Puente la Reina-Gares

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Puente la Reina-Gares
Blason de Puente la Reina-Gares
Héraldique
Drapeau de Puente la Reina-Gares
Drapeau
Le pont roman sur le rio Arga
Le pont roman sur le rio Arga
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Navarre Navarre
Province Navarre Navarre
Comarque Puente la Reine
District judic. (Commune)
Maire
Mandat
Feliciano Vélez Medrano ((Agrupación Puentesina))
2007-2011
Code postal 31100
Démographie
Gentilé Puentesino, na (es) / garestarra (eu)
Population 2 663 hab. (2007)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 40′ 00″ N 1° 49′ 00″ O / 42.666667, -1.816667 ()42° 40′ 00″ Nord 1° 49′ 00″ Ouest / 42.666667, -1.816667 ()  
Altitude 344 m
Superficie 3 968,7 ha = 39,687 km2
Localisation
Localisation de Puente la Reina-Gares

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Puente la Reina-Gares
Liens
Site web www.puentelareina-gares.es

Puente la Reina en espagnol, ou Gares en basque[1],[2] est un village et une municipalité de la Communauté forale de Navarre, au nord de l'Espagne.

Elle est le chef-lieu de la comarque de Puente la Reina. Son nom officiel, juxtaposition des noms castillan et basque, est Puente la Reina-Gares. C'est aussi le nom de la ville chef-lieu de la municipalité.

Le Camino navarro du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle rejoint en amont de cette ville (cf. infra) le Camino aragonés pour former le Camino francés.

Géographie[modifier | modifier le code]

Puente la Reina est situé à 24 km au sud-ouest de Pampelune.

Localités limitrophes[modifier | modifier le code]

Nord-ouest
Belascoáin
Nord
Zabalza
Nord-est
Cendea de Cizur
Ouest
Guirguillano
Rosa de los vientos.svg Est
Legarda
Sud-ouest
Artazu et Mañeru
Sud
Mendigorría
Sud-est
Obanos

Entre parenthèses sont indiqués les municipios (municipalités ou cantons)
dont dépendent les concejos (communes) ou autres localités mineures.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1996 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
2 120 2 094 2 254 2 276 2 345 2 463 2 520 2 546 2 611 2 630 2 663
Sources: Puente la Reina et instituto de estadística de navarra

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Mandat Maires Parti politique
1979 - 1987 Feliciano Vélez Medrano Agrupación Puentesina
1987 - 1991 Antonio Martínez Lautre Agrupación Ximénez de Rada
1991 - 1995 Xabier Vélez Herri Batasuna
1995 - 1996 Carmen Etayo Agrupación Puentesina
1997 - 1999 Xabier Vélez Herri Batasuna
1999 - 2003 Eva Erro Ochoa Agrupación Ximénez de Rada
2003 - 2007 Eva Erro Ochoa Agrupación Ximénez de Rada
2007 - 2011 Feliciano Vélez Agrupación Puentesina
Répartition des sièges de l'exécutif de la municipalité (Ayuntamiento)
Partis politiques dans l'Ayuntamiento de Puente la Reina/Gares
Parti politique Concejales (conseillers)
Agrupación Puentesina (AEP *)
4
Agrupación Ximénez de Rada (AXR **)
4
Acción Nacionalista Vasca (ANV-EAE)
3
(*) AEP : Groupement indépendant progressiste, à idéologie de gauche.
(**) AXR : Groupement indépendant conservateur, à idéologie de centre-droit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il ne fait aucun doute que le site de Gares ait été peuplé dès l'antiquité, en effet une voie unissait la ville de Pampelune à la vallée de l'Èbre et la cité romaine d'Andelos est toute proche. Il est vrai que les sources écrites sont inexistantes et que cela reste des hypothèses. Jusqu'à l'an mil, au débouché de la Valdizarbe, vallée qui longe la rivière Arga, affluent de l’Èbre, de Pampelune à Puente la Reina en passant par Echarri, il y avait ici un gué redouté des pèlerins, tant à cause des crues que des passeurs.

Gares tout entière s'est tournée vers les revenus du pèlerinage, avec la construction d'un pont pour faciliter le passage des pèlerins. L’ancien site a été par la suite abandonné pour une ville neuve au plan rigoureux. Elle est enfermée dans une enceinte avec une église.

À l’intérieur de cette enceinte, des parcelles ont été définies de part et d’autre de la route. À l’extérieur et pendant au pont, l’hospice et le monastère avec sa chapelle ont été édifié à l’attention des pèlerins rejetés.

Puente la Reina qui signifie littéralement Pont de la Reine, tire son nom du pont à six arcs brisés et piliers ajourés que fit bâtir au XIe siècle une souveraine pour les pèlerins, mais laquelle ? Les historiens ne se sont toujours pas prononcés, hésitant entre Doña Elvira, dite Doña Mayor, épouse de Sanche III el Mayor (le grand) (981-roi 1000-1035) et Doña Estefania, épouse de Garcia de Nàjera (1021-roi 1035-1054). Ce pont est mentionné dans la chronique du Pseudo Turpin, Charlemagne étant venu, selon le texte, « usque ad pontem Arge » .

En 1090, à la demande de l'abbé du monastère d'Irache, des Francs construisirent des moulins sur la rivière et, en 1121, Alphonse Ier d'Aragon, dit le Batailleur (1073-roi 1104-1134) confiait, à un certain Monètario, la responsabilité de fonder, en cet endroit, une ville nouvelle en accordant aux jacquets qui s'y fixent des privilèges identiques à ceux d'Estella. Pour encourager ceux qui souhaitaient venir s'y installer, il leur céda des terrains entre l'Arga et le pré d'Obanos. Dès lors, un noyau de Francs s'y fixa pour l'accueil des pèlerins.

La charte signée (fors) entre Alphonse Ier d'Aragon et les villageois va permettre un grand développement économique, et le nom de la ville Gares change son nom basque pour celui de Puente la Reina, nom du pont déjà construit depuis près d'un siècle.

Le plan rectangulaire et régulier de la ville, organisé autour de l'axe central que constitue la Calle Mayor, rappelle celui de certaines bastides d'Aquitaine et du Languedoc, de fondation plus tardive. Puente la Reina prend alors cette disposition si caractéristique de ville rue du Camino.

Des Templiers furent invités à s'établir dans la ville dès 1142 et reçurent, du roi Garcia V Ramírez de Navarre (1107-roi 1134-1150), le droit de vendre du pain et du vin. Ils firent construire, à l'entrée de la ville, l'église de Santa Maria de las Huertas, appelée aujourd'hui, l’église du Crucifix car elle abrite un magnifique Christ rhénan du XIVe siècle. Après la dissolution de l’Ordre du Temple par le roi de France, Philippe le Bel, en 1312, ce furent les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui reprirent ses biens.

En 1442, Jean de Caumont, le grand prieur des Hospitaliers, fonda, à proximité de l'église du Crucifix, un grand hôpital de pèlerins.

Le carlisme, sous la devise « Dieu, Patrie et Roi » fut très bien accueilli en Navarre. Plusieurs localités navarraises situées prinicipalement au nord et au centre furent le théâtre d'affrontaments et de rencontres depuis 1833 jusqu'à 1876. Lors des conflits carlistes, la région de Puente la Reina-Gares devint un lieu de passage vers la conquête de Pampelune, et fut le scénario de nombreuses batailles ; cette localité était sous le pouvoir des libéraux lorsque les carlistes commencèrent à l'asséger en juillet 1835. Les libéraux, se voyant traqués, sortirent du siège et reussirent à tuer par surprise les artilleurs carlistes qui étaient en train de les canonner, ce qui obligea ces derniers à se retirer.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le pont des pèlerins
La rúa Mayor

La grande rue garde une atmosphère médiévale avec ses maisons à portes gothiques et à chapiteaux, ses fréquentes églises... Elle traverse toute la ville jusqu'au fameux pont des pèlerins.

Le pont des pèlerins

Il enjambe le rio Arga, un affluent de l’Ebre. Avec ses six arches, il a conservé son aspect d’origine, à l’exception de la porte fortifiée, construite postérieurement, où les pèlerins devaient acquitter un péage, et celle de la chapelle Notre-Dame, aujourd’hui disparue.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L’église del Crucifijo
Christ de bois

L’église du Crucifix, d'allure carrée, coiffée d'un fort clocheton ajouré en plein cintre, garde la marque des Templiers qui la bâtirent et y tinrent un hôpital, auquel a aujourd'hui succédé un collège.

Le portail ogival est décoré de coquilles et de plantes.
L’intérieur de l’église est à l'image du dépouillement voulu par les « moines-soldats, » le silence est propice au recueillement face à la statue romane de Santa Maria de las Huestas. La simple nef romane d'origine du XIIe siècle, a été doublée au XIVe siècle, d'une autre nef à trois travées sous laquelle se trouve un Christ de bois du XIVe siècle, cloué sur la croix en position de Y, œuvre sans doute apportée par un pèlerin allemand.

L’église de Santiago

Elle se trouve à mi-rue de la rúa Mayor, mentionnée dès 1142, restaurée au XVIe siècle, garde de ses origines un portail roman qui fut exécuté à la fin du XIIe siècle, à cinq voussures. Elle offre l’exemple de l’un des rares emprunts effectués par les portails navarrais à l’art musulman. Il s’agit du dessin polylobé et ajouré de la voussure centrale. On retrouve cette particularité à San Pedro de la Rúa à Estella, ainsi qu’à San Román de Cirauqui.

Sur les voussures historiées du portail de l’église de Santiago le décor disposé dans le sens de la courbure des arcs, s’ordonne de part et d’autre de sujets placés à la clef. Le nombre des sujets approche quatre-vingt-dix.

À l'intérieur de l’église Saint-Jacques, le retable baroque raconte la vie de saint Jacques. Face à l'entrée, on admirera la splendide statue, taillée dans le cèdre, de saint Jacques pèlerin, pieds nus, bourdon en main, coquilles sur le chapeau, le visage émacié et extatique. On l'appelait beltza, le noir en basque, car la fumée des cierges l'avait noirci, et, récemment, il fut sauvé de justesse du bois de chauffage auquel il était promis... Derrière le maître-autel plusieurs scènes illustrent la vie de l'apôtre, patron de l'église.

L’église San Pedro Apostol

Avant d'atteindre le pont, une ruelle sur la gauche conduit à l'église Saint-Pierre Apôtre. Récemment restaurée, l'église avec sa croisée d'ogives simple, est du début du XVe siècle, avec de nombreuses adjonctions baroques. Les chapelles, le retable et les orgues sont de 1694.

Elle succéda sans doute à une première église Saint-Pierre qui appartenait déjà en 1174 au monastère de Leyre. Dans la première chapelle du côté de l'autel, le retable de Notre-Dame du Puy ou du Txori, de l’oiseau, conserve la statue de pierre qui, jusqu'en 1834, se trouvait sur le pont.

Pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

L’entrée de la ville et le clocher de l'église du Crucifix.
La statue moderne du Pèlerin.

Comme au Moyen Âge, l'entrée dans la ville se fait entre deux tours, vestiges d'une des portes qui s'ouvraient dans les murailles, dont il ne reste pratiquement rien. Puis on passe sous la voûte reliant l'ancien hôpital, qui accueillait les pèlerins, à la « Iglesia del Crucifijo » (l'église du Crucifix), fondée par les Templiers.

Le chemin de Saint-Jacques se confond avec la rue principale, la rúa Mayor ou calle de los Romeus.

Les étapes adjacentes[modifier | modifier le code]

Puente la Reina se trouve sur le chemin du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins qui ont pris le Camino navarro arrivent d'Obanos ; ceux qui ont pris le Camino aragonés arrivent d'Eunate.

La prochaine halte est Mañeru, puis Cirauqui, qui signifie « nid de vipère » en basque, et son église San Roman (Saint-Romain).

Un seul chemin[modifier | modifier le code]

Chemin de Saint-Jacques (Camino de Santiago) en Navarre :
Jonction des Camino navarro et Camino aragonés à Puente la Reina.

À l'entrée de Puente la Reina en venant d'Obanos, une statue moderne du pèlerin, érigée en 1965, porte une plaque rappelant qu'ici « el Camino aragones » et « el Camino navarro » se fondent en un seul « Camino frances, » le chemin français : « Y desde aqui, todos los caminos a Santiago se hacen uno solo. » (et à partir d’ici, tous les chemins à Santiago ne font plus qu’un.)

Cette inscription reprend le Guide du Pèlerin d’Aimery Picaud au Chapitre Premier, Les Chemins de Saint-Jacques. « La route qui passe par Sainte-Foy, celle qui traverse Saint-Léonard et celle qui passe par Saint-Martin se réunissent à Ostabat et après avoir franchi le col de Cize, elles rejoignent à Puente la Reina celle qui traverse le Somport ; de là un seul chemin conduit à Saint-Jacques. »

Mais elle comporte deux erreurs :

  • d'une part, elle oublie que d’autres chemins de Saint-Jacques commencent à être mieux connus, comme celui du littoral cantabrique, celui du littoral français qui le rejoint à Vitoria-Gasteiz, ou bien la Ruta mozarabe et la Via de la Plata, par Séville et Salamanque.
  • d'autre part, concernant le chemin français, elle est également inexacte, car elle a été reportée à l'actuel carrefour des routes nationales, carrefour qui se situait en fait à 1500 mètres en amont. Les pèlerins venus par l'Aragon rejoignaient le Camino navarro à la sortie d'Obanos, très exactement à l'ermitage San Salvador.

L'étape du Codex Calixtinus[modifier | modifier le code]

Dans le Guide du Pèlerin, Aimery Picaud cite au Chapitre VI, Fleuves bons et mauvais que l’on rencontre sur le chemin de Saint-Jacques : « Voici les fleuves que l'on rencontre depuis le port de Cize et le Somport jusqu'à Saint-Jacques : […] du port de Cize jaillit un fleuve sain que beaucoup appellent la Runa, et qui traverse Pampelune. À Puente la Reina coulent à la fois l'Arga et la Runa ; […] dont les eaux sont saines. »

Légende[modifier | modifier le code]

La Vierge et le petit oiseau

Jusqu'au siècle dernier, se dressait au milieu du pont une Vierge Renaissance, la statue de Nuestra Señora del Puy (Notre-Dame du Puy), témoignage des liens du pèlerinage de Compostelle avec le grand sanctuaire marial du Puy-en-Velay. Or selon la légende, un petit oiseau remontait le fleuve en s'y mouillant les ailes pour laver ensuite le visage de la Vierge. Devant la foule des habitants, il répétait son manège jusqu'à ce que le visage fût parfaitement propre, puis disparaissait.

Tous les habitants voyaient là un signe d'abondance et de prospérité. Hélas ! Victime de l'outrage des ans, la statue, fort abîmée, fut transportée en 1846 à l'église San Pedro, où elle est connue sous le nom de la Vierge du « Chori » ou « Txori » (oiseau en basque).
Depuis cette année-là, jamais le petit oiseau ne reparut.

Festivités[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Loisirs et hébergements[modifier | modifier le code]

Hotels
  • Jakue y El Peregrino (Relais & Châteaux).
  • Albergue de Peregrinos (refuge de pèlerins) de los Padres Reparadores.
  • Casa Rural (refuge municipal) Erreka,
  • Hotal rural Bidean.
  • Albergue Santiago Apóstol
Restaurants
Bar Eunea, Bar La Conrada, Bar Zenón, Bar Mikel, Bar Aloa, Bar La Torreta, Bar Yonny´s.
Discothèque
Gares

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Puente la Reina » (voir la liste des auteurs)
  • « Puente la Reina y Sarría en la Historia » Alejandro Díez y Díaz, 1989.
  • « Puente la Reina, confluencia de rutas jacobeas » José María Jimeno Jurío, 2000.
  • « Documento de análisis y diagnóstico de la realidad integral de Puente la Reina-Gares », 2004 Agenda 21
  • Grégoire, J.-Y. & Laborde-Balen, L. , « Le Chemin de Saint-Jacques en Espagne - De Saint-Jean-Pied-de-Port à Compostelle - Guide pratique du pèlerin », Rando Éditions, mars 2006, ISBN 2-84182-224-9
  • « Camino de Santiago St-Jean-Pied-de-Port - Santiago de Compostela », Michelin et Cie, Manufacture Française des Pneumatiques Michelin, Paris, 2009, ISBN 978-2-06-714805-5
  • « Le Chemin de Saint-Jacques Carte routière », Junta de Castilla y León, Editorial Everest

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Halte précédente
-- par le Camino navarro --
(2,5 km à pied)
Obanos
-- par le Camino aragonés --
(env. 5 km à pied)
Chapelle de
Santa Maria de Eunate
Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle
08 Coquille.jpg
(688 km jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle)
Camino aragonés + Camino navarro
= Camino francés

Halte suivante
Camino francés
(5 km à pied)
Mañeru