Sefer Torah
Le Sefer Torah (en hébreu : ספר תורה — « livre [de] Torah » ou plus exactement « rouleau de Torah ») (pluriel : Sifrei Torah) est une copie manuscrite de la Torah (ou Pentateuque), le livre le plus saint et révéré du judaïsme. Les conditions standard dans lesquelles il est réalisé sont extrêmement strictes et uniquement livrées à des scribes professionnels (Sofrim). Une fois réalisé, il est entreposé dans l'endroit le plus saint de la synagogue, l'Aron Kodesh (« Arche sainte », en référence à l'Arche d'alliance), une armoire généralement ornée de tentures brodées, ou une section orientée vers Jérusalem, qui est la direction vers laquelle prient les Juifs.
Le texte de la Torah est également fréquemment imprimé (à des fins non-rituelles) sous forme de livre (« classique », non sous forme de rouleau), appelé Houmash (« cinquième », par allusion aux Hamisha Houmshei Torah, les cinq livres de Moïse), avec souvent une traduction ou des commentaires imprimés en marge du texte.
Bien que traité avec révérence, la sainteté des Houmashim n'atteint pas celle d'un Sefer Torah, véritable trésor pour la communauté qui en possède un.
Sommaire |
Production d'un Sefer Torah [modifier]
Cerains parchemins (souvent de mauvaise qualité) sont barbouillés avec du log, une substance crayeuse blanchissante (quelquefois, d'un seul côté). Cette pratique est peu appréciée des scribes, qui font remarquer que le log forme une barrière entre l'encre et le parchemin.
Du fait que les procédés modernes de préparation du parchemin sont préparés suivant la règle du qlaf, et utilisés de cette manière, c'est-à-dire afin d'écrire sur le côté charnu (le tissu sous-cutané), et non le côté poilu, toute écriture sur le côté poilu est considéré comme invalide, mais il n'en a pas toujours été ainsi.
Histoire [modifier]
D'après les textes juifs les plus anciens et ayant la plus grande autorité (Mishna Sofrim (200-500 ap. J.-C., l'œuvre gaonique intitulée Halakhot Gdolot (743 ap. J.-C.) et le Mishneh Torah de Maïmonide), le qlaf est la portion profonde (la plus proche de la chair) de la peau animale dépecée (le gvil). Les Soferim utilisaient à l'origine le fond de cette portion pour écrire les phylactères. Les Sifrei Torah étaient également écrits sur ce support, en dernier recours. C'était le gvil qui était le premier choix.
Ornementations extérieures [modifier]
Un Sefer Torah complété sera souvent « revêtu » de plaques ornementales richement et finement ciselées, d'un velours protecteur et, occasionnellement, d'une couronne en argent forgé, ceci afin de marquer le Sefer Torah comme saint, parole vivante du Dieu vivant.
Utilisation d'un Sefer Torah [modifier]
La lecture de la Torah à partir d'un Sefer Torah est habituellement réservée au Shabbat, ainsi qu'à des lectures plus courtes les lundi et jeudi matins et en d'autres occasions festives.
Durant la cantillation, la lecture du texte est facilitée par une yad (main), un pointeur digitiforme en métal ou en bois, qui protège le rouleau en évitant tout contact non nécessaire du parchemin avec la peau (qui, aussi propre qu'elle soit, est souvent remplie de graisse et de sueur).
Le don d'un nouveau Sefer Torah à la synagogue est souvent l'occasion d'une fête joyeuse avec chants, danses et prières. Cet usage remonte au Premier Temple, vers 1000 av. J.-C. : la Bible raconte que les prêtres, et même des rois comme David « dansaient devant l'Arche » ou « devant le Seigneur », ce qui signifie qu'ils dansaient, célébraient et priaient (souvent en exstase) devant l'Arche d'alliance où se trouvait la parole de Dieu.
Il n'est actuellement pas rare que des étudiants avancés ou des Sages (en Hébreu, même le plus grand savant du monde Juif n'est jamais « que » l'élève des Sages, Moïse ayant été le premier d'entre eux, lui-même élève de Dieu) deviennent soferim, et reçoivent un salaire pour rédiger un Sefer Torah sous contrat, à la demande de la communauté ou de particuliers afin de marquer une occasion spéciale ou une commémoration. Ce travail est lourd, et est souvent gratifié d'un généreux salaire.
Sources [modifier]
- Fragments trouvés aux alentours et dans les grottes de Qumrân (200 av. J.-C.)
- Halakhot Gdolot: un ouvrage gaonique rédigé vers 743.
- Talmud (de Babylone) Sofrim (Qatan), Baba Batra 14b, Guittin 54b (200 ap. J.-C.)
- Mishneh Torah leha Rambam (1100-1200) : Hilkhot Tefilin (Lois sur les Tefillin), 1er chapitre.
Voir aussi [modifier]
- Mezouzah
- Lecture de la Torah
- Parasha (sections de la Torah lues selon un rythme hebdomadaire)
- Les cinq Meguilot
- Tikkoun (livre) : livre utilisé afin de préparer la lecture de la Torah dans le Sefer Torah (non cantilé, non vocalisé, non ponctué) à la synagogue.