François Marius Granet

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François Marius Granet, né le 17 décembre 1775 à Aix-en-Provence où il est mort le 21 novembre 1849, est un peintre et dessinateur néoclassique français.

Conservateur au musée du Louvre et au château de Versailles, il est officier de la Légion d'honneur et chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Il était par ailleurs membre de l'Académie des beaux-arts.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation (1775-1802)[modifier | modifier le code]

Fils d’un maître maçon de condition modeste[1], François Marius Granet apprend le dessin en recopiant les gravures de la collection de son père. Il suit des cours de dessin à l’Académie d’Aix-en-Provence dans l'atelier du peintre aixois Jean-Antoine Constantin qui en est le directeur entre 1786 et 1790. Il y fait la connaissance de Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin, avec qui il se lie d'une amitié profonde[2] qui, selon le docteur Silbert, membre de la commission du musée et de l'école de dessin d'Aix, « a rendu leurs noms inséparables dans l'histoire de l'art[3] ». En 1790, un an après la Révolution, l'école de dessin est contrainte de fermer ses portes. Granet se trouve désœuvré et décide de suivre la Société populaire d'Aix qui se lève pour combattre devant Toulon[2].

Anonyme, Le siège de Toulon, auquel Granet assiste en 1793.

Le commandant de la troupe dans laquelle se trouve le jeune homme tient en haute estime les talents de Granet et le recommande au général Dutheil qui le présente à Napoléon, alors jeune officier[4]. À l'issue du siège de Toulon, la ville est prise et Granet retourne à Aix où il trouve sa famille dans la misère. Il reprend donc la direction de Toulon pour y vendre des tableaux de navires[2].

En 1796, Granet s’installe à Paris où, sur la recommandation d'Auguste de Forbin[5], il devient l’élève de Jacques-Louis David et gagne sa vie en faisant des peintures murales. Vivant en compagnie des peintres Anne-Louis Girodet et Dominique Ingres dans le couvent désaffecté des Capucins, il réalise du cloître des modèles qui resteront sa spécialité[5]. Cette attirance pour les cloîtres lui vaut le surnom de « moine ». Granet n'hésite en effet pas à se présenter comme un peintre chrétien, même si l'historiographie moderne d'entre les deux guerres, qui en fait un peintre franciscain, exagère sans doute quelque peu la réalité des choses[6].

Séjour à Rome (1802-1824)[modifier | modifier le code]

En 1802, il se rend à Rome où il dessine les monuments anciens et peint des scènes de la vie des artistes. Il se fait connaître aussi pour ses intérieurs d’églises et de couvents, dans un style hollandais très sombre, à l’opposé de sa formation néoclassique[7]. Il reçoit une médaille d'or au Salon de 1808[8]. En 1809, il pose pour son ami Dominique Ingres sur le toit de son studio à la Villa Médicis. Plusieurs de ses tableaux ont été reproduits en lithographie au XIXe siècle[8].

Granet entre Versailles et Paris (1824-1847)[modifier | modifier le code]

Après son retour en France en 1824, il devient conservateur au musée du Louvre sur le poste de Charles Paul Landon à la mort de celui-ci en 1826, grâce à l'intervention de son ami Auguste de Forbin, directeur des musées royaux. Il effectue un dernier séjour à Rome en 1829-1830. Louis-Philippe Ier, roi des Français et l'un de ses collectionneurs, fait alors appel à lui pour un poste de conservation au château de Versailles en 1833, dans la perspective de créer un musée d'histoire à la gloire de la France, musée qui sera inauguré en juin 1837 (galerie des Batailles). Partageant sa vie essentiellement entre Paris et Versailles.

Durant cette période, Granet peint d'exceptionnelles aquarelles en marge de sa peinture officielle. Ayant rencontré Nena di Pietro, dès 1802 semble-t-il, à Rome, il n'épouse l'amour de sa vie qu'en 1843 lorsqu'elle devient veuve. Après la mort de Nena, survenue en janvier 1847, il effectue un séjour au château d'Audour, près de Mâcon, chez la fille de son ami Auguste de Forbin, disparu en 1841. C'est là qu'il rédige ses mémoires.

Fin de vie (1848-1849)[modifier | modifier le code]

Il se retire à Aix avant la Révolution de 1848. À sa mort en 1849, le contenu de son atelier, ses dessins ainsi que ses collections d’art hollandais et italien du XVIIe siècle sont légués à la ville d’Aix et constituent un fonds essentiel du musée d'Aix qui existait depuis 1825. Ce musée sera renommé en son honneur musée Granet en 1949, à l'occasion du centenaire de sa mort.

François Marius Granet est nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et chevalier de la Légion d'honneur[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Récolte des citrouilles à la Bastide de Malvalat (1796), Aix-en-Provence, musée Granet
  • Le Chœur de la Chapelle des Capucins à Rome (1808)
  • La Trinité-des-Monts et la Villa Médicis, à Rome (1808), Paris, musée du Louvre
  • Stella en prison (1810), Moscou, musée Pouchkine* La Trinité-des-Monts et la Villa Médicis, à Rome (1808), Paris, musée du Louvre
  • La confession publique du jeune garçon (1814), huile sur toile, 114 × 93 cm, collection privée.
  • Montaigne rend visite au Tasse (1820), h/t, 99 × 74, Montpellier, musée Fabre
  • Basilique basse de St François d’Assise (1823), Paris, musée du Louvre
  • Un Moine dans une salle voûtée (1828), , Paris, Petit Palais

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Coutagne, François-Marius Granet (1775-1849), éd. Somogy, 2008 (ISBN 9782757201848).
  • Alain Jacobs, François-Marius Granet et le peintre belge François-Joseph Navez : correspondance de 1822 à 1849 conservée à la Bibliothèque royale Albert Ier à Bruxelles, Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, année 1996, Paris, 1997, p. 113-141.
  • J. de Séranon, « M. Granet, peintre », in Revue de Marseille et de Provence, 8e année, Marseille, 1862, p. 138-149.
  • Charles Blanc, Histoire des peintres de toutes les écoles, t.XIII, Biographie de François Marius Granet, Librairie Jules Renouard et Cie
  • Bruno Racine, Adieu à l'Italie, éd. Gallimard, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. de Séranon, « M. Granet, peintre », in Revue de Marseille et de Provence, 8e, Marseille, 1862, p. 138.
  2. a, b et c J. de Séranon, op. cit., p. 142.
  3. P. Silbert, Notice historique sur la vie et l'œuvre de Granet, 1861, notice lue à l'occasion de l'inauguration du musée Granet.
  4. P. Silbert, Notice historique sur la vie et l'œuvre de Granet, op. cit., cité in J. de Séranon, op. cit., p. 142.
  5. a et b «  François Marius Granet », larousse.fr.
  6. André Vauchez (dir.), Mouvements franciscains et société française: XIIe ‑ XXe siècles, CNRS, Paris, 1984, p. 161.
  7. Il réalisera notamment pendant cette période Intérieur de l'église souterraine de San Martino in Monte à Rome (1802, musée de Montpellier), Vue intérieure du Colisée à Rome (1806, Paris, musée du Louvre), Chœur de l'église des Capucins à Rome (1815, New York, Metropolitan Museum).
  8. a, b et c Dictionnaire des artistes de l'école française, au XIXe siècle, Charles Gabet, 1831.
  9. Musée Fesch
  10. Réunion des musées nationaux, consulté le 15/09/2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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