Bernard Noël

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'écrivain français. Pour les homonymes, voir Bernard Noël (homonymie) et Noël (homonymie).

Bernard Noël

Activités Poète
Essayiste
Critique d'art
Romancier
Naissance 19 novembre 1930 (83 ans)
Sainte-Geneviève-sur-Argence,
Aveyron, France
Langue d'écriture français
Distinctions Prix Antonin-Artaud 1967
Prix Guillaume-Apollinaire 1976
Prix France Culture 1988
Grand prix national de la poésie 1992
Prix Robert-Ganzo de poésie 2010
Prix international de poésie Gabriele d’Annunzio 2011

Bernard Noël, né le 19 novembre 1930 à Sainte-Geneviève-sur-Argence, Aveyron, est un poète, essayiste, critique d'art et romancier français.
Il est également connu sous le nom de plume Urbain d'Orlhac[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Remarqué en 1958, dès la parution de son premier livre de poésie, Extraits du corps, Bernard Noël attend neuf années avant de publier son deuxième ouvrage La Face de silence (1967).

En 1969, Le Château de Cène lui vaut un procès pour outrage aux bonnes mœurs.

Poète, romancier, essayiste, critique d’art, son amitié pour les peintres et son goût pour la peinture le conduisent à collaborer à la réalisation de nombreux livres d'artistes et, plus récemment, à en illustrer lui-même certains.

Saluée par Louis Aragon, André Pieyre de Mandiargues et Maurice Blanchot, l'œuvre de Bernard Noël donne à la poésie un rôle capital et unificateur, car elle en détermine l'espace et la nécessité.

La notion de « sensure »[modifier | modifier le code]

La sensure est un concept inventé par Bernard Noël dans son ouvrage L'Outrage aux mots en 1975. Il indique la privation de sens, non pas par rapport au nerf sensitif, mais au sens d'un mot, la compréhension du mot et sa signification. Ce mot est homophone de la censure, qui est la privation de parole.

Bernard Noël inscrit cette notion dans le contexte politique capitaliste: « le pouvoir bourgeois fonde son libéralisme sur l’absence de censure, mais il a constamment recours à l’abus de langage. » L’abus de langage est lui à l’origine de la sensure, puisqu’il « violente (la langue) en la dénaturant[2] ». La sensure opère une violence sur la langue par une dénaturation. Employée pour sauver l'apparence, sa volonté est le déplacement du lieu de la censure afin qu'on ne l'aperçoive plus. Les agents à l'origine de la sensure vont donc détourner le sens des mots par le principe des « abus de langage », la société créé une « inflation verbale qui ruine la communication à l’intérieur d’une collectivité, et par la même la censure[3] ».

Bernard Noël conçoit cette notion à l'issu du procès qui lui est intenté après la parution de son premier roman Château de Cène. Sa condamnation découle d'une compréhension erronée du roman par ses détracteurs, qui en modifient ainsi le sens.

L’idée d’une censure par « l’inflation verbale » est reprise par Ignacio Ramonet dans La tyrannie de la communication. « La censure démocratique […] par opposition à la censure autocratique ne se fonde plus sur la suppression ou la coupure, sur l’amputation ou la prohibition de données, mais sur l’accumulation, la saturation, l’excès et la surabondance d’informations ». Raoul Vaneigem dans son ouvrage, Rien n'est sacré, tout peut se dire, semble élaborer une réponse. Il érige la liberté d'expression tout en signalant ses abus formels inacceptables.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie partielle[modifier | modifier le code]

Littérature, poésie, essais[4][modifier | modifier le code]

Aux éditions P.O.L
  • 1988 : Portrait du monde
  • 1993 : L'Ombre du double,
  • 1994 : Le Syndrome de Gramsci
  • 1997 : Le Reste du voyage
  • 1998 : La Langue d’Anna
    • Treize cases du je
    • Le 19 octobre 1977 (rééd. de Flammarion, 1979)
  • 2001 : La Maladie du sens
  • 2002 : La Face de silence
    • La Peau et les Mots
  • 2003 : Romans d'un regard
  • 2004 : Un trajet en hiver
    • Les Yeux dans la couleur
  • 2012 : Le Roman d’un être (sur Roman Opalka)
    • Le Livre de l’oubli
Aux éditions Flammarion
  • 1967 : La Face de silence, prix Antonin-Artaud
  • 1973 : Les Premiers Mots
  • 1975 : Treize cases du je
  • 1978 : Le Dictionnaire de la Commune, (rééd. de Hazan, 1971, coll. Champs, 2 vol.)
  • 1979 : Le 19 octobre 1977
  • 1983 : La Chute des temps
Aux éditions Gallimard
  • Le Château de Cène (rééd. de Jérôme Martineau, 1992, coll. L'Imaginaire)
Aux éditions Unes
  • 1982 : Fable pour cacher,
  • 1985 : Fable pour ne pas,
  • 1986 : Carte d'identité,
  • 1988 : Extraits du corps,
  • 1988 : Le lieu des signes - édition définitive
  • 1998 : Vers Henri Michaux,
  • 1998 : Correspondances avec Georges Perros
  • 2001 : Lettres verticales
Aux éditions Fata Morgana
  • 1968 : À vif enfin la nuit,
  • 1977 : Une messe blanche,
  • 1979 : Le Château de Hors,
  • 1980 : D’une main obscure,
  • 1982 : La Moitié du geste
    • L'Été langue morte
  • 1986 : La Rumeur de l’air,
  • 1997 : Souvenirs du pâle
  • 1998 : Le Tu et le Silence
Aux éditions L'Atelier des Brisants
  • 2001 : Le Roman d’Adam et Ève
  • 2002 : Onze Voies de fait / Héloïse et Abélard
Aux éditions Fissile
Aux éditions Hazan
  • 1971 : Le Dictionnaire de la Commune
Aux éditions Bernard Dumerchez
Aux éditions Cadastre8zéro[6]
  • 2011 : Ce jardin d’encre, avec François Rouan, bilingue français / espagnol, traduit en espagnol par Sara Cohen, collection Correspondances
  • 2012 : Ce chemin d’encre, avec François Rouan, bilingue français / arabe, traduit en arabe par Mohammed Bennis, collection Correspondances (avec une édition spécifique pour le monde arabe)
Aux éditions L'Oreille du Loup
  • 2008 : Le Jardin d’encre / El jardin de tinta[7]
Aux éditions Æncrages & Co
Chez d'autres éditeurs
  • 1955 : Les Yeux chimères, Caractères
  • 1958 : Extraits du corps, Minuit
  • 1971 : Le Lieu des signes, Pauvert
  • 1975 : L’Outrage aux mots, Pauvert
  • 1977 : Lecture du chilom, Brandes
  • 1980 : Bruits de langues, Talus d'Approches
  • 1983 : L’enfer, dit-on…, Herscher
  • 1986 : La Rencontre avec Tatarka, Talus d'Approches
  • 1992 : Le Château de Cène, Jérôme Martineau
  • 1994 : La Castration mentale, Ulysse fin de siècle
  • 1995 : La Maladie de la chair, Petite bibliothèque Ombre
  • 1995 : L'Espace du désir, l’Écarlate
  • 1998 : Magritte
  • 2009 : La Privation de sens, Barre parallèle[8]
  • 2010 : Présent de papier, Jacques Brémond
  • 2013 : Vies d'un immortel, éditions du Chemin de fer
Publications numériques

Livres d'art[modifier | modifier le code]

Aux éditions Belfond
  • Les Peintres du désir
Aux éditions Cercle d'Art
Coédition Maison de la Culture de La Rochelle / Éditions de La Différence
Aux éditions Flammarion
  • 1989 : David, Paris

Livres d'artistes[modifier | modifier le code]

Aux éditions Æncrages & Co
Aux éditions Area[11]
  • 1986: Bernard Noël, tête d'ombre, Initiale n° 21, préface d'Alin Avila
  • 1987 : Serge Plagnol, Initiale n° 9
Aux éditions À Travers[12]
  • Un silence lapide, ill. par Jacques Clauzel
  • La Chute des temps
  • L'Été langue morte
  • La Moitié du geste
  • La Rumeur de l'air
  • Sur un pli du temps
  • 1993 : Le Syndrome de Gramsci
  • 1998 : La Langue d'Anna
Aux éditions de la Canopée
  • L'Ombre du double[13], ill. de Thierry Le Saec
Aux éditions Bernard Dumerchez
  • 2007 : Jardin d'encre (Le), avec Zao Wou-Ki, collection Grand papier
Aux éditions Editart-D. Blanco[14]
  • 1983 : Mis par la lumière, ill. de Ramon Alejandro
Aux éditions l'Entretoise[15]
  • 1998 : Extraits du corps, ill. (linogravures) de Bernadette Griot-Cullafroz
Aux éditions Karl Flinker[16]
  • 1976 : Le mental virtuel ou Les visionnaires de Bernard Moninot (plaquette éditée à 500 exemplaires à l'occasion de l'exposition des "Serres" de Bernard Moninot à la Galerie Karl Flinker du 17 mars au 17 avril 1976)
Aux éditions L'Instant perpétuel[17]
  • 2000 : Lettre verticale XXXI pour Olivier Debré
Aux éditions de la galerie Remarque[18]
  • D'un regard l'autre, ill. de Paul Trajman
  • Extraits du temps, ill. de Leonardo Rosa
  • Lettre verticale, ill. de Leonardo Rosa
Aux éditions de la Médiathèque de la Ville du Mans
  • Espace du sourire, ill. d'Olivier Debré
Aux éditions du Scorff
  • 1997 : Site transitoire, ill. de Jean-Paul Philippe
Aux éditions Le Silence qui roule[19]
Aux éditions Unes

Tirages limités et éditions de tête

  • 1982 : Fable pour cacher - L'air est les yeux, ill. J. Voss
  • 1984 : À partir de la finLa Vieille Maison, ill.Serge Plagnol
  • 1985 : Fable pour le vent, ill. J.-J. Ceccarelli — Fables pour ne pas, , ill. G. Pastor
  • 1986 : Carte d'identité, ill. C. Deblé
  • 1987 : Fenêtres fermées, ill. C. Deblé
  • 1988 : Extraits du corps, ill. G. Pastor — Le Lieu des signes, ill. J.-J. Ceccarelli
  • 1995 : La grille du temps, ill. Olivier Debré
  • 1997 : Où va la poésie?
  • 1998 : Vers Henri MichauxCorrespondances, ill. Cécile Reims et Fred DeuxPetit traité du tu, ill. M. Latil
  • 2013 : A côté du mot perdu, ill. Stéphanie Ferrat

Rééditions[modifier | modifier le code]

Aux éditions Flammarion
  • 1983 : Poèmes 1, coll. Textes
  • 1990 : Les Premiers Mots
Aux éditions Gallimard
Aux éditions P.O.L

Enregistrement sonore[modifier | modifier le code]

  • La Chute des temps, lu par Bernard Noël, cassette audio, Art & lectures / Artalect, Paris, 1984 ; rééd. en CD

Préfaces, postfaces, etc.[modifier | modifier le code]

  • El’Pubis, postface manuscrite accompagnant 12 planches de photos-contact d’Henri Maccheroni avec un texte d’André Drean, éditions Traversière, 1978
  • Préface de Du même auteur, de Stéphan Lévy-Kuentz, Serpent à plumes 2008.
  • Postface de Séverine (1855-1929), Vie et combats d'une frondeuse d'Évelyne Le Garrec, l'Archipel, 2009

Entretiens et articles en ligne de Bernard Noël[modifier | modifier le code]

Entretiens
Articles

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Faire faces[20], poèmes de Tita Reut, ill. de Bernard Noël, Éditions de l'Ariane, 2009

Sur Bernard Noël[modifier | modifier le code]

Essais et recueil critique[modifier | modifier le code]

Bernard Noël fait partie des écrivains recensés par Alain Marc dans Écrire le cri[21].

Ouvrage anthologique[modifier | modifier le code]

  • Bernard Noël, Politique du corps, coll. Figures, éd. revue Ah !, 2010

Revues[modifier | modifier le code]

  • Europe (étude et entretien avec Alain Marc), no 823-824, novembre-décembre 1997
  • Amastra-N-Gallar (sous la dir. d'Emilio Arauxo), n° spécial « Bernard Noël », no 15, automne 2008 Participation de J. Ancet, D. Bisutti, B. Bonhomme, H. Carn, R. Detambel, Cl. Fourier, B. Machet, A. Malaprade, L. Murey, F. Pazzottu, C. Royet-Journoud. Comprend une « Lettre autour du corps » de Bernard Noël
  • Europe, « Bernard Noël », dir. Chantal Colomb-Guillaume, no 981-982, janvier-février 2011
  • NU(e) no 49 « Bernard Noël » (dir. Tristan Hordé)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (notice BnF no FRBNF11917784j)
  2. B. Noël, « L’outrage aux mots », in Le Château de Cène, Gallimard.
  3. I. Ramonet, La Tyrannie de la communication, Gallilé, 1999, p. 39-40.
  4. Lire des extraits et citations d'œuvres de Bernard Noël sur Lieux-dits.eu.
  5. Sonnets de la mort sur le site des éditions.
  6. Voir http://cadastre8zero.fr/.
  7. Le Jardin d'encre / El jardin de tinta sur le site des éditions.
  8. Voir le texte sur Remue.net (pour la présentation de la soirée du 13 janvier 2009 à la Maison de la poésie) et sur Mouvances.ca.
  9. Le Mal de l'espèce
  10. À bas l’utile
  11. Voir http://www.areaparis.com/edition/home.php?page=press.
  12. Voir http://www.jacquesclauzel.com/editions-a-travers-art-contemporain-jacques-clauzel.aspx.
  13. L'Ombre du double sur le site artpointfrance
  14. Voir http://www.editart.ch/.
  15. Voir http://www.artpointfrance.org/Diffusion/entretoise/index.htm.
  16. 25, rue de Tournon, 75006 Paris.
  17. Voir http://pseud-de-ip.blogs.nouvelobs.com/.
  18. galerie Remarque
  19. Voir http://www.artpointfrance.org/Diffusion/alloy/index.htm.
  20. Présentation de Faire faces sur le site des éditions.
  21. Écrire le cri, Sade, Bataille, Maïakovski…, préface de Pierre Bourgeade, l’Écarlate, 2000 (ISBN 978-2-910142-04-9).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]