Refuge de montagne

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Payerhütte dans le massif de l'Ortler (Italie).
Le refuge du Goûter situé sur le versant français du mont Blanc, plus haut refuge gardé d'Europe de l'Ouest[1]

Un refuge de montagne (ou cabane) est un bâtiment situé en montagne et destiné à fournir abri et éventuellement nourriture aux alpinistes et randonneurs.

En raison de la forte activité des sports de montagne dans les Alpes et de la densité des sentiers, les refuges y sont nombreux. Ceci n'est pas forcément le cas dans d'autres chaînes de montagnes.

Services[modifier | modifier le code]

En France, il existe quatre types de gestionnaire pour les refuges de montagne  : le plus connu est le club alpin français (FFCAM), certains parcs nationaux et parcs naturels régionaux, les communes françaises et enfin les privés, gardien ou non. Le couchage est fourni le plus souvent dans des dortoirs communs. Traditionnellement d'un confort rustique (couchage et sanitaires), les refuges tendent à se rapprocher des hôtels au gré de leur rénovation ou des nouvelles constructions, au grand dam de certains pratiquants de la montagne qui trouvent que les refuges perdent alors leur âme.

Les refuges sont gardés par des gardiens, le plus souvent gérant pour le compte du gestionnaire (FFCAM, commune, privé) durant la haute saison. Ces gardiens préparent des repas et proposent des boissons, comme dans un restaurant, avec cependant un choix limité puisqu'il n'est pas toujours aisé de transporter les denrées jusqu'au refuge. Les gardiens peuvent également renseigner sur la météo ou les conditions d'enneigement, et prévenir les secours par radio en cas de problème. Certains refuges ne sont pas gardés, par exemple dans des zones éloignées ou durant l'hiver, mais il reste normalement possible d'y accéder. L'accès peut être alors limité à la salle dite hors-sac, ou conditionné à la prise des clés auparavant dans la vallée.

Tout pratiquant de la montagne peut accéder aux refuges, les membres des clubs alpins obtenant le plus souvent une réduction sur le prix de la nuitée dans les refuges FFCAM.

Règles de vie[modifier | modifier le code]

La Moscow Villa Hut dans les Alpes australiennes.

En raison de l'exiguïté des lieux, la vie dans un refuge impose certaines règles :

  • respect des autres ;
  • respect des horaires ;
  • calme et silence ;
  • rangement et propreté.

En France, il est obligatoire de réserver, et de prévenir en cas d'annulation. Pour certains refuges très fréquentés, notamment aux alentours du mont Blanc (refuges de l'aiguille du Goûter, du Couvercle, des Conscrits, d'Argentière, etc.) ou des Écrins et du Glacier Blanc, il est conseillé de réserver longtemps à l'avance.

Historique et typologie[modifier | modifier le code]

L’histoire des refuges suit l’histoire de l’alpinisme et de la conquête progressive des sommets. Au début, on utilise les cabanes de bergers et les abris sous roche naturels. Peu à peu on aménage ces abris en construisant des murs de pierres prises sur place. Henry Russell fait construire dans les Pyrénées l’abri au pied du Cylindre, un simple mur adossé à la paroi rocheuse (1877). Plus tard, ennemi déclaré de toute construction qui, selon lui, défigure la montagne, il opte pour les grottes creusées dans la roche : les sept grottes Russell, dans le massif du Vignemale, resteront des exemples sans suite. On construit alors, à l’instigation de Léonce Lourde-Rocheblave, des refuges dits « ogivaux » en raison de leur forme, élevés avec les matériaux pris sur place, massifs, avec peu d’ouvertures, destinés avant tout à isoler du froid sans autre souci de confort. Après la Seconde Guerre mondiale et l’essor de la randonnée de haute montagne, on construit alors des refuges qui ressemblent plus à des maisons ou des chalets, munis de grandes baies pour profiter du paysage. Dans les années 1970, la tendance est à plus de légèreté dans la construction, les toits ont plus de pente et on utilise plus de matériaux naturels comme le bois, ou technologiques comme les panneaux métalliques. Aujourd’hui l’hélicoptère permet d’amener facilement toutes sortes de matériaux et le souci écologique prédomine, avec une autonomie et un confort accrus par l’emploi des matériaux isolants, des panneaux solaires, etc.

France[modifier | modifier le code]

Le refuge Wallon, Cauterets, Hautes-Pyrénées, France

En France, le premier refuge des Alpes a été celui de la Fare (Grandes Rousses), construit en 1876[2]. Le premier refuge des Pyrénées a été le refuge de Tuquerouye, en 1890, dans le massif de Gavarnie.

À partir de sa création en 1874, le Club alpin français entreprit la construction de refuges. Il gère actuellement la presque totalité des refuges ouverts au public, soit 133, principalement dans les Alpes et les Pyrénées.

Il existe une formation au métier de gardien de refuge : le diplôme universitaire gardien de refuge délivré par l'Université Toulouse 2 - Jean Jaurès. L'ISTHIA — Institut supérieur du tourisme de de l'hôtellerie restauration — de Foix (anciennement CETIA)[3], ainsi que l'AFRAT[4] centre de formation basé à Autrans en Isère préparent à ce diplôme.

Suisse[modifier | modifier le code]

Le Club alpin suisse et ses nombreuses sections exploitent 153 cabanes dans les Alpes suisses[5]. À l'inverse de la France, le terme cabane désigne les abris gardiennés de grande ou moyenne capacité d'accueil (comme la cabane de l'A Neuve), tandis que le terme refuge ou bivouac désigne les abris sommaires, sans gardien (comme le refuge des Bouquetins ou le bivouac du Dolent).

Les refuges du Club alpin suisse sont connus pour être en général d'un grand confort[réf. souhaitée].

Italie[modifier | modifier le code]

Le Club alpin italien et ses sections exploitent nombre de cabanes et refuges de montagne[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]