Labourd

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Labourd
Lapurdi
Blason
Blason
Localisation du Labourd
Localisation du Labourd
Administration
Capitale Bayonne / Ustaritz
Démographie
Population 205 000 hab.
Langue(s) français, basque, castillan, gascon
Coordonnées 43° 24′ N 1° 27′ O / 43.4, -1.45 ()43° 24′ Nord 1° 27′ Ouest / 43.4, -1.45 ()  
Le Labourd au Pays basque.

Le Labourd (Lapurdi en euskara, l'endonyme de la langue basque) est une province historique du Pays basque et la province la plus occidentale du Pays basque français (ou Iparralde, i.e. le Nord, en basque). Il fait partie de l'arrondissement de Bayonne, département des Pyrénées-Atlantiques.

Noms et gentilés[modifier | modifier le code]

Noms[modifier | modifier le code]

Le nom basque du Labourd est, selon l'Académie de la langue basque, Lapurdi[1].

En langue espagnole, on dit généralement Labort.

Gentilés[modifier | modifier le code]

Le gentilé français est labourdin.

En basque, l'Académie recommande la forme lapurtar.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les limites du Labourd[modifier | modifier le code]

Le Labourd est délimité par :

Division territoriale selon l'Académie de la langue basque[modifier | modifier le code]

Depuis 1999, l'Académie de la langue basque ou Euskalzaindia divise le territoire du Labourd[2],[3] selon les recommandations du comité de sa commission d'onomastique[4]. D'autres organisations et institutions telles que l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastián[5] ou Gaindegia[6] utilisent cette division géographique pour réaliser des statistiques ou les commenter[7]. Certains regroupements communaux correspondent simplement aux anciennes divisions cantonales françaises. Par exemple, Lapurdi Itsasegia correspond au canton de Saint-Jean-de-Luz dans les années 1970[8].

Division territoriale selon Euskaltzaindia

Climat et relief[modifier | modifier le code]

Le Labourd connaît un climat océanique doux (températures moyennes : 4 à 12° en hiver, 16 à 24° en été).

Son relief est fait de collines, dont l'altitude augmente vers l'est et le sud (contreforts des Pyrénées). Les montagnes sont de faible altitude : la Rhune, point culminant du Labourd, ne fait que 905 mètres. La région du Bas-Adour est quant à elle plate (plaine des Landes de Gascogne).

Les 4 fleuves et rivières principaux qui le parcourent sont :

Géographie historique : province de Labourd et Labourd contemporain[modifier | modifier le code]

En ce début de xxie siècle, tant les documents cartographiques et les bases de données[15] que les représentations mentales de la large majorité de la population [16] intègrent Bayonne et Boucau au Labourd. Si on se réfère à la province historique du Labourd, Bayonne en est en un sens disjoint -au moins depuis 1193, date où Richard Ier d'Angleterre (en sa qualité de duc d'Aquitaine) achète au vicomte de Labourd ses droits sur Bayonne[17].

Si on définit la province de Labourd par sa coutume, il faut en exclure d'une part Bayonne, d'autre part Saint-Esprit et Boucau : la première a sa propre coutume, les deux autres, landaises jusqu'en 1857, connaissent la coutume de Dax[18]. On obtient les mêmes limites si on s'intéresse au ressort de son assemblée représentative, le Biltzar (du moins à partir de 1763, date à laquelle Urt, Bardos et Guiche y sont réintégrées[19]).

Le Labourd au sens du droit civil (en jaune)

Sur la carte ci-dessus, le ressort de la coutume du Labourd (qui est aussi celui du Biltzar) figure en jaune, celui de la coutume de Bayonne (la ville de Bayonne au sud de l'Adour) en vert, celui de la coutume de Dax (Boucau et Saint-Esprit) en bleu.

Bailliages et sénéchaussées en Labourd

La carte des subdivisions judiciaires est plus complexe. La plus grande partie du territoire (en jaune clair sur la carte ci-dessus) constitue le bailliage du Labourd, attesté depuis 1247[20], dont le siège est à Ustaritz ; il dispose d'un bailli d'épée. Pourtant le bailliage du Labourd, intégré ultérieurement à la sénéchaussée des Lannes, ne constitue qu'une partie d'une sénéchaussée secondaire dont le siège est à Bayonne (sur la carte, la sénéchaussée de Bayonne est la réunion du bailliage du Labourd et de Bayonne, représenté en jaune plus foncé)[21]. À cette situation complexe s'ajoutent les situations plus simples de Saint-Esprit et Boucau (en bleu foncé sur la carte), qui appartiennent à la sénéchaussée de Tartas[22] et des trois paroisses d'Urt, Bardos et Guiche (en bleu clair sur la carte), qui sont rattachées à la sénéchaussée de Came[23].

Superficie et population[modifier | modifier le code]

En incluant Bayonne et Boucau, sa superficie est de 858 km²[24], soit environ 4 % de la surface totale du Pays basque (nord et sud), et sa population de 205 000 habitants, ce qui en fait la plus peuplée des trois provinces d'Iparralde. Si on se refuse à inclure ces deux villes dans le Labourd, la population est d'approximativement 152 000 habitants[25].

Villes et villages[modifier | modifier le code]

Le Labourd comprend une quarantaine de communes. On en trouvera la liste, annotée, à l'article Liste des communes du Labourd.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les terres du Labourd, limitées au nord par l'Adour, sont géographiquement et historiquement liées à la mer. C'est, en partie, un territoire arraché à l'océan par l'accumulation de grands dépôts quaternaires, où s'installèrent les Vascons. Après une période d'occupation romaine superficielle, ils parviendront à constituer ce duché de Vasconie qui fut pratiquement indépendant et dont l'un des derniers porteurs du titre, Eudes, lutta contre les Sarrasins, lors de la fameuse bataille de Poitiers. Conquise par les Carolingiens et rattachée au royaume d'Aquitaine créé en 781, la région est ensuite incluse dans le royaume de Pampelune du roi Eneko Arista vers 830[26].

La mer a joué un rôle primordial dans l'évolution historique de cette région. On attribue à Bayonne le rôle de capitale du Labourd. Cela est vrai jusqu'au XIIe siècle, date à laquelle Bayonne est détachée administrativement de sa province. La capitale historique du Labourd devient alors Ustaritz dans laquelle s'organise le biltzar du Labourd (l'assemblée générale de tous les maires de la province du Labourd).
Après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II Plantagenêt, en 1152, les terres du Labourd passeront sous la dépendance de la couronne anglaise et elles seront l'objet de multiples intrigues, dont l'un des principaux protagonistes sera le fameux Richard Cœur de Lion, artisan du développement commercial et économique de Bayonne qui achète ses droits au dernier héritier de la vicomté Guillaume-Raymond de Sault le 4 avril 1193 et c'est son frère et successeur Jean Sans Terre qui donne sa charte de commune à Bayonne en 1215

Cette influence anglaise dura jusqu'en 1450, quand le Labourd revint à la couronne française, après la signature du traité de paix au château d'Ayherre.En 1609, un procès des sorcières y fut mené par Jean d'Espagnet, conseiller au Conseil d'État, et Pierre de Lancre, conseiller au parlement afin de « purger le pays de tous les sorciers et sorcières sous l'emprise des démons.»

Liste des vicomtes de Labourd[modifier | modifier le code]

  • Loup Sanche († vers 1058) nommé en 1023 par Sanche III de Navarre[27] ;
  • Fortun Sanche († 1063 ) son frère, vers 1060 ;
  • Fortun II Sanche († 1095) son petit-fils, c'est-à-dire fils de Sanche Fortun prédécédé vers 1062;
  • Reina Toda sa fille épouse vers 1080 Sanche Garcia d'Arberoue
  • Bertrand d'Arberoue († 30 octobre 1169) leur fils :
  • Pierre Bertrand († 1170) son fils aîné ;
  • Arnaud Bertrand († 1192) son frère ;
  • Guillaume Bertrand, son frère, chanoine de Bayonne évêque de Dax en 1188;
  • Guillaume Raymond de Sault leur neveu 1192-1193.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Ustaritz et du Labourd.svg

Les armes du Labourd se blasonnent ainsi : Parti : au premier d'or au lion de gueules tenant dans sa dextre un dard du même posé en barre, au second d'azur à la fleur de lys d'or.

Culture et identité[modifier | modifier le code]

Langues parlées[modifier | modifier le code]

La question de la « capitale »[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, alors que le Labourd est une vicomté féodale, c'est à Bayonne que siège le vicomte. C'est encore le cas jusqu'à la défaite du vicomte Pierre Bertrand face à Richard Cœur de Lion en 1174. Les vicomtes s'établissent alors à Ustaritz[29].

C'est aussi à Ustaritz que va s'établir l'institution judiciaire de la province, la cour du bailli, encore que Manex Goyhenetche, notant qu'Ustaritz n'est pas représenté sur une carte du XVIe siècle, formule l'hypothèse qu'à cette époque le siège du bailliage soit itinérant[30]. Cette institution proprement labourdine est toutefois dans une certaine mesure subordonnée à la sénéchaussée secondaire de Bayonne et c'est la juridiction de Bayonne qui traite des « cas royaux »[31], un petit nombre d'infractions pénales supposées de gravité nationale (lèse-majesté ou faux-monnayage par exemple) et reçoit certains appels de la Cour d'Ustaritz[32].

L'institution la plus originale du Labourd, le biltzar, siège quant à elle à Ustaritz. Le plus ancien procès-verbal connu du biltzar d'Ustaritz date du 24 janvier 1567[33].

Cet ensemble de circonstances fait qu'on peut trouver la mention d'Ustaritz comme « capitale » ou « capitale historique » du Labourd[34].

Pour la majorité des sources, notamment des dictionnaires historiques anciens, c'est tout de même Bayonne qui est désignée comme la « capitale » du Labourd[35], au nom de son influence « économique, religieuse et intellectuelle » sur la province[36].

L'identité labourdine[modifier | modifier le code]

L'éditorialiste de LEMA, mensuel du parti nationaliste basque, note en 2007 que « la conscience labourdine est aujourd'hui probablement la plus faible des sentiments provinciaux du Pays basque nord » tout en tempérant son propos : « la conscience labourdine est faible ? Est-elle morte ? Nul ne peut prédire le cycle long d'une identité »[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Euskaltzaindia - Académie de la langue basque
  2. Lapurdi : toponymes (noms de lieux) sur le site de l'Académie de la langue basque.
  3. (eu) Euskal Herriko udalerrien zerrenda alfabetikoa (Liste alphabétique des communes du Pays basque)
  4. (eu) Onomastika batzordea. En 2012, des personnalités telles Txomin Peillen, Jean-Louis Davant, Jean-Baptiste Orpustan ou Bernadette Soulé y siègent
  5. Identité et imaginaire collectif dans l'Eurocité basque
  6. Observatoire pour le Développement Socio-Économique d’Euskal Herria
  7. Acción colectiva Hegoalde-Iparralde par Francisco Letamendia, Madrid, Editorial Fundamentos, 2006, Colección Ciencia, Serie Política, 295 pages.
  8. canton de Saint-Jean-de-Luz dans les années 1970
  9. Baiona-Angelu-Biarritz (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.
  10. Lapurdi Beherea (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.
  11. Lapurdi Ekialdea (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.
  12. Lapurdi Erdialdea (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.
  13. Lapurdi Garaia (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.
  14. Lapurdi Itsastegia(-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.
  15. Voir par exemple (es) HAIZEA (dir.) et Juan Antonio Sáez (dir.), Nosostros Los Vascos - Ama Lur - Gegrafia fisica y humana de Euskalherria, Lur,‎ 1999 (ISBN 84-7099-415-8), (eu) E. Asumend (dir.), Munduko Atlasa, Elkar,‎ 2004 (ISBN 84-9783-1284) ou les données statistiques de la (en) « Banque de Données du Pays Basque », Gaindegia Association (consulté le 14 Septembre 2009).
  16. Gisèle Carrère-Prignitz, « Représentations du Sud : enquête sociolinguistique au Pays basque et en Béarn », dans Gisèle Carrère-Prignitz, Véronique Duché-Gavet et Yves Landerouin (coord.), Les Pyrénées, une frontière ?, L'Harmattan, 2005, p. 245 (ISBN 274759663X) (au sujet de la rive droite de l'Adour, Boucau et Saint-Esprit)
  17. Pierre Hourmat, Histoire de Bayonne, publiée comme numéro spécial (n° 142) du Bulletin de la société des sciences, lettres et arts de Bayonne, 1986.
  18. Anne Zink, L'héritier de la maison - Géographie coutumière du Sud-Ouest de la France sous l´Ancien Régime, Éditions de l'EHESS, 1993 (ISBN 2-7132-0996-X), notamment carte 7 et p. 28
  19. Anne Zink, op. cit., p. 57
  20. Maïté Lafourcade, 1789 et les Basques, Actes du colloque international de Bayonne, 1989
  21. Landes et Chalosse, sous la direction de Serge Lerat, Société nouvelle d'éditions régionales et de diffusion, Pau, 1983, p. 467-468
  22. Anne Zink, op. cit., p. 234
  23. Anne Zink, op. cit., p. 34-35
  24. F J Gomez Piñeiro et al., Pays Basque, La terre, les hommes, Labourd, Basse Navarre, Soule, Saint-Sébastien, Elkar (ISBN 84-7407-091-0), p. 297. Cet ouvrage a l'intérêt de fournir cette donnée dans un appendice qui fait apparaître la méthodologie utilisée (inclusion de Bayonne et Boucau, exclusion de Sames) et énumération des superficies additionnées pour obtenir le résultat.
  25. Nous suivons ici Eugène Goyheneche, Notre terre basque : notions de géographie, histoire et culture populaire, Ikas,‎ 1961 (consulté dans sa 2ème édition, Société nouvelle d'éditions régionales et de diffusion, Pau, 1979), p. 26, qui donne deux chiffres de population possibles pour le Labourd, en actualisant bien entendu les données.
  26. Béatrice Leroy Histoire du Pays Basque éditions Jean-Paul Gisserot 2005, (ISBN 9782877478304) p. 17.
  27. Béatrice Leroy Op.cit p. 21
  28. http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/06/96/81/PDF/2006-05_Bayonne_Colloque.pdf
  29. Eugène Goyheneche, Le Pays Basque, Société nouvelle d'éditions régionales et de diffusion, Pau, 1979, p. 121-122
  30. Manex Goyhenetche, Histoire générale du Pays basque, Elkarlanean Donostia, 1998 (ISBN 2913156207) tome II, p. 139
  31. Eugène Goyheneche, op. cit., p. 131
  32. Anne Zink, Pays ou circonscriptions. Les collectivités territoriales de la France du Sud-Ouest sous l'Ancien Régime, Publications de la Sorbonne,‎ 2000 (ISBN 2859443894), p. 32
  33. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, C 1620 (années 1711-1737), C 1621 (années 1758-1792).
  34. Ainsi dans Eugène Goyheneche, op. cit., p. 14, ou dans Philippe Veyrin, Les Basques de Labourd, de Soule et de Basse-Navarre, leur histoire et leurs traditions,‎ 1943, p. 117, parmi d'autres.
  35. Manex (Jean) Goyheneche, Les basques et leur histoire - Mythes et réalités, Donostia, Elkar (ISBN 2 903 421 34X), p. 16-17. Manex Goyheneche renvoie à une observation similaire de Josette Pontet-Formigué (dans Bayonne, un destin de ville moyenne à l'époque moderne, J & D éditions, 1990) et cite plusieurs exemples : le Dictionnaire historique de la France, Hachette, 1872 ou la Grande Encyclopédie de H. Lamirault, 1895.
  36. Philippe Veyrin, op. cit., p. 17 utilise l'expression de « capitale économique, religieuse et intellectuelle »
  37. LEMA, numéro 117, novembre 2007, p. 8

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]