Daugavpils

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Daugavpils
(ru) Двинск, Dvinsk
Blason de Daugavpils
Héraldique
Drapeau de Daugavpils
Drapeau
Dvinsk en 1912, avec l'église luthérienne en premier plan et l'église de l'Immaculée-Conception au fond
Dvinsk en 1912, avec l'église luthérienne en premier plan et l'église de l'Immaculée-Conception au fond
Administration
Pays Drapeau de la Lettonie Lettonie
Rajons Daugavpils (Lielpilseta)
Maire Jānis Lāčplēsis
Code postal LV-5400
Démographie
Population 109 421 hab.
Densité 1 510 hab./km2
Géographie
Coordonnées 55° 53′ N 26° 31′ E / 55.88, 26.5155° 53′ Nord 26° 31′ Est / 55.88, 26.51  
Superficie 7 248 ha = 72,48 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Lettonie

Voir sur la carte Lettonie administrative
City locator 14.svg
Daugavpils

Daugavpils (en russe : Даугавпилс ; en allemand : Dünaburg) est la deuxième ville en population (avec 110 000 habitants) de la Lettonie. C'est également le chef-lieu de la province orientale de Latgale. La ville se trouve dans le Sud-Est de la Lettonie, sur les deux berges du fleuve Daugava. Elle est très proche des frontières lituanienne, biélorusse et russe. La langue officielle est le letton, mais la langue de communication majoritaire entre les différentes communautés reste le russe.

Variété de nomination[modifier | modifier le code]

Daugavpils a connu différents noms, au XVIe siècle Borissoglebsk, jusqu'au XIXe siècle Dünabourg, puis Dvinsk, et à partir de 1920 jusqu'à nos jours Daugavpils.

Histoire[modifier | modifier le code]

Livonie[modifier | modifier le code]

Les premiers documents mentionnent en 1275 le château fort de Dünaburg édifié par le baron Ernst von Razeburg sur ordre du grand-maître de l'Ordre de Livonie (Ordo Fratres miliciæ Christi de Livonia), au bord de la Dvina occidentale. Ses ruines se trouvent à une dizaine de kilomètres de la ville moderne. Le château fort était une forteresse d'importance pour défendre la région contre les attaques des populations lives et des princes russes. Plusieurs fois reconstruit, il est finalement pris par Ivan III en 1481.

Union de Lublin[modifier | modifier le code]

La Guerre de Livonie commence en 1558 et le roi Sigismond II de Pologne rend le château et les villages alentour à l'Ordre de Livonie pour s'assurer de son soutien matériel et militaire. En effet, Dünabourg devient la forteresse principale du grand-duché outre-dvinien (Ducatus Ultradunensis), ou grand-duché de Livonie. Il est cependant détruit en 1577 par les troupes d'Ivan le Terrible. Les ruines servent à construire un nouveau bourg à l'emplacement actuel de Daugavpils avec un petit fort. Dünabourg reçoit les droits de cité des mains d'Étienne Báthory, le 26 mars 1582. La ville devient en 1629, après les guerres polono-suédoises et les pertes de territoires qui s'ensuivirent en Livonie pour les Polonais au profit des Suédois, le siège principal du petit voïvodat de Livonie. La ville de Dünabourg et ses environs sont pris par le tsar Alexis Romanov en 1659, pendant la première guerre du Nord contre la Suède et ses alliés, qui menaçaient le nord et l'ouest de la Russie. Elle est rebaptisée Borissoglebsk (ville des saints Boris et Gleb). La ville est reprise par les Polonais en 1667.

Empire russe[modifier | modifier le code]

Dünabourg entre dans le territoire de l'Empire russe, lors du premier partage de la Pologne en 1772, selon l'accord entre les puissances. Elle entre d'un point de vue administratif dans le gouvernement de Pskov et en 1802 devient le chef-lieu de l'ouiezd de Dünabourg, faisant partie du gouvernement de Vitebsk. On construit entre 1810 et 1833 une nouvelle forteresse moderne[1], avec une interruption pendant l'invasion de la Grande Armée napoléonienne, cette forteresse jouera un rôle important pendant cette guerre de 1812. Le bourg est modernisé en 1826, date de la construction des nouveaux quartiers, et la vieille ville démolie.

Dünabourg prend le nom de Dvinsk par oukaze du 14 janvier 1893.

Au XIXe siècle, la ville est un nœud de communication important. Le chemin de fer joint la ville à Riga (1861), Saint-Pétersbourg (1860), Varsovie (1862), Vitebsk (1866) ou encore Oriol. Le fameux Nord-Express s'y arrête. Le fleuve permet les échanges et une route Saint-Pétersbourg - Varsovie est construite.

Dvinsk compte 112 837 habitants en 1914, devenant ainsi la ville la plus importante du gouvernement de Vitebsk d'un point de vue démographique et industriel.

De 1915 à 1920[modifier | modifier le code]

La plupart des usines sont évacuées plus à l'intérieur de la Russie au début de la Première Guerre mondiale et le front s'approche de Dvinsk à l'automne 1915, les Allemands sont à Novoalexandrovsk (aujourd'hui Zarasai) le 3 septembre. Des combats importants ont lieu sur les hauteurs de la Dvina. Les Russes comparent Dvinsk à Verdun, car la guerre de position s'amorce, la ville étant située sur la route de Petrograd (ex-Saint-Pétersbourg). Dvinsk est bombardée et évacuée de ses industries et administrations. Cinq armées russes commandées par le général Plehve (1850-1916) et le général Gourko (1864-1937) sont positionnées autour de la ville. Les combats sont extrêmement rudes à l'hiver 1916-1917, mais des amorces de fraternisation commencent après la révolution de février et à l'automne 1917 l'influence des bolchéviques renforce le pacifisme des troupes.

Le décret de paix signé par Lénine le 8 (26) octobre 1917 provoque un cessez-le-feu[réf. nécessaire]. Une délégation de plénipotentiaires du soviet des commissaires du peuple en provenance de Petrograd pour Brest-Litovsk traverse Dvinsk en novembre pour mener les pourparlers de paix avec l'Allemagne. L'ouïezd de Dvinsk, qui faisait partie du gouvernement de Vitebsk depuis 1802, entre le 31 décembre 1917 par décision du soviet de la Russie bolchévique dans le territoire de la république lettone soviétique (dite république d'Iskolat), alors qu'une minorité infime de Lettons y vivaient. Mais son territoire évacué par l'armée allemande est pris par des divisions lettones bolchéviques. Les Allemands reprennent les territoires le 18 février 1918, mettant fin à la république Iskolata soviétique lettone. La chute de l'Empire allemand et la révolution spartakiste changent la donne. Les Allemands évacuent sans combat. Les Bolchéviques peuvent reprendre la région sans coup férir. L'Armée rouge fait son entrée dans Dvinsk, le 9 décembre 1918 qui intègre la république socialiste soviétique de Lettonie le 17 février 1918.

C'est au tour des Polonais d'entrer en jeu. L'armée polonaise du général Rydz-Smigly occupe Dvinsk le 3 janvier 1920. Le traité de Riga 11 juillet 1920 fait entrer Dvinsk, qui devient Daugavpils, dans la nouvelle république de Lettonie indépendante.

De 1920 à 1939[modifier | modifier le code]

De 1939 à 1945[modifier | modifier le code]

Les Allemands prennent la ville par un raid blindé du 56e corps blindé (LVI. Armee-Korps (mot.), en allemand) du général von Manstein le 26 juin 1941, alors que l'Armée rouge se concentre sur le 41e corps blindé (XLI. Armee Korps (mot.), en allemand) plus à l'ouest. La ville restera occupée jusqu'en 1944. Sa communauté juive, sera, à l'instar de tous les États Baltes, massacrée rapidement par le régime nazi.

De 1945 à 1990[modifier | modifier le code]

En 1953, Grīva, la ville voisine se situant sur la rive gauche de la Laucesa (lv) fut administrativement attachée à Daugavpils.

Population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la ville de Daugavpils entre 1772 et 2008

En 2009, la population de la ville était estimée à 104 857 habitants. Sa composition ethnique était la suivante :

  • Russes à 52,8 % avec 55 320 habitants.
  • Lettons à 17,6 % avec 18 411 habitants.
  • Polonais à 14,6 % avec 15 327 habitants.
  • Biélorusses à 7,8 % avec 8 206 habitants.
  • Ukrainiens à 2,1 % avec 2 253 habitants.
  • Lituaniens à 1,0 % avec 1 005 habitants.
  • Autres à 4,1 % avec 4 335 habitants.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville de Daugavpils possède un réseau de tramways, qui comporte trois lignes et s'étend sur plus de 21 kilomètres.

Monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Place du marché de Dvinsk en 1910, avant la démolition en 1969 de la cathédrale orthodoxe Saint-Alexandre-Nevski

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Œuvre du général d'origine allemande Johann Heckel (1764-1832)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]