Master (France)

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Page d'aide sur l'homonymie Le master est distinct du mastère spécialisé et du MSc accrédités par la Conférence des grandes écoles, ainsi que du magistère.

Le master est un diplôme et un grade universitaire de l'espace européen de l'enseignement supérieur. Dans le système éducatif français, il est un diplôme national et un grade de l’enseignement supérieur, validant la cinquième année d'études après le baccalauréat.

Le « grade de master » est délivré par de nombreuses formations de l’enseignement supérieur, telles les écoles d'ingénieurs, les écoles de commerce ou les universités. Le « diplôme national de master » est délivré par une université, deux ans après l’obtention d'une licence. Le terme de "master" étant un emprunt à l'anglais ayant remplacé en 2002 celui de "mastaire", l'Académie française a préconisé, vainement à ce jour, son remplacement par celui de "maîtrise" ou de "magistère"[1]. Historiquement, le terme français de "maîtrise" est l'exact équivalent du "master" anglo-saxon, il est donc traduit ainsi au Québec .

Grade de master[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le master s’inspire de la proposition de « nouvelle maîtrise » faite dans le rapport Pour un modèle européen d'enseignement supérieur (dit Rapport Attali) de 1998[2].

Le grade de master a été introduit en France en 1999 sous le nom de « mastaire »[3] par Claude Allègre en s’ajoutant aux trois autres grades préexistant créés sous leur forme moderne par Napoléon (le baccalauréat, la licence et le doctorat). Sa création s’inscrit dans le cadre de la construction d’un « espace européen de l'enseignement supérieur » suite à la déclaration de Bologne du 19 juin 1999[4]. Son but est « de rassembler sous une appellation unique un ensemble de diplômes et de titres, de niveau comparable, délivrés au nom de l'État et bénéficiant de sa garantie ». Son positionnement a été réaffirmé en 2002 par Jack Lang, avec la réforme LMD qui modifia son orthographe en « master », lors de la création du diplôme de master[5].

Avec la loi LRU de 2007, le deuxième cycle de l’enseignement supérieur correspond par définition aux études post-licence menant au master[6]. La loi ESR de 2013 punit l’utilisation non autorisée du terme « master », ce qui était déjà le cas des appellations « universités », « baccalauréat », « licence », « doctorat »[7].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le deuxième cycle associe formation générale et formation professionnelle, il doit permettre aux étudiants de compléter leurs connaissances, d’approfondir leur culture et doit les initier à la recherche scientifique correspondante[8].

Diplômes donnant droit au grade de master[modifier | modifier le code]

Le grade de master est conféré par l’État au titulaire d’un diplôme dont la liste est la suivante :

En 2014, un cahier des charges définit les critères devant être pris en compte lors de l’examen d’une demande visant à ce qu’un diplôme confère le grade universitaire de licence ou de master. Ainsi, l’autorisation ministérielle à conférer le grade de master repose sur certains points dont les suivants :

  1. La capacité de l’établissement à mettre en œuvre le cursus conduisant au diplôme ;
  2. L’organisation du cursus et des moyens d’enseignement et de formation mis en œuvre et plus particulièrement :
    • l'organisation des formations sous forme de parcours, les volumes horaires d'enseignement, de travail personnel, les modalités de contrôle des connaissances,
    • la déclinaison en semestres et en unités d’enseignement et la mise en œuvre du système européen d’unités d'enseignement capitalisables et transférables (ECTS),
    • les modalités pédagogiques permettant l’accueil et l’accompagnement de publics diversifiés, garantissant le droit à l’égalité des chances et prévoyant l’évaluation des connaissances et des compétences,
    • l’équilibre entre connaissances scientifiques, compétences transversales et compétences professionnelles en lien avec les objectifs de formation ;
    • les moyens pédagogiques spécifiques dévolus à l’acquisition, au minimum, de la maîtrise d’une langue vivante étrangère ;
    • les modalités de mise en place de l’initiation à la recherche, en liaison avec les projets ultérieurs de l'étudiant.
  3. Des aptitudes et des compétences visées pour le futur diplômé : Pour le grade de master, l’acquisition :
    • la capacité à conduire, dans la discipline considérée, une démarche innovante et un projet en autonomie ;
    • la capacité à conduire un projet dans un cadre collaboratif et à assumer la responsabilité d’une conduite de projet ;
    • l’adaptabilité à différents contextes professionnels et culturels, y compris dans une démarche ouverte à l’international ;
    • une initiation à la recherche et la formalisation de ce travail d’initiation en liaison avec l’équipe pédagogique et en fonction de ses projets ultérieurs, qui peut passer par différents supports de communication, dont l’écrit[20].

Diplôme de master[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Créée en 1966, la maîtrise était délivrée au terme du deuxième cycle des études supérieures universitaires. Les étudiants titulaires d’une maîtrise pouvaient alors poursuivre des études au sein d’un troisième cycle menant soit en un an à un diplôme d'études supérieures spécialisées (créé en 1977), afin d’ « acquérir des connaissances approfondies dans des domaines particuliers complémentaires de la formation dispensée en deuxième cycle ainsi que d’acquérir des techniques destinées à favoriser l’exercice d’un type d'activité déterminé », soit au doctorat après une année d’enseignement d'approfondissement et de stage d’initiation à la recherche menant au diplôme d'études approfondies (créé en 1964 en sciences et 1974 dans les autres disciplines), puis normalement trois années de recherche conduisant à la rédaction d’une thèse.

Le diplôme national de master a été créé en 2002 lors de la réforme LMD[21] et l’arrêté du 25 avril 2002[22] sous le ministère de Jack Lang. Le master professionnel remplace le diplôme d'études supérieures spécialisées et le master recherche remplace le diplôme d'études approfondies. Quant à la maîtrise, elle existe toujours formellement, sous la forme d’un diplôme intermédiaire. Les master pouvaient être délivrés conjointement avec des écoles d’ingénieurs[23].

À la rentrée 2014 un cadre national des formations définit la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master, la distinction entre master professionnel et master recherche est abrogée. De plus la délivrance des diplômes est restreinte aux EPSCP[24].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Les objectifs du diplôme de master sont d’abord ceux du grade correspondant (voir plus haut).

La formation est construite à partir d'un référentiel qui formalise les objectifs attendus en termes de connaissances, savoirs et compétences visés. Les modalités d'évaluation des acquis des étudiants sont cohérentes avec ces objectifs. Au sein d'une même mention, un master permet l'acquisition de compétences transversales communes aux différents parcours types de formation. La formation conduisant au diplôme national de master comprend des enseignements théoriques, méthodologiques et appliqués et une ou plusieurs expériences en milieu professionnel, notamment sous la forme de stages au sens de l'article L. 612-8 du code de l'éducation. Les modalités d'encadrement, de suivi et d'évaluation de chaque période d'expérience en milieu professionnel sont définies au regard des objectifs de la formation. La formation comprend obligatoirement une initiation à la recherche et, notamment, la rédaction d'un mémoire ou d'autres travaux d'études personnels. Elle prévoit une orientation adaptée au projet professionnel de l'étudiant et assure une préparation à son insertion dans le milieu professionnel. Lors de la procédure d'accréditation d'un établissement, le ministre chargé de l'enseignement supérieur veille à l'existence d'un socle commun aux différents parcours types d'une même mention défini en termes de compétences et garant d'une réelle cohérence pédagogique. Elle peut prévoir des périodes de mobilité en France ou à l'étranger. L'établissement informe les étudiants sur les conditions d'accès, les compétences requises, la nature et les taux d'insertion professionnelle des diplômés. Le master intègre un enseignement visant la maîtrise d'au moins une langue étrangère conformément au cadre européen commun de référence pour les langues. L'enseignement de langue est dispensé de préférence sur les deux années du master. Cet enseignement est sanctionné par des crédits ECTS. Le diplôme de master ne peut être délivré qu'après validation de l'aptitude à maîtriser au moins une langue vivante étrangère. Afin de renforcer l'attractivité et la reconnaissance internationale du diplôme de master, certains enseignements peuvent être dispensés en langue étrangère, ou organisés en coopération avec des établissements d'enseignement supérieur étrangers en application des dispositions des articles L. 121-3 et D. 613-17 et suivants du code de l'éducation[25].

Des diplômes de master destinés à former les enseignants du primaire et du secondaire avant qu’ils ne passent les concours font leur apparition à la rentrée 2010[26].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le diplôme de master sanctionne un niveau correspondant à l’obtention de 120 crédits européens au-delà du grade de licence[27]. D’après le principe sur lequel repose le système européen de transfert et d'accumulation de crédits, selon lequel le travail à fournir par un étudiant à plein temps pendant une année universitaire correspond à soixante crédits[28], la préparation du master dure deux années universitaires (ou quatre semestres) après l’obtention de la licence ; cette durée n’est cependant pas explicitement énoncée par les textes réglementaires.

Contrairement à la licence, la possibilité de seconde session d’examen, de compensation ou de redoublement n’est pas mentionnée dans le texte réglementaire.

Le contenu des enseignements, les modalités de contrôle de connaissance, d’entrée et de progression sont définies par chaque université puis soumis à accréditation auprès du ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Pour être inscrits dans les formations conduisant au diplôme de master, les étudiants doivent posséder un diplôme national conférant le grade de licence dans un domaine compatible avec celui du diplôme national de master ou passer une procédure de validation des acquis.

Le diplôme de master est délivré uniquement par les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP). Il peut également faire l’objet d’une cohabilitation entre un EPSCP et un autre établissement public d’enseignement supérieur[29].

Dans une université, l’accès de l’étudiant titulaire de la licence, dans le même domaine, est de droit pour la première année[30] (dite « Master 1 », en abrégé « M1 » ). Celle-ci peut être sanctionnée par le diplôme intermédiaire de la maîtrise[31]. L’admission en deuxième année (dite « Master 2 », en abrégé « M2 »), débouchant sur le diplôme national de master, est prononcée par le chef d’établissement sur proposition du responsable de la formation[30]. Le quatrième et dernier semestre est souvent l'occasion d'un stage en entreprise ou en laboratoire de recherche, donnant lieu à la rédaction d'un mémoire.

Domaines et mentions[modifier | modifier le code]

Depuis la réforme LMD, les domaines sont théoriquement définis par chaque université. C’est ce qui s’est passé lors des premières habilitations (2003-2006). En 2007, le ministère a préconisé aux universités quatre noms de domaines nationaux, qui sont figés dans le cadre national des formations à partir de 2014[24] :

  • Arts, lettres, langues
  • Droit, économie, gestion
  • Sciences humaines et sociales
  • Sciences, technologies, santé

De la même façon, il existait en 2013 7 700 masters dont 1 841 en mentions et 5 806 en spécialités[32]. À partir de la rentrée 2014, les mentions sont réglementées au niveau national[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Académie française - mastaire »
  2. Attali 1998
  3. Décret no 99-747 du 30 août 1999 relatif à la création du grade de master
  4. Rapport au Premier ministre relatif au décret no 99-747 du 30 août 1999 relatif à la création du grade de mastaire
  5. Article D613-3 du code de l’éducation anciennement décrets no 2002-481 du 8 avril 2002 relatif aux grades et titres universitaires et aux diplômes nationaux et no 2002-482 du 8 avril 2002 portant application au système français d’enseignement supérieur de la construction de l’Espace européen de l’enseignement supérieur
  6. Article L612-1 du code de l’éducation
  7. Article L731-14 du code de l’éducation anciennement loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur
  8. Article L612-5 du code de l’éducation
  9. Article D612-34 du code de l’éducation
  10. Article D672-5 du code de l’éducation anciennement décret no 2005-734 du 30 juin 2005 relatif aux études d’architecture
  11. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Bulletin officiel spécial no 4 du 20 juin 2013, 2. Liste des diplômes des établissements d'enseignement supérieur technique privés et consulaires vises par le ministre charge de l'enseignement supérieur et conférant a leurs titulaires le grade de master
  12. Arrêté du 20 avril 2007 relatif aux études vétérinaires
  13. « Arrêté du 23-8-2010, attribution du grade aux titulaires du diplôme national supérieur d'arts plastiques délivré par l'École nationale supérieure des beaux-arts »
  14. « Arrêté du 23-8-2010, attribution du grade aux titulaires du diplôme délivré par l'École nationale supérieure des arts décoratifs »
  15. « Arrêté du 23-8-2010, attribution du grade aux titulaires du diplôme national supérieur d'expression plastique délivré par les établissements d'enseignement supérieur d'arts plastiques (formulation L. 75-10-1) »
  16. Décret no  2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l’exercice de l’activité d’expertise comptable qui a succédé au décret no 2010-1423 du 17 novembre 2010 attribuant le grade de licence aux titulaires du diplôme de comptabilité et de gestion et le grade de master aux titulaires du diplôme supérieur de comptabilité et de gestion
  17. « Arrêté du 31-5-2010, Attribution du grade de master aux titulaires des diplômes de deuxième cycle »
  18. Arrêté du 10 avril 2003 relatif à l'attribution du grade de master aux officiers diplômés de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, arrêté du 22 février 2006 relatif à l’attribution du grade de master aux officiers diplômés de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et arrêté du 27 février 2014 relatif à l'attribution du grade de master aux officiers diplômés de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
  19. « Arrêté du 26 juin 2012, attribution du grade aux titulaires du diplôme de management et contrôle du trafic aérien délivré par l'École nationale de l'aviation civile » et « Arrêté du 26 juin 2012, attribution du grade aux titulaires du diplôme d’ingénierie des systèmes électroniques de la sécurité aérienne délivré par l'École nationale de l'aviation civile »
  20. Arrêté du 22 janvier 2014 relatif au cahier des charges des grades universitaires de licence et de master
  21. Décret no 2002-603 du 25 avril 2002 modifiant le décret no 84-573 du 5 juillet 1984 relatif aux diplômes nationaux de l'enseignement supérieur
  22. Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master
  23. « Universités-grandes écoles : la saison des alliances », sur www.letudiant.fr/educpros,‎ 18 juin 2009
  24. a et b Arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master
  25. Arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master
  26. « circulaire no 2009-1037 du 23-12-2009, Mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement - rentrée universitaire 2010 »
  27. Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 3
  28. [1]
  29. Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 7
  30. a et b Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 11
  31. Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 9
  32. Nathalie Brafman, « Geneviève Fioraso : "Notre objectif, faire disparaître 5 800 spécialités de master" », Le Monde,‎ 30 janvier 2013 (lire en ligne)
  33. Arrêté du 4 février 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de master

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Attali, Pour un modèle européen d’enseignement supérieur : rapport à M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie, Ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie,‎ décembre 1998, 75 p. (lire en ligne)