Zugarramurdi

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Zugarramurdi
Blason de Zugarramurdi
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Statut Municipio
Communauté autonome Navarre Navarre
Province Navarre Navarre
Maire
Mandat
Jesús María Aguerre Indaburu (Agrupación Akelarre)
2007-2011
Code postal 31710
Démographie
Gentilé Zugarramurdiarra, Zugarramurditarra (eu)
Population 226 hab. (2007)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 16′ 00″ N 1° 32′ 00″ O / 43.26667, -1.5333343° 16′ 00″ Nord 1° 32′ 00″ Ouest / 43.26667, -1.53333  
Altitude 205 m
Superficie 564,9 ha = 5,649 km2
Localisation

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Zugarramurdi

Zugarramurdi (nom en basque et en espagnol) est une ville et une municipalité de la Communauté forale de Navarre située à 83 kilomètres de la capitale de la communauté, Pampelune (Pamplona) en Navarre, au nord de l'Espagne. La langue basque est coofficielle avec l'espagnol. Ses 235 habitants (en 2004) sont appelés les « Zugarramurdiarra » ou les « Zugarramurditarra ».
Le secrétaire de mairie est aussi celui d'Urdazubi.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du toponyme Zugarramurdi, inconnue, est certainement d'origine basque. Le philologue Koldo Mitxelena[1] proposa que le nom pouvait évoquer un lieu où se trouvent des ormes (zugar) misérables (andur) en grand nombre (le suffixe di indique l'abondance).

Le même Mitxelena reconnut qu'il ne possédait pas de preuves, de documents anciens pour appuyer sa théorie. Étant donné que Zugarramurdi se trouve en zone bascophone de Navarre il est fort probable que zugar soit réellement l'orme. En basque normatif on dit sumar, mais zugar est une variété dialectique du mot orme qui apparaît dans beaucoup de toponymes. Il est également probable que di soit le suffixe abondantiel qui, en basque, accompagne les arbres et les plantes. Ainsi par exemple, Zumardi veut dire en basque ormaie et allée de peupliers. Dans le cas du toponyme Zugarramurdi il y a actuellement un élément inconnu.

Selon Philippe Oyhamburu, Zagaramurdy est un nom d'origine basque dont l'origine étymologique du mot est Saramendi et qui signifie « Bosquet sur la montagne »[2].

En basque et en espagnol le nom de la commune s'écrit de la même manière, bien que le Z se prononce de façon différente dans les deux langues. Selon Mikel Belasko, en basque le nom du village doit se prononcer parfois comme Zugamurdi, Zamurdi ou Zuenburdi, formes syncopées du mot.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village se situe au Nord-Ouest de la province de Navarre (Espagne), proche de la frontière de Dancharia/Dancharinea avec la France dans les Pyrénées-Atlantiques. Elizondo, la principale ville de la région, est la plus grande localité limitrophe.

Quartiers, hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

La commune est composée de plusieurs zones d'habitat : Azkar, Etxartea, Madaria, Olasur (quartiers ou hameaux) autour de Zugarramurdi elle-même.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1996 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
247 239 237 234 231 235 230 229 233 223 226
Sources: Zugarramurdi et instituto de estadística de navarra

Division linguistique[modifier | modifier le code]

En accord avec Loi forale 18/1986 du 15 décembre sur le basque[3] , la Navarre est linguistiquement divisée en trois zones. Cette municipalité fait partie de la zone bascophone où l'utilisation du basque est majoritaire. Le basque et le castillan sont utilisés dans l'administration publique, les médias, les manifestations culturelles et en éducation cependant l'usage courant du basque y est majoritaire et encouragé le plus souvent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Zugarramurdi, tout commeUrdazubi, était un village de fermes isolées autour du monastère San-Salvador avant d'acquérir une juridiction civile. Elle fut déclarée commune en 1667. Ce village est très connu pour ses grottes où on disait que se réunissaient les sorcières dans les « akelarre » (lande du bouc, en basque).

En 1610 a eu lieu à Logroño un procès lors duquel l'Inquisition accusa de sorcellerie quarante habitants de Zugarramurdi et en condamna douze au bûcher. Les condamnations se basèrent pour la majeure partie des cas sur des témoignages empreints de superstition, peu fiables et produits par des envieux :

« Les 18 personnes restantes furent toutes réconciliées (pour avoir été toute leur vie de la secte des sorcières), bonnes confidentes et qu'avec des larmes elles avaient demandé miséricorde et qu'elles voulaient retrouver la foi des chrétiens. Ayant lu dans ces sentences des choses tellement horribles et effrayantes que personnes n'avait vu : il y avait tant de choses à raconter qu'il fallait toute une journée, depuis l'aube jusqu'à la nuit que les messieurs de l'inquisition furent mandatés pour rogner beaucoup de faits car ils ne pouvaient pas finir ce jour-là. Avec toutes ces personnes on usa beaucoup de miséricorde, apportant beaucoup plus de considérations au repentir de ses fautes qu'a la gravité des délits: Au moment où on commença à se confesser, aggravant les punitions à ceux qui le faisaient plus tardivement selon la rébellion que chacun avait tenu dans ses confessions[4]. »

À la fin du procès, des hommes et des femmes ont été brûlés vifs, d'autres condamnés à l'exil perpétuel avec confiscation de leurs biens. On a même été jusqu'à brûler en effigie des personnes mortes en prison en attente du procès. Voir la liste ci-dessous.

Sentence pour « délit de foi »
Prénom, nom, âge Grade dans l'akelarre Sentence
Miguel de Goiburu, 66 Roi de l'Akelarre Réconcilié en effigie
Graciana de Berrenechea, 80 / 90 Reine de l'Akelarre Réconciliée en effigie
Estevania de Navarcorena, plus de 80 La seconde dans le rang Réconciliée en effigie
Maria Pèrez de Barrenechea, 46 La 3ème dans le rang Réconciliée en effigie
Juana deTelechea, 38 Réconcilié et 1 an de prison
Maria de Jaureteguia, 22 Réconciliée et 6 mois d'exil
Maria de Arburu, 70 Reine de l'Akelarre « succéda au n° 5 » Réconciliée et prison perpétuité
Maria de Yriarte, 40 Réconciliée en effigie
Estevania de Yriarte, 36 Réconciliée en effigie
Juanes de Goiburu, 37 Tambour de l'Akelarre Réconcilié et prison perpétuité
Juanes de Sansin, 20 Atabalero de l'Akelarre Réconcilié et prison perpétuité
Maria Prenosa, plus de 70 Réconcilié et prison perpétuité
Maria Baztân de La Borda, 68 Brûlée vive
Graciana Xarra, 66 Brûlée vive
Maria de Echachute, 54 Brûlée vive
Maria Chipia de Barrenechea, 52 Réconciliée et prison perpétuité
Maria de Echegui, 40 Réconciliée et prison perpétuité
Maria de Echalecu, 40 Brûlée en effigie
Estevania de Petrisancena, 57 Brûlée en effigie
Martin Vizcar, plus de 8O Caudatario du démon, maire des enfants dans l'Akelarre Réconcilié en effigie
Juanes de Echegui. 68 Brûlé en effigie
Domingo de Subildegui, 50 Brûlé vif
Fray (frère) Pedro de Arburu, 43 Abjuration de Levi et 10 ans
Petri de Juangorena, 36 Brûlé vif
Don Juan de la Borda y Arburu,34 Abjuration de Levi et 10 ans
Juanes de Odia y Berechea, 60 Brûlé en effigie
Maria de Zozaya y Arramendi, 80 Endoctrineuse de la secte des sorcières Brûlée en effigie
Juanes de Lambert, 27 Réconcilié et exil perpétuel
Mari Juanito, 60 Réconcilié en effigie
Beltrana de la Fargua, 40 Réconciliée et 6 mois de prison
Juanes de Yribarren, 40 Bourreau de l'Akelarre Réconcilié, 1 an et exil perpétuel

Types de sentences[5] :

Réconcilié
Personnes qui ont reconnu leurs actes de sorcellerie mais à qui on a laissé la vie sauve pour s'être « repenties » de ces actes ; mais condamnées à d'autres peines : prison, confiscation des biens, exil, etc.
Abjuration de Levi
reniement du diable et conversion au christianisme avec communion.
Brûlé en effigie
personnes déjà mortes en prison et pour lesquelles on a fait des effigies en carton-pâte les jours du procès.

Démographie[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • Église de l'Assomption du XVIIIe siècle, construite entre 1781 et 1784. Elle a été partiellement détruite par les troupes françaises en 1793 et reconstruite au XIXe siècle.
  • Ermitage Notre-Dame-du-Rosaire

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Fêtes[modifier | modifier le code]

Les fêtes patronales se célèbrent en l'honneur de l'Ascension de la Vierge du 14 au 18 août.

Légendes[modifier | modifier le code]

On dit que le mot Akelarre (lande du bouc) vient du pré qui se trouve à côté d'une des petites cavernes de Zugarramurdi où se célébraient les réunions des sorcières. Les participants appelaient ainsi ce pré où paissait un bouc qui se transformait en une personne lorsque les sorcières s'y réunissaient. Il était en fait le diable.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Grotte de Zugarramurdi

La grotte de l'Akelarre ou Zugarramurdi ou grotte des sorcières est très connue. La rivière Olabidea, également connue sous le nom de rivière de l'enfer (Inferneko erreka), traversant une masse rocheuse calcaire a creusé une série de cavernes parmi lesquelles la plus grande forme un tunnel de 100 m de long et 30 m de haut.

Ces grottes sont réputées pour avoir accueilli durant le Moyen Âge des réunions de sorcières ou akelarre qui aboutirent à un important procès par l'Inquisition au XVIIe siècle à Logroño. Il conduisit au bûcher de nombreuses personnes des environs.

Aujourd'hui ces grottes peuvent être visitées et on y célèbre, pendant le solstice d'été, une fête dédiée au culte du feu. Lors de ces fêtes du mois d'août une « bacchanale » gastronomique de viandes grillées ou « zikiro[6]-yate ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Koldo Mitxelena Elissalt (Errenteria, 1915 - Saint-Sébastien, 1987), fut un linguiste espagnol. On le considère comme une des plus haute autorité en matière de langue basque et fut l'un des acteurs de l'unification de cet idiome. Également connu sous le nom de Luis Michelena ou Koldobika Mitxelena.
  2. Philippe Oyhamburu (trad. Oscar Barahona, préf. Jean-Baptiste Orpustan), Euskal deituren hiztegia : dictionnaire des patronymes basques = diccionario de apellidos vascos, Ossas-Suhare, Hitzak,‎ 1991, 788 p. (ISBN 2908132028 et 9782908132014)
  3. Ley foral 18/1986, de 15 de diciembre de 1986, del Vascuence.Ley Foral 18/86, de 15 de diciembre de 1986, del Vascuence. Régulation de son usage et de son officialisation. En français sur le site de L'aménagement linguistique dans le monde.
  4. Extrait du jugement cité par Caro Baroja.
  5. Tiré et traduit du texte vendu à l'entrée de la grotte
  6. Le zikiro est le « méchoui » basque importé d'Amérique où l'on met des demi-moutons sur des pieux plantés dans le sol autour du feu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]