Prisonniers de guerre de la Seconde Guerre mondiale
Cet article décrit le traitement des prisonniers au cours de la Seconde Guerre mondiale.
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Nombre de prisonniers de guerre par pays [modifier]
Par ordre décroissant.
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Front de l'Ouest [modifier]
En règle générale, la majorité des prisonniers de guerre sur le front de l'Ouest et durant la guerre du désert ont eu un traitement en accord avec les conventions de Genève.
Certains prisonniers de guerre, condamnés par les tribunaux militaires allemands pour insubordination, rapports avec des femmes allemandes ou faits de droit commun, furent soumis à un régime très sévère, voir quasi concentrationnaire, comme par exemple à la forteresse de Graudenz.
Une estimation fait état de 8 300 morts parmi les 231 000 Britanniques et Américains fait prisonnier par l'Allemagne, soit un taux de perte de 3,6 %[1].
Prisonniers français [modifier]
Prisonniers britanniques [modifier]
Prisonniers américains [modifier]
Prisonniers italiens [modifier]
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plus de 51 000 des 425 000 prisonniers de guerre détenus aux États-Unis étaient italiens.
En septembre 1943, Mussolini est renversé. L'Italie rejoint le camp des Alliés. Cela ne change en rien le sort des prisonniers de guerre italiens qui restent internés en raison de la pénurie de main-d'œuvre au RU et au EU.
Prisonniers allemands [modifier]
Pendant la guerre, les armées des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et et de l'Australie ont de manière générale traité les prisonniers de l'Axe en stricte conformité avec la Convention de Genève (1929). Certaines violations ont cependant été constaté. Selon Stephen E. Ambrose, des quelque 1000 anciens combattants américains qu'il a interrogés, un seul a admis avoir tué un prisonnier. Cependant, un tiers lui ont dit qu'ils avaient vu des soldats américains tuer des prisonniers allemands.
Devant l'afflux de prisonniers à la fin de la guerre, les États-Unis créent la désignation de "forces ennemies désarmées" (DEF) afin de ne pas traiter les détenus comme prisonniers de guerre. Un grand nombre de ces soldats ont été maintenus dans des champs ouverts dans divers Rheinwiesenlagers.
Après la capitulation de l'Allemagne en mai 1945, de nombreux prisonniers allemands sont contraints au travail forcé dans des pays comme le Royaume-Uni et la France. Beaucoup meurent lors d'opérations de déminage.
En 1946, le Royaume-Uni détient plus de 400 000 prisonniers allemands. En 1947, le Ministère de l'Agriculture s'oppose au rapatriement des prisonniers allemands car ils représentent 25 pour cent de la main-d'œuvre agricole.
A l'automne 1945, la Croix Rouge Internationale est autorisée à fournir de l'aide tels que la nourriture et à visiter les camps de prisonniers dans les zones d'occupation britannique et française de l'Allemagne et, à partir du 4 février 1946, dans la zone d'occupation américaine. "Lors de leurs visites, les délégués ont fait observer que les prisonniers de guerre allemands sont souvent détenus dans des conditions effroyables. Ils ont attiré l'attention des autorités sur ce fait, et peu à peu réussi à obtenir certaines améliorations".
Des transferts de prisonniers ont lieu entre les Alliés. 6 000 officiers allemands sont transférés au camp de concentration de Sachsenhausen sous administration soviétique. Les États-Unis livrent également 740 000 prisonniers de guerre allemands comme travailleurs forcés à la France.
Ces prisonniers seront principalement employés dans l'industrie, l'agriculture ou pour des missions dangereuses. Les campagnes de déminage feront 500 morts français et 5 000 morts allemands[2].
Les conditions de détention sont d'abord difficiles mais progressivement le régime de détention s'assouplit (dimanche accordé, statut de salarié libre, loisir et sexualité possibles mais cachées)[3].
Une réplique d'une annexe d'un camp de prisonniers de guerre français de la Seconde Guerre mondiale est exposée dans une des maisons de l'écomusée Roscheider Hof de Konz en Allemagne.
Front de l'Est [modifier]
Prisonniers soviétiques [modifier]
Durant la Seconde Guerre mondiale, les prisonniers soviétiques de l'Allemagne nazie furent les premiers à subir les chambre à gaz.[réf. nécessaire]
Selon une estimation du United States Holocaust Memorial Museum, 3,3 millions de prisonniers soviétiques sont morts sur les 5,7 qui ont été faits par l'Allemagne. Cela fait un taux de mortalité de 57 %[4]
Le régime nazi considérait les prisonniers soviétiques comme des sous-hommes, aussi de nombreux prisonniers soviétiques furent l'objet de travaux forcés ou furent assassinés sous Hitler en application de la politique de purification raciale du Troisième Reich. Un prisonnier soviétique qui survécut à Auschwitz était le père du président ukrainien Viktor Iouchtchenko.Les Allemands hitlériens arguaient que l'Union Soviétique n'avait pas signé la Convention de Genève.
1,6 millions de prisonniers de guerre soviétiques furent rapatriés. Staline ayant toujours considéré la capture ou la capitulation de ses soldats comme un acte de trahison de leur part, à leur retour, plus de 80 % d'entre eux furent condamnés à du travail forcé[5].
Prisonniers allemands [modifier]
Selon les archives soviétiques, 2,7 millions de soldats ayant servi dans la Wehrmacht furent capturés par l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale et 381 067 trouvèrent la mort dans les camps du NKVD (356 700 ressortissants allemands et 24 367 d'autres pays).[7]
Selon d'autres sources, une partie plus ou moins importante des 1,3 million de soldats allemands portés disparus sur le front de l'Est seraient morts en captivité. L'historien allemand Rüdiger Overmans estime ce nombre à environ 700 000 et le nombre total de soldats allemands morts après avoir été fait prisonnier à 1 million.[8]
Ces prisonniers furent employés comme main-d'oeuvre forcée dans l'économie de guerre soviétiques et lors de la reconstruction. Si la plupart furent libérés assez rapidement (ils ne sont plus que 85 000 en octobre 1949, pour la plupart des criminels de guerre), le dernier ne retrouva la liberté qu'en 1956.[9]
Prisonniers italiens [modifier]
On estime 64 000 le nombre d'Italiens capturés par l' Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale.
Selon les archives soviétiques, 54 400 prisonniers de guerre furent internés. 44 315 sont morts en captivités, la plupart à l'hiver 1943. Les 10 085 survivants furent rapatriés entre 1945 et 1954.
10 000 soldats italiens considérés comme disparus seraient en fait morts après leur reddition sans avoir été enregistrés comme prisonniers (exécutés après leur reddition, morts lors des transferts vers les camps ou de leurs blessures).
Prisonniers roumains et hongrois [modifier]
Prisonniers polonais [modifier]
Outre les officiers exécutés à Katyn et dans le reste de l'URSS, au nombre de 26.000, les estimations montent à 400.000 victimes parmi les prisonniers polonais dans les camps soviétiques.
Front asiatique [modifier]
Article détaillé : crimes de guerre du Japon Shōwa
Lors de l'expansion du Japon Shôwa, les prisonniers détenus par les forces japonaises étaient soumis à des traitements brutaux, y compris le travail forcé, la privation de nourriture, le cannibalisme ainsi que le refus d'accorder tout traitement médical. Selon l’historien Akira Fujiwara, l’empereur Showa ratifia personnellement la décision de ne plus tenir compte des contraintes du droit international (Conventions de La Haye) pour le traitement des prisonniers de guerre chinois dans une directive du 5 août 1937. Le même document précisait également aux officiers d’état-major qu’il n’y avait plus lieu d’utiliser le terme prisonnier de guerre[10].
Alors que les prisonniers de guerre alliés avaient un taux de mortalité d'environ 4 % dans les camps de prisonniers allemands, ce taux était considérablement plus élevé dans les camps japonais. Selon les travaux du Tribunal de Tokyo, le taux de mortalité des prisonniers occidentaux était en moyenne de 27,1 %[11]. Le taux pour les prisonniers américains était de 37 %[12] alors que celui des prisonniers chinois était bien plus grand, en raison de la directive ratifiée le 5 août 1937 par Hirohito.
Ainsi, si 37 583 prisonniers venant de Grande-Bretagne, 28 500 des Pays-Bas et 14 473 des États-Unis furent relâchés après la reddition du Japon, le nombre de Chinois ne fut que de 56[13].
Tortures de prisonniers de guerre [modifier]
L'armée impériale japonaise a largement utilisé la torture contre ses prisonniers. Un ancien officier de l’armée japonaise qui servit en Chine, Uno Sintaro, a déclaré :
- L’un des moyens essentiels d’obtenir des informations était l’interrogatoire des prisonniers. La torture était une nécessité inévitable. Tuer les victimes et les enterrer en est une suite naturelle. Vous le faites parce que vous ne souhaitez pas que cela soit découvert. J’ai cru et j’ai agi de cette façon parce que j’étais convaincu de ce que je faisais. Nous faisions notre devoir comme on nous l’avait inculqué. Nous l’avons fait pour le salut de notre pays. En raison de nos obligations filiales vis-à-vis de nos ancêtres. Sur le champ de bataille, nous n’avons jamais considéré que les Chinois étaient des êtres humains. Lorsque vous êtes le vainqueur, les perdants semblent vraiment misérables. Nous avons conclu que l’ethnie Yamato (càd japonaise) était supérieure[14]
Après la guerre, 148 Japonais furent convaincus de crimes de guerre par les tribunaux alliés. Le plus élevé en grade était le lieutenant-général Hong Sa Ik qui fut responsable de l’organisation des camps de prisonniers en Asie du Sud-Est[15].
Cannibalisme [modifier]
De nombreux rapports écrits et témoignages rassemblés par la section australienne pour les crimes de guerre du tribunal de Tokyo, examinés par le procureur William Webb (futur juge en chef), montrent que des Japonais ont commis dans plusieurs parties de l’Asie ou du Pacifique des actes de cannibalisme contre des prisonniers de guerre alliés ou des populations civiles. Dans certains cas, ces actes furent le résultat de l’accroissement des attaques alliées sur les lignes de ravitaillement japonaises et des décès et des maladies frappant les soldats japonais en raison de la famine qui s’ensuivit. Toutefois, selon l’historien Yuki Tanaka, « le cannibalisme était souvent une activité systématique menée par des compagnies entières agissant sous le commandement d’officiers[16]. »
Dans certains cas, la chair était prélevée sur des personnes en vie : un prisonnier indien, le Lance Naik Hatam Ali (qui devait plus tard devenir citoyen pakistanais) témoigna qu’en Nouvelle-Guinée :
« Les Japonais commencèrent à sélectionner les prisonniers et chaque jour un prisonnier était tué et mangé par les soldats. J’ai vu cela personnellement et près de 100 prisonniers furent tués et mangés par les soldats à cet endroit. Ceux d’entre nous qui restaient furent emmenés à un autre endroit situé à 80 km où dix prisonniers moururent de maladie. À cet endroit, les Japonais recommencèrent à sélectionner des prisonniers en vue de les manger. Ceux qui étaient sélectionnés étaient amenés dans une hutte où leur chair était prélevée sur leurs corps alors qu’ils étaient encore en vie. Ils étaient ensuite jetés dans un fossé où ils finissaient par mourir »[17]
L'un des officiers connus le plus élevé en grade à avoir été convaincu de cannibalisme fut le Lt. Général Yoshio Tachibana qui, avec onze autres soldats japonais fut jugé pour l’exécution d’aviateurs de l’U.S. Navy et le cannibalisme perpétré sur au moins un d’entre eux en août 1944 sur l’île de Chichi Jima dans l'archipel d'Ogasawara. Ils furent décapités sur les ordres de Tachibana. Comme les lois militaires et internationales ne contenaient pas de dispositions spécifiques au cannibalisme, ils furent jugés pour meurtre et « refus d'une sépulture honorable ». Tachibana fut condamné à mort[18].
Travail forcé [modifier]
Le travail forcé imposé par les forces armées japonaises à des civils asiatiques et des prisonniers de guerre fut aussi la cause d’un grand nombre de morts. Selon une étude conjointe de plusieurs historiens dont Zhifen Ju, Mitsuyoshi Himeta, Toru Kibo and Mark Peattie, plus de dix millions de civils chinois furent mobilisés par le Kôa-in (Agence de développement de l’Asie orientale) pour le travail forcé[19]. Plus de 100 000 civils et prisonniers de guerre moururent au cours de la construction du chemin de fer Birmanie-Siam.
La librairie du Congrès des États-Unis estime qu’à Java, entre quatre et dix millions de romusha (en japonais, travailleurs manuels) furent forcés à travailler par les militaires japonais[20]. Près de 270 000 de ces travailleurs javanais furent envoyés vers d’autres régions du Sud-est asiatique tenues par les Japonais. Seuls 52 000 furent finalement rapatriés à Java, ce qui laisse entendre que le taux de mortalité fut de 80 %.
Notes [modifier]
- (en) NAZI PERSECUTION OF SOVIET PRISONERS OF WAR USHMM
- Valentin Schneider, Un million de prisonniers allemands en France : 1944-1948, Vendémiaire, 2011, 192 p. (ISBN 2363580001)
- Gaspard Delon, « Les prisonniers de guerre allemands dans la France de l’immédiat après-guerre », documentaire Les tabous de l'histoire sur Arte, 29 mai 2005
- (en) American Jewish Committee, Harry Schneiderman and Julius B. Maller, eds., American Jewish Year Book, Vol. 48 (1946-1947), Press of Jewish Publication Society of America, Philadelphia, 1946, page 599
- « Le Grand retour, URSS 1945-1946 », Histoire@Politique, no 3, 2007 [texte intégral (page consultée le 10 décembre 2011)]
- (de) Source.
- G. I. Krivosheev Rossiia i SSSR v voinakh XX veka: Poteri vooruzhennykh sil ; statisticheskoe issledovanie OLMA-Press, 2001 ISBN 5-224-01515-4 Table 198
- Rűdiger Overmans, Deutsche militärische Verluste im Zweiten Weltkrieg. Oldenbourg 2000. ISBN 3-486-56531-1
- Andreas Hilger: Deutsche Kriegsgefangene in der Sowjetunion 1941-1956. Kriegsgefangenschaft, Lageralltag und Erinnerung . Klartext Verlag, Essen 2000, ISBN 3-88474-857-2 , p. 137
- Akira Fujiwara, Nitchû Sensô ni Okeru Horyo Gyakusatsu, Kikan Sensô Sekinin Kenkyû 9, 1995, p.22
- Yuki Tanaka, Hidden Horrors, 1996, p.2,3.
- Japanese Atrocities in the Philippines, http://www.pbs.org/wgbh/amex/bataan/peopleevents/e_atrocities.html
- Tanaka, ibid., Herbert Bix, Hirohito and the Making of Modern Japan, 2001, p.360
- Haruko Taya Cook & Theodore F. Cook, Japan at War 1993 ISBN 1-56584-039-9, p. 153
- Dower, John (2000). Embracing Defeat: Japan in the Wake of World War II
- Tanaka, Hidden horrors: Japanese War Crimes in World War II, Westview press, 1996, p.127.
- >Lord Russell of Liverpool (Edward Russell), The Knights of Bushido, a short history of Japanese War Crimes, Greenhill books, 2002, p.121.
- Case No. 21 Trial Of General Tomoyuki Yamashita[, United States Military Commission, Manila, (8 octobre-7 décembre, 1945), and the Supreme Court Of The United States (Judgments Delivered On 4th February, 1946). Part VI] (Retrieved on 18 décembre 2006); Jeanie M. Welch, "Without a Hangman, Without a Rope: Navy War Crimes Trials After World War II", International Journal of Naval History, v.1, No. 1, avril 2002, p.5-6
- Zhifen Ju, Japan's atrocities of conscripting and abusing north China draftees after the outbreak of the pacific war, 2002
- Library of Congress, 1992, "Indonesia: World War II and the Struggle For Independence, 1942-50; The Japanese Occupation, 1942-45" Access date: February 9, 2007.
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Fabien Théofilakis, La captivité de guerre au XXe siècle : des archives, des histoires, des mémoires, Armand Colin, 2012
Articles connexes [modifier]
Lien externe [modifier]
- Oubliés et trahis, un documentaire sur les prisonniers de guerre des troupes coloniales.