Gaston Diehl

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Gaston Diehl, né le 10 août 1912 et mort le 12 décembre 1999, est un réalisateur, journaliste, professeur d'histoire de l'art et critique d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'Institut d'art et d'archéologie en 1934, où il a été l'élève d'Henri Focillon, et de l'École du Louvre en 1936, Gaston Diehl créé dès octobre 1935 avec le peintre Henri Cadiou et leurs condisciples un groupe estudiantin appelé Regain, et au mois de novembre une revue hebdomadaire du même nom, afin de débattre une à deux fois par mois de la création contemporaine avec différents artistes dans les sous-sols du Capoulade au Quartier latin puis, en 1939, à Montparnasse. Début 1938, il participe à l'hebdomadaire Marianne et tient pendant une année une chronique d´art appelée « La tribune des Jeunes ». En 1939 il crée la revue Charpentes.

Premier Salon de Mai

En octobre 1943, pendant l'Occupation, Gaston Diehl fonde le Salon de Mai à Paris, dans un café de la place du Palais-Royal, en opposition à l'idéologie du nazisme et à sa condamnation de l'art dégénéré, avec les peintres, sculpteurs ou graveurs Henri-Georges Adam, Emmanuel Auricoste, Lucien Coutaud, Robert Couturier, Jacques Despierre (qui suggère de nommer le salon du nom du mois durant lequel les premières réunions se sont tenues), Marcel Gili, Léon Gischia, Francis Gruber, Jean Le Moal, Alfred Manessier, André Marchand, Édouard Pignon, Gustave Singier, Claude Venard et Roger Vieillard, qui composent son comité directeur. Plusieurs d'entre eux (Coutaud, Gischia, Le Moal, Manessier, Marchand, Pignon, Singier) avaient en 1941 participé à l'exposition des Vingt jeunes peintres de tradition française[1]. Le premier Salon de Mai a lieu à la galerie Pierre Maurs (3, avenue Matignon) du 29 mai au 29 juin 1945. Le comité d'honneur réunit Germain Bazin, Jacques Dupont, René Huyghe, Bernard Dorival, Michel Florisoone, Pierre Ladoué et Marc Thiboutet. Le conseil juridique en est le poète Jean Follain. Le catalogue de ce premier Salon est préfacé par Gaston Diehl, avec des textes de René Bertelé et André Rolland de Renéville, des poèmes de Jacques Prévert, Lucien Becker, André Frénaud, Jean Follain et Guillevic. Gaston Diehl en restera le président jusqu'en 1997.

Gaston Diehl crée en octobre 1944 le Mouvement des Amis de l'Art pour la diffusion de l'art moderne par le moyen de conférences, projections, films, expositions didactiques particulièrement en province.

Très lié à Rouault, et aux jeunes peintres de tradition française dont il préface les expositions dès 1943 à la Galerie de France, il fréquente également Bonnard, Matisse, Picasso, Villon, mais aussiBraque, Bernard Buffet ou Hans Hartung, et est ainsi, selon notamment le témoignage de Pierre Restany[2], "très conscient d'avoir à la fois un pied dans la première moitié de son siècle et un autre dans la seconde".

En 1948, il est à l'origine du Festival International du Film d'Art et termine la réalisation des films : Van Gogh (1948) puis Gauguin (1950) avec Alain Resnais et Les Fêtes galantes (Watteau) (1950) avec Jean Aurel.

En septembre 1950, il est nommé professeur détaché par le Ministère des Affaires étrangères au Venezuela à l'Université Centrale du Venezuela et à l'École des Beaux Arts où il enseigne l'histoire de l'art. Attaché culturel auprès de l'ambassade, il dirige aussi l'institut Franco-Vénézuélien, rédige des articles dans les presses européennes et latino-américaines. Il fait ainsi connaitre en Europe des artistes comme Carlos Cruz-Díez, Félix Royett ou Jesús-Rafael Soto mais aussi fait le lien avec l'ensemble de la communauté artistique latino américaine, écrivains comme Alejo Carpentier ou artistes comme Botero.

De 1960 à 1966, il joue un rôle semblable au Maroc en suivant les traces de Delacroix et de Matisse.

Rappelé par André Malraux en France en février 1966, il dirige le Bureau des Expositions de l'Action Artistique au Ministère des Affaires étrangères, et assume jusqu'à sa retraite en 1977 la tâche de la mise en route avec l'aide de conservateurs, critiques et amis des expositions françaises à l'étranger comme des expositions étrangères en France au Grand et au Petit Palais ainsi qu'au Louvre (notamment Le Trésor de Toutankamon en 1960. Gaston Diehl a continué jusqu'à sa mort à soutenir l'art sous toutes ses formes et dans le monde. Élu président du musée de l'Amérique latine en 1983, il présente de 1986 à 1898 les artistes latino-américains à la Maison de l'Amérique latine à Monte-Carlo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gaston Diehl, La Peinture en France dans les années noires, 1935-1945, Z'éditions, Nice, 1999
  2. Gaston Diehl, Un homme, une empreinte, Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques, Paris, 2000

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Gaston Diehl[modifier | modifier le code]

  • Peintres d'aujourd'hui. Les maîtres, Charpentier, Paris, 1943, 36 p..
  • Les problèmes de la peinture, sous la direction de Gaston Diehl, éditions Confluences, 1945.
  • Édouard Goerg, éditions de Clermont, Paris, 1947, 94p..
  • Asselin, éditions Rombaldi, Paris, 1947.
  • Vermeer, éditions Hyperion, Paris-New York, 1949, 48 p..
  • Matisse, Nathan, Paris, 1950, 48 p..
  • Le Dessin en France au XIXe siècle, éditions Hyperion, Paris-New York, 1950, 100 p..
  • Matisse, Paris, Pierre Tisné, 1954, 310 pp..
  • Pintura venezolana, Creole Petroleum, Caracas, 1958.
  • El Arte moderno frances en Caracas, cuatro Vientos, Caracas, 1959, 32 p..
  • Picasso, Flammarion, Paris, 1960, 96 p..
  • La Peinture moderne dans le monde, Flammarion, Paris, 1961 (1966), 220 p..
  • Derain, Flammarion, Paris, 1964, 96 p..
  • Art naïf,, éditions marocaines et internationales, Tanger, 1964
  • Singier et l'art français contemprain, éditions marocaines et internationales, Tanger, 1965
  • Goya, Flammarion, Paris, 1966, 48p..
  • Greco, Flammarion, Paris, 1966, 48 p..
  • Gauguin, Flammarion, Paris, 1966, 48 p..
  • van Gogh, Flammarion, Paris, 1966, 48 p..
  • Delacroix, Flammarion, Paris, 1966, 48 p..
  • Pascin, Flammarion, Paris, 1968, 96 p..
  • Van Dongen, Flammarion, Paris, 1968, 96 p..
  • Héctor Poleo, Inciba, Caracas, 1969, 74 p..
  • Matisse, Paris, Nouvelles éditions françaises, 1970, 159 p..
  • Les Fauves, Paris, Nouvelles éditions françaises, 1971, 192 p..
  • Roland Bierge, Ed.Bador, Paris, 1971, 54 p..
  • Vasarely, Paris, Flammarion, 1972, 96 p..
  • Max Ernst, Paris, Flammarion, 1973, 96 p..
  • Miró, Paris, Flammarion, 1974, 96 p..
  • Perez Celis, Ed. de arte Gaglianone, Buenos Aires, 1981, 200 p..
  • Fernand Léger, Flammarion, Paris, 1985, 96 p..
  • Amedeo Modigliani, Paris, Flammarion, 1989.
  • Kremegne : l'expressionnisme sublimé, Navarin, Paris, 1990, 237 p..
  • Oswaldo Vigas, Armitano, Caracas, 1990, 296 p. (en français, 1993).
  • Georges Papazoff, Paris, Cercle d'art, 1995.
  • La Peinture en France dans les années noires, 1935-1945, Z'éditions, Nice, 1999.

Autour de Gaston Diehl[modifier | modifier le code]

  • Laurence Bertrand Dorléac, Histoire de l'art, Paris 1940-1944, Ordre national, Traditions et Modernités, préface de Michel Winock, Publications de la Sorbonne, Paris, 1986 (ISBN 2859441220).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]