Partages de la Pologne

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Le terme partages de la Pologne, en polonais Rozbiór ou Rozbiory Polski est habituellement employé pour désigner les annexions successives du territoire de la Pologne-Lituanie au XVIIIe siècle (1772, 1793, 1795) par l'Empire de Russie, le Royaume de Prusse et l'Empire d'Autriche.

La Pologne et l'Europe centrale en 1838

Il s'agit là d'une des périodes sombres de l'histoire de la Pologne. Affaiblie à l'intérieur par l'anarchie nobiliaire, conséquence du liberum veto, proie facile pour ses voisins qui attisent ses divisions internes, la Pologne ne parviendra pas à sauver son indépendance malgré les réformes entreprises dans l'esprit des Lumières par le roi Stanislas Auguste Poniatowski, ancien amant de l'impératrice de Russie qui s'exilera et mourra en Russie.

Les trois partages[modifier | modifier le code]

Premier partage (1772)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Premier partage de la Pologne.
République des Deux Nations après le premier partage comme un protectorat de l'Empire russe 1773-1789

Le premier partage survient après les victoires successives de la Russie, en Europe, contre l'Empire ottoman. Après ces succès, l'Autriche inquiétée par la montée de la puissance russe menace d'entrer en guerre contre celle-ci.

Pour éviter un tel conflit, Frédéric le Grand réussit à détourner l'expansionnisme russe de Catherine II vers la Pologne dont le pouvoir est structurellement faible et qu'une nouvelle guerre civile ravage depuis 1768. Frédéric II, toujours cynique, écrit de l'impératrice catholique Marie-Thérèse d'Autriche, dans une lettre au sujet de leur participation commune au premier partage de la Pologne : « Catherine et moi-même sommes de simples voleurs ; mais je voudrais volontiers savoir comment l'impératrice a calmé son confesseur ? Elle pleurait alors même qu'elle volait, et plus elle pleurait, plus elle volait ! »

Le 5 août 1772, la Russie, la Prusse et l'Autriche signent un traité, ratifié le 30 septembre par la Diète polonaise, qui ampute la Pologne du tiers de sa population et de 30 % de son territoire :

  • La Russie reçoit les territoires biélorusses à l'est de la ligne formée par la Dvina et le Dniepr. Sont entre autres comprises les villes de Polotsk (ancienne capitale de la principauté), de Vitebsk, d'Orcha, de Moguilev et de Gomel ;
  • La Prusse obtient la riche région de la Prusse royale, peuplée d'Allemands à 90 %, avec la partie nord de la Grande-Pologne (Wielkopolska), peuplée de Polonais ;
  • L'Autriche obtient la Petite-Pologne (Malopolska), le Sud du bassin de la Vistule et l'Ouest de la Podolie.

Deuxième partage (1793)[modifier | modifier le code]

Deuxième partage
Article détaillé : Deuxième partage de la Pologne.

L'impératrice Marie-Thérèse meurt en 1780. Son petit-fils François II, âgé de 25 ans, règne depuis 1792 sur l'Autriche et le Saint-Empire romain germanique. Il est en guerre avec la France révolutionnaire qui a emprisonné puis condamné à mort et exécuté son oncle et sa tante, le roi, Louis XVI et la reine Marie-Antoinette de France. Frédéric II de Prusse est décédé en 1786 laissant le trône à son neveu Frédéric-Guillaume II, 49 ans en 1793. Catherine II, âgée de 64 ans, règne toujours sur l'Empire russe en pleine expansion.

Le deuxième partage de la Pologne est le résultat de la demande d'aide faite à la Russie par la confédération de Targowica, le 4 mai 1792. La Russie accepte et envoie des troupes, de même que la Prusse. Un accord entre ces deux pays aboutit au deuxième partage qui est, lui aussi, ratifié par la diète polonaise. L'Autriche a les mains liées par la guerre que lui a déclarée son ex-alliée, la France.

  • La Russie reçoit l'essentiel de la Biélorussie lituanienne (la voïvodie de Minsk et partiellement la voïvodie de Navahroudak et celle de Brest-Litovsk) et l'Ouest de l'Ukraine.
  • La Prusse obtient notamment les villes de Dantzig et Thorn, ainsi que le reste de la Grande-Pologne et une partie de la Mazovie.

Troisième partage (1795)[modifier | modifier le code]

Troisième partage.

Après le deuxième partage, le peuple commence à se révolter. En 1794, Tadeusz Kościuszko conduit un soulèvement national, brisé le 4 novembre 1794 avec le massacre de Praga. La réaction de la Russie, de la Prusse et de l'Autriche se termine par le démembrement du reste de la Pologne le 3 janvier 1795.

Catherine II meurt l'année suivante. L'empereur romain germanique et le roi de Prusse sont désormais alliés contre la France révolutionnaire. Les légions polonaises naîtront d'ailleurs d'un ralliement de militaires derrière la France napoléonienne, ennemie de tous les pays qui ont pris part aux partages.

Malgré la fondation du duché de Varsovie par Napoléon, en 1807, le partage de la Pologne est confirmé après la chute de l'empereur par le Congrès de Vienne (1814-1815). La partie administrée par la Russie est agrandie.

Suites[modifier | modifier le code]

À l'issue de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles permet la renaissance de la Pologne, sur la base du Royaume de Pologne (ancien Royaume du Congrès), ainsi que la restitution de la plupart des territoires qui lui avaient été enlevés au XVIIIe siècle par les empires allemand et austro-hongrois.

« Quatrième partage » (1939)[modifier | modifier le code]

Après la restauration de l'État polonais en 1918, un quatrième partage a lieu en 1939, selon les termes du Pacte germano-soviétique, signé le 23 aout 1939 par les représentants du IIIe Reich et le ministre des affaires étrangères soviétiques Molotov. Après une campagne éclair, le pays est démembré par le Reich et l'URSS. Le Reich crée le Gouvernement Général de Pologne, autour de Varsovie et de Cracovie et annexe des territoires soumis à une forte germanisation. L'URSS attribue les territoires qu'elle a annexés entre les républiques soviétiques d'Ukraine, de Biélorussie, puis de Lituanie après l'annexion ce celle ci en août 1940.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En janvier 1945, l'Armée rouge chasse les troupes allemandes de Varsovie, puis de toute la Pologne en mars. Lors de la conférence de Potsdam, en août 1945, les frontières de la Pologne sont redéfinies par les Alliés, qui prennent la ligne Curzon comme frontière orientale et la ligne Oder-Neisse comme frontière occidentale. L'URSS acquiert la partie orientale du pays, peuplée majoritairement de Biélorusses et d'Ukrainiens. Le territoire polonais « glisse » vers l'ouest, en absorbant le sud de la Prusse-Orientale, la Poméranie et la Silésie, allemandes depuis plusieurs siècles. Ce déplacement de plus de 200 km vers l'Ouest est accompagné de transferts de populations importants.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]