Pays basque français

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Le Pays basque français ou Pays basque nord constitue une petite partie septentrionale du Pays basque (15 %) ou la partie occidentale des Pyrénées-Atlantiques. Il est souvent décrit comme réunion des trois provinces basques situées en France :

Paysage de Basse-Navarre.
Nom des villes et villages en basque.
Localisation du Pays basque français dans l'ensemble du Pays basque.
Le Pays basque français et le Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques.

Le Pays basque français ou le Pays basque de France est une dénomination où l'identité nationale-étatique est mise en avant, faisant référence à la possession de ce territoire par la France[1]. Elle s'oppose au Pays basque espagnol.

Le Pays basque nord, Pays basque septentrional ou Iparralde qui signifie en basque « côté nord », est une dénomination où l'environnement ethno-culturel et la notion géographique sont mises de l'avant, soulignant que ce territoire se situe au nord des Pyrénées ou de l'Euskal Herria (Pays basque). Elle s'oppose au Pays basque sud, Pays basque méridional, ou Hegoalde qui signifie « côté sud »[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français est délimité au nord par le département des Landes, à l'ouest par le golfe de Gascogne, au sud par la Bidassoa et les Pyrénées qui le séparent du Pays basque espagnol et à l'est par le Béarn qui est la partie orientale du département.

On distingue parfois trois zones distinctes :

  • la côte basque de Bayonne à Hendaye : cette zone est densément peuplée et possède un faible taux de bascophones (9 % seulement pour la zone BAB[2] contre 20 % pour le reste de la côte[3]). Le secteur tertiaire y est fortement développé (tourisme notamment). Il est à noter que les trois villes de Bayonne-Anglet-Biarritz sont également revendiquées par une partie du mouvement occitan[4]. Elles étaient d'ailleurs considérées jusqu'au début du XXe siècle comme de langue gasconne (précisément dans sa forme dite du parlar negre), comme en atteste la toponymie locale et les archives municipales de ces trois villes[5]. Bayonne n'apparait d'ailleurs pas dans la carte des Sept Provinces Basques de 1863 qui détaille l'espace linguistique de la langue basque à cette époque. Une étude de 2001 recense 12% de la population du district de Bayonne - Anglet - Biarritz déclarant parler "un peu" à "bien" le gascon et 17% déclarant le comprendre plus ou moins[6].
  • le pays basque intermédiaire.
  • le Pays basque intérieur, à la topographie vallonnée voire montagnarde. Cette zone est essentiellement agricole (notamment élevage extensif ovins et bovins) et faiblement peuplée. Son caractère rural en fait une des zones au taux de bascophones le plus élevé de l'ensemble du Pays basque (en 2006, la proportion de bascophones était nettement supérieure à 40 % au Labourd intérieur[3] et de 56 % pour l'ensemble Basse-Navarre - Soule[7]).

Histoire[modifier | modifier le code]

La langue basque dans les Pyrénées Atlantiques

Les trois provinces historiques trouvent leur origine dans des territoires médiévaux. Au cours de l'histoire, elles furent intégrées dans le royaume de France :

  • Dépendant initialement du duc de Guyenne, également roi d'Angleterre, le Labourd devint possession du domaine royal en 1450.
  • En 1449, la Soule passe des mains de la couronne anglaise à la vicomté du Béarn qui sera ensuite rattaché au royaume de France en 1620 par l'édit d'octobre 1620.
  • En 1620, la Basse-Navarre est rattachée au royaume de France en même temps que la vicomté du Béarn.

À la fin du royaume de France et lors de la départementalisation de la France en 1789, certaines demandes de créer un département basque (Dominique Garat) restèrent sans suite et le 4 mars 1790, les trois provinces sont regroupées dans le nouveau département des Basses-Pyrénées avec le Béarn, la souveraineté de Bidache et le Soubestre.

Économie[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français possède une forte tradition agricole et de nos jours, l'agriculture tient encore une part importante de l'économie, plus particulièrement au Pays basque intérieur.


Politique[modifier | modifier le code]

Le but des nationalistes basques est de regrouper le Pays basque français et le Pays basque espagnol (Hegoalde) en une nation, le Pays basque, Euskal Herria, en obtenant pour certains (tels Batasuna) l'indépendance, et pour d'autres (tels le PNB) le droit des Basques à décider eux-mêmes de leur avenir.

La création d'un « département basque » spécifique, disposant de ses propres institutions (conseil général, chambre d'agriculture,...) fait partie des revendications d'une partie de la population, souvent relayée par des élus locaux.

Par arrêté préfectoral du 29 janvier 1997, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a reconnu un « Pays basque » (pays au sens de la loi dite Pasqua de 1995), dont le territoire recoupe approximativement la partie du département peuplée de Basques.

Médias[modifier | modifier le code]

Le Pays basque français et ses trois provinces possèdent des médias locaux parmi lesquels :

TV
  • ETB 1 : l'ensemble du territoire peut recevoir la chaîne basque ETB 1, chaîne du gobierno vasco, en Espagne. Les communes basco-françaises adhèrent à un Syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque qui a permis la diffusion de la chaîne basque espagnole à l'aide des relais TDF français. À la suite du passage à la télévision numérique, ETB 1 est également accessible via le bouquet satellite Fransat pour les résidents des communes adhérant au syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque.
  • ETB 2,ETB 3, ETB 4 : à la suite du passage à la télévision numérique en 2011, les zones du Pays basque français captant le signal TNT (soit 90 % de la population) peuvent désormais recevoir l'ensemble des chaînes d'Euskal Telebista.
  • France 3 Euskal Herri Pays basque : décrochage local dépendant de France 3 Aquitaine, créé en 1992.
  • TVPI : chaîne locale, TVPI diffuse jusqu'à Mont-de-Marsan. Son siège est à Bidart depuis 2010 ; il se trouvait auparavant à Bayonne.
Radios

De plus, la proximité avec la frontière espagnole permet également de capter des radios espagnoles en basque et/ou en castillan.

Journaux
  • Sud Ouest : Sud-ouest propose une édition « Pays basque ». Cependant, cette édition n'intègre pas la Soule qui, elle, est traitée dans l'édition « Béarn & Soule ».
  • Le Journal du Pays basque
  • Gara : quotidien bascophone et hispanophone
  • Berria : quotidien bascophone
  • Herria : hebdomadaire bascophone
  • Le Miroir de la Soule : hebdomadaire
  • Le Journal de Saint-Palais : hebdomadaire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La frontière des origines à nos jours par Maïté Lafourcade, Presses Universitaires de Bordeaux, 1998-01-01, 522 pages, page 10.
  2. Communauté d'agglomération de Bayonne-Anglet-Biarritz
  3. a et b Lapurdum 2|1997 : Numéro II La situation de la langue basque en Pays Basque Nord par Bernard Oyharçabal.
  4. http://espacigascon.wix.com/aci-gasconha
  5. http://espacigascon.wix.com/aci-gasconha#!gascon-langue-de-bayonne/c1vau
  6. http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/06/96/81/PDF/2006-05_Bayonne_Colloque.pdf
  7. Enquête sociolinguistique 2006. L'enquête sociolinguistique 2006 sur eke.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]