Union générale des travailleurs juifs

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L’Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie (yiddish : אַלגעמײנער ײדישער אַרבעטער בונד אין ליטע, פוילן און רוסלאַנד (algemeyner yidisher arbeter bund in Lite, Poyln un Rusland) ; russe : Всеобщий еврейский рабочий союз в Литве, Польше и России), plus connue comme le Bund (yiddish : בונד, russe: Бунд), est un mouvement socialiste juif créé à la fin du XIXe siècle dans l'Empire russe.

Militant pour l’émancipation des travailleurs juifs dans le cadre d’un combat plus général pour le socialisme, il prône le droit des Juifs à constituer une nationalité laïque de langue yiddish. Il s’oppose donc tant au sionisme qu’au bolchevisme dont il critique les tendances centralisatrices. Le mouvement perd la plupart de ses adhérents et de son influence avec la Shoah.

Les débuts en Russie[modifier | modifier le code]

Membres du Bund veillant le corps de trois de leurs camarades, tués à Odessa durant la révolution de 1905.

Naissance du Bund[modifier | modifier le code]

Les précurseurs du Bund sont les cercles socialistes de Vilna dans les années 1870. Une des personnalités qui préparent sa naissance est sans nul doute Aaron Samuel Liberman, qui forme ces premiers cercles, diffuse la première presse socialiste juive et fait le choix du yiddish pour la propagande en direction des ouvriers[1].

Le Bund est fondé à Vilne (forme yiddish du nom de la ville de Vilna/Wilno, aujourd'hui Vilnius, capitale de la Lituanie) le , par des militants du cercle marxiste de la ville, comme Arkadi Kremer, surnommé « Die Taté » (le père). Il cherche à unifier tous les travailleurs juifs de l'Empire russe dans le cadre d'un parti socialiste unifié. L'Empire russe comprend à l'époque la Lituanie, la Lettonie, la Biélorussie, l'Ukraine et la plus grande partie de la Pologne. Dans ces pays vit la majorité de la population juive du monde.

Dès le début, le Bund cherche à s'allier avec le large mouvement social-démocrate russe afin de construire une Russie démocratique et socialiste. Bien que le terme « juif » soit dans le nom du parti, ses fondateurs ne veulent pas créer un parti spécifiquement juif : ils sont sociaux-démocrates qui travaillent en milieu juif et en yiddish. Pour eux, le parti est un détachement du mouvement socialiste russe œuvrant en milieu juif. Selon Nathan Weinstock, « ce qui est juif dans le Bund, c'est le prolétariat local qu'il vise à gagner à ses idées et non le parti lui-même »[2].

Le Bund diffuse une presse clandestine de qualité, en yiddish, qui résiste à la répression tsariste : plus de 40 livraisons de son organe central, Di Arbeter Shtime, entre 1897 et 1905[3].

Une organisation laïque qui rompt avec la tradition juive[modifier | modifier le code]

Le Bund était un parti socialiste laïque, s'opposant à ce qui lui paraissait réactionnaire dans la vie traditionnelle juive en Russie. Le parti se heurte à l'hostilité des rabbins qui condamnent les actions contre le tsarisme comme ce rabbin de Minsk (« Comment nous autres Juifs, qui sommes des vers rampants, pouvons-nous nous compromettre dans de telles actions ? ») ou qui s'opposent aux grèves comme ce rabbin de Krynki, pendant la grève des tanneurs de 1903 (« De tels actes de protestation mettent le monde sens dessus dessous et votre union est une chose dangereuse. Vos leaders doivent être arrêtés. »)[4]. La naissance du Bund marque la rupture d'une tradition juive ancrée dans les communautés de Russie. Une nouvelle forme de religiosité en vient même à supplanter les anciennes croyances : « La littérature socialiste est notre Torah » disent les brossiers de Mezerich. Selon Rachel Ertel, « pour certains, l'athéisme devint un article de foi pour laquelle ils étaient prêts à mourir comme leurs pères pour la « Sanctification du Nom » (Kiddoush Hashem) ».

Un autre aspect de cette rupture avec la tradition juive est une stricte égalité hommes-femmes dans le Bund, non exempte de puritanisme.

Relations avec le POSDR[modifier | modifier le code]

Créé avant le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), le Bund fut reconnu comme étant une faction constituante de ce parti au Congrès de Minsk tenu en mars 1898. Dans les cinq années suivantes, le Bund fut reconnu comme étant le seul représentant des travailleurs juifs au sein du POSDR, même si beaucoup de socialistes russes d'origine juive, spécialement ceux vivant en dehors de la zone de peuplement juif, rejoignaient le Parti directement.

Au second congrès du POSDR tenu à Bruxelles et à Londres en août 1903, le statut de l'autonomie du Bund à l'intérieur du parti fut rejeté à la majorité et les délégués du Bund quittèrent alors le Congrès, la première scission d'une longue série qui devait frapper ce parti dans les années suivantes.

Le Bund rejoignit formellement les rangs du POSDR lorsque toutes ses factions se réunifièrent au 4e congrès (de l'Unité) tenu à Stockholm en avril 1906, néanmoins le parti resta fracturé autour de dissensions ethniques et idéologiques. En général, le Bund tendait à soutenir la faction des Mencheviks conduite par Julius Martov et s'opposait à la faction bolchévique conduite par Vladimir Lénine, et ce durant toutes les luttes factionnelles qui agitèrent le Parti social-démocrate jusqu'à la Révolution d'octobre 1917.

Une organisation antisioniste[modifier | modifier le code]

Le Bund s'opposa fermement au sionisme, affirmant que l'émigration en Palestine n'était qu'une forme de fuite en avant. Lors de son 4e congrès, le Bund « considère le sionisme comme une réaction de la classe bourgeoise contre l'antisémitisme et la situation anormale du peuple juif. Le sionisme politique érigeant pour but la création d'un territoire pour le peuple juif ne peut prétendre résoudre la question juive, [...] ni satisfaire le peuple dans son ensemble »[5]

En 1905, l'un des pères du marxisme russe, Gueorgui Plekhanov, définira dans un interview accordée au militant sioniste Vladimir Jabotinsky les bundistes comme « des sionistes qui ont le mal de mer[6] ». Le Bund ne défendait pas le séparatisme, fondé sur la culture, ou sur un État ou un endroit comme devant être la colle qui rassemblerait un nationalisme juif. En cela, il suivait les thèses de l'école marxiste autrichienne, ce qui tendit encore plus à éloigner le Bund des Bolcheviks et de Lénine.

Le Bund mit en avant l'utilisation du yiddish comme langue nationale juive et s'opposa aux efforts des sionistes de faire revivre l'hébreu. Cela n'empêcha pas beaucoup de bundistes d'avoir des sentiments sionistes,[réf. nécessaire] et le Bund souffrit toujours d'une hémorragie continue[réf. nécessaire] de militants qui prenaient le chemin de l'émigration. Beaucoup de bundistes devinrent des militants des partis socialistes en Palestine, puis en Israël.

Le Bund se répandit principalement parmi les artisans et les ouvriers juifs, mais aussi parmi l'intelligentsia juive qui se développait. Il agit aussi bien en tant que parti (dans les limites que les conditions politiques du moment permettaient) que comme syndicat.

Le Bund s'allia parfois avec les sionistes socialistes et d'autres groupes pour former des milices d'auto-défense qui se chargeaient de protéger les communautés juives des pogroms ou des actions gouvernementales. Durant la Révolution de 1905, le Bund fut à la pointe de la contestation, notamment en Biélorussie.

Dans la Révolution de 1917[modifier | modifier le code]

Comme les autres partis socialistes de l'Empire russe, le Bund accueillit la Révolution de février 1917, mais ne défendit pas la Révolution d'Octobre menée par les bolcheviks. Comme les mencheviks et les autres partis non bolcheviks, le Bund appela à l'assemblée d'une constituante russe. Le leader du Bund à Pétrograd, Mikhail Liber, fut ainsi violemment pris à partie par Lénine. Avec la guerre civile russe et l'augmentation inquiétante des pogroms antisémites des nationalistes et des Blancs, le Bund reconnut le gouvernement soviétique et ses membres combattirent dans l'Armée rouge en grand nombre.

En avril 1920, le Bund se scinda, perdant son aile gauche emmenée par Heifetz au profit des bolcheviks. Ceux-ci furent vite suivis par la faction centrale conduite par Moyche Rafes. La tendance était de s'unifier avec le Parti socialiste juif unifié pour former le Bund juif communiste, ou Kombund, qui, à son tour, rejoignit le parti bolchévik en 1921. En 1922, le Bund avait cessé d'exister comme parti indépendant dans la nouvelle Union soviétique. Beaucoup d'anciens militants du Bund furent les victimes des purges staliniennes des années 1930.

Le Bund sous la Deuxième république polonaise (1918-1939)[modifier | modifier le code]

La coopération avec le Parti socialiste polonais (PPS, gauche nationaliste) était difficile en raison de l'antisémitisme très ancré chez de nombreux électeurs polonais. Le PPS craignait d'être étiqueté comme un « parti judéophile » par la propagande des endeks (Parti national démocratique, droite antisémite) et reporta donc pendant longtemps la coopération organisationnelle avec le Bund.

De son côté, Józef Piłsudski (1867-1935), un des fondateurs du PPS qui devint le premier président (1920-1922) de la Pologne redevenue indépendante, puis son dictateur de 1926 à 1935, eut une attitude clairement hostile à tout antisémitisme et favorable à un nationalisme polonais inclusif, non raciste. C'est sous son impulsion, afin d'assimiler politiquement les Juifs et de concurrencer le Bund, qu'une section juive du PPS fut mise en place en 1901.

Lors des dernières élections municipales avant l'occupation de la Pologne par l'Allemagne et l'Union soviétique en 1939, le Bund devint le plus important des partis juifs. En janvier 1939, 17 des 20 élus juifs au conseil municipal de Varsovie étaient des bundistes (dus en grande partie aux dissensions à l'intérieur du mouvement juif ultra-orthodoxe Agoudath Israël), 11 sur 17 à Łódź. Un début de coopération entre le Bund et le PPS s'était par ailleurs pour la première fois mis en place, sans listes communes mais avec des appels réciproques de vote pour l'autre liste là où seul l'un des deux partis de gauche se présentait. Cette alliance rendit possible une victoire de la gauche dans la plupart des grandes villes : Varsovie, Łódź, Lwów (à l'époque polonaise), Piotrkow, Cracovie, Białystok, Grodno, Vilnius (Wilno à l'époque polonaise), etc.

Le Bund ne fut toutefois jamais représenté au parlement polonais (Sejm) où les autres partis juifs (sionistes, orthodoxes d'Agoudat Israel ou libéraux laïcs du Folkspartei), obtinrent pourtant des sièges soit en coopérant avec des partis d'autres minorités (Ukrainiens, Biélorusses, Lituaniens, Allemands) ou en formant des cartels juifs. Après ses succès municipaux en décembre 1938 et janvier 1939, le Bund espéra transformer l'essai aux législatives prévues pour septembre, mais la Pologne fut envahie le 1er septembre 1939 conformément au Pacte germano-soviétique.

Organisations dépendantes du Bund[modifier | modifier le code]

Le Bund contrôlait de nombreuses organisations par lesquelles ils exerçait son influence dans la sphère sociale. Les principales étaient les suivantes :

  • Yidishe Arbeter-froyen Organizatsye ou YAF, l'organisation bundiste des femmes, fondée au début des années 1920.
  • Tsukunft (L'Avenir), l’organisation de jeunesse du Bund.
  • Sotsyalistisher Kinder Farband ou SKIF, l'organisation pour les enfants jusqu'à l'âge de 15 ans.
  • Tsentrale Yidishe Shul-Organizatsye ou TSYSHO (Organisation centrale des affaires scolaires juives), organisation laïque chargée de l'éducation et gérant des écoles.
  • Tsentos ou Centos (Centrale d'aide aux orphelins et aux enfants), un réseau d’établissements de secours social créé en 1940 sous l'occupation nazie.
  • Morgenshtern (Étoile du matin), une association sportive.
  • Sanatorium Medem, une clinique destinée aux enfants atteint de tuberculose.

Le Bund sous l'occupation nazie[modifier | modifier le code]

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne fut suivie par l'entrée des armées soviétiques en Pologne orientale conformément aux dispositions du pacte germano-soviétique. Un certain nombre de dirigeants et de structures du Bund se retrouvèrent dans les territoires annexés par l'Union soviétique. Après l'invasion nazie, les bundistes jouèrent un rôle important dans la résistance armée des populations juives contre l'occupation nazie dans ces régions. L'activité du Bund fut cependant freinée par la répression stalinienne. En pleine guerre, Staline ordonna l'exécution de deux des principaux dirigeants du Bund. Victor Alter et Henryk Erlich furent fusillés à Moscou en décembre 1941 sous l'accusation cynique et mensongère d'être des agents de l'Allemagne nazie.

Un représentant du Bund, Samuel Zygelbojm, siégea au sein du gouvernement polonais en exil à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale et se suicida en 1943 pour protester contre l'inaction des Alliés face à la Shoah en cours[7]. Le Bund joua également une rôle important lors de l'insurrection du ghetto de Varsovie et fut une des principales composantes de l'Organisation juive de combat dans laquelle il était représenté par Marek Edelman.

Après la guerre, le Bund participa aux dernières élections législatives de 1947 sur une liste commune avec le PPS et obtint alors le seul siège de député de son histoire en Pologne, ainsi que des sièges dans des conseils municipaux, pour s'autodissoudre deux ans plus tard.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le Bund a participé au gouvernement polonais en exil à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide.

Le Bund existe encore formellement au XXIe siècle en tant que Bund travailliste juif, organisation associée à l'Internationale socialiste, mais la Shoah a anéanti les populations au sein desquelles il était enraciné. New York est sa base internationale[8], seules des sections subsistent en diaspora, en Australie[9], au Royaume-Uni[10], en Israël[11] et le Centre Medem Arbeter Ring en France.

Dirigeants et responsables du Bund[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Minczeles, Histoire générale du Bund, Un mouvement révolutionnaire juif, Éditions Denoël, Paris, 1999, p. 28 à 31.
  2. Nathan Weinstock, Le Pain de Misère. Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 1er volume, Éditions La Découverte, Paris, 2002, p. 107.
  3. Nathan Weinstock, Le Pain de Misère. Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe, 1er volume, Éditions La Découverte, Paris, 2002, p. 123.
  4. Cité par Henri Minczeles, Histoire générale du Bund, Un mouvement révolutionnaire juif, Éditions Denoël, Paris, 1999,p. 77.
  5. Cité par Henri Minczeles, Histoire générale du Bund, un mouvement révolutionnaire juif, Denoël, 1999, p. 68.
  6. Jonathan Frankel, Prophecy and politics: socialism, nationalism, and the Russian Jews, 1862-1917, Cambridge University Press, 1984, p.255
  7. The Last Letter from the Bund Representative with the Polish National Council in Exile (May 11, 1943)
  8. International Jewish Labor Bund
  9. Jewish Labour Bund, Inc, et Sholem Aleichem College, Melbourne, qui semble être la dernière école bundiste au monde
  10. Jewish Socialists' Group
  11. Arbeter-ring in Yisroel – Brith Haavoda

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie indicative[modifier | modifier le code]

Le Bund[modifier | modifier le code]

Français[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux

  • Daniel Blatman, Notre liberté et La Vôtre - Le Mouvement ouvrier juif Bund en Pologne, 1939-1949, 2002
  • Alain Brossat, Sylvia Klingberg, Le Yiddishland révolutionnaire, Paris, Balland, 1983. Réédité chez Syllepse, coll. Yiddishland, 2009.
  • Henri Minczeles, Histoire générale du Bund, Un mouvement révolutionnaire juif, Éditions Denoël, Paris, 1999.
  • Henri Minczeles, Le mouvement ouvrier juif. Récit des origines, Éditions Syllepse, coll. Yiddishland, 2010.
  • Claudie Weill, Les cosmopolites - Socialisme et judéité en Russie (1897-1917), Paris, Éditions Syllpse, Collection "Utopie critique", 2004.(présentation et table des matières)
  • Enzo Traverso, De Moïse à Marx - Les marxistes et la question juive, Paris, Kimé, 1997.
  • Nathan Weinstock, Le Pain de misère, Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe - L'empire russe jusqu'en 1914, tome I, Paris, La Découverte, 2002, (tome I).
  • Nathan Weinstock, Le Pain de misère, Histoire du mouvement ouvrier juif en Europe - L'Europe centrale et occidentale jusqu'en 1945, tome II, Paris, La Découverte, 2002.

Mémoires d'anciens dirigeants du Bund

  • Vladimir Medem, Ma vie, Paris, Champion, 1969
  • Bernard Goldstein, L'ultime combat. Nos années au ghetto de Varsovie, Éditions Zones, 2008. Avant-propos de Marek Edelman. Texte intégrale en ligne
  • Marek Edelman, Mémoires du ghetto de Varsovie, Éditions Liana Levi, 2002.
  • Marek Edelman, La vie malgré de ghetto, Éditions Liana Levi, 2010.

Articles

Filmographie

  • Nat Lilenstein (réal.), Les Révolutionnaires du Yiddishland, 1983, Kuiv productions & A2 (recension)

Autres langues[modifier | modifier le code]

  • J. Frankel, Jewish politics and the Russian Revolution of 1905, Tel-Aviv, Tel Aviv University, 1982
  • Jack Lester Jacobs (ed.), Jewish Politics in Eastern Europe : The Bund at 100, Zydowski Instytut Historyczny--Instytut Naukowo-Badawczy, New York, New York University Press, may 2001
  • Bernard K. Johnpoll, The politics of futility. The General Jewish Workers Bund of Poland, 1917-1943, Ithaca, New York, Cornell University Press, 1967
  • N. Levin, While Messiah tarried : Jewish socialist movements, 1871-1917, New York, Schocken Books, 1977
  • N. Levin, Jewish socialist movements, 1871-1917 : while Messiah tarried, London, Routledge & K. Paul (Distributed by Oxford University Press), 1978
  • Y. Peled, Class and ethnicity in the pale: the political economy of Jewish workers' nationalism in late Imperial Russia, New York, St. Martin's Press, 1989
  • Gertrud Pickhan, "Gegen den Strom". Der Allgemeine Jüdische Arbeiterbund, "Bund" in Polen, 1918-1939, Stuttgart/Munich, DVA, 2001, 445 p. (Schriftenreihe des Simon-Dubnow-Instituts, Leipzig)
  • Antony Polonsky, "The Bund in Polish Political Life, 1935-1939", in: Ezra Mendelsohn (ed.), Essential Papers on Jews and the Left, New York, New York University Press, 1997
  • C. Belazel Sherman, Bund, Galuth nationalism, Yiddishism, Herzl Institute Pamphlet no.6, New York, 1958, ASIN B0006AVR6U
  • Henry Tobias, The origins and evolution of the Jewish Bund until 1901, Ann Arbor (Michigan), University Microfilms, 1958
  • Henry Tobias, The Jewish Bund in Russia from Its Origins to 1905, Stanford, Stanford University Press, 1972
  • Enzo Traverso, From Moses to Marx - The Marxists and the Jewish question: History of a debate 1843-1943, New Jersey, Humanities Press, 1996 (review)
  • A.K. Wildman, Russian and Jewish social democracy, Bloomington, Indiana University Press, 1973

Les Juifs sous la Deuxième République polonaise[modifier | modifier le code]

  • Chimen Abramsky, Maciej Jachimczyk and Antony Polonsky, The Jews in Poland, Basil Blackwell, 1986, ISBN 0-631-16582-7
  • Yisrael Gutman, Ezra Mendelsohn, Jehuda Reinharz and Chone Shmeruk (eds), The Jews of Poland between two World wars, University Press of New England (published for Brandeis University Press), Hanover - London, 1989, ISBN 0-87451-446-0
  • Celia S. Heller, On the edge of destruction. Jews of Poland between the two World Wars, Columbia University Press, New York, 1977, ISBN 0-231-03819-4
  • Joseph Marcus, Social and political history of the Jews in Poland, 1919-1939, Mouton Publishers, Berlin- New York - Amsterdam, 1983, ISBN 90-279-3239-5