Fort de Bellegarde

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Fort de Bellegarde
Image illustrative de l'article Fort de Bellegarde
Entrée du fort
Période ou style XVIIe siècle
Type Forteresse
Protection Logo monument historique Classé MH (1967)
Coordonnées 42° 27′ 31″ N 2° 51′ 33″ E / 42.45861, 2.8591742° 27′ 31″ Nord 2° 51′ 33″ Est / 42.45861, 2.85917  
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Commune Le Perthus

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Orientales

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Fort de Bellegarde

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Fort de Bellegarde

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Fort de Bellegarde

Le Fort de Bellegarde est une fortification du XVIIe siècle située à la frontière entre la France et l'Espagne, au-dessus de la ville du Perthus, dans les Pyrénées-Orientales.

Il sert au contrôle et à la défense du col du Perthus.

Histoire de Bellegarde[modifier | modifier le code]

L'histoire de Bellegarde puise sa source dans le royaume de Majorque. En 1285, alors que ce royaume existait depuis moins de dix ans, Pierre III d'Aragon était une menace très sérieuse pour le jeune roi de Majorque Jacques II. Afin de se défendre, il fit bâtir une tour de surveillance au-dessus du Perthus, équipée pour se défendre de façon autonome. Mais elle restait une simple tour de surveillance, avec ses 20 mètres de haut et ses murs épais de seulement 1 mètre 50.

Lorsque, durant le XIVe siècle, le roi d'Aragon reprit militairement son voisin, la tour fut délaissée d'un point de vue royal, elle ne servait plus qu'au seigneur de la région pour obliger les voyageurs à payer un droit de douane.

Le Perthus devient un territoire français après le traité des Pyrénées (1659).

Durant la guerre de Hollande, Bellegarde est prise par les Espagnols le 8 mai 1674[1], puis reprise par le comte Frédéric-Armand de Schomberg après dix jours de siège, le 29 juillet 1675[2].

En 1679, Vauban visite Bellegarde et approuve le plan d'agrandissement considérable que lui propose son ingénieur Christian Rousselot de Monceaux. Il y apporte des corrections, dotant notamment la place d'une fortification double[3]. L'année suivante, Louvois accepte l'essentiel du projet. Les travaux sont engagés[4].

La guerre du Roussillon[modifier | modifier le code]

En 1793, les Espagnols lancent une offensive d'importance pour envahir le Roussillon. Le général Ricardos passe par le Vallespir et occupe Prats de Mollo le 25 mai 1793. Le 5 juin, le Fort Lagarde est occupé. Puis il descend la vallée et prend Bellegarde le 25 juin. Le fort restera espagnol pendant une bonne partie de la guerre, n'étant repris que le 7 septembre 1794 par les troupes du général Dugommier, après un siège de 4 jours.

Le fort accueillit d'ailleurs le corps de son libérateur à sa mort, le 17 novembre 1794 à Figueras, mais il fut déplacé plus tard et remplacé par un monument à la mémoire de ce grand général français[5].

Durant la période révolutionnaire, le fort sera un temps renommé par les français Fort de Midi-Libre[6] ou Sud-Libre[7].

Retirada[modifier | modifier le code]

En 1939, c'est la Retirada, la fuite des républicains espagnols face à l'avancée des troupes du dictateur espagnol Franco. Les Espagnols furent soupçonnés et internés temporairement dans des camps. Les premiers apparurent à Prats de Mollo et sur les plages d'Argelès, puis ce fut l'internement au Camp de Rivesaltes. Le Fort de Bellegarde jouera son rôle de camp d'internement en janvier et février 1939.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fort devint une prison de la Gestapo pour les prisonniers de guerre évadés, républicains espagnols et les passeurs.

Architecture de la forteresse[modifier | modifier le code]

Le fort a une forme générale pentagonale. Le glacis qui l'entoure est assez important, de l'ordre de 1 km. Cinq bastions protègent l'enceinte principale, tous en relation les uns avec les autres. Derrière le rempart, un deuxième mur intérieur protège le cœur de la forteresse, marquant ainsi trois niveaux de protection : bastions, remparts, mur de protection. Le cœur de la forteresse, c'était les bâtiments de la garnison, pouvant contenir 600 hommes, une chapelle, un hôpital, une boulangerie et son moulin, etc.

La chapelle était plutôt grande (11,20 m de large par 12,50 m de haut). Elle a été scindée au XIXe siècle en deux niveaux, atténuant la hauteur. Les magasins à poudre étaient enterrés, dans des petits bastions autonomes et parfaitement aérés. La seule entrée du fort, la "Porte de France", a été protégée par un fortin en forme de demi-lune. Le puits est gigantesque. D'un diamètre de 6 mètres, il fait 62 mètres de profondeur. Creusé en 1698, il a été suffisant pour permettre de soutenir un siège prolongé.

Accueil du public[modifier | modifier le code]

Le fort est ouvert au public entre mai et septembre, (de 10h30 à 18h30) et a une petite exposition sur son histoire et l'archéologie du col de Pannissars. Propriété de la commune qui restaure le fort progressivement et y organise des expositions artistiques.

Le fort fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 26 juin 1967[8].

L'ancien modèle de la borne-frontière n° 569 située à proximité du cimetière militaire du col de Panissars se trouve dans la cour principale du château. Y fut substituée une nouvelle en granit en ce lieu.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Villanove, Histoire populaire des Catalans : du XVIe siècle à 1714, t. 2, J. Villanove,‎ 1979, 326 p. (notice BnF no FRBNF34715572)
  2. Dr Hofer (dir.), Nouvelle Biographie générale, Copenhague, Rosenkilde et Bagger, 1969, t. XLIII, col. 577.
  3. « Bellegarde », sur vauban.asso.fr.
  4. Alain Ayats, « Louis XIV et le Roussillon », sur mediterranees.net.
  5. Fort de Bellegarde : le gardien du col des Panissars sur histoireduroussillon.free.fr
  6. Villes révolutionnaires - M
  7. Villes révolutionnaires - S
  8. « Fort de Bellegarde », base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]