La Rhune

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La Rhune
La Rhune sous la neige en hiver
La Rhune sous la neige en hiver
Géographie
Altitude 905 m[1]
Massif Pyrénées
Coordonnées 43° 18′ 33″ N 1° 38′ 08″ O / 43.30917, -1.63556 ()43° 18′ 33″ Nord 1° 38′ 08″ Ouest / 43.30917, -1.63556 ()  [1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Drapeau de l'Espagne Espagne
Région
Communauté
Aquitaine
Navarre
Département
Province
Pyrénées-Atlantiques
Navarre
Ascension
Première Préhistoire
Géologie
Âge Permien pour les roches[2]
Roches Grès de type vosgien au sommet et flanc est, basaltes sur le flanc ouest, limons sur les bases nord et sud[2]

Géolocalisation sur la carte : Navarre

(Voir situation sur carte : Navarre)
La Rhune

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques

(Voir situation sur carte : Pyrénées-Atlantiques)
La Rhune

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
La Rhune

La Rhune ou Larrun en basque est un sommet situé dans les Pyrénées, au Pays basque. Son altitude est de 905 m.

Le massif de la Rhune est traversé par la ligne de frontière franco-espagnole, qui est aussi la frontière entre les provinces basques du Labourd et de la Navarre.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Rhune est le plus haut sommet d'un massif ou d'une zone dont il a pris le nom. Ainsi on trouve plus à l'ouest le sommet dit La Petite Rhune[1] ou Petit Larroun[2]. Le nom du sommet varie d'une carte à l'autre : les cartes IGN citent « La Rhune (Larrun) » à l'échelle 1:25000 ou « Larrun (La Rhune) » à l'échelle 1:50000[1], les cartes géologiques de France à l'échelle 1:50000 donnent quant à elles « Mont Larroun (la Rhune) »[2]. En français jusqu'au XXe siècle on écrivait Larhune[réf. nécessaire].

Le nom du massif est une francisation maladroite du nom basque Larrun (prononcez La[rr]oun, [rr] désignant une consonne vibrante) venant du morphème larr- signifiant « pâturage » ou « lande » : Larrun peut prendre le sens de « bonnes pâtures » en basque batua. Il s'agit d'une étymologie populaire que l'on retrouve dans les toponymes comme Larra-Belagua, Laroin ou encore Laà.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le petit train de la Rhune

La Rhune est un sommet européen situé dans les Pyrénées occidentales, à la frontière entre l'Espagne et la France, où on relie les territoires basques traditionnels du Labourd et de la Navarre (secteur de Cinco Villas). Son altitude est de 905 mètres.

Le massif, de douze kilomètres de long sur six de large, s'étend du nord au sud du col de Saint-Ignace (altitude 179 mètres) au col de Lizuniaga (altitude 210 mètres), et d'est en ouest, du bassin de Sare (altitude 74 mètres) au col d'Inzola (altitude 270 mètres)[3].

Topographie[modifier | modifier le code]

Le panorama au sommet offre une vue dégagée sur les territoires environnants de la Basse-Navarre, de la Navarre, du Guipuscoa, et de la côte Basque bordée par le golfe de Gascogne (océan Atlantique) depuis Saint-Sébastien jusqu'à l'embouchure du fleuve Adour et aux Landes.

Géologie[modifier | modifier le code]

La plupart des roches datent du Permien. Un grès de type vosgien se trouve depuis le sommet en descendant vers le flanc est, des couches basaltiques et du grès sont présents sur le flanc ouest, les bases nord et sud de la montagne se trouvent des éboulis rocheux et des limons récents[2].

Concernant les couches basaltiques, la notice de la carte géologique au 1:50000 d'Espelette note que : « très épaisses au voisinage du Mont Larroun, ces coulées se retrouvent dans la plupart des affleurements de Permien des Pyrénées navarraises mais leur puissance [...] va décroissant à partir du Mont Larroun, vers le Sud, comme aussi vers l'Est. Aussi, semble-t-il que le centre d'émission principal soit non loin du sommet actuel de cette montagne et que les coulées aient rayonné à partir de ce centre, sur une distance de 30 km environ. »[4]

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type océanique assez pluvieux dû à la proximité des eaux chaudes du golfe de Gascogne et à la faible élévation de la montagne. Il peut néanmoins neiger au sommet en hiver.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Chevaux en liberté de l'espèce pottok avec La Rhune en fond

Les flancs de la montagne sont fréquentées par les pottokak et les troupeaux de brebis à tête noire ou rousse et aux cornes en tire-bouchon (manech), menés par des bergers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les cromlechs, tumuli et autres dolmens attestent la présence de l'homme sur ces pentes dès la préhistoire.

Au début du XVIIe siècle, le conseiller de Lancre, de sinistre mémoire dans la province basque du Labourd, est réputé y avoir fait « arder et brancher » des sorcières. Il était également convaincu que sur le sommet de la montagne s'effectuaient des réunions de sorcières ou akelarre (littéralement « lande du bouc »).

L'impératrice Eugénie, séjournant à Biarritz, lança la mode des excursions sur la montagne.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La Rhune est une destination touristique prisée, grâce notamment depuis 1924 au petit train de la Rhune, un train à crémaillère partant du col de Saint-Ignace. Deux sentiers permettent de redescendre de La Rhune à pied : l'un ramène au col de Saint-Ignace, l'autre rejoint Ascain.

Le panorama à 360° offre une vue dégagée sur le Pays basque, les Landes et l'océan Atlantique.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Vue en contrebas du sommet montrant les installations qui le couvrent : brasserie, magasins de souvenirs, antenne de transmission

Le sommet possède des antennes-relais radio et de télévision qui permettent de couvrir la zone densément peuplée du bord de mer, de Hendaye à Bayonne.

Légendes[modifier | modifier le code]

La Rhune, dominant le Labourd, a été la scène de nombreuses légendes. L'une d'entre elles raconte que dans ses entrailles vivait un serpent à sept queues, appelé lehen sugea. Un jour, il cracha des métaux nobles qui se trouvaient dans la montagne. L'or et l'argent sont descendus par les pentes de La Rhune, formant des rivières ardentes qui ont rasé les forêts de la zone. Ce serait une explication romanesque de l'absence de forêts dans le Labourd.

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 1997, est émis un timbre de 3 francs, multicolore, sur les corsaires basques qui ont servi les rois de France pendant l'Ancien Régime. L'illustration représente deux corsaires et leur navire, entourant le paysage montagneux de la Rhune derrière le fort de la Socoa, à Ciboure. La vente anticipée avec oblitération 1er jour se déroule le 13 septembre à Saint-Jean-de-Luz. Le timbre porte le n° YT 3103[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Source : Géoportail avec cartes IGN à l'échelle 1:25000 ou 1:50000
  2. a, b, c, d et e Source : cartes géologiques à l'échelle 1:50000 du Bureau de recherches géologiques et minières (site en ligne).
  3. Jacques Antz & Isabelle Fleury, La Rhune - Larrun, Éditions Sud Ouest 2009 (ISBN 978 2 87901 978 9)
  4. Notice explicative de la carte géologique au 1:50000 d'Espelette, Service de la carte géologique de la France, ministère de l'Industrie.
  5. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Miguel Angulo, Guide des Pyrénées basques, Elkar, Bayonne 1985
  • Jacques Antz, La Rhune - Citadelle du magique - Lieu de Sabbat, Jakintza, 2006
  • Jacques Antz & Isabelle Fleury, La Rhune - Larrun, Éditions Sud Ouest 2009 (ISBN 978 2 87901 978 9)
  • Jacques Blot, Les Monuments mégalithiques, Bulletin du Musée basque N° 51, 1971
  • Jacques Blot, Les Monuments mégalithiques, Bulletin du Musée basque N° 59, 1973
  • Jacques Blot, Les Monuments mégalithiques, Bulletin du Musée basque N° 99, 1983
  • Collectif d'auteurs, La Rhune : le livre-guide, Éditions du Mondarrain, Anglet 1996
  • Claude Dendaletche, Montagne et civilisation basques, Éditions Delanoël, Paris, 1978
  • Pierre Espil, Chemin de fer à crémaillère de la Rhune 1924-1983, Imprimerie Marrimpouey, Pau, 1983
  • Pierre Espil, René Baron & Société des voies ferrées départementales du Midi, Cinquantenaire du chemin de fer de la Rhune 1924-1974, 1974
  • André Lebourleux, Le petit train de la Rhune, Jakintza, hors série
  • André Lebourleux, La Rhune de 1924 à 1960, Jakintza, 2003
  • Francis Mendiondo, Si le petit train m'était conté, Éditions Utovie, jeunesse, 1999
  • Sophie Ponsolle, La Rhune et son petit train, Éditions Monhélios, Oloron-Sainte-Marie, 2002
  • Robert Thurin, Larrun - La Rhune, Hats Berri, 2002 (ISBN 2 91470 905 6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]