Frontière entre l'Espagne et la France

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Frontière entre l'Espagne et la France
Image illustrative de l'article Frontière entre l'Espagne et la France
Caractéristiques
Délimite Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la France France
Longueur totale 656,3 km
Particularités Deux morceaux et une enclave
Historique
Création 1659 (traité des Pyrénées)
Tracé actuel 1984

La frontière entre l'Espagne et la France est la frontière internationale terrestre et maritime séparant les deux pays ayant à la fois une façade atlantique et une façade méditerranéenne. Courant sur 623 km le long des Pyrénées, c'est la plus longue frontière terrestre de la France métropolitaine.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Frontière principale[modifier | modifier le code]

Poste frontière du col du Pourtalet

La frontière franco-espagnole s'étend sur 623 kilomètres, au sud-ouest de la France et au nord-est de l'Espagne, plus longue frontière terrestre de la France métropolitaine avant celle avec la Belgique (620 km) (la plus longue frontière terrestre française est celle avec le Brésil en Guyane).

Elle débute à l'ouest sur le golfe de Gascogne au niveau de la commune française d'Hendaye et de la ville espagnole d'Irún.

La frontière suit ensuite une direction générale vers l'est, suivant à peu-près les Pyrénées jusqu'à Andorre, au pic de Médécourbe (42° 36′ 13″ N 1° 26′ 33″ E / 42.60361, 1.4425). La principauté interrompt la frontière entre l'Espagne et la France sur 25 kilomètres entre ces deux tripoints. Elle reprend un peu plus à l'est (42° 30′ 09″ N 1° 43′ 33″ E / 42.5025, 1.72583) et se poursuit jusqu'à la Méditerranée, qu'elle atteint au niveau de Cerbère en France et de Portbou en Espagne.

D'ouest en est, la frontière traverse :

Deux particularités : Llívia et l'île aux Faisans[modifier | modifier le code]

  • Une enclave : Llívia, ancienne capitale de la Cerdagne, est une enclave espagnole en territoire français, dans les Pyrénées-Orientales. Une route « neutre » (sans contrôle douanier) la relie à l'Espagne.
  • Une île partagée : peu après le début occidental de la frontière, alors que celle-ci suit le cours de la Bidassoa se trouve l'île des Faisans, au milieu du fleuve. Elle possède un régime frontalier particulier : l'île est un condominium, dont la souveraineté est partagée entre les deux pays.

Matérialisation de la frontière[modifier | modifier le code]

Frontière franco-espagnole : borne n° 1, au huitième kilomètre de la frontière franco-espagnole, entre les communes de Bera-Vera de Bidasoa (E) et Biriatou (F)

La frontière est matérialisée par 602 bornes frontières qui sont numérotées d'ouest en est[1].

La borne no 1 se situe sur les bords de la Bidassoa, à environ 8,5 km en amont du pont ferroviaire entre Hendaye et Irun, à l'endroit où la frontière ne suit plus ce fleuve et s'incurve vers l'est. Cette borne est ainsi située entre la commune de Bera-Vera de Bidasoa (E) et la commune de Biriatou (F)[2].

La borne no 602 est matérialisée par une croix située sur les pentes du cap Cerbère, dominant la Mer Méditerranée entre les communes de Portbou (E) et Cerbère (F)[3].

De plus, 45 bornes marquent la frontière autour de l'enclave de Llívia. Elles sont numérotées dans le sens anti-horaire à partir de la borne no 1 située au niveau de l'entrée de la route neutre (RD 68 des Pyrénées-Orientales) dans l'enclave. Ce point marque aussi la rencontre entre les communes françaises de Bourg-Madame et Ur, avec la commune espagnole de Llívia [4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le tracé de la frontière franco-espagnole remonte à la signature du traité des Pyrénées entre les royaumes d'Espagne et de France, en 1659. Le traité fut d'ailleurs signé par le cardinal Mazarin, représentant Louis XIV, et don Luis de Haro, représentant Philippe IV d'Espagne, à la frontière, sur l'île des Faisans.

La frontière est alors surveillée par différents postes de guet, comme le château de Tramezaygues (Hautes-Pyrénées), datant du XIIe siècle et dont les défenses sont améliorées au début du XVIIIe siècle.

Un an plus tard, le 22 novembre 1660, le traité de Llivia est signé, laissant Llívia au royaume d'Espagne.

La délimitation exacte de la frontière fut réalisée à partir de la fin du XVIIIe siècle. Le tracé actuel fut établi avec le traité de Bayonne en 1856, réglant différents points litigieux dont Llivia dans l'article 16 du traité qui était désormais une enclave. La frontière fut légèrement rectifié en 1984 au-dessus d'Arette et d'Isaba (0,27 hectare concerné).

L'Espagne a totalement fermé ses frontières terrestres avec la France entre le 1er mars 1946 et le 10 février 1948[5] à la suite des problèmes politiques entre le régime franquiste et le gouvernement provisoire français[5].

Passages[modifier | modifier le code]

D'ouest en est, les principaux points de passage sont ceux de :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Géoportail
  2. 43° 17′ 45″ N 1° 43′ 47″ O / 43.29583, -1.72972
  3. 42° 26′ 08″ N 3° 10′ 27″ E / 42.43556, 3.17417
  4. 42° 27′ 12″ N 1° 57′ 36″ E / 42.45333, 1.96
  5. a et b Anne Dulphy, « La politique espagnole de la France (1945-1955) », Vingtième siècle, vol. 68, no 68,‎ 2000, p. 29-42 (lire en ligne)
  6. a et b Le col de Roncevaux (ou Puerto de Ibañeta en espagnol), proche de ces points de passage, n'est pas listé car il est situé totalement en Espagne
  7. 42° 50′ 54″ N 0° 44′ 10″ E / 42.84833, 0.7361, route N230, côté espagnol, 682 m, à proximité de Fos, à proximité du Col de Toudoucet, à proximité de Lès

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]