Saint-Paul-de-Vence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Paul.
Saint-Paul-de-Vence
Panorama de Saint-Paul-de-Vence depuis le chemin de Sainte-Claire en août 2012.
Panorama de Saint-Paul-de-Vence depuis le chemin de Sainte-Claire en août 2012.
Blason de Saint-Paul-de-Vence
Blason
Saint-Paul-de-Vence
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Arrondissement de Grasse
Canton Canton de Cagnes-sur-Mer-Ouest
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis
Maire
Mandat
René Buron
2008-2014
Code postal 06570
Code commune 06128
Démographie
Gentilé Saint-Paulois
Population
municipale
3 533 hab. (2011)
Densité 487 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 41′ 50″ N 7° 07′ 23″ E / 43.6972222222, 7.12305555556 ()43° 41′ 50″ Nord 7° 07′ 23″ Est / 43.6972222222, 7.12305555556 ()  
Altitude Min. 39 m – Max. 355 m
Superficie 7,26 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

Voir sur la carte administrative des Alpes-Maritimes
City locator 14.svg
Saint-Paul-de-Vence

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

Voir sur la carte topographique des Alpes-Maritimes
City locator 14.svg
Saint-Paul-de-Vence

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Paul-de-Vence

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Paul-de-Vence

Saint-Paul-de-Vence est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Saint-Paulois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

En raison de sa proximité avec la commune de Vence et pour la distinguer des autres communes portant le nom de Saint-Paul, la commune a depuis longtemps été appelée officieusement « Saint-Paul de Vence » mais le nom de « Saint-Paul-de-Vence » n’est officiel que depuis 2011[1],[2]. Sous la Révolution, on écrivait Sainpaul.

Sur le cadastre napoléonien de Vence, daté du 1er janvier 1834, il est même fait mention d'une « route de Gréolière à Saint-Paul-du-Var » car Saint-Paul-de-Vence gardait l'ancienne frontière du département du Var jusqu'en 1860[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Paul-de-Vence s'élève sur un éperon rocheux situé entre les Alpes et la Méditerranée.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

C'est vraisemblablement entre le Xe et le XIIe siècle qu'un habitat se regroupe, autour de l'ancienne église Saint-Michel-du-Puy, au sud et à proximité du château sur la partie élevée de la colline[4].

Au Moyen Âge, la région est administrée par les comtes de Provence. Au XIIIe siècle, le comte Charles II accorde plusieurs privilèges à Saint-Paul, parmi lesquels celui d’organiser un marché hebdomadaire (12ciao85). Au début du XIVe siècle, Saint-Paul acquiert de plus en plus d’autonomie et devient une ville prospère de commerçants et de notables. La ville devient le chef-lieu d’un important bailliage[5]dont dépendent Tourrettes-sur-Loup, Villeneuve-Loubet, le Broc, Cagnes ou encore Bézaudun.

En 1388, le comté de Nice se détache de la Provence pour se rattacher aux états du comte de Savoie. La frontière orientale de la Provence est alors redessinée pour se matérialiser par le cours inférieur du Var. Ce nouveau contexte confère à Saint-Paul une position stratégique : la ville devient une place forte frontalière pendant cinq siècles. Saint-Paul connaît une première campagne de fortification dans la deuxième moitié du XIVe siècle : la porte Nord de la ville, dite « Porte de Vence », remonte à cette muraille médiévale.

Le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

À l'époque des guerres d'Italie, la Provence est envahie à deux reprises par les troupes de Charles Quint : en 1524 Saint-Paul est occupée, en 1536 la ville est une nouvelle fois assiégée. Considérant la faiblesse de la frontière côté provençal et l’obsolescence des fortifications médiévales de Saint-Paul, François Ier décide en 1538 de doter la ville de nouveaux remparts, capables de résister à la puissance de l’artillerie. Cette enceinte bastionnée, élevée entre 1543 et 1547, est conservée dans son intégralité. Sur ses fronts nord et sud, quatre solides bastions protègent les deux portes de la ville.

Le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, Saint-Paul connaît un rayonnement religieux grâce à l'influence d'Antoine Godeau, évêque de Vence. L'église, élevée au rang de collégiale, est agrandie et embellie. Saint-Paul connaît également un renouveau urbanistique grâce aux familles de nobles et notables qui construisent de somptueux hôtels particuliers, en particulier dans la rue Grande. Saint-Paul conserve sa vocation de place forte militaire, aussi Vauban vient-il inspecter les fortifications en 1693 et 1700.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 en cours René Buron UMP[6]  
1945 1995 Marius Issert    
1944 1945 Général Paul Pouderoux   Président de la délégation spéciale
1928 1944 Joseph Demargne    
1919 1928 Josephin Verdet    
1912 1919 Victor Sénès    
1894 1912 Gustave Patarrin    
1888 1894 Alfred Layet    
1888 1888 André Raybaud    
1888 1888 Alfred Layet    
1881 1888 Antoine-Paul Fouque    
1878 1881 Théodore Lions    
1874 1878 Joseph Louis Rapet    
1871 1874 Henri Layet    
1870 1871 Honoré-Léandre Fouque   Président de la Commission municipale
1861 1870 Henri Layet    
1857 1861 Gaspard Gardenquy    
1855 1857 Jean-Baptiste Layet    
1852 1855 Honoré-Joseph Bérard    
1849 1852 Honoré Léandre Fouque    
1843 1849 Casimir Bonnet Raymond Layet    
1835 1843 Antoine-Paul Gazagnaire    
1831 1835 Joseph-Jules-Hypolite Euzières de la Valette    
1830 1831 Antoine-Paul Gazagnaire    
1825 1830 Casimir Bonnet Raymond Layet    
1822 1825 Jacques Joseph Rapet    
1821 1822 Jean-Jacques Achard    
1817 1821 Paul Gardenquy    
1808 1817 Jean Jacques Guevarre    
1804 1808 Layet    
1802 1804 Bonnet    
1792 1802 François Alziary    
1791 1792 Cézar Layet    
1790 1791 Scipion-Joseph Mougins    
1790 1790 Paul Bernard    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 533 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 057 1 051 1 066 1 095 1 043 1 023 936 936 958
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
837 810 764 732 714 689 735 691 766
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
761 758 772 750 1 000 998 1 041 1 073 1 250
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 416 1 570 1 917 2 542 2 903 2 847 3 336 3 338 3 486
2011 - - - - - - - -
3 533 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Saint-Paul-de-Vence est un des hauts lieux du tourisme notamment pour ses très nombreuses galeries d'art ce qui a pour conséquence d'avoir vidé le village de ses commerces traditionnels.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • La Fondation Maeght : haut lieu de l’art moderne et contemporain, dirigée par Aimé puis Adrien Maeght. Elle abrite des expositions temporaires et des sculptures in situ dans le parc. On y retrouve les grands noms de l’art moderne, en parcourant les salles et les jardins de ce lieu d’exception, avec les œuvres de Miró, Giacometti, Chagall ou Léger, des liens qui ont unis la famille Maeght aux artistes de leur temps ainsi que l'architecture des bâtiments conçus par Josep Luís Sert.
  • Le musée d’Histoire locale offre un intéressant raccourci de l’histoire de la commune qui fut souvent aussi celle de l’histoire de la Provence.
  • Le pontis, passage au-dessus de la rue Grande, datant du XVe siècle.
  • L'aqueduc des Moulins qui alimentait les moulins de la commune. En 1730, un inventaire mentionne à Saint-Paul cinq fours à pains, cinq moulins à huile et deux moulins à farine[9].

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église collégiale de la Conversion-de-Saint-Paul : (XIIe - XIIIe siècle) restaurée au XVIIe siècle. Érigée en collégiale en 1666. Dans la chapelle Saint-Clément, ornée de stucs, l’autel est formé d’un bas-relief représentant le martyre de saint Clément et deux tableaux, l’un de l’école italienne, l’autre de l’école de Murillo ; l’église contient aussi un tableau de sainte Catherine d’Alexandrie du Tintoret. Dans la sacristie, le trésor comprend des statues en argent et en vermeil (une Vierge noire), des reliquaires, des croix. Dans la chapelle des fonts baptismaux, gracieuse statuette de la Vierge, en albâtre, du XVe siècle. Le chœur est décoré de stalles sculptées. Le beau chemin de croix en noyer, peint selon une technique du XVIe siècle, la détrempe à la colle, est moderne.
  • Chapelle Sainte-Croix, chapelle des pénitents blancs (XVIIe siècle) : Folon y a réalisé un vaste projet de décoration. Son étonnant clocher à trois faces complète l’harmonie de la partie culminante du village, entre la place de l’Église et la rue Cassette. Un travail nettement inspiré par l’esprit du lieu qu’il avait transcrit avec précision sur des dessins et aquarelles. Avant la décoration artistique, trois années de travaux de restauration ont permis de remettre en état la toiture, les voûtes intérieures, l’électricité et le chauffage.
    Il y a travaillé jusqu’à sa mort en 2005. Il compose 8 toiles, 4 vitraux, 2 sculptures et une mosaïque de 106 m2 aux lignes simples et douces.
    La chapelle, inaugurée en juin 2008 est aussi la dernière chapelle décorée du Sud méditerranéen.
  • Chapelle Sainte-Claire, XVe siècle
  • Chapelle Saint-Claude-et-Saint-Charles, XVIIe siècle
  • Chapelle Notre-Dame de la Gardette, dite Saint-Georges, XVIIIe siècle
  • Chapelle Saint-Michel, dans le cimetière
  • Chapelle rurale Saint-Étienne
  • Chapelle moderne Saint-Bernard
  • Chapelle Saint-Roch

Saint-Paul-de-Vence et la philatélie[modifier | modifier le code]

Un timbre postal, d'une valeur de 0,15 franc, représentant la ville a été émis le 9 octobre 1961, avec une oblitération Premier jour le 7 dans la ville[10].

Un autre timbre de valeur permanente a été émis en 2009 valable pour le monde entier. Valeur à la date d'émission 0.70 euro. N° YT AA336

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • De nombreux artistes et écrivains ont fréquenté le village, et notamment l'auberge de la « Colombe d'or », parmi lesquels Matisse, Modigliani, Jean Giono, Jacques Prévert, Yves Montand, James Baldwin, Simone Signoret, Mylène Farmer, Norge, Patrick Raynal, Lino Ventura et Bernard Blier.
  • Chagall y a vécu pendant dix-neuf ans et repose au cimetière
  • Jean Lurçat, 1892 - 1966 à Saint-Paul-de-Vence est un rénovateur de la tapisserie contemporaine.
  • Célestin Freinet a enseigné à Saint-Paul-de-Vence (de 1928 à 1933). Il entra en conflit avec la mairie qui refusait de faire les indispensables travaux d'entretien de son école. Le maire, ainsi que quelques notables locaux affiliés à l'extrême-droite française, avec l'aide propagandiste du journal "L'Éclaireur de Nice", demandait le déplacement de Freinet et de son épouse Élise, les accusant de faire en classe du « bolchévisme ». Ce conflit qui prit rapidement l'ampleur d'une affaire nationale, amena Freinet à créer sa propre école à Vence (1935).
  • Norge, 1898 - 1990, poète belge de langue française était antiquaire à Saint-Paul-de-Vence.
  • André Verdet, 1913 - 2004, poète, peintre, sculpteur et céramiste français était habitant de Saint-Paul. Son buste, exécuté en novembre 1999 par le sculpteur Cyril de La Patellière, se trouve au château-musée Grimaldi du Haut-de-Cagnes. Il faisait partie de son importante donation.
  • Elie Bernadac, (1913-1999), artiste-peintre, y exposait en permanence.
  • Paul Frère, pilote automobile et journaliste belge, vivait à Saint-Paul depuis de nombreuses années, avant de décéder le .
  • Pierre Laffitte, né dans la commune, élève de Célestin Freinet, sénateur des Alpes-Maritimes de 1985 à 2008, est conseiller municipal de Saint-Paul depuis 1968.
  • Aldo Maccione vit actuellement dans la commune.
  • Le chanteur Jon Anderson y a vécu, de 1980 a 1985.
  • L'écrivain américain James Baldwin y est décédé en 1987.
  • L'acteur Donald Pleasence y est décédé en 1995 (célèbre pour son rôle du Docteur Loomis dans Halloween).
  • Jacques Morali (1947-1991), auteur et compositeur de disco music (Village People, YMCA), a vécu à Saint-Paul-de-Vence et repose au cimetière de Vence.
  • Théo Tobiasse (1927-2012), artiste-peintre, dessinateur, sculpteur, y a vécu de 1976 à son décès en 2012. Il est l'auteur de la sculpture monumentale en bronze La Vénus de Saint-Paul-de-Vence installée à l'entrée du village en 2007.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Paul-de-Vence Blason D’azur à Saint-Paul de carnation chevelé, barbé auréolé et habillé d’argent, s’appuyant de sa main dextre sur une épée et tenant dans la senestre un livre ouvert le tout du même.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Faure, St Paul de Vence, ville royale, 1970
  • René Vialatte, Saint-Paul dans la mouvance de l’histoire, 1990
  • François 1er et Saint-Paul, Association des Amis du musée d’histoire
  • Marius Issert, Souvenirs d’un maire 1945-1995[réf. insuffisante]
  • Eva Pollini, Saint-Paul-de-Vence et la Fondation Maeght[réf. insuffisante]
  • Saint-Paul de Vence, le village inspiré – Gilletta Nice-Matin[réf. insuffisante]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]