Paul Chabas

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Paul Chabas

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Photographie de Paul Chabas par Wilhelm Benque

Nom de naissance Paul Émile Chabas
Naissance 7 mars 1869
Nantes, Loire-Atlantique
Décès 10 mai 1937 (à 68 ans)
Paris, Île-de-France
Nationalité Drapeau de la France Français
Activités Peintre
Formation Académie des beaux-arts
Maîtres William Bouguereau
Tony Robert-Fleury
Influencé par William Bouguereau
Récompenses Chevalier de la légion d'honneur
Président de la société des artistes français (1925-1935)

Œuvres réputées

Tableaux :

Paul Chabas (1869-1937) est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Émile Chabas, frère cadet du peintre Maurice Chabas (1862-1947), naquit le 7 mars 1869 à Nantes, où il fut élève au lycée[1]. Il fut à l'Académie des beaux-arts l'élève de William-Adolphe Bouguereau et de Tony Robert-Fleury. Les années suivantes, il fit de fréquents voyages en Norvège, en Algérie et en Grèce. Ses sujets préférés sont des nus subtilement érotiques.

Dans les années 1890, Chabas illustra quelques livres dus à des auteurs comme Paul Bourget et Alfred de Musset. Il entra à l'Académie des beaux-arts en 1921 et reçut la Légion d'honneur en 1928. De 1925 à 1935, il fut président de la Société des artistes français.

Paul Chabas mourut à Paris le 10 mai 1937[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Chez Alphonse Lemerre à Ville-d'Avray[modifier | modifier le code]

Ce tableau fut commandé par Alphonse Lemerre en 1893 et représente de nombreux parnassiens, Leconte de Lisle, Sully-Prudhomme, Jules Claretie, Paul Bourget ou Jules Breton, entre autres et il a pour cadre la propriété de l'éditeur parisien, achetée en 1875 aux enchères et ayant été la résidence d'été de Camille Corot. Ce tableau de grande dimension (285 x 338 cm) fut présenté au Salon de 1895 ; plus récemment à l'Art Gallery of Hamilton d'Ontario aux États-Unis (en 1988-1990) puis vendu chez Christie's en 1997. Il est reproduit :

  • sur la couverture d’Histoire du Parnasse, de Yann Mortelette, éd. Fayard, 2005 ;
  • dans J. Valmy-Baysse, Paul Chabas, sa vie, son œuvre, éd. Juven, 1910 ;
  • dans Christophe Carrère, Leconte de Lisle ou la passion du beau, éd. Fayard, 2009.

Matinée de septembre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Matinée de septembre.
Matinée de septembre, 1912

Ce tableau devint particulièrement célèbre en 1913. Peint au cours de trois étés, il fut terminé en 1912 et présenté au Salon de la même année. Il fut récompensé par une médaille d'honneur sans rien déclencher de particulier, malgré l'érotisme évident du sujet : une jeune femme nue frissonnant dans les eaux froides de septembre du lac d'Annecy en Haute-Savoie. C'est une femme de l'endroit qui avait servi de modèle, et Chabas lui avait donné le visage d'une jeune Américaine, Julie Phillips, qu'il avait connue avec sa mère à Paris.

La peinture fut envoyée l'année suivante dans une exposition qui se tenait à Chicago, où le maire accusa d'outrage aux mœurs le directeur de la galerie et l'attaqua en justice, pour finir par être débouté. Cette querelle juridique rendit célèbre le tableau qui, exposé ensuite à New York, scandalisa Anthony Comstock, président de la Society for the Suppression of Vice, qui réclama en vain qu'on l'enlevât. Il en resta toutefois aux menaces et n'alla pas jusqu'au procès[2].

Le résultat fut que le tableau fit fureur dans tout le pays ; journaux et revues multiplièrent les caricatures, et les foules s'entassaient pour voir le tableau qui se vit rapidement reproduit sur tous les supports imaginables : des calendriers, des cartes postales, voire des boîtes pour les produits commerciaux les plus divers. Un certain Harry Reichenbach essaya de faire croire que c'est lui qui, dans un but commercial, avait monté l'affaire en dénonçant le tableau à de vertueux censeurs de la morale, mais l'on pense généralement que cette prétention n'est qu'un canular[3].

Paul Chabas le vendit pour 10 000 $ à un collectionneur russe et, après la Révolution bolchevique, le tableau reparut à Paris dans la collection Gulbenkian d'où il passa à une collection de Philadelphie, et enfin, en 1957, au Metropolitan Museum de New York où on peut le voir encore aujourd'hui. Le succès de l'image incita Chabas à en peindre encore quelques variantes[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Les reproductions suivantes proviennent de Wikimedia Commons.

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Nail 2010, p. 88.
  2. Kendrick, Walter M. (1996). The Secret Museum: Pornography in Modern Culture. University of California Press. ISBN 0-520-20729-7.
  3. The September Morn Hoax
  4. On trouvera l'affaire, racontée de façon plus détaillée par Bonnie Bull dans The September Morn Story

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Référence de traduction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]