Bernard Buffet

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Bernard Buffet devant son atelier de Tourtour dans le Var[1].

Bernard Buffet, né le 10 juillet 1928 à Paris et mort le 4 octobre 1999 (à 71 ans) à Tourtour (Var), est un peintre français expressionniste, composant aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs. Aquarelliste, c'est également un peintre de décors de théâtre et un illustrateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premiers tableaux[modifier | modifier le code]

Enfant de Charles et Blanche Buffet, il est élevé dans le 17e arrondissement de Paris au no 29 de la rue des Batignolles[2] où il commence à peindre et dessiner dès l'âge de 10 ans. Renvoyé du Lycée Carnot en 1939, il suit en 1942 les cours du soir de la ville de Paris place des Vosges, où Monsieur Darbefeuille l'initie au dessin. Il remporte le concours d’entrée de l'École nationale supérieure des beaux-arts en décembre 1943 à quinze ans, passant deux ans dans l'atelier du peintre Eugène Narbonne où il est déjà considéré comme très doué. Il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz. En 1945, il part travailler seul dans la chambre de bonne de l’appartement familial. En 1946, il expose son premier tableau, un autoportrait, au Salon des moins de trente ans à la Galerie des beaux-arts.

En 1947, il expose L'Homme accoudé au Salon des Indépendants et en décembre a lieu sa première exposition particulière présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des impression d'art organisée par Guy Weelen et Michel Brient. L'État, par l'intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le Musée national d'art moderne de Paris, la peinture Nature morte au poulet.

En avril 1948, il présente un tableau, Le Buveur au prix de la jeune peinture organisé à la Galerie Drouant-David, 52, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Il n'obtient pas le prix, mais le docteur Maurice Girardin, un collectionneur d'art contemporain qui acquiert dix-sept œuvres de Buffet entre 1948 et 1953, défend sa peinture avec passion et attire l'attention d'Emmanuel David sur ce jeune peintre[3].

Contrat d'exclusivité avec Emmanuel David et Maurice Garnier[modifier | modifier le code]

Quelques jours plus tard, Emmanuel David se rend dans l'appartement du 29 de la rue des Batignolles et propose à Bernard Buffet d'entrer dans sa galerie avec un contrat d'exclusivité. Ce contrat a par la suite été partagé avec Maurice Garnier.

En juin, à la galerie Saint-Placido à Paris, il obtient le Prix de la critique ex-aequo avec Bernard Lorjou, de vingt ans son aîné. En juillet, une exposition de ses œuvres aura lieu dans cette Galerie. Il expose La Ravaudeuse de filet au Salon d'automne[3].

En 1949 Pierre Descargues publie Bernard Buffet aux Presses littéraires de France. Bernard Buffet épouse Agnès Nanquette, une camarade des Beaux-Arts, dont il divorcera l'année suivante. Un amateur d'art met un pavillon à Garches à sa disposition. Comme loyer, Bernard Buffet lui donne un tableau par trimestre.

En 1952 il reçoit le prix Antral.

Rétrospective à la galerie Charpentier[modifier | modifier le code]

En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue Connaissance des arts désignant les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour La Chambre argument de Georges Simenon qui devient son ami. Il achète la propriété de Manimes à Domont, près de Paris, mais la quittera l'année suivante.

En 1958, première rétrospective de son œuvre à la galerie Charpentier de Paris. Pierre Bergé publie Bernard Buffet.

Buffet, Pierre Bergé et Annabel[modifier | modifier le code]

En mai 1958, le peintre Xavier Zevaco lui présente Annabel Schwob à Saint-Tropez, alors qu'il était déjà installé dans le succès. C'est le coup de foudre. Elle avait alors de nombreux amants. Bernard venait de quitter Pierre Bergé, avec lequel il vivait depuis plusieurs années et qui gérait sa carrière. Le 12 décembre 1958, Buffet épouse Annabel Schwob à Ramatuelle. Buffet devait la portraiturer inlassablement. En 1961, l'une de ses expositions s'intitula « Trente fois Annabelle Schwob ».

Les années 1960[modifier | modifier le code]

En 1961, il peint un ensemble de tableaux représentant la vie du Christ destinés à décorer la chapelle de Château l'Arc. Dix ans plus tard, à la demande de Monseigneur Pasquale Macchi, secrétaire du Pape Paul VI, Bernard Buffet offrira ces tableaux au musée du Vatican où ils sont exposés dans une salle particulière.

En 1964, Maurice Druon publie Bernard Buffet, légendes d'Annabel Buffet, images de Luc Fournol. Bernard Buffet achète La Vallée à Saint-Cast où il travaillera jusqu'en 1970.

Honneurs officiels[modifier | modifier le code]

En mai 1971, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur.

Le 25 novembre 1973, inauguration du Musée Bernard Buffet, fondé par Kiichiro Okano, à Surugadaira au Japon. Ses cendres ont été dispersées dans le jardin de ce musée[4].

Élu à l’Académie des beaux-arts le 13 mars au fauteuil de Paul Jouve, c'est alors le plus jeune Académicien[3].

En 1978, à la demande de l’Administration des Postes, Bernard Buffet réalise une maquette pour un timbre de trois francs L’Institut et le Pont des arts. À cette occasion le Musée postal à Paris présente une exposition rétrospective de ses œuvres.

En 1986, Annabel publie D’amour et d’eau fraîche. Sortie du livre de Yann le Pichon Bernard Buffet en deux tomes qui obtient le prix Élie-Faure.

En 1988, inauguration de l’extension du musée Bernard Buffet de Surugadaira au Japon.

En 1989, Alin Avila publie Bernard Buffet.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Bernard Buffet, diminué par la maladie de Parkinson, se suicide par asphyxie dans son atelier du Domaine de la Baume près de Tourtour (Var), étouffé dans un sac en plastique noir sur la surface duquel son nom était imprimé avec sa calligraphie particulière, le 4 octobre 1999[3].

Le 20 juin 2007, Vladimir Veličković, lui ayant succédé à l'Académie des beaux-arts, a prononcé son éloge sous la Coupole.

En novembre 2007, parait le 3e et dernier volume de la monographie de Yann Le Pichon : Bernard Buffet, couvrant la période de 1982 à 1999.

Bernard Buffet est par ailleurs évoqué dans le 220e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Expositions[modifier | modifier le code]

Bernard Buffet a fait de nombreuses expositions particulières à l'étranger, notamment à New York, Chicago, Palm Beach (Floride), Montréal, Vancouver, Tokyo, Osaka, Johannesburg, Londres, Amsterdam, Bruxelles, Berlin, Varsovie, Bâle, Zurich, Genève, Rome, Venise, Milan, Madrid.

Rétrospectives[modifier | modifier le code]

Œuvres diverses[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

Décors[modifier | modifier le code]

Timbres postaux[modifier | modifier le code]

  • En 1978, un timbre de trois francs, l'Institut et le Pont des Arts, a été émis par l'Administration des Postes d'après une maquette dessinée par Bemard Buffet.
  • En 1991 un timbre de 25,70 francs, Piste de la Terre Adélie, a été émis par l’administration des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) d'après une maquette dessinée par Bernard Buffet.

Sculptures[modifier | modifier le code]

  • Bernard Buffet a réalisé quatre sculptures en bronze de plus de trois mètres d'envergure. Deux d'entre elles représentent un scarabée, les deux autres un papillon. Deux sculptures sont exposées dans le parc du Musée Bernard Buffet de Surugadaira (Japon), les deux autres, initialement dans le square Bernard et Annabel Buffet de Tourtour (Var), ont été installées sur la place de l'hôtel de ville, en témoignage de leur présence dans ce village de 1986 à 1999[10].

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Photo de Danielle Buffet.
  2. Simone Buffet, épouse de son frère Claude devenu libraire de livres anciens, occupe toujours cet appartement en 2012.
  3. a, b, c et d Lydia Harambourg, « Bernard Buffet, peintre de la solitude », émission Canal Académie, 22 avril 2012.
  4. « Yves Tanguy, Bernard Buffet, frères ennemis », sur lefigaro.fr
  5. Bernard Buffet, In attesa di Godot, p. 29, Corriere della Sera, 17 maggio 2009
  6. « Bernard Buffet: Return of the 'poser' », The Independent,‎ March 16, 2009 (lire en ligne)
  7. Buffet, Alexis Jakubowicz, Libération, 14 mars 2009
  8. Article sur l'exposition organisée à la galerie Pascale Froessel, Artistik Rezo, Solène Zores, 2 février 2010.
  9. Bernard Buffet : Actualité, expositions
  10. Les deux premières sculptures de Bernard buffet sont exposées au Musée Bernard Buffet au Japon, les deux suivantes dans le square Annabel et Bernard BUFFET de Tourtour

Liens externes[modifier | modifier le code]