Paul Cambon

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Portrait de Paul Cambon.
Paul Cambon à Londres.
Croquis par Paul Renouard.

Pierre Paul Cambon, né le 20 janvier 1843 à Paris où il est mort le 29 mai 1924, est un diplomate français. Il est le frère de Jules Cambon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait des études de droit, obtenant un doctorat en droit civil des universités d'Oxford, de Cambridge et d'Édimbourg, puis devient secrétaire de Jules Ferry à la préfecture du département de la Seine. Il devient ensuite secrétaire général de la préfecture des Alpes-Maritimes (1871), puis des Bouches-du-Rhône (1871), préfet de l'Aube (1872), du Doubs (1876), puis du Nord (1877-1882), avant de passer dans le corps diplomatique.

Il exerce les fonctions de ministre résident de France en Tunisie du 28 février 1882 au 28 octobre 1886 et contribue à la réforme des institutions judiciaires de la Régence de Tunis avec la création du tribunal français de Tunis (27 mars 1883) et la suppression progressive des tribunaux consulaires, achevée avec la fermeture de la juridiction consulaire des Pays-Bas le 1er novembre 1884. En outre, il réorganise les services administratifs tunisiens avec la création de la direction des Travaux publics (1882) et de celle de l'Instruction publique et des Beaux-Arts (1883). La direction des Finances, créée en 1882, prend son essor à partir de 1884, en se substituant à la Commission financière de la dette tunisienne établie en 1868 pour contrôler la gestion des dépenses tunisiennes et garantir le remboursement des pays créanciers. Les conventions de la Marsa, signées le 8 juin 1883, prévoient en particulier l'émission, pour le remboursement de la dette, d'un emprunt tunisien garanti par la France.

Paul Cambon est à l'origine, avec Pierre Foncin, de la fondation de l'Alliance française le 21 juillet 1883.

Toujours dans le domaine économique, Paul Cambon crée la Chambre de commerce de Tunisie en 1885. Il est également à l'origine de la loi tunisienne du 1er juillet 1885 qui instaure le principe de l'immatriculation foncière, clarifiant l'état des possessions foncières de l'époque tout autant qu'elle favorise l'intensification ultérieure de la colonisation foncière européenne en Tunisie.

Après son séjour en Tunisie, Paul Cambon devient ambassadeur de France à Madrid (1886), à Constantinople (1890) et à Londres (1898-1920). C'est là qu'il joue un rôle important dans la constitution de l'Entente cordiale, puis de l'accord russo-britannique de 1907. Au début de la Première Guerre mondiale, il pousse le Royaume-Uni à entrer en guerre contre l'Allemagne.

Il quitte son poste en 1920 et il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Il est en outre membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques de Madrid.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Correspondance, 3 vol., éd. Grasset, Paris, 1940

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Guernier [sous la dir. de], « Tunisie », L'Encyclopédie coloniale et maritime, éd. Encyclopédie de l'Empire français, Paris, 1948
  • Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains. Notices biographiques, éd. Ehret, Paris, 1924, pp. 142-143
  • Paul Cambon : ambassadeur de France (1843-1924), éd. Plon, Paris, 1937, 327 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]