Château de Puivert

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château de Puivert
Image illustrative de l'article Château de Puivert
Château de Puivert
Période ou style Château-Fort
Propriétaire actuel Privé
Destination actuelle Ruines
Protection Logo monument historique Classé MH (1907)
Site web www.chateau-de-puivert.com/
Coordonnées 42° 55′ 16″ N 2° 03′ 20″ E / 42.921111, 2.055556 ()42° 55′ 16″ Nord 2° 03′ 20″ Est / 42.921111, 2.055556 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Languedoc-Roussillon
département Aude
Commune Puivert

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
château de Puivert

Le château de Puivert (Puègverd en occitan, Podioviridi au Moyen Âge) est un château dit cathare situé sur la commune de Puivert, dans le département de l'Aude. Ce bâtiment, posé sur une colline surplombant le village et son lac, culmine à une altitude de 605 mètres. Le site se trouve dans la région du Quercorb, à 60 kilomètres au Sud de Carcassonne et à 45 kilomètres à l'Est de Foix.

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire du château[modifier | modifier le code]

Le castrum primitif[modifier | modifier le code]

La construction daterait du XIIe siècle. Les premières mentions de l'édifice remontent à 1152 : il appartient alors à la famille de Congost, au moment de la croisade des Albigeois. Ces seigneurs puissants du Quercorb, accueillaient régulièrement les « grands » pour de somptueuses fêtes, dont Aliénor d'Aquitaine, et pratiquaient le catharisme et étaient montrés comme des hérétiques. Ainsi, en novembre 1210, le château subit un siège de trois jours par l'armée de Thomas Pons de Bruyère, lieutenant de Simon de Montfort et Puivert devient une possession du royaume. Un effondrement du barrage naturel retenant les eaux du lac au pied du site provoque la destruction d'une partie de la ville de Mirepoix, située à 30 km au nord, dans l'Ariège, en 1289.

Maquette représentant le castrum.

Le château actuel[modifier | modifier le code]

Au début du XIVe siècle, Thomas de Bruyères (-le-Châtel)[2], petit-fils de Pons et sa femme, Isabelle de Melun[3], font reconstruire le « nouveau château », à l'est du Castèl vièlh (vieux château) dont les vestiges sont toujours visibles. Les armoiries d'Isabelle de Melun, fille d'un grand chambellan de France, sont d'ailleurs toujours visibles dans l'ancien édifice. La remise en forme du bâtiment lui a donné le caractère symbolique et pittoresque que l'on peut observer.


la famille de Congost blasonnait « d'azur à la bordure d'argent, et chargé de deux billettes de même posées en 2 et 9 ».

la famille de BRUYÈRES blasonnait « d'or au lion de sable, à la queue nouée et fourchue », mais ni armé ni lampassé, erreur commune liée aux armes de Flandres.

la famille de Melun, dont les armes rappellent la participation d'Aurélien de Melun au mariage de CLOVIS et de CLOTILDE, sont restées intactes et se lisent comme suit : "d'azur à sept besants d'or, posés 3 3 1; et au chef de même.


Depuis sa vente en 1995 par la famille de Puivert, le château a servi à de nombreux tournages (La Neuvième Porte, Le Peuple migrateur, La Passion Béatrice...) grâce à son donjon très bien conservé.

Panorama des montagnes, visible depuis la terrasse du donjon

La pièce des musiciens[modifier | modifier le code]

Au quatrième étage du donjon se trouve la salle des musiciens. Elle porte ce nom car huit sculptures très fines de musiciens avec leurs instruments sont représentées sur les culs-de-lampe de la pièce. En effet, une histoire indiquerait que la ville de Puivert a accueilli au XIIe siècle une célèbre rencontre de troubadours.

Les instruments visibles dans la salle sont la cornemuse, la flûte, le tambourin, le rebec, le luth, la guiterne, l'orgue portatif, le psaltérion et la vièle. Le musée du Quercorb expose les reconstitutions de l'instrumentarium, un deuxième exemplaire fut reconstitué de la cornemuse (chevrette) du château de Puivert en 2010, lors de l'anniversaire de la prise du château et présenté par Nicolas Dedieu musicien du groupe OC et de la Rosa Trobadoresca, et joué au château lors du concert OC-Cathares épisode 1.

Ce modèle est le seul au monde joué et exposé au grand public, des copies de cette cornemuse existent, mais la rareté du travail et sa complexité ont fait que seul le luthier qui réalisa celle du musée et celle de Nicolas Dedieu, ait pu réaliser cette prouesse, et reste le seul modèle en circulation au monde.

Description du château[modifier | modifier le code]

L'enceinte[modifier | modifier le code]

Une des tours du château de Puivert

Les fonctions du château sont guerrières, le guet et la défense, contrairement aux bâtiments construits à cette époque qui avaient plutôt des buts religieux. L'enceinte s'étend sur une longueur de 175 mètres. Le plan de celle-ci est rectangulaire, elle est percée d'archères et son fossé qui le séparait du plateau est pratiquement invisible de nos jours. L'entrée à l'intérieur de la cour se fait par une tour-porte carrée, située au centre de la courtine Est. Il subsiste 5 tours des 8 initiales :

  • une ronde, lisse, à l'angle nord-est ;
  • une ronde à bossage au milieu du front nord ;
  • une tour au plan carré, avec une tourelle en encorbellement, sur le côté oriental, reliant les deux derniers étages ;
  • les restes d'une tour ronde au sud-est ;
  • le donjon (partie la mieux conservée du château) ;

En plus de la porte centrale située sur le mur oriental, deux autres portails sont présents :

  • un sur l'angle défendu par le donjon, c'est-à-dire l'angle nord-ouest ;
  • un autre au sud du donjon qui permet d'accéder au vieux château ;

La surface au sol (basse-cour) du site est très grande : 3 200 m2 à l'intérieur des murs !

Le donjon[modifier | modifier le code]

Donjon du château de Puivert
Chapelle du château de Puivert

Partie la mieux conservée de l'édifice, de forme carrée, il mesure 15 mètres de côté et 32 mètres de haut. Il était initialement attenant du logis seigneurial. Sur la partie ouest de la tour, on peut observer des morceaux de pans de murs perpendiculaires, ainsi que des portes, donc on en a déduit que les habitations étaient accolées à cette paroi. Le donjon est composé de :

  • deux niveaux inférieurs : partiellement souterrains, ils se trouvent sous le donjon. Le plafond est composé de berceaux brisés ;
  • un troisième niveau : accessible par une porte couverte en arc brisé, c'est la chapelle qui s'y trouve. La salle est décorée de colonnettes, de moulures et de blasons. Le plafond est voûté d'ogives, avec des culots sculptés. Sur les murs, on trouve une piscine liturgique, ainsi que des fenêtres trilobées.
  • un quatrième étage : une pièce voûtée d'ogives sur culots, sculptés de figurines profanes jouant des instruments de musique. Cette pièce a ainsi été nommée : « salle des Musiciens ». Son éclairage se fait grâce à trois fenêtres semblables à celles de la chapelle.
  • le cinquième et dernier étage : la plate-forme défensive, à l'époque bordée par un crènelage, nous permet de découvrir une vue magnifique de la région du Quercorb.

Carte[modifier | modifier le code]

Carte des châteaux cathares

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00102872 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Fils de Jean Ier et d'Eustachie de LEVIS
  3. Isabelle ou Isabeau de Melun est la fille du grand chambellan de France Adam IV, seigneur de Montreuil-Bellay. Source : « vieux-marcoussis.pagesperso-orange.fr », Les Thomas de Bruyères (consulté le 16 mars 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Karelle MENTION, Maîtrise d’histoire de l'art sur le château de Puivert, Bordeaux, 1999
  • Bruno Dusan (dir.), Églises et châteaux du midi de la France ... Notice sur les deux baronnies de Kercorbez, Puivert et Chalabre et sur les deux châteaux de ce nom, Toulouse, 1858
  • Châteaux médiévaux de l'Aude : Guide du visiteur, 25 sites du pays cathare, Archéologie du Midi médiéval, revue annuelle du Centre d'archéologie médiévale du Languedoc ; supplément au tome 4, 1986.
  • Jean Tisseyre, Le Château de Puivert, 1998
  • Henri-Paul Eydoux, Châteaux des pays de l'Aude, p. 202-208, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société française d'archéologie, Paris, 1973

Filmographie[modifier | modifier le code]

On retrouve ce château dans divers films :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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