Campagne de Pologne (1939)

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Campagne de Pologne (1939)
Cuirassé Schleswig-Holstein bombardant Westerplatte le 1er septembre 1939.
Cuirassé Schleswig-Holstein bombardant Westerplatte le 1er septembre 1939.
Informations générales
Date Du 1er septembre au 6 octobre 1939
Lieu Pologne
Issue Victoire germano-soviétique décisive
Belligérants
Flag of Poland.svg Pologne Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Flag of First Slovak Republic 1939-1945.svg Slovaquie
Commandants
Drapeau de la Pologne Edward Rydz-Śmigły Drapeau : Allemagne Fedor von Bock, (Groupe d'armée Nord)
Drapeau : Allemagne Gerd von Rundstedt, (Groupe d'armée Sud)
Drapeau : URSS Mikhail Kovalov, (Front de Biélorussie)
Drapeau : URSS Semyon Timoshenko, (front d'Ukraine)
Flag of First Slovak Republic 1939-1945.svg Ferdinand Čatloš.
Forces en présence
39 divisions,
16 brigades,
880 chars,
400 avions,
Total : 950 000 hommes
Allemagne : 60 divisions,
4 brigades,
3472 chars,
1 500 avions.
URSS : 33 divisions,
11 brigades.
Slovaquie : 3 divisions.
Total :
1 800 000 Allemands,
800 000 Russes,
50 000 Slovaques.
En tout : 2 650 000 hommes.
Pertes
66 000 morts,
133 000 blessés,
600 000 prisonniers.
Allemagne :
16 000 morts,
32 000 blessés.
URSS :
996 morts,
2 000 blessés.
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Campagne de Pologne :

Ultimatum allemand · Ordre de bataille · Opération Himmler · Plan Pékin · Plan Worek · Bataille de la baie de Dantzig · Défense de la poste centrale de Dantzig · Bataille de Westerplatte · Bataille de Grudziądz · Bataille de Mokra · Bataille de Węgierska Górka · Charge de Krojanty · Bataille de la forêt de Tuchola · Bataille de Borowa Góra · Bataille de Wizna · Bataille de la Bzura · Bataille de Hel · Bataille de Jarosław · Bataille de Brest-Litovsk · Tête de pont roumaine · Invasion soviétique · Bataille de Lwów · Bataille de Modlin · Bataille de Tomaszów Lubelski · Bataille de Krasnobród · Bataille de Wilno · Siège de Varsovie · Bataille de Szack · Bataille de Wytyczno · Bataille de Kock

L’invasion de la Pologne ou campagne de Pologne (opération Fall weiss) est une opération militaire entreprise le 1er septembre 1939 par l'Allemagne et la Slovaquie, puis l'URSS, contre la Pologne qui a conduit au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Corridor de Dantzig et les frontières de 1940

Lors du traité de Versailles à la fin de la Première Guerre mondiale, la ville de Dantzig, avec une bande de terre, le corridor de Dantzig, qui lui donne accès à la mer, ont été confisquées à l'Allemagne qui se trouve ainsi séparée de la Prusse-Orientale. Le 24 octobre 1938, le ministre des affaires étrangères allemand Joachim von Ribbentrop avait exposé au diplomate polonais Józef Lipski les bases d'un accord qui résoudrait le problème de passage entre l'Allemagne et la Prusse orientale; il s'agissait que Dantzig redevienne allemande, ou au moins que l'Allemagne puisse construire une autoroute et un chemin de fer reliant le Brandebourg à la Prusse-Orientale au travers du territoire de Dantzig. La création à Dantzig pour la Pologne d'un port franc avec un débouché sur la mer. La garantie réciproque des frontières communes et la prolongation de 10 à 25 ans du pacte germano-polonais. Le 10 novembre 1938, Józef Beck, ministre des affaires étrangères de Pologne fit savoir qu'il n'était pas possible d'envisager de changement pour Dantzig et que le lieu d'un passage de voies extra-territoriales devait être étudié. Le 16 janvier 1939, l'ambassadeur de Pologne à New-York informait son ministre dans une note secrète que le gouvernement américain souhaitait que la France et l'Angleterre « mettent fin à toutes politiques de compromis avec des États totalitaires » et qu'elles « ne s'engagent dans aucune discussion ayant pour but des modifications territoriales quelles qu'elles soient ».

Devant le refus des Occidentaux (Français et Britanniques), et malgré la fermeté affichée par le premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain, qui juge que Hitler va trop loin dans ses exigences et lui fait savoir que le Royaume-Uni ira jusqu'à la guerre s’il le faut[1], Hitler décide de le reconquérir militairement. Après avoir sécurisé son flanc sud grâce à un pacte avec l'Italie fasciste, il se garantit sur son flanc est en signant un pacte le pacte germano-soviétique avec Staline le 23 août 1939.

La veille du jour où l'armée allemande devait commencer l'offensive, le 25 août 1939, le Royaume-Uni et la Pologne signent un pacte d'assistance militaire mutuelle[Note 1]. Hitler arrête les préparatifs, se donne jusqu'au 31 août pour arriver à un compromis, et convoque l'ambassadeur britannique à Berlin afin que soit trouvée une résolution pacifique. Joachim von Ribbentrop lui soumet un protocole en 16 points et lui demande de s'entremettre auprès de la Pologne pour qu'elle envoie un ministre plénipotentiaire. Il s'agirait d'organiser un référendum d'autodétermination auprès de la population de la bande de Dantzig, sous contrôle d'une commission internationale composée de représentants du Royaume-Uni, la France, la Russie et l'Italie ; Ensuite, selon le résultat, d'accorder, soit à la Pologne le port de Gdynia avec un large passage vers la mer, soit à l'Allemagne l'autoroute et la ligne de chemin de fer vers la Prusse orientale qu'elle réclamait[2]. N'ayant pas de réponse, Hitler convoque à nouveau l'ambassadeur britannique qui lui fait part de son refus de conseiller à la Pologne de souscrire à cet arrangement. Le 1er septembre 1939, l'armée allemande pénètre en Pologne.

En 1939, l’Allemagne dirigée par Adolf Hitler s'est déjà emparée de l'Autriche ainsi que de la Bohême et de la Moravie[3]. Pour Hitler, de telles annexions étaient justifiées par la présence de populations germaniques et par la nécessité d'avoir l'espace vital de la nation allemande. Une partie de la Pologne est aussi une terre de peuplement allemand.

Les armées en présence[modifier | modifier le code]

L’armée polonaise[modifier | modifier le code]

Position des divisions polonaises le 1er septembre 1939.

Depuis sa création après le traité de Versailles, la Deuxième République de Pologne a dû lutter pour son indépendance notamment lors de la guerre russo-polonaise de 1920. Cependant, malgré le fait que le pays, en partie grâce à ses alliés, se soit sorti de ces menaces, l’armée polonaise en 1939 est loin d'être moderne : elle a une guerre de retard.

L’infanterie[modifier | modifier le code]

L'infanterie polonaise

Contrairement à une légende très répandue, ce n'est pas la cavalerie mais l'infanterie qui est l'élément principal de l'armée polonaise. La Pologne compte ainsi 30 divisions d'active à la veille de la guerre, avec un total de 84 régiments d'infanterie et 6 de montagne, et 9 divisions de réserve qui n'auront pas le temps d'intervenir. Voici la composition d'une division d'infanterie :

  • 3 régiments d'infanterie ;
  • 1 régiment d'artillerie légère ;
  • 1 bataillon d'artillerie lourde (12 pièces) ;
  • 1 bataillon du génie ;
  • 1 compagnie de transmission ;
  • 1 batterie antiaérienne.

Les divisions sont directement versées dans des armées et dans les groupes d'armée.

Un entraînement et un moral à toute épreuve caractérisent le fantassin polonais.[réf. nécessaire] Il combat pour la sauvegarde de son pays ce qui motive davantage son travail. Néanmoins, le fantassin polonais souffre de son manque de puissance de feu, de sa faible mobilité et enfin de sous-officiers souvent moins compétents que ceux de la Wehrmacht, les officiers sont de bons commandants, surtout les subalternes.

La cavalerie[modifier | modifier le code]

La cavalerie polonaise équestre disparaît en 1937 et à la veille de la guerre, l'armée polonaise compte 11 brigades de cavalerie, dont voici la formation :

  • 3 ou 4 régiments de cavalerie;
  • 1 escadron d'artillerie légère (12 pièces);
  • une batterie anti-aérienne;
  • une compagnie du génie;
  • des unités du service.

Malgré sa puissance, la brigade de cavalerie est obsolète en ce qui concerne la guerre moderne. En effet, la brigade, qui est l'échelon le plus élevé en ce qui concerne la cavalerie ne permet pas d'actions d'envergure et les lanciers polonais subiront de lourdes pertes, mais ils ne chargeront jamais les chars allemands, contrairement à une légende répandue[4].

Les blindés[modifier | modifier le code]

Char léger polonais 7TP.

Malgré l'omniprésence du cheval dans l'armée polonaise, cette dernière possède des chars, mais ceux-ci sont, comme dans l'armée française, utilisés au sein de petites unités, contrairement à l'armée allemande. Ces unités consistent en des bataillons ou des compagnies. Néanmoins, il existe deux brigades blindées. Les unités indépendantes sont au nombre de 8 (3 bataillons et 5 compagnies) constituées soit de chars Renault R-35, soit de chars 7TP polonais. De plus, toutes les brigades de cavalerie et 11 divisions d'infanterie comptent dans leurs rangs une compagnie blindée de reconnaissance. Voici les effectifs en blindés de l'armée polonaise :

L’artillerie[modifier | modifier le code]

Chaque division d'infanterie compte un régiment d'artillerie légère (36 pièces) et un bataillon d'artillerie lourde (12 pièces). L'armée polonaise comprend aussi des unités autonomes qui sont constituées de 23 groupes d'artillerie lourde, 3 groupes d'artillerie super-lourde, 20 sections d'artillerie légère. La plupart de ces unités sont encore, pour la grande majorité, hippomobiles.

L'armée polonaise comprend aussi de l'artillerie antichar à la fois dans la cavalerie et l'infanterie. Cette artillerie comprend 1 200 canons de 37 mm Bofors. L'artillerie anti-aérienne est par contre faiblement lotie (462 canons en tout).

L’aviation et la marine[modifier | modifier le code]

En Pologne, l'aviation militaire est organisée selon un schéma qui s'avérera très vite inefficace, basé sur la dispersion d'une flotte peu moderne et insuffisante.

Une partie de la flotte aérienne est « à la disposition » de l'armée de l'air, soit :

  • 5 escadrilles de chasse
  • 4 escadrilles de bombardement moyen
  • 5 escadrilles de bombardement léger/reconnaissance

Le reste de la flotte dépend de l'Armée de terre et est articulée autour de 7 formations tactiques aux ordres des commandants d'armées en campagne.

En 1939, la modernisation de l'aviation est loin d'être achevée et la majorité des avions de chasse est encore composée de modèles anciens datant de 1930. Il y a moins de 150 bombardiers polonais modernes PZL.37 Łoś bimoteurs et PZL P.23 Karas monomoteurs de bombardement tactique, et la chasse comprend environ 160 appareils PZL P-7 et PZL P.11 ainsi que divers appareils de reconnaissance et de bombardement. Les quelques hydravions dépendent, eux, de la marine. Tous types d'avions confondus, la Pologne pouvait aligner un maximum de 510 appareils militaires.

Au 1er septembre 1939, la Pologne pouvait aligner 308 avions aptes au combat[5] :

  • 158 chasseurs P11 et P7
  • 114 bombardiers légers et reconnaissance PZL Karaś
  • 36 bombardiers moyens PZL 37, les seuls avions de conception moderne.

La marine polonaise comprend des navires assez modernes, comparativement au reste de son armée. Toutefois, ces navires sont en trop faible nombre. Avant la guerre, la marine polonaise possédait deux ports militaires : l'un à Gdynia-Oksywie et l'autre à Hel, sur la péninsule de Hel. Dantzig ne fut pas la base navale de la marine. Dans cette ville, l'armée polonaise possédait seulement le dépôt de l'armement situé à Westerplatte. Les navires sont organisés en trois escadres :

  • une escadre de destroyers ;
  • une escadre de sous-marins ;
  • une escadre de mouilleurs de mines.

Lors de l’attaque allemande, les principaux navires polonais furent envoyés au Royaume-Uni.

L’armée allemande[modifier | modifier le code]

Photo du 3/9/1939 illustrant la composition des blindés de la Wehrmacht au moment de la campagne de Pologne : une colonne de panzer I et II, dépassée par un transport SdKfz 251 employé comme véhicule de reconnaissance.

La Wehrmacht aligne pour cette campagne 1 million et demi de soldats, dont 1,1 million prélevés dans l'armée d'active. Ces troupes d'active sont constituées dans leur majorité de soldats des classes 1915-1916-1917, perméables à la propagande national-socialiste[6]. Cette propagande développe à destination des militaires différents thèmes hostiles à la Pologne et à son État : dans cet « État temporaire » ou « spoliateur », règne la « pagaille polonaise », dont la noblesse polonaise et la bourgeoisie juive sont rendues responsables[7].

Cette propagande prépare une guerre âpre, dure, non seulement contre l'armée polonaise, mais aussi contre les civils, soupçonnés a priori d'agir en franc-tireurs, comme le signalent de nombreuses instructions diffusées dans l'armée au cours de l'été 1939[7].

En 1939, la Wehrmacht est techniquement supérieure à l'armée polonaise, mais est loin d'être aussi moderne qu'on ne le pense et la plupart de ses éléments d'infanterie sont encore hippomobiles. L'utilisation des blindés, que les Allemands ont rassemblés en 7 Panzer-Divisionen (divisions blindées), 4 Leichte-Divisionen (divisions légères) et deux bataillons indépendants, fait la différence. L'armée allemande compte cependant en grande majorité des chars peu puissants, comme le Panzer I (1445) et le Panzer II (1 223 engins). L’armée allemande peut aussi compter sur des chars tchèques, le Panzer 35t (202) et le Panzer 38t (78). De plus, la Wehrmacht peut compter sur deux types de très bons chars pour l'époque, le Panzer III (98) et le Panzer IV (211), et enfin 215 Panzer Befehlswagen, qui sont des chars de commandement. On arrive ainsi à un total de 3 472 chars, pour la plupart des chars légers. Pour finir, 408 de ces chars sont dans des unités de remplacement. Ainsi seules les 1re, 2e et 3e divisions blindées sont fortement dotées en chars (près de 400 chacune). Les divisions légères comptent en moyenne 80 chars.

De son côté, la Luftwaffe dispose de la supériorité aérienne, bien que de nombreux appareils aient été laissés à l’Ouest en raison de la menace franco-britannique. Les forces aériennes allemandes alignent 1 500 voire 1 600 appareils face à la Pologne. La majorité de ces appareils sont des bombardiers.

Le succès des opérations allemandes est lié surtout à l'utilisation combinée de l'ensemble des moyens militaires à disposition pour la totalité des opérations militaires menées pour la conquête[8].

L'armée slovaque[modifier | modifier le code]

Armée de campagne slovaque Bernolák (Slovenská Poľná Armáda skupina "Bernolák") sous le commandement du général Ferdinand Čatloš.

  • 1re division d'infanterie slovaque commandée par le général Antonin Pulanich.
  • 2e division d'infanterie slovaque commandée par le colonel (futur général) Alexandr Čunderlik.
  • 20e division d'infanterie slovaque commandée par le général Augustin Malar.
  • Autres troupes commandées par le colonel Ivan Imru.

L'armée soviétique[modifier | modifier le code]


L’ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Ordre de bataille des armées la veille de la bataille.
Des soldats allemands arrachent une barrière à la frontière polonaise près de Dantzig le 1er septembre 1939

La bataille des frontières (1er au 5 septembre)[modifier | modifier le code]

L'invasion de la Pologne était programmée pour le 26 août à 4h30 mais Hitler la repousse pour des raisons inconnues. C'est le 1er septembre 1939 à 4h30 qu'est finalement programmée l'attaque. Le prétexte allemand pour l'invasion est l'attaque d'un poste de radio à Gleiwitz. Le plan pour cette opération était le suivant : des membres du Sicherheitsdienst (SD) menés par Alfred Naujocks devaient prendre possession du poste émetteur radio, émettre un message hostile à l’Allemagne, puis abattre des prisonniers de droit commun drogués et déguisés en soldats polonais, comme preuve de la présence polonaise. Hitler pouvait ensuite s'insurger de cet "affront" de la Pologne et déclencher l'invasion [9]. Cependant la machination est mal exécutée et l'information destinée à être envoyée au monde entier ne sera connue que par peu de personnes.

C'est à 4h45 que l'Allemagne, aidée par son alliée, la Slovaquie, qui, alléchée par la promesse d'annexion territoriale, constitue une base opérationnelle essentielle[10], commence l'invasion de la Pologne, et donc la Seconde Guerre mondiale. L'attaque se fait sur toute l'étendue du front mais surtout à Dantzig. C'est au large de cette ville que le cuirassé Schleswig-Holstein va déclencher les hostilités en bombardant la position polonaise de la Westerplatte qui est défendue par 182 hommes. Malgré la faiblesse de ses effectifs et le bombardement du navire allemand, la position tiendra jusqu'au 7 septembre, succombant au bout d'un treizième assaut.

L'assaut allemand a pour but principal la prise du corridor de Dantzig. L'attaque est menée par la 3e division blindée venant de Poméranie qui passe la frontière. Le soir du 1er septembre, la division se trouve à 20 km de Swiekatowo sur la Vistule. Mais la 2e division d'infanterie motorisée censée protéger le flanc gauche des blindées reste bloquée dans le réseau de barbelés polonais et subit une offensive menée par le 18e régiment de lanciers polonais. La division allemande, contrainte au repli, doit demander l'aide des blindés. Le lendemain malgré une offensive polonaise, les Allemands ont atteint la Vistule. De plus, le 19e corps d'armée de Guderian vient de recevoir l'aide de la 23e division d'infanterie ce qui lui permet de repousser les Polonais au nord. Ces derniers tenteront vainement de percer.

Le bilan de ces premiers jours est catastrophique pour les Polonais. L'armée de Pomorze a subi de lourdes pertes, notamment la 9e division d'infanterie. Les autres unités ont réussi tant bien que mal à se replier sur la rive gauche de la Vistule et notamment à Bydgoszcz. Cette ville conserve encore une forte minorité allemande. Lors du repli de l'armée polonaise, les civils d'origine allemande se mettent à tirer sur les Polonais qui réagissent et tuent 233 civils en ayant perdu 238 soldats. Durant toute la campagne polonaise, entre 3 000 et 10 000 civils allemands sont tués ; les SS, en représailles, font subir de dures exactions aux civils polonais.

Le 3 septembre, la 3e armée allemande basée en Prusse-Orientale lance ses divisions à l'assaut des forces polonaises. Le lendemain, l'armée fera sa jonction avec les troupes venant de Poméranie. Néanmoins, les Polonais durant leur retraite réussiront à faire sauter les ponts sur la Vistule.

Pendant ce temps, le 1er corps d'armée venant de Prusse-Orientale attaque en direction du sud et forme une des deux tenailles qui doit se refermer sur Varsovie. En face des Allemands se trouve l'armée de Modlin. La frontière est protégée par des bunkers et le premier assaut allemand échoue, malgré l'aide de la Luftwaffe, avec de lourdes pertes, tant en chars (72 Panzer mis hors de combat) qu'en infanterie. Cependant, les Allemands contournent les positions polonaises à l'est et, après trois jours d'une dure résistance, les 8e et 20e divisions d'infanterie polonaises sont obligées de battre en retraite sous une forte pression allemande, notamment de la 12e division d'infanterie. Le 6 septembre, les Polonais font sauter les ponts de Plock sur la Vistule.

Les Polonais doivent aussi faire face à une forte pression allemande au sud. La 14e armée du général List, fortement dotée en troupes de montagne, doit attaquer à travers les Carpates. Après trois jours d'âpres combats, les Allemands percent les défenses polonaises et se dirigent ainsi droit vers Cracovie.

Pendant ce temps, une bataille navale s'engage au large des côtes polonaises. Bien que les trois meilleurs destroyers ont pu gagner le Royaume-Uni, la Pologne dispose encore de sous-marins, qui tentent vainement, le 2 septembre, d'endommager le Schleswig-Holstein, ainsi que des destroyers allemands. Mais, le 1er septembre, la Luftwaffe coule le torpilleur polonais Mazur, le premier navire coulé de la Seconde Guerre mondiale. Le 3 septembre, les dragueurs de mines Gryf et Wicher (en) sont eux aussi coulés. Peu après, les principaux navires allemands sont transférés en mer du Nord pour parer à la menace britannique. Les combats se déroulent donc sur terre avec la tentative allemande de s'emparer de Gdynia. La garnison n'a plus aucune chance de s'échapper, mais elle n'est pas prête à capituler sans combattre. Les Allemands progressent lentement et ils doivent attendre le 10 septembre pour couper la ligne de communication entre Gdynia et la presqu'île de Hel, remplie de défenseurs polonais. La ville portuaire polonaise continue néanmoins sa résistance menée par l'amiral Unrug, aidée par l'artillerie de la presqu'île de Hel. Le 19 septembre avec l'aide du bombardement du Schleswig-Holtstein, les forces allemandes s'emparent du port, mais Unrug s’est replié par bateau sur la presqu'île de Hel, dont il a dynamité l'accès (une langue de terre) et où il s'est retranché avec 2 000 hommes. Les Polonais sont ainsi prêts à résister autant qu'il le faudra et les Allemands doivent faire appel au Schleswig-Holstein et au Schlesien pour pilonner les défenseurs. Malgré cela, la garnison tient toujours et, le 27 septembre, le Schleswig-Holstein doit se replier, touché. Finalement, Unrug n'accepte de capituler que le 1er octobre.

Dans le même temps, l'armée allemande continue sa progression vers Varsovie, en concentrant ses efforts sur Częstochowa, avec le 15e et le 16e corps d'armée. Très vite, l’assaut allemand s’approche de la ville sainte polonaise et la 7e division d'infanterie qui la défend doit se replier en raison du risque d'encerclement. Enfin pour compliquer encore les affaires polonaises, les Allemands ont aussi frappé aux alentours de Breslau et menacent donc l’armée de Lodz, qui ne peut stopper l'ennemi malgré sa forte résistance. Au soir du 3 septembre, seule l'armée de Poznań n’a pas été attaquée. Son chef demande l’autorisation d'attaquer le flanc de la 8e armée, mais le haut-commandement refuse et lui ordonne de se replier entre Konin et Koło. Ainsi, le 5 septembre, la bataille des frontières est finie. Les forces allemandes ont presque partout enfoncé le front des Polonais, mais ces derniers ne se sont fait encercler qu'au nord. Le généralissime polonais espère encore une offensive française, qui lui permettrait de stopper la progression allemande.

L’avancée vers Varsovie[modifier | modifier le code]

Des blindés allemands progressent à travers une localité polonaise

À la suite de la bataille des frontières, le maréchal Edward Rydz-Śmigły doit reconstituer un front pour stopper la progression allemande. Pour cela, il décide de se replier derrière des cours d'eau qui sont la Bobr, le Narew, la Vistule et le San. Pour parer à cette possibilité, l'OKH (l'organisme dirigeant l'armée de terre allemande) demande aux généraux présents sur le front de prendre de vitesse les Polonais. Ainsi le Heeres Gruppe Nord reçoit l'ordre de franchir le Narew et, ensuite, de se diriger vers Varsovie, tandis que le Heeres Gruppe Süd doit s'emparer de Cracovie et détruire l'armée de Lódź située au sud de Lublin. Le 6 septembre, Cracovie est capturée sans combat. Le même jour, Hitler vient sur le front pour la première et la dernière fois de la guerre. Enfin, devant l'insistance de certains généraux, l'OKH autorise Guderian à envoyer ses divisions motorisées et blindées sur Brest-Litovsk (Brest en Biélorussie de nos jours, Brześć Litewski à l'époque) pour empêcher tout redressement polonais à l'ouest de Varsovie.

Le 8 septembre, les divisions blindées allemandes attaquant au centre du dispositif défensif polonais sont contraintes d'arrêter leur avance faute de carburant. Le général Kutrzeba demande à Rydz-Śmigły l'autorisation de contre-attaquer. Celui-ci accepte et le lendemain, l'armée de Poznań partant de la Bzura et se dirigeant vers le nord-est avec en soutien l'armée de Pomorze sur le flanc oriental prend par surprise les Allemands et la 30e division d'infanterie est détruite par trois divisions polonaises. Il faut attendre le 10 septembre pour que les Allemands viennent en aide aux fantassins et à la 8e armée. La bataille qui s'engage ne permet pas de désigner un vainqueur, mais, très vite, l'armée de Lódź plus au sud commence à céder et le général Kutrzeba est obligé de battre en retraite pour éviter un encerclement. Du 13 au 15 septembre, deux divisions polonaises protègent les flancs et les arrières de l’armée de Pomorze, qui peut se replier en exerçant d'ailleurs une forte pression sur la 10e armée allemande, qui doit demander de l'aide au 16e corps d'armée. Ainsi se termine la bataille de la Bzura, qui montre que la Pologne, en attendant une hypothétique offensive française à l'ouest, a toujours les moyens de résister à l'armée allemande, du moins pour quelques jours encore.

Situation le 14 septembre 1939.

Au moment de l'offensive polonaise sur la Bzura, les forces allemandes tentent, notamment avec la 4e division blindée, de prendre Varsovie. Les chars arrivent aux portes de la ville, mais les troupes dirigées par le général Walerian Czuma (en) avec l'aide de civils résistent et font reculer l'ennemi grâce à une farouche résistance. Durant la bataille, le général Czuma est blessé ; il est remplacé par le général Juliusz Rómmel (homonyme du général allemand). Pour parer à une nouvelle attaque, la capitale polonaise se transforma en camp retranché et de nombreuses barricades sont érigées sur les artères principales.

Cependant, les forces allemandes doivent très vite se recentrer sur ce qui se passe à l'ouest de Varsovie, car les troupes polonaises contre-attaquent et certaines unités sont encerclées. Ainsi l'armée Prusy réussit à franchir les lignes allemandes malgré la destruction de la majorité des troupes des 3e, 12e et 36e divisions d'infanterie. L'armée de Lodz, quant à elle, se dirige vers Varsovie, puis vers Modlin face à une farouche résistance allemande devant la capitale polonaise. Pendant ce temps, les arrières-gardes polonaises mettent en place la technique de la guérilla pour ralentir la marche allemande.

Néanmoins, les forces allemandes sont surtout arrêtés dans leur progression vers Varsovie par la résistance polonaise sur la Bzura et la Wehrmacht doit stopper l'investissement de la capitale polonaise. La situation entre le 12 et le 14 septembre est pour le moins confuse, aucun front cohérent n'existe et la Pologne voit son territoire traversé par de nombreuses troupes ennemies. Le 12 septembre, l'OKH demande aux généraux sur le front de réduire les poches de résistance polonaises, de réduire à néant le danger polonais sur la Bzura et enfin de terminer la manœuvre d’encerclement de Brest-Litovsk.

L’offensive menée par le 10e corps d'armée vers Brest-Litovsk a commencé depuis le 9 septembre et franchi le Narew le même jour. Néanmoins, les Polonais tiennent toujours les fortins situés sur la rive et les soldats allemands ont du mal à faire céder la défense polonaise notamment à cause de la lenteur du franchissement du fleuve par les chars. Après ces péripéties, le 10 septembre, les chars et l'infanterie peuvent enfin se diriger vers Brest-Litovsk, mais les troupes se trouvant le plus près de Varsovie ont bien du mal à progresser, notamment la 20e division d'infanterie motorisée. Pour parer à ce danger, Guderian est obligé d'arrêter la progression de ses blindés pour attaquer les Polonais qui se retranchent dans la ville d'Andrzejewo, où ils résisteront jusqu'au 13 avant de se replier. Enfin, la division blindée « Kempf », qui est passée à la proximité immédiate de Varsovie, doit demander l'aide de la Luftwaffe pour repousser les Polonais qui ont contre-attaqué au niveau de la boucle que forment le Bug et le Narew.

La destruction de l’armée polonaise et l’intervention soviétique[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre, Guderian arrive en vue de la citadelle de Brest-Litovsk. Mais celle-ci résiste à un premier assaut allemand le 15 septembre. Le lendemain, une nouvelle attaque échoue car les Panzer se retrouvent soudain seuls face aux remparts, l'infanterie n'ayant pas suivi. Au cours de cette action, l'aide de camp de Guderian, le lieutenant-colonel Braubach est abattu par un tireur embusqué polonais. Le 17 septembre, un régiment allemand parvient enfin à pénétrer dans la citadelle et à s'en empare au moment où la garnison polonaise s'enfuit vers l'ouest.

Pendant ce temps, le Heeres Gruppe Süd continue ses attaques en direction de Varsovie. La 14e armée doit de son côté empêcher les Polonais de se diriger vers la frontière roumaine en se dirigeant plein sud. Néanmoins, les Polonais résistent avec l'énergie du désespoir. La 1re division de montagne allemande met ainsi 10 jours pour s'emparer de Lviv (Lwów à l'époque), tout comme la 2e division de montagne, bloquée face à Przemysl qui tombe le 15 septembre.

Sur la Bzura, les troupes polonaises qui sont encerclées réussissent une sortie et les survivants se dirigent vers Varsovie. Le dernier espoir polonais de résister aux Allemands est de se retrancher au sud-est du pays, à la frontière de la Roumanie. Depuis le 15 septembre, de nombreuses unités se dirigent vers cette région. Ainsi, le front nord est créé, avec à sa tête le général Dąb-Biernacki ; il regroupe les restes des troupes situées entre les forces de Guderian et celles de la 14e armée. Cette armée se dirige vers la frontière roumaine en passant par Lviv. Ces mouvements de troupes donnent un nouvel espoir au haut-commandement polonais, car le reste de l'armée polonaise, à l'exception des troupes encerclées dans Varsovie, peut maintenant reformer un front cohérent à la frontière roumaine et ainsi résister en attendant l'offensive française.

Rencontre de soldats allemands et soviétiques à Lublin.

Le 17 septembre, à la surprise de l'ensemble des belligérants (exceptés Hitler et Ribbentrop), l’Armée rouge lance ses troupes sur l'est de la Pologne, sur un front qui s'étend de la Dvina au Dniestr. L'invasion de la Pologne par l’Union soviétique, le 17 septembre 1939, est entreprise conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique. Les Soviétiques justifient leur intervention par les discriminations dont seraient victimes les populations ukrainiennes et biélorusses de Pologne, alors que Staline a surtout pour objectif d'agrandir l’Union soviétique en annexant des territoires polonais perdus par la Russie soviétique après la Première Guerre mondiale ; il s'agit aussi de laver l'affront de la cuisante défaite de l'Armée rouge durant la guerre soviéto-polonaise de 1920.

Le 18 septembre, la résistance polonaise devient plus forte, mais la fin est proche pour l'armée polonaise qui cherche, d'ailleurs, plus à combattre les Allemands que les Soviétiques. Les troupes soviétiques qui attaquent sont constituées de deux groupes d'armées. Celui de Biélorussie est constitué de 4 armées et celui d'Ukraine de 3 armées. Parmi ces trois armées, la 12e reçoit l'ordre de couper l'accès à l'armée polonaise aux frontières hongroise et roumaine. En face de cette force d'invasion, les Polonais n'alignent que 18 bataillons et 5 escadrons de cavalerie. Certains de ces hommes, surpris de voir des soldats soviétiques croient tout d'abord que ces derniers sont venus les aider, mais ils comprennent très vite leur erreur lorsqu'ils sont capturés. Le même jour, le gouvernement polonais basé à Kolomyja, que les avant-gardes soviétiques menacent, est pleinement conscient que l'armée polonaise ne pourra plus résister et se retire donc par la voie des airs en Roumanie et de là, en France.

Pendant ce temps, les Soviétiques progressent en deux jours de près de 100 km et pillent tous les magasins qu'ils rencontrent, malgré l'interdiction des généraux. Guderian rencontre les premiers Soviétiques, qui demandent au général allemand d'évacuer, avant le 22 septembre, la ville de Brest-Litovsk en vertu de l'accord germano-soviétique. Pour Guderian le coup est dur, car la conquête de la ville a occasionné des pertes lourdes à ses troupes et il estime que le délai d'évacuation est trop court. Finalement, les Soviétiques lui accordent un délai. Le 18 septembre, Hitler annonce la fin de la campagne de Pologne, mais des Polonais résistent encore dans plusieurs endroits, notamment à Modlin, Hel et Varsovie.

Le siège de Varsovie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Varsovie (1939).

Le siège de Varsovie oppose la Armia Warszawa en garnison et retranchée dans la capitale de la Pologne (Varsovie) et l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. La bataille débute par un grand bombardement aérien de la ville par la Luftwaffe le 1er septembre 1939. Les combats terrestres commencent le 8 septembre quand la première unité de blindés allemands arrive dans l'arrondissement de Wola et la banlieue sud-ouest de la ville. Malgré les émissions de radio allemandes qui annoncent la capture de Varsovie, l'attaque est arrêtée peu après et Varsovie mise en état de siège. Ce dernier dure jusqu'au 28 septembre, date de la capitulation de la garnison polonaise.

Le 26 septembre, Rómmel envoie un émissaire et les Polonais capitulent le 28 septembre à 13h15. Avec la prise de Varsovie, 120 000 prisonniers dont 16 000 blessés ont été capturés.

Dans le secteur de Kock, près de Lublin, la 13e division d'infanterie motorisée allemande est surprise par le Groupe opérationnel indépendant de Polésie du général Franciszek Kleeberg, qui flanque les fantassins à l’aide de sa cavalerie. Les derniers coups de feu polonais sont tirés le 6 octobre. La Bataille de Kock — la dernière de cette guerre — durera quatre jours, mais le 6 octobre des renforts vont venir à bout des dernières unités polonaises qui capitulent, à court de munitions, de moyens de transport et de ravitaillement.

Bilan[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre 1939, à Varsovie, une jeune Polonaise pleure sa sœur tuée par un raid aérien de la Luftwaffe. Photo de Julien Bryan.

Il aura fallu un peu plus d'un mois — exactement 35 jours — aux armées allemande et soviétique pour venir à bout de la Pologne. Le gouvernement polonais ne demanda ni ne conclut d'armistice avec les forces d'invasion. Les forces militaires qui purent s'échapper reformèrent rapidement une armée polonaise à l'étranger pour continuer le combat.

Par voie terrestre, 30 000 soldats polonais réussiront à s'enfuir par la Roumanie, que sa flotte transporte[réf. nécessaire], par la mer Noire et l'Égée, à Alexandrie, en territoire britannique[11]. Soixante mille autres Polonais, dont de nombreux soldats, fuient par la Slovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie : beaucoup de ces exilés rejoindront, par l'Adriatique ou par la Grèce, l'armée polonaise reconstituée en France. Ces routes d'exil se ferment en juin 1940, après l'effondrement de la France, lorsque tous ces pays rejoignent l'orbite allemande ; dès lors, les réfugiés polonais y sont internés.

Lors de la campagne polonaise, les pertes allemandes se chiffrent à 16 660 morts ou disparus et 32 000 blessés. Ils perdent également 832 chars[Note 2],[12] (toutes causes comprises) dont 341[12] de manière définitive. Une autre source donne 419 chars perdus[13] parmi lesquels 236 sont irrécupérables[Note 3],[13].

Les Polonais, quant à eux, perdent 66 300 tués et 133 700 blessés.

Le nombre de prisonniers varie de 680 000 prisonniers (580 000 capturés par les Allemands et plus de 100 000 capturés par les Soviétiques)[14] à 911 000 (694 000 capturés par les Allemands et 217 000 pris par les Soviétiques). L'Étoile Rouge du 17 septembre 1940 donne les chiffres de prisonniers polonais suivants : 12 généraux, 8 000 officiers, plus de 200 000 soldats[15].

Les Soviétiques perdirent 737 hommes et eurent 1 125 blessés ; enfin, les Slovaques eurent 30 morts ou disparus et 46 blessés.[réf. nécessaire]

À ces pertes militaires s'ajoutent les pertes civiles. En effet, dès les premiers jours du conflit, on compte des morts civils, à l'image des Allemands (entre 100 et 1 000) tués lors du « Dimanche sanglant de Bromberg », le 3 septembre[16] ; ces morts sont mis en avant par le commandement allemand et servent de prétexte aux crimes dont se rendent coupables les Allemands en Pologne : incendies de villages, exécutions de civils par balle ou à la grenade[17].

De plus, l'armée allemande connaît la psychose du franc-tireur, particulièrement exacerbée[17], favorisée par la rapidité de l'avance des unités motorisées[16] et par l'inexpérience des soldats allemands[18]. Ainsi, des ordres rappellent les sanctions encourues par les civils en cas de détention d'armes, en cas de tirs sur les troupes à partir de leur maison[19], mais aussi les prérogatives des juges en ce qui concerne les civils polonais[18].

Le 3 octobre 1939, Lavrenti Beria signe le décret 16/91-415 du Politburo autorisant le NKVD à échanger avec les Allemands, du 24 octobre au 23 novembre 1939, 46 000 prisonniers polonais contre 44 000 en sens inverse. Cet échange sera unique[20] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'article 1, « L'Angleterre s'engage à aider la Pologne, y compris militairement, si elle subissait une agression, quelles qu'en soient les raisons ».
  2. Pertes (parfois non définitives) détaillées : 320 Panzer I, 259 Panzer II, 40 Panzer III, 76 Panzer IV, 77 Panzer 35(t), 13 Panzer III de commandement, 7 Panzer 38(t) de commandement, 34 autres blindés
  3. Chiffre définitif détaillé : 89 Panzer I, 83 Panzer II, 7 Panzer 35(t), 7 Panzer 38(t), 26 Panzer III, 19 Panzer IV et 5 chars de commandements

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cette fermeté était largement feinte selon Eric Hobsbawm dans L'Âge des extrêmes, p. 210, s'appuyant sur l'ouvrage de Donald Cameron Watt, How war came : « Lorsque les armées allemandes entrèrent en Pologne, le gouvernement de Neville Chamberlain était encore disposé à pactiser avec Hitler, ainsi que celui-ci l'avait escompté »
  2. Le Livre blanc allemand, no 2, "Documents relatifs à l'Histoire des origines de la guerre", Berlin, 1939, p. 305.
  3. Ces deux dernières régions constituent la majeure partie de l'actuelle République tchèque
  4. Andrzej Nieuwazny, « Lanciers contre Panzers ? À voir… », in Revue historique des armées, no 249, « Le cheval dans l'histoire militaire », Service historique de la Défense, 2007, p. 88-92, [lire en ligne].
  5. Selon Jerzy Cynk in Icare, revue de l'aviation française éditée par le SNPL, no 183, « 1939-40 - La bataille de France », vol. XVI : les Polonais.
  6. Baechler 2012, p. 98
  7. a et b Baechler 2012, p. 98-99
  8. R.J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, pp. 18-19.
  9. Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, p. 226-227
  10. R.J.Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, p. 18.
  11. Grigore Gafencu, Préliminaires de la guerre à l’est : de l’accord de Moscou (21.08.1939) aux hostilités de Russie (22.06.1941). Egloff, Fribourg/Suisse 1944
  12. a et b (de) Fritz Hahn, Waffen und Geheimwaffen des deutschen Heeres 1933-1945,‎ 2003, Polen 1939
  13. a et b Yves Buffetaut et al., « Ardennes 1940 : la percée allemande », Militaria Magazine Hors Série, Paris, Histoire & Collections, no 74,‎ 2010, p. 8 et 10 (ISSN 1258-1607)
  14. Steven J. Zaloga, L'invasion de la Pologne, la guerre éclair, Osprey Publishing.
  15. Mémoires du général Anders, Mémoires, 1939-1946, La Jeune Parque, Paris 1946, p. 86.
  16. a et b Baechler 2012, p. 101
  17. a et b Baechler 2012, p. 102
  18. a et b Baechler 2012, p. 103
  19. Baechler 2012, p. 100-102
  20. Selon le colonel A. Wesołowski, directeur de la Centralna Biblioteka Wojskowa à Varsovie, courrier du 23-3-2006.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Grand Écho du Nord des 30 et 31 août, 1er, 2 et 28 septembre 1939.
  • Chistian Baechler, Guerre et extermination à l'Est. Hitler et la conquête de l'espace vital. 1933-1945, Paris, éditions Tallandier,‎ 2012, 524 p. (ISBN 978-2-84734-906-1) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yves Buffetaut, « La campagne de Pologne : septembre 1939 (I) », revue Armes Militaria, hors série no 37, 2000.
  • Yves Buffetaut, « Varsovie et la Sarre : septembre 39 (II) », revue Armes Militaria, hors-série no 40, 2001.
  • (fr) Richard J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, Flammarion collection « Au fil de l'Histoire », Paris, 2009 (ISBN 978-2-0812-0955-8).
  • José Fernandez, « La campagne de Pologne », revue Ciel de Guerre, no 5.
  • José Fernandez, « La campagne de Pologne », revue Batailles aériennes, no 4, 1998.
  • Robert Gretzyngier et Wojtek Matusiak, Les As polonais de la Seconde Guerre mondiale, Osprey/delPrado, no 15, 2000.
  • Andrzej Nieuwazny, « Lanciers contre Panzers ? À voir... », in Revue historique des armées, no 249, « Le cheval dans l'histoire militaire », Service historique de la Défense, 2007, p. 88-92, [lire en ligne].
  • Grzegorz Slizewski, « Dix-sept jours de combat : la chasse polonaise en 1939 (1) », revue Avions, no 116, novembre 2002.
  • Grzegorz Slizewski, « Dix-sept jours de combat : la chasse polonaise en 1939 (2) », revue Avions, no 117, décembre 2002.
  • Thierry Vallet, « La cavalerie polonaise : structure, doctrine et opérations en 1939 », revue Vae Victis, no 28, sept.-oct. 1999.
  • Henryk Wielecki, Le Fantassin polonais en septembre 1939, revue Uniformes, no 55, mai-juin 1980.
  • Steven J. Zaloga, Septembre 1939 : l'invasion de la Pologne. La guerre éclair, Osprey Publishing, 2009.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]