Ghetto de Vilnius

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54° 40′ 47″ N 25° 17′ 11″ E / 54.67972, 25.28639

Ghettos de la Pologne occupée. Lituanie au nord-est

Le ghetto de Vilnius était un ghetto juif mis en place par le Troisième Reich allemand dans la ville de Vilnius, en Lituanie, au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ses occupants vécurent deux ans de tortures, de sous-alimentation, de maladie, ainsi que de déportations dans des camps de concentrations et d'extermination, ce qui aboutit à la mort de la quasi-totalité des 40 000 habitants du ghetto, exécutés pour la plupart à Poneriai après un passage dans la prison de Lukiszki[1]. Des communautés juives d'Europe, celle de Lituanie fut la plus touchée par la Shoah. S'élevant à 265 000 individus en juin 1941, elle fut décimée et perdit 254 000, soit 95 %, de ses membres au cours de l'occupation allemande[2].

Mise en place[modifier | modifier le code]

Policier lituanien avec des prisonniers juifs en juillet 1941

La Wehrmacht entra dans Vilnius le 26 juin 1941, suivie par des unités de l'Einsatzgruppen A. Au cours de l'été, les troupes allemandes ainsi que des civils lituaniens et la police lituanienne ont tué plus de 21 000 juifs vivant à Vilnius, dans un programme d'extermination rapide. Ces exécutions débutèrent le 4 juillet 1941. À cette date les autorités allemandes ordonnèrent l'établissement d'un Judenrat et la mise en place d'un lieu d'exécution, qui fut établi à Poneriai, à 10 km de Vilnius.

Le 6 septembre 1941, les autorités allemandes prirent la décision d'ouvrir deux ghettos dans la ville. Les Juifs de Vilnius y furent placés indifféremment dans un premier temps, et on comptait 29 000 personnes dans le ghetto 1 et 11 000 dans le ghetto 2[3]. Rapidement, le ghetto 2 servit à concentrer les Juifs ne pouvant pas travailler ainsi que leur famille[4]. Durant le transfert de la population dans les ghettos, 3 700 d'entre eux furent exécutés en raison de leur incapacité de se déplacer.

Le 7 septembre, un Judenrat fut créé dans chacun des ghettos. Celui du ghetto 1 fut mis sous la présidence d'Anatol Fried et celui du ghetto 2 sous celle d'Eisik Lejbowicz. Une police juive fut également créée et mise sous la direction de Jacob Gens[3]. Les Juifs du ghetto 1, ceux qui avait été jugés aptes au travail, étaient envoyés dans des usines ou dans des chantiers à l'extérieur du ghetto. Certains Juifs furent envoyés dans des camps de travail autour de Vilnius.

Liquidation[modifier | modifier le code]

Le ghetto aujourd'hui. La rue Žemaitijos

Les occupants du ghetto 2 furent exterminés à Poneriai entre le 15 septembre et le 21 octobre 1941. Des Aktion régulières eurent lieu jusqu'au mois de janvier 1942 dans le but de supprimer les occupants malades ou âgés. La situation se stabilisa relativement jusqu'en été 1943, avec la décision prise le 21 juin par Heinrich Himmler de liquider les ghettos du Reichskommissariat Ostland. Durant l'été, les SS et la Gestapo procédèrent, sous la direction de Bruno Kittel, au transfert des occupants du ghettos dans des camps de travail en Estonie et dans des camps d'exterminations en Pologne. Le ghetto fut définitivement liquidé les 23 et 24 septembre 1943. 8 000 des 10 000 survivants furent rassemblés, certains furent envoyés dans les camps de travail. Entre 4 300 et 5 000 personnes âgées, femmes et enfants furent envoyés à Sobibor. Aucun n'a survécu. Plusieurs centaines d'autres, enfants et vieux furent emmenés à Poneriai[5].

Résistance[modifier | modifier le code]

Résistants du ghetto de Vilnius (vers 1942)
Plaque à la mémoire du ghetto de Vilnius

La Fareinigte Partizaner Organizacje (en) fut créée le 21 janvier 1942. Sa devise était "Nous n'irons pas comme des moutons à l'abattoir". Elle établit des caches d'armes et se prépara à combattre. Début septembre 1943, réalisant que les Allemands allaient détruire le ghetto, les membres de la résistance attaquèrent les soldats, entrés dans le ghetto pour commencer les déportations. Contrairement à d'autres ghettos, le mouvement de résistance de Vilnius n'était pas géré par des fonctionnaires du ghetto. Jacob Gens, nommé à la tête du ghetto par les nazis, aurait collaboré avec des fonctionnaires allemands pour arrêter la lutte armée. La FPO a représenté l'ensemble des tendances politique juives. Elle a été dirigée par Yitzhak Wittenberg, Josef Glazman et Abba Kovner. Les objectifs de la FPO furent d'établir un moyen d'auto-défense de la population du ghetto, de sabotage des activités industrielles et militaires allemandes et de se joindre à l'Armée rouge et aux partisans de la lutte contre les nazis. Le poète Hirsh Glick, détenu au ghetto de Vilnius et décédé plus tard après avoir été expulsé en Estonie, a écrit les paroles en yiddish de ce qui est devenu le célèbre hymne des partisans, Zog Nit Keynmol.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. USHMM.org "La prison de Lukiszki constituait un centre de rassemblement pour les Juifs qui étaient ensuite emmenés à Ponary puis fusillés. À la fin de 1941, les Einsatzgruppen avaient tué environ 40 000 Juifs à Ponary"
  2. Encyclopedie.bseditions.fr "Des 265 000 Juifs habitant la Lituanie en juin 1941, 254 000, soir 95 % ont été assassinés pendant l’occupation allemande."
  3. a et b Encyclopedie.bseditions.fr
  4. Ushmm.org "Les Juifs considérés comme incapables de travailler étaient concentrés dans le ghetto n°2"
  5. Encyclopedie.bseditions.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]