Gaon de Vilna

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gaon de Vilna

Eliyahou ben Shlomo Zalman[1], plus connu comme le Gaon de Vilna — Le Génie de Vilna — simplement par son acronyme hébraïque HaGRA (HaGaon Rabbénou Eliyahu - Notre Maître Élie, le Génie, (הגר"א (הגאון רבינו אליהו) (Vilna, 23 avril 17209 octobre 1797), est l'un des représentants les plus éminents de la période des Aharonim (autorités juives à partir des temps modernes), au point d'être considéré par de nombreuses autorités ultérieures comme un Rishon (autorités juives médiévales, dont les opinions ont préséance sur celles des Aharonim).

Doué dans l'ensemble des savoirs juifs traditionnels (Talmud, Halakha, Kabbale) et dans les sciences profanes dès son plus jeune âge, il devient le chef de file des Mitnagdim (opposants) au hassidisme. Il est communément appelé en hébreu HaHassid Hagadol Mivilna, le saint génie de Vilna.

De grands groupes de personnes, ainsi que de nombreuses écoles talmudiques, suivent l'ensemble des coutumes et des rites institués par le Gra (Minhag hagra) et qui est aussi considéré par beaucoup comme étant la coutume ashkénaze de Jérusalem. Le Gaon écrit sur les mathématiques, est versé dans les œuvres d'Euclide et encourage son élève, Barouh de Sihklov, à traduire les œuvres du grand mathématicien en hébreu[2].

Comme indique la Michna dans le Traité Peah (1:1) : « L'étude de la Torah équivaut à l'ensemble des mitsvoth », le Gaon encourage son élève, le rabbin Haim de Volozhin, à fonder une école talmudique, dans laquelle la littérature rabbinique est enseignée. La yechiva est ouverte à Valojine (Wołożyn) en 1803, quelques années après la mort du Gaon, et révolutionne le monde de la Torah, ce qui entraîne un impact sur l'ensemble de la communauté juive orthodoxe.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Né à Vilna, en Pologne-Lituanie, il aurait, d'après ses partisans, manifesté des dons aussi précoces qu'extraordinaires, notamment une mémoire photographique : à trois ans, il avait dit-on mémorisé la Bible ; à sept ans, apprenant le Talmud sous l'aile de Moshe Margalit, rabbin de Kaidan, auteur d'un commentaire sur le Talmud de Jérusalem, il retint là aussi nombre de traités par cœur ; à huit ans, il étudiait l'astronomie au cours des repas. À dix ans, il put continuer ses études sans précepteur.

À un âge plus avancé, il pérégrina à travers la Pologne et l'Allemagne, comme il était de coutume chez les Talmudistes à l'époque.

Il revint à Vilna en 1748, déjà auréolé d'une renommée considérable. Âgé d'à peine vingt ans, il recevait la visite de rabbins bien plus âgés pour trancher sur les questions halakhiques les plus épineuses.

Il était également prisé des savants non-juifs, qui appréciaient grandement ses inspirations en mathématiques et en astronomie.

Méthodes d'étude[modifier | modifier le code]

On peut définir 2 points principaux de sa méthode d'étude : tout d'abord un retour aux sources, c'est-à-dire l'analyse d'un texte talmudique en se référant aux versets et à la méthode de déduction. Ensuite montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre les textes talmudiques, et les textes de la Kabbale. Le rationalisme du Talmud n'est jamais en contradiction avec le Zohar, ou d'autres ouvrages de la mystique juive[3].

Il est enterré à Vilnius prés d’Abraham ben Abraham.

Opposition au hassidisme[modifier | modifier le code]

Quand le judaïsme hassidique devint influent dans sa ville, Elyahou, rejoignant les rabbins et les chefs des communautés polonaises, prit des mesures pour réduire l'influence des hassidim. En 1777, la première excommunication (cherem) fut lancée par les Mitnagdim de Vilna contre les hassidim, et une lettre fut également adressée à toutes les grandes communautés, leur recommandant instamment de traiter les hassidim d'après l'exemple de Vilna.

En 1781, quand les hassidim reprirent leur prosélytisme sous la conduite de leur rabbin, Shneur Zalman de Liadi, le Gaon de Vilna les excommunia de nouveau, les définissant comme hérétiques avec qui aucun juif pieux ne pourrait se marier.

Après des rumeurs sur son ralliement au hassidisme, le Gaon adressa une lettre aux grandes communautés juives en 1796, pour confirmer sa totale opposition au hassidisme.

L'opposition du Gaon de Vilna n'empêcha pas l'extension rapide du hassidisme, mais il continue à être considéré comme un rabbin de référence du courant dit mitnagdim.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Le Gaon de Vilna écrivit plus de 50 livres qui furent publiés par ses élèves après sa mort. Dans ses publications, le Gaon de Vilna rechercha la version exacte des écrits et essaya de corriger les fautes ou erreurs qui s'y serait ajoutées au fils des ans.

  • Adéret eliyaou : commentaire sur le pentateuque.
  • Commentaire sur le Livre des Proverbes.
  • Commentaire sur le Cantiques des Cantiques.
  • Commentaire sur le livre de Jonas.
  • Commentaires sur la Michna : Chénot Eliyaou, Eliyaou Rabba, Taarat Hakodech.
  • Commentaire sur la Tossefta.
  • Biourei haGra sur le Talmud.
  • Biourei haGra sur le Choulhan Aroukh
  • Commentaire sur la Haggada de Pessah.
  • Livres de grammaire hébraïque.
  • Commentaire sur le Zohar.
  • Maassé Rav transcrit les coutumes pratiquées par le Gaon de Vilna.

Il a écrit aussi une lettre célèbre : Iguereth Hagra, qui comporte des conseils d'éducation et de morale, adressée à sa mère et à son épouse (elle est souvent publiée en annexe à d'autres livres traitant de ces sujets).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom Kramer, ou Kremer, qu'on lui attribue n'a pas été porté par lui, ni par ses descendants. Il pourrait s'agir d'une interpolation erronée à partir du surnom de son ancêtre, le Rav Moshe Kremer — Chaim Arbeli, Of Royal Descent: Identifying the Vilna Gaon's Forbears and Descendants
  2. voir l'introduction des Éléments d'Euclide, traduite par Barouh de Shiklov, La Haye, 1780 :כפי מה שיחסר לאדם ידיעות משארי החכמות - לעומת זה יחסר לו מאה ידות בחכמת התורה. הגאון ציוה לי להעתיק מה שאפשר ללשוננו הקדוש מחכמות כדי להוציא בולעם מפיהם וישוטטו רבים ותרבה הדעת בין עמינו ישראל.
  3. B. Landau,Hagaon HaHassid MeVilna, p.140

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]