Soirées dans Grenade. Dès la fin de la guerre, en 1918, il revient en Italie où il passe, en 1919, dans le Tessin, des vacances en compagnie de Rilke, Busoni, Hermann Hesse et Jeanne Bucher. Sa deuxième exposition se tient à Zurich cette année-là.

En 1920, il voyage beaucoup : Berlin, Munich, Rome, Naples… puis s'installe à Paris avec Marthe Hennebert (qui avait été à partir de 1911, la muse de Rainer Maria Rilke). C'est elle qui tisse au petit point deux tapisseries : Pêcheur et Piscine. Il expose cette année-là au Salon des indépendants deux tapisseries et quatre toiles. Il fait la connaissance du marchand d'art Étienne Bignou.

En 1921, Jean Lurçat, rencontre Louis Marcoussis, il découvre Picasso et Max Jacob, crée décor et costumes, pour le spectacle de la compagnie Pitoëff : Celui qui reçoit des gifles, et passe l'automne au bord de la Baltique. L'année suivante, il crée sa cinquième tapisserie au canevas, Le Cirque, pour Mme Cuttoli. Sa première exposition personnelle se tient à Paris, en avril et septembre (huiles, gouaches, aquarelles, dessins). Il réalise un grand décor mural — aujourd'hui disparu — au château de Villeflix, propriété de Berheim. Puis il voyage à Berlin où il retrouve Busoni. Pendant deux année Lurçat reprend la route des voyages.

En 1923, il va en Espagne (Barcelone, Cadix, Séville et Tolède) ; en 1924, il découvre l'Afrique du Nord, le Sahara, la Grèce et l'Asie Mineure. À son retour il signe un contrat sans exclusivité avec son ami marchand Étienne Bignou. Son frère André Lurçat construit sa nouvelle maison, Villa Seurat, à Paris. Il consacre une partie de l'année 1924 à la création d'un sixième canevas Les Arabes (12 m2). Le 15 décembre, il épouse Marthe Hennebert et voyage en 1925 en Écosse, puis en Espagne et Afrique du Nord.

À son retour, il s'installe à la Villa Seurat. Il participe à plusieurs expositions avec Raoul Dufy, Marcoussis, Laglenne… Il expose chez Jeanne Bucher ; participe au décor (tapis et peintures) de Vertige, film de Marcel l'Herbier ; écrit, illustre, édite Toupies et Baroques. En 1926, il est exposé personnellement à Paris, Bruxelles ; et participe à des expositions collectives à Vienne, Paris, Anvers. Sa renommée commence à l'atteindre : de nombreux articles lui sont consacrés. Ses œuvres représentent des portraits et des paysages orientaux.

Les années de gloire[modifier | modifier le code]

En compagnie de Marthe, il part en 1927 pour l'Orient, passe l'été en Grèce et en Turquie. Il décore le salon de la famille David David-Weill (28 m2) : il s'agit de quatre tapisseries au petit point et réalise L'Orage pour Georges Salles (Musée national d'art moderne). Il revient en Grèce et en ltalie (Rome) en 1928. Avant de s'embarquer en octobre pour les États-Unis, à l'occasion de sa première exposition à New York. L'année suivante, 1929, il séjourne au Maroc.

En 1930, il expose à Paris, Londres, New-York, Chicago, illustre de neuf pointes sèches Les Limbes de Charles-Albert Cingria, œuvre éditée par Jeanne Bucher. Puis il va séjourner aux États-Unis. Il divorce de Marthe Hennebert à qui il demande, néanmoins de tisser L'Été (20 m2). L'année suivante, en mai 1931, il fréquente Rossane Timotheef et s'installe à Vevey (Suisse). S'il écrit de nombreux articles sur sa peinture, il réduit sa production picturale. La Neige (18 m2), est tissée au petit point par Marthe Hennebert.

En 1932, Jeanne Bucher édite huit dessins à la plume P.P.C. (pour prendre congé). En décembre, il participe avec Matisse, Picasso, Braque, Derain et Raoul Dufy à l'exposition Sélections : manifestation organisée à New-York par la Valentine Gallery. Ayant souscrit un engagement politique ancré dans la gauche communiste, il mêlera dès lors beaucoup sa production artistique à ses opinions politiques. En 1933, il séjourne à New-York. Il crée le décor et les costumes pour le Jardin Public, ballet de George Balanchine, musique de Dukelsky ; compose Orage, carton réalisé à la demande de Marie Cuttoli. 1933 est aussi et surtout l'année qui voit sa première tapisserie tissée à Aubusson suivant la technique nouvelle et révolutionnaire qu'il a mise au point.

Expositions en URSS[modifier | modifier le code]

En 1934, il revient à New-York où il participe à une nouvelle création de décor et costumes pour une chorégraphie de Balanchine.Il expose à Chicago et Philadelphie (huiles - gouaches). Puis il revient à Paris et Vevey pour l'été. À la fin de l'été il part pour Moscou où il expose au musée Occidental (l'actuel musée Pouchkine) puis au musée de Kiev, (gouaches, huiles). En 1935, il peint en Espagne les Dynamiteros en liaison avec la révolution et la guerre d'Espagne.

À Paris, il participe aux activités de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Puis il suit, avec Malraux et Aragon, les journées d'amitié pour l'Union des républiques socialistes soviétiques. En 1936, il expose à Londres et sort sa première tapisserie exécutée à la manufacture des Gobelins Les Illusions d'Icare (3,30 × 3,50 m, collection Royale de Hollande). L'année 1937 sera celle de sa rencontre avec François Tabard et de la naissance de grandes tapisseries Le Bosquet (2,00 × 2.50 m) et Les Oiseaux tissées à l'atelier-école d'Aubusson; Forêts, deuxième tapisserie tissée aux Gobelins (2,60 × 4,00 m).

Vision d'Apocalypse[modifier | modifier le code]

En juillet 1937, à Angers, la vision de la L'Apocalypse (XIVe siècle) provoque chez lui un choc esthétique et artistique annonciateur de l'œuvre à venir. En 1938, Moisson (2,75 × 5,50 m) est tissée chez Tabard. La manufacture de Beauvais tisse les tapisseries pour quatre fauteuils, un divan et un paravent destinés à accompagner la tenture d'Icare. En 1939, il expose à New-York et Paris (Petit Palais). En septembre, il s'installe à Aubusson avec Gromaire et Dubreuil pour essayer de redonner vie à la tapisserie qui, à l'époque, subit une grave crise. Il met au point un nouveau langage technique : carton numéroté, palette réduite, tissage robuste à large point. Et désormais, il abandonne le travail à l'huile au profit de la gouache. Le Musée national d'Art moderne acquiert : Jardin des Coqs et L'Homme aux Coqs, dont le carton sera détruit par les S.S. en 1944 à Lanzac. En 1940, il collabore avec André Derain et Raoul Dufy. Les ateliers d'Aubusson tissent une vingtaine de ses œuvres.

En 1941, il participe avec Boris Taslitsky à la création d'un carton de Dufy : Le Bel Été et s'installe dans le Lot avec Rossane Timotheef. Aux États-Unis, Victor, son fils adoptif, s'engage dans les réseaux clandestins opérant en France. Lurçat séjourne à l'abbaye bénédictine d'En Calcat et initie Dom Robert à la tapisserie. En 1942, il s'installe à Lanzac, dans le Lot. Les tapisseries Libertés sur le poème de Paul Éluard (conservée au Musée d'art moderne de la ville de Paris) et Es La Verdad sur un poème de Guillaume Apollinaire (collection particulière), sont tissées à Aubusson. En 1943, une exposition de tapisseries contemporaines se tient au musée des Augustins à Toulouse (Lurçat, Gromaire, Dufy, Saint Saëns, Dom Robert). En 1944, ses tapisseries sont exposées à Paris et ses peintures à New-York.

La résistance[modifier | modifier le code]

En juin 1944, il s'associe aux combats de la résistance communiste avec Tristan Tzara, André Chamson, René Huyghe, Jean Cassou, Jean Agamemnon… Il est nommé au Comité de Libération : dirige l'hebdomadaire Liberté et la revue Les Étoiles du Quercy.

Il rencontre Simone Selves qui deviendra son épouse le . Victor Soskice, son fils adoptif, pris au cours d'une mission de sabotage en France, est déporté en Allemagne et exécuté en 1945. Jean Lurçat et Rossane Timotheef n'apprendront sa disparition qu'un an plus tard.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

En 1945, Lurçat achète le Château des Tours-Saint-Laurent, vestige d'une forteresse du XIe siècle qui domine de ses remparts la ville de Saint-Céré dans le Lot. En 1946, il participe à l'exposition La Tapisserie du Moyen Âge à nos jours (Paris, Amsterdam, Bruxelles, Londres). En 1947, il compose L'Apocalypse (4,53 × 12,40 m) pour l'église du plateau d'Assy (Haute-Savoie) et la tapisserie Le Vin (4,04 × 10,50 m) pour le musée du Vin de Bourgogne à Beaune. Il publie également trois ouvrages sur la tapisserie. En 1948, il se rend pour des conférences et des expositions, en Angleterre, en Belgique et en Tchécoslovaquie. Il publie à Lausanne Géographie animale, recueil de dix-huit poèmes illustrés par dix-huit lithographies, dédié à son fils adoptif, Victor. En 1949-1950, il mène à bien un travail d'illustration par lithographies en couleurs pour La Création du Monde, texte d'André de Richaud, Le Monde Merveilleux des Insectes de Jean-Henri Fabre et Vingt Fables de La Fontaine. Il voyage aussi en Suisse et en Pologne. En 1951, son ami Étienne Bignou disparaît. Il voyage pour un cycle de conférences à Varsovie, Cracovie, Copenhague, Stockholm, Bâle. Il exécute une série de gouaches publiées sous le titre : Le Bestiaire fabuleux.

Il compose la tapisserie La Grande Peur (20 m2). En 1952-1953, une grande exposition de ses œuvres se tient à la Maison de la Pensée Française (tapisseries, peintures, gouaches, dessins, céramiques, livres illustrés…). Il exécute de nombreuses tapisseries, Les Loups dans la Bergerie, La Conquête de l'Air. En 1954, il subit un nouveau deuil avec la mort de Rossane Timotheef. Il compose Hommage aux Morts de la Résistance et de la Déportation (4 × 12 m) pour le Musée national d'art moderne de Paris, Le Chant Général sur un poème de Pablo Neruda et Le Grand Arbre, tapisserie (7 × 3 m), actuellement exposée dans le hall de l'hôtel La Résidence du Vieux Port[4] à Marseille.

Conférences et expositions le conduisent en Amérique du Sud. En 1955, il voyage en Sicile et peint des gouaches. Il se rend aussi en Chine, où il fait des conférences. Il compose la tapisserie L'Espoir. Une exposition se tient à Bienne, puis à Strasbourg. Il préface un livre sur la tapisserie d'Angers aux éditions Le Masque d'Or.

En 1956-1957, de nombreuses expositions et conférences le font voyager en Europe et aux États-Unis. En 1960, une série de bijoux dessinés par Jean Lurçat sont réalisés par le maître joaillier Gilbert Albert pour Patek Philippe et exposés à Genève[5].

L'œuvre céramique[modifier | modifier le code]

La Création du monde (1961), céramique à la Maison de la Radio de Strasbourg.

À partir de 1951, Lurçat séjourne régulièrement à Sant VicensPerpignan dans les Pyrénées-Orientales), un centre potier créé par Firmin Bauby. Il y travaille la céramique en décorant plats, assiettes, carreaux, pichets, vases. Il fait d'ailleurs là-bas la connaissance du peintre audois Jean Camberoque
Il crée de grandes céramiques pour l'École de Saint-Denis et la poterie de Sant Vicens.

En 1961, il réalise la céramique monumentale qui habille la façade de la maison de la radio de Strasbourg.

Simone Lurçat[modifier | modifier le code]

Le 11 août 1956, Jean Lurçat épouse Simone, Andrée, Marie-Louise Selves (1915-2009) qui fut sa compagne de la Résistance. Il commence la Joie de Vivre qui deviendra Le Chant du Monde, ensemble de tapisseries qui seront tissées à Aubusson chez Tabard, Goubely et Picaud. Il lance le tissage de l'ensemble La Grande Menace qui comprend : La Bombe Atomique (4 40 × 9 m) ; L'Homme d'Hiroshima (4,40 × 2,90 m) ; La Fin de Tout (4,40 × 2,25 m). Il édite et illustre un recueil de ses poèmes : "Domaine". En 1958, il compose la suite du Chant du Monde. Il fait tisser l'ensemble "La Tenture des Soleils qui comprend : L'Homme en Gloire dans la Paix (4,40 × 13,20 m) ; L'Eau et le Feu (4,40 × 5,90 m). Il voyage au Japon, en Inde et au Portugal et publie Mes Domaines, poèmes ornés de vignettes inédites. Il termine la céramique monumentale pour la Maison de la Radio à Strasbourg[6]; poursuit le Chant du Monde avec Le Grand Charnier (4,40 × 7,40 m) et Champagne (4,40 × 7,00 m). En 1960, de nombreuses expositions de tapisseries ont lieu à Cologne, Menton, Lisbonne, Brême… Il achève le huitième panneau du Chant du monde : La Conquête de l'Espace (4,40 × 10,35 m). En 1961, naît le dernier élément du Chant du Monde tissé de son vivant : La Poésie (4,40 × 10,40 m).

En 1962, malgré une santé devenue fragile, il continue à travailler intensément et à voyager pour des expositions et des conférences (en France, Suisse, Allemagne, URSS). Une rétrospective de l'œuvre peint de Jean Lurçat (1920-1962) se tient à Paris. Il compose Transmondia (3,15 × 6,35 m), Couleurs et Lumières (2 75 × 4 50 m), Le Vin et la Musique (5 93 × 12 02 m). En 1963, la première présentation du Chant du Monde a lieu à Annecy. Son état de santé s'aggrave.

De nombreuses expositions dont celle du Chant du Monde se tiennent au musée des arts décoratifs de Paris, puis à Arras et à Lyon. Il reçoit de nombreuses commandes officielles : Dunkerque, Les Deux Boussoles, Beau de Nuit, L'Afghan et les Insectes. Il voyage en ltalie, en Égypte. En 1965, il séjourne en Grèce et au Mexique. À son retour, il compose Ornomentos Sagrados (4,40 × 10,50 m), la dixième tenture du Chant du Monde qui sera terminée après sa mort. Il illustre Animalités de Jean Giono.

Jean Lurçat meurt subitement le 6 janvier 1966 à Saint-Paul-de-Vence. Il repose dans le Lot, non loin de Saint-Céré, près des Tours, dans le petit cimetière de Saint-Laurent. Sur sa tombe un soleil gravé dans la pierre avec une devise : « C'est l'aube ». Ces deux mots sont le début de la phrase, écrite par lui, qu'il avait fait graver sur son épée d'académicien :

« C'est l'aube d'un temps nouveau où l'homme ne sera plus un loup pour l'homme… »

Distinctions, hommages, postérité[modifier | modifier le code]

Distinctions et nominations[modifier | modifier le code]

Il est évoqué dans le 200e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • 1966 : édition d’un timbre commémorant sa mort[7].
  • En France, plus de 20 établissements portent le nom Jean Lurçat, parmi lesquels : l'école de Saint-Laurent-les-Tours, le collège-lycée de Saint-Céré, un établissement public dans le 13e arrondissement de Paris, ainsi qu'à Bruyères où est exposée une de ses statues devant l'entrée du lycée qui porte son nom. Plusieurs collèges portent son nom : à Achères (Yvelines, 78260), à Sarcelles (Val-d'Oise, 95200), à Ris-Orangis (Essonne, 91130) ainsi qu'un lycée à Martigues (Bouches-du-Rhône, 13500)

Héritage[modifier | modifier le code]

  • En 1966, grâce à Simone Lurçat (née Selves), veuve de l'artiste, le Chant du monde, œuvre que se disputaient plusieurs villes, est installé dans l'ancien hôpital médiéval Saint-Jean, à Angers, devenu l'année suivante Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine. Le Chant du monde composé de neuf tapisseries d'une surface totale de 500 m2 (79 m x 4,50 m) est la plus importante réalisation de l'artiste. Commencée en 1957, elle devait atteindre une longueur de 125 mètres, mais cette grande œuvre a été interrompue par la mort de l'artiste.
  • En août 1981, est inauguré le Centre culturel et artistique Jean-Lurçat, à Aubusson.
  • En 1986, Simone Lurçat fait don au Conseil général département du Lot du Château des Tours-Saint-Laurent, ancienne forteresse de Saint-Laurent-les-Tours, ruines achetés en 1945 et restaurés par le couple Lurçat pour servir d'habitation et d'atelier. La veuve de l'artiste a souhaité que les œuvres attachées à cette donation - cartons, tapisseries, peintures - et différents objets illustrant les diverses activités artistiques de son époux y soit présentés. Ce lieu, devenu atelier-musée Jean-Lurçat a été inauguré en juillet 1988. Il est ouvert à la visite en été. Simone Selves continuait à s'y rendre régulièrement, quatre à six mois par an, jusqu'à son décès, survenu à Paris en 2009. À sa mort, elle lègue à l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France la maison-atelier de l'artiste construite par l'architecte André Lurçat à Paris, et les collections ainsi que le fonds d'archives de l'artiste. Depuis cette date, l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France est détenteur des droits patrimoniaux et du droit moral attachés à l’œuvre de l'artiste [[8]]. La Fondation Jean et Simone Lurçat abritée à l'Académie des beaux-arts a pour mission de protéger et de faire rayonner l’œuvre du peintre-cartonnier.

Postérité[modifier | modifier le code]

Parmi les assistants de Jean Lurçat, auxquels il a appris ses secrets de lissier, on compte notamment Josep Grau-Garriga, peintre et lissier catalan, qui vivait et travaillait à Saint-Mathurin-sur-Loire, près d'Angers.

Publications[modifier | modifier le code]

De Jean Lurçat[modifier | modifier le code]

  • Le Travail de la tapisserie du Moyen Âge Genève, Éditions Pierre Cailler, 1947
  • Le Bestiaire de la tapisserie du Moyen Âge Genève, Éditions Pierre Cailler, 1947, 106 pages. Illustré de photographies en couleurs et en noir et blanc de Robert Doisneau

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Centre culturel et artistique Jean-Lurçat, Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie, 6 août-4 novembre 1981, musée de la Tapisserie d'Aubusson, 1981, 40 p. (catalogue d'exposition)
  • Jean Lurçat : donation Simone Lurçat : tapisseries, peintures, céramiques, livres illustrés, Institut de France, Académie des beaux-arts, Paris, 2004, 80 p. (ISBN 2952241708)
  • Gérard Denizeau, « L'Œuvre peint de Jean Lurçat », université de Paris-Sorbonne, 1988 (thèse)
  • Gérard Denizeau, L'Œuvre peint de Jean Lurçat, catalogue raisonné, Lausanne, Acatos, 1998
  • Gérard Denizeau (et al.), L'Homme et ses lumières : rétrospective de l'œuvre peint, tapisseries cosmiques et religieuses, Le Musée, Angers, 1992, 88 p. (catalogue d’exposition) (ISBN 2901287328)
  • Claude Roy, Jean Lurçat (avec une biographie, une bibliographie et une documentation complète sur le peintre et son œuvre), P. Cailler, Genève, 1956, 156 p. (3e éd.)
  • Philippe Soupault, Jean Lurçat, Cahiers d'art, Paris, 1928, 13 p.
  • Patrice Perron, Vingt-et-un poèmes pour Le Chant du Monde, Les Editions Sauvages, 2007
  • Gérard Denizeau, Jean Lurçat, Liénart, Paris, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né en 1894 à Bruyères (Vosges), mort en 1970 à Sceaux, architecte, il a rebâti Maubeuge et construit des groupes scolaires et ensembles d'habitation en région parisienne et à Vienne.
  2. Généalogie lorraine, n° 125, septembre 2002, p. 6.
  3. Ib.
  4. Voir sur le site de l'hôtel.
  5. Journal de Genève du 19 décembre 1960.
  6. Voir aussi l'Article détaillé : Restauration de la composition murale de la Maison de la Radio à Strasbourg
  7. Voir reproduction du timbre.
  8. site de l'Académie des beaux-arts (http://www.academie-des-beaux-arts.fr/fondations/)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]