Germano-Baltes

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Germano-Baltes

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couleurs baltes

Populations significatives par région
Drapeau de la Lettonie Lettonie 3 300
Drapeau de l'Estonie Estonie 1 900
Drapeau de la Lituanie Lituanie 2 000
Autres
Langues

Allemand

Les Germano-Baltes ou Allemands de la Baltique (Deutschbalten ou Baltendeutsche en allemand) sont des populations de langue allemande, installées dans les pays baltiques et notamment en Estonie et en Lettonie (notamment en Courlande). La plupart ont quitté cette région en application du pacte germano-soviétique de 1939 et ont été déportés en Allemagne et en Pologne occupée. Ce fut alors la fin de 700 ans de présence germano-balte dans ces pays.

Ils reste aujourd'hui 3 300 Germano-Baltes en Lettonie (0,16 % de la population) et 1 900 en Estonie (0,14 %).

Bien que la Lituanie n'ait pas connu la domination des barons baltes, les 2 000 Allemands lituaniens peuvent être considérés comme des Germano-Baltes.

Depuis l'indépendance des deux pays (1991), certains descendants des anciens propriétaires ont racheté leurs anciens patrimoines (notamment les châteaux) et s'y sont installés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, la colonisation germanique commence dans les pays baltes avec l'arrivée de missionnaires et de commerçants dans les régions côtières peuplées de païens d'origine balte ou finno-ougriennes (Livoniens et Estoniens). C'est le début des croisades nordiques qui ne se termineront qu'en 1227 pour ce qui concerne la Livonie.

En 1184, la première église est construite. En 1199, Albert de Buxhoeveden est nommé évêque de Livonie et il fonde Rīga en 1201. Dès la fin de la conquête du pays par les chevaliers Porte-Glaive en 1227, la majorité de la population urbaine est composée de germaniques au sens large (Allemands à Rīga et Klaipėda; Danois à Reval) tandis que les campagnes restent très majoritairement baltes et païennes (de manière officieuse plusieurs siècles après les Croisades).

Cependant, le maintien de leurs possessions est difficile à réaliser, et, dès 1236, les chevaliers Porte-Glaive sont vaincus par les Samogitiens et les Sémigaliens alliés contre l'envahisseur. Leur second grand-maître est tué. Tant bien que mal, avec l'aide des chevaliers teutoniques, Croisés installés en Prusse, ils soumettent la Livonie et incorporent l'Estonie danoise (1346).

Époques moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, l'ordre se convertit au luthérianisme.

En 1561, devant les menaces suédoise et russe, les chevaliers teutoniques appellent la Pologne, leur ancien ennemi, à leur aide. Cette dernière est victorieuse de la guerre de Livonie et annexe la province. Un duché de Courlande, vassal de la Pologne, est créé pour le compte des chevaliers teutoniques, mais la guerre a tué beaucoup d'Allemands, notamment à Riga.

Le peuplement allemand se développe à partir de la Courlande et de la Sémigalie (où l'allemand était la langue officielle avec le curonien), notamment par la création de plusieurs villes. Le duché atteint son apogée sous Jacob Kettler[1].

Après 1721, Riga, peuplée majoritairement d'Allemands (avec des minorités lettonne, juive, polonaise et suédoise), est annexée par la Russie et après 1795, la Courlande subit le même sort. Cependant, les Allemands profitent de cette période car le Tsar confie l'administration de la région aux Germano-baltes et maintient les privilèges de l'aristocratie d'origine teutonique ou suédoise (les fameux barons baltes, devenus entre-temps protestants). Les barons baltes conservent leurs propriétés (fort vastes) et leurs droits de juridiction sur leurs terres, ainsi que leurs titres de noblesse (qu'ils soient allemands ou suédois), ce qui les intègre parmi les privilégiés du régime impérial. Il existe également un nombre important d'intellectuels et de commerçants à Riga, où ils représentent 42,9 % de la population en 1867.

En 1917, avec la chute en février de la monarchie russe et la révolution en octobre des Bolcheviks, une situation de plus en plus tendue finit en 1918 par dégénérer en guerre civile. Dans ce contexte, alors que les Estoniens, Lettons et Lituaniens aspirent pour certains à l'indépendance et pour d'autres au socialisme, les Germano-Baltes tentent d'abord de se rattacher à l'Empire allemand avec la création d'un duché balte uni, mais l'indépendance des pays baltes met fin à leur période de grandeur : la réforme agraire entreprise par les gouvernements baltes prive les barons baltes de leurs terres et un certain nombre émigre en Allemagne. Néanmoins, cette même indépendance leur permet de conserver leurs châteaux (et, pour les plus modestes, leurs maisons et leurs commerces) pendant encore 22 ans, alors qu'en Russie soviétique, le gouvernement bolchévik nationalise tous les biens de production, immeubles et fonciers.

Accueil d'une famille de Germains de la Baltique en novembre 1939 auxquels on offre une maison dans le Warthegau, après l'expulsion de ses occupants polonais, en application de la politique dite Heim ins Reich.

C'est pourquoi, une majorité de Germano-Baltes reste : en 1935, ils représentent environ 3,19 % de la population (4e nationalité après les Lettons, les Russes et les Juifs) mais plus de 8 % de la population en Courlande, et on peut rajouter les 4,8 % de Juifs qui parlaient le yiddish, langue germanique.

Cependant, au lieu de s'allier avec ces derniers, une partie de la communauté s'isole et se laisse séduire par le mouvement nazi qui a pris le pouvoir en Allemagne, mais essaime chez les Allemands hors-frontières.

Les Germano-Baltes sont « rapatriés » dans le « Heimatland » (« mère-patrie » en allemand) selon les dispositions du pacte Hitler-Staline de 1939 qui permet l'annexion des pays baltes par l'Union soviétique. Les Germano-Baltes sont colonisés en Pologne occupée[2]. Dans l'année 1944/45, fuyant devant l'offensive soviétique, les Germano-Baltes abandonnent leurs terres en Pologne et tentent de rejoindre l'Allemagne : presque tous partent, bien peu arrivent en vie (voir Exode des Allemands d'Europe de l'Est).

Colonisation germanique dans les pays baltes[modifier | modifier le code]

Depuis 1170, les zones de peuplement se situent sur les terres suivantes (dénomination allemande) :

Personnalités germano-baltes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacob Kettler entreprend la colonisation par des colons courlandais et allemands de la Gambie et de Tobago. Cette tentative échouera en raison de la guerre avec la Suède et de l'incapacité de son successeur.
  2. Même après l'opération Barbarossa de 1941, par laquelle Hitler occupa l'URSS et les pays baltes, le Führer interdit aux Germano-Baltes de revenir dans les pays baltes : voir Kārlis Kangeris : Die Rückkehr und der Einsatz von Deutschbaltenim Generalbezirk Lettland 1941-1945, cité dans dans Michael Garleff (Hg.) : Deutschbalten, Weimarer Republik und Drittes Reich, Bd. 2. (= Das Baltikum in Gesch. u. Gegenwart, 2), Böhlau, Köln 2008, ISBN 978-3-412-12299-7, p. 385-428

Articles connexes[modifier | modifier le code]