Programme Apollo
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Le programme Apollo est le programme spatial de la NASA mené durant la période 1961 – 1975 qui a permis aux États-Unis d'envoyer pour la première fois des hommes sur la Lune. Il a été lancé par John F. Kennedy le 25 mai 1961, en réponse aux succès remportés par l'aérospatiale russe.
Le programme avait pour objectif de poser un homme sur la Lune avant la fin de la décennie : le 21 juillet 1969, cet objectif était atteint par deux des trois membres d'équipage de la mission Apollo 11, Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Les modules lunaires de cinq autres missions se sont par la suite posés sur la Lune et ont permis de rapporter près de 400 kilogrammes de roche lunaire.
Le programme Apollo a succédé au programme Gemini qui avait permis de mettre au point un grand nombre de techniques spatiales. Pour atteindre la Lune, la Nasa a développé la fusée géante Saturn 5, le module de service Apollo et un module lunaire chargé de transporter les hommes sur la Lune depuis l'orbite lunaire. L'ensemble du projet a bénéficié d'un budget considérable (135 milliards de $ valeur 2005) et mobilisé jusqu'à 400 000 personnes, a permis de développer un grand nombre d'avancées technologiques, en particulier dans le domaine de l'informatique et de la science des matériaux.
[modifier] Le contexte
[modifier] La guerre froide
Durant les années 1950 la guerre froide bat son plein entre les États-Unis et l'Union Soviétique, les deux superpuissances de l'époque. Celle-ci se traduit par des affrontements militaires indirects (Guerre de Corée), et une course aux armements qui porte notamment sur le développement de missiles à moyenne portée porteurs de têtes militaires nucléaires capables d'atteindre le territoire national de l'adversaire. Les deux pays développent ces fusées en s'appuyant largement sur les travaux et l'expertise de savants et techniciens allemands qui ont mis au point le premier engin de ce type la fusée V2. L'Union Soviétique prend une certaine avance en réussissant en 1956 le premier tir d'un missile intercontinental, la R-7 Semiorka. Cette fusée de 280 tonnes est particulièrement puissante car elle doit emporter une bombe A de 5 tonnes alors que les missiles américains sont beaucoup moins puissants car conçus pour lancer des bombes H beaucoup plus légères.
[modifier] La course à l'espace
En juillet 1955 les Etats-Unis et l'URSS annoncent chacun de leur côté qu'ils lanceront un satellite artificiel dans le cadre des travaux scientifiques prévus pour l'Année géophysique internationale (juillet 1957-décembre 1958). Début 1956, le concepteur de la Semiorka, Sergueï Korolev, réussit à convaincre les dirigeants soviétiques d'utiliser son missile comme lanceur spatial. A la surprise générale, le 4 octobre 1957, l'Union Soviétique est la première à placer en orbite le satellite Spoutnik 1. L'opinion internationale est fascinée par cet événement qui semble présager le début d'une nouvelle ère technique et scientifique. C'est un coup rude pour les américains, jusqu'alors persuadés de leur supériorité technique. Les dirigeants soviétiques, d'abord surpris par l'impact de ce lancement, ne tardent pas à comprendre le prestige international que le régime peut retirer des succès de sa politique spatiale; ils décident de se lancer dans un programme ambitieux.
A la même époque le programme Vanguard, pendant américain du programme spatial russe, après un échec spectaculaire (télévisé) qui semble confirmer l'avance soviétique, parvient à placer le 17 mars 1958 Vanguard 1 un satellite de 1,5 kg (contre plus de 80 kg pour Spoutnik 1). Bien que réticent à investir massivement dans le spatial civil, le président américain Dwight D. Eisenhower décide le 29 juillet 1958 la création d'une agence spatiale civile, la NASA, qui doit permettre de fédérer les efforts américains pour mieux contrer les réussites soviétiques : la course à l'espace est lancée[N 1]. La même année voit le début du programme Mercury qui doit permettre la mise en orbite de missions habitées.
Mais les soviétiques, qui disposent d'une avance importante et d'une fusée fiable et ayant une grande capacité d'emport maintiennent leur avance et multiplient les premières : premier animal placé en orbite (Spoutnik 2), premier satellite à échapper à l'attraction terrestre (Luna 1), premier satellite à s'écraser sur la Lune (Luna 2), première photo de la face cachée de la Lune (Luna 3), premier animal à revenir vivant après un séjour de l'espace (Spoutnik 5), premier survol de Vénus (Venera 1).
[modifier] Le lancement du programme Apollo
Lorsqu'il arrive au pouvoir en janvier 1961, le président John F. Kennedy est, comme son prédécesseur, peu convaincu par la nécessité d'investir massivement dans un programme spatial civil[1]. Mais le lancement du premier homme dans l'espace par les soviétiques (Youri Gagarine, 12 avril 1961) le convainque de la nécessité de disposer d'un programme spatial ambitieux pour récupérer le prestige international perdu. L'échec du débarquement de la baie des Cochons (avril 1961) destiné à renverser le régime de Fidel Castro installé à Cuba, qui écorne un peu plus l'image des Etats-Unis auprès des autres nations, contribue également sans doute à son changement de position.
John Kennedy demande au vice-président Lyndon Johnson de lui désigner un objectif qui permettrait aux États-Unis de battre l'Union Soviétique (parmi les pistes évoquées figuraient la création d'un laboratoire spatial et un simple survol lunaire). Ce dernier lui désigne l'exploration de la Lune comme un objectif atteignable.[2] Le 25 mai 1961 le président annonce devant le congrès américain le lancement du programme qui doit amener des astronautes américains sur le sol lunaire avant la fin de la décennie[3].
[modifier] Le déroulement du programme
[modifier] Le choix du rendez-vous orbital lunaire
Dès 1959 des études sont lancées au sein de l'agence spatiale américaine dans une perspective à long terme, sur la manière de poser un engin habité sur la Lune. Trois scénarios principaux se dégagent[4] :
- L'envoi direct d'un vaisseau sur la Lune (Direct Ascent) : une fusée de forte puissance, de type Nova, envoie le vaisseau complet ; celui-ci atterrit sur la Lune puis en décolle avant de retourner sur la Terre.
- Le rendez-vous orbital autour de la Terre (EOR Earth-Orbit Rendez-vous) : pour limiter les risques et le coût de développement de la fusée Nova, les composants du vaisseau sont envoyés en orbite terrestre par 2 ou plusieurs fusées moins puissantes. Ces différents éléments sont assemblés en orbite en utilisant éventuellement une station spatiale comme base arrière. Le déroulement du vol du vaisseau, par la suite, est similaire à celui du premier scénario.
- Le rendez-vous orbital autour de la Lune (LOR pour Lunar Orbital Rendez vous) : une seule fusée est requise mais le vaisseau spatial comporte 2 sous-ensembles qui se séparent une fois que l'orbite lunaire est atteinte : un module dit « lunaire » se pose sur la Lune avec 2 des 3 astronautes et en décolle pour ramener les astronautes jusqu'au module dit « de commande », resté en orbite autour de la lune, qui prend en charge le retour des astronautes vers la Terre. Cette solution permet d'économiser du poids par rapport aux 2 autres scénarios (beaucoup moins de combustible est nécessaire pour faire atterrir puis décoller les hommes sur la Lune) et permet de concevoir un vaisseau dédié à sa mission proprement lunaire. La fusée à développer est moins puissante que celle requise par le premier scénario.
Lorsque le président américain John Kennedy donne à la NASA en 1961, l'objectif de faire atterrir des hommes sur la Lune avant la fin de la décennie, l'évaluation de ces trois méthodes, est encore peu avancée. L'agence spatiale manque d'éléments : elle n'a pas encore réalisée un seul véritable vol spatial habité (le premier vol orbital de la capsule Mercury n'a lieu qu'en septembre 1961)[5]. L'agence spatiale ne peut évaluer l'ampleur des difficultés soulevées par les rendez-vous entre engins spatiaux et elle ne maîtrise pas l'aptitude des astronautes à supporter de longs séjours dans l'espace et à y travailler ; ses lanceurs ont essuyé une série d'échecs qui l'incite à la prudence dans ses choix techniques.
Aussi, bien que le choix de la méthode conditionne les caractéristiques des véhicules spatiaux et des lanceurs à développer et que tout retard pris dans cette décision pèse sur l'échéance, la NASA va mettre plus d'un an, passé en études et en débats, avant que le scénario du LOR soit finalement retenu.
Au début de cette phase d'étude, le LOR est la solution qui a le moins d'appui malgré les démonstrations détaillées de John C. Houbolt du Centre de Recherche de Langley, son plus ardent défenseur. Aux yeux de beaucoup de spécialistes et responsables de la NASA, le rendez-vous entre module lunaire et module de commande autour de la lune paraît instinctivement trop risqué : si les modules n'arrivent pas à se rejoindre en orbite lunaire, les astronautes occupant le module lunaire n'ont pas le recours de freiner leur engin pour se laisser redescendre : ils sont condamnés à tourner indéfiniment autour de la Lune. Les avantages de ce scénario, en particulier le gain sur la masse à satelliser, ne sont pas appréciés à leur juste mesure. Toutefois, au fur et à mesure que les autres scénarios sont approfondis, le LOR gagne en crédibilité : les partisans du vol direct - Max Faget et ses hommes du Centre des Vols Habités - se rendent compte de la difficulté de faire atterrir un vaisseau complet sur le sol lunaire irrégulier et aux caractéristiques incertaines[6]. Wernher von Braun, qui dirige une équipe au Centre de vol spatial Marshall, et partisan d'un rendez-vous orbital terrestre, finit lui-même par être convaincu que le LOR est le seul scénario qui permettra de respecter l'échéance fixée par le président Kennedy[7].
Au début de l'été 1962, alors que les principaux responsables de la NASA se sont tous convertis au LOR, ce scénario se heurte au véto de Jerome B. Wiesner, conseiller scientifique du président Kennedy. Le choix du LOR est finalement entériné le 7 novembre 1962. Dès juillet 11 sociétés aérospatiales américaines sont sollicitées pour la construction du module lunaire sur la base d'un cahier des charges sommaire[8].
[modifier] Les composants du programme Apollo
[modifier] La fusée Saturn
Deux types de lanceurs ont été utilisés lors des missions Apollo : Saturn IB pour les missions en orbite terrestre et Saturn V pour les missions lunaires.
[modifier] Le vaisseau Apollo
Le vaisseau Apollo était constitué de trois sections principales plus deux sections mineures.
- Le CSM qui regroupe les modules de commande et de service :
- Le module de commande Apollo est la partie dans laquelle les astronautes séjournent, sauf lorsque deux d'entre eux descendent sur la Lune au moyen du module lunaire. C’est la seule partie du vaisseau à revenir sur Terre après la mission.
- Le module de service Apollo abrite tout l’équipement nécessaire à la survie des astronautes, tels que les réservoirs d’oxygène et d’eau, les moteurs qui placent le vaisseau en orbite lunaire et le ramène sur orbite terrestre, etc.
- La tour de sauvetage (fusée) (LET) est conçue pour éloigner le module de commande loin du lanceur Saturn V, si celui-ci subit une défaillance dans les premières phases du vol. Elle est éjectée lorsque le deuxième étage de la fusée Saturn est mis à feu.
[modifier] Le module lunaire
Le module lunaire (ou LEM), est la partie du vaisseau qui doit se poser. Il est constitué de 2 étages :
-
- l'étage de descente sert exclusivement à se poser et reste sur la lune,
- l'étage de remontée est le seul à revenir en orbite lunaire, afin de rejoindre le reste du vaisseau.
[modifier] Liste des missions
[modifier] Déroulement d'une mission lunaire type
[modifier] Détail des missions Apollo
[modifier] Missions d’essai
- AS-201 (rétrospectivement et officieusement Apollo 1a) (26 février 1966), mission non habitée, premier essai du lanceur Saturn IB.
- AS-203 (rétrospectivement et officieusement Apollo 3) (5 juillet 1966), mission non habitée, essai sur l’effet de l’apesanteur sur les réservoirs de carburant.
- AS-202 (rétrospectivement et officieusement Apollo 2) (25 août 1966), mission non habitée, essai sub-orbital du lanceur Saturn IB, du module de commande et de service.
- Apollo 1 (initialement AS-204) (27 janvier 1967), mission habitée, perte de l’équipage suite à un incendie pendant des essais au sol.
- Apollo 4 (9 novembre 1967), mission non habitée, essai du lanceur Saturn V.
- La mission Apollo 4 est le premier vol du lanceur géant Saturn V. À cette occasion, un vaisseau Apollo effectue pour la première fois une rentrée atmosphérique. Afin de recueillir un maximum d'informations sur ces manœuvres, 4098 instruments sont à bord.
- Apollo 5 (22 janvier 1968 - 12 février 1968), mission non habitée, essai du lanceur Saturn IB et du module lunaire.
- La mission Apollo 5 doit essayer le module lunaire en milieu réel, c'est-à-dire hors atmosphère et sous très basses pressions. L'on s'attache en particulier à vérifier ses moteurs d'ascension et de descente, ainsi que sa capacité à effectuer les manœuvres de séparation adéquates. La mission est également destinée à effectuer une manœuvre d'urgence consistant à activer les moteurs d'ascension alors que l'étage de descente est encore attaché — ce qui se produirait en cas d'abandon de la mission en cours d'atterrissage.
- La mission Apollo 6 a pour objectif de faire l’essai de la séparation entre le 1er et le 2e étage. Vol peu satisfaisant, puisque deux des moteurs J-2 du 2e étage cessent prématurément de fonctionner. La poussée a été compensée par les autres moteurs. Puis problème sur le troisième étage : l'unique moteur J-2 n'a pas voulu ici se rallumer. Malgré les quelques problèmes, les principaux objectifs techniques ont été atteints et cette mission a conforté la NASA à envoyer des hommes dans l’espace dans le cadre des missions Apollo.
[modifier] Missions d’essai habitées
- Apollo 7 (11 octobre 1968 - 22 octobre 1968), mission habitée, premier vol habité Apollo, première capsule à emmener trois astronautes en orbite.
- Apollo 7 est la première mission lunaire habitée. Son but était de valider les avancées techniques réalisées suite à l’échec d’Apollo 1. Au cours de son séjour en orbite, l’équipage essaye les manœuvres qui seront utilisées lors des missions lunaires. Après avoir quitté l’orbite terrestre et effectué leur rentrée dans l’atmosphère, la capsule et son équipage sont récupérés sans incident dans l’Atlantique. C’était également la première mission américaine à envoyer une équipe de trois hommes dans l'espace et à diffuser des images pour la télévision.
- Apollo 8 (21 décembre 1968 - 27 décembre 1968), mission habitée, premier vol autour de la Lune.
- La mission Apollo 8 est la première du programme qui quitta l’orbite terrestre pour se rendre sur celle de la Lune. Les astronautes firent au total 10 révolutions autour du satellite terrestre. Durant leur expédition, ils purent prendre différents clichés dont le premier d’un lever de Terre. Apollo 8 permit à l’Homme de voir directement la « face cachée » de la Lune. L’une des tâches dédiées à l'équipage consistait à effectuer une reconnaissance en vue d'un atterrissage, notamment de la mer de la Tranquillité où devait se poser Apollo 11.
- Apollo 9 (3 mars 1969 - 13 mars 1969), mission habitée, premier vol habité avec le module lunaire en orbite terrestre.
- Apollo 9 constitue le premier essai en vol de l’ensemble des équipements prévus pour une mission lunaire, qui porte à la fois sur le CSM, le Lem et le lanceur Saturn. Pour la première fois, on baptise le CSM (Gumdrop) et le Lem (Spider). L’équipage effectue toutes les manœuvres de la mission lunaire. En orbite terrestre, il simule un atterrissage du Lem et réalise le premier rendez-vous réel entre Lem et CSM. Les astronautes effectuent également une sortie extra-véhiculaire de 56 minutes pour essayer un transfert d’équipage du Lem au CSM par l’extérieur. En outre, ils essayent des manœuvres de secours, entre autres une procédure au cours de laquelle les astronautes pourraient utiliser le Lem comme « canot de sauvetage » au cas où le module de commande deviendrait non manœuvrable ou inhabitable ; c’est cette procédure qui sera par la suite utilisée pour récupérer l’équipage d’Apollo 13.
- Apollo 10 (18 mai 1969 - 26 mai 1969), mission habitée, premier vol habité autour de la Lune avec le module lunaire.
- Cette mission était avant tout une répétition pour la phase qui précédait l'atterrissage. Le module lunaire, surnommé « Snoopy », fut envoyé à 15,6 km de la surface lunaire. En dehors de cela, la mission reproduisait les principales étapes du vol final, à la fois dans l'espace et au sol. Peu après avoir quitté son orbite terrestre basse, le module de commande se sépara du troisième étage de Saturn V, effectua une rotation à 180° puis arrima son nez au sommet du module lunaire, lequel était encore attaché à la fusée Saturn. L'ensemble module de service et module lunaire se sépara ensuite du lanceur. Les moteurs du module de commande propulsèrent les deux vaisseaux jusqu'à la Lune. Young prit les commandes du CSM alors que Stafford et Cernan prenaient le contrôle du module lunaire. Ils vérifièrent notamment son radar et son moteur d'ascension, ainsi que le site d’atterrissage sur la mer de la Tranquillité.
[modifier] Missions habitées destinées à se poser sur la Lune
[modifier] Missions sans véhicule lunaire
- Apollo 11 (16 juillet 1969 - 24 juillet 1969), mission habitée, premiers pas de l’Homme sur la Lune.
- La mission des deux astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin va rentrer dans l’histoire. ALe 21 juillet 1969 l’Homme marche pour la première fois sur la Lune. Armstrong s’élance et déclare après son premier pas sur la Lune : « C’est un petit pas pour l’homme, mais c’est un bond de géant pour l’Humanité ». Armstrong et Aldrin installèrent ensuite un réflecteur laser (sa fonction est d’envoyer des ondes vers la Terre pour mesurer avec une précision de 45 m[réf. nécessaire] la distance Terre-Lune), un sismographe ultra-sensible (cet appareil enverra un signal électrique dès le moindre tremblement) et déroulèrent une feuille d’aluminium destinée à capter les particules solaires.
- Apollo 12 (14 novembre 1969 - 24 novembre 1969), mission habitée, première à se poser de manière précise.
- Lors de leur mission, Conrad et Bean installèrent une station scientifique automatisée, menèrent à bien des observations géologiques, prirent de nouvelles photographies de la Lune et de sa surface. Ils recueillirent également 34,1 kg d’échantillons du sol lunaire et récupérèrent certains éléments de la sonde Surveyor 3 qui s’était posée trois ans plus tôt sur la Lune à 180 m du lieu d’atterrissage du module lunaire. Lors de leurs 31 heures 31 minutes d’exploration, les deux astronautes réalisèrent deux excursions d’un total de 7 heures 45 minutes parcourant ainsi 2 km à pied et s’éloignèrent jusqu’à 470 m de leur base. De nombreuses améliorations ont été réalisées en particulier dans la précision de l’atterrissage par rapport à la mission Apollo 11. Les résultats furent si positifs qu’on projeta d’envoyer Apollo 13 dans une zone plus accidentée.
- Apollo 13 (11 avril 1970 - 17 avril 1970), mission habitée ; elle ne se pose pas suite à l’explosion d’un réservoir d’oxygène.
- La mission échoua suite à l’explosion violente du réservoir d’oxygène liquide situé dans le module de commande Odissey après 55 heures 54 minutes et 53 secondes de vol. Les membres d’équipage se réfugièrent dans le Lem Aquarius et y effectuèrent de longues manœuvres de correction de trajectoire pour retrouver le chemin de la Terre. Ils regagnèrent ensuite la capsule Odissey toujours arrimée au module lunaire juste avant de rentrer dans l’atmosphère terrestre. En fait, lors d’une vidange du réservoir d’oxygène, 15 jours avant le décollage, la gaine des fils qui le traversaient a fondu. Donc dans le réservoir, les fils étaient entièrement dénudés. Et quand Jack Swigert actionna le brassage du réservoir, des étincelles jaillirent et causèrent son explosion.
- Apollo 14 (31 janvier 1971 - 9 février 1971), mission habitée, première partie de golf lunaire, Alan Shepard est le premier (et le seul) des astronautes du programme Mercury à marcher sur la Lune.
- Apollo 14 se posa dans la région accidentée de Fra Mauro initialement dévolue à Apollo 13. Shepard et Mitchell passèrent plus de 9 heures à explorer une zone où la NASA pensait trouver des roches figurant parmi les plus anciennes alors recensées sur la Lune. Ils ramenèrent 42,9 kg d’échantillons rocheux et installèrent une station d’expérimentation automatisée.
[modifier] Missions avec un véhicule d’exploration lunaire
- Apollo 15 (26 juillet 1971 - 7 août 1971), mission habitée, première mission avec le Rover lunaire.
- Scott et Irwin passèrent 2 jours et 18 heures sur le sol lunaire. Au cours de leur 18 heures 36 minutes d’exploration de sa surface, ils parcoururent plus de 28,2 km à proximité du mont Hadley grâce à la jeep lunaire utilisée pour la première fois. Les 2 astronautes déployèrent aussi un ensemble d’instruments scientifiques. Parmi les 76 kg de roches prélevées, on a retrouvé ce qu’on pense être un cristallin de la croûte lunaire originelle vieille d'environ 4,6 milliards d’années. Worden fit une sortie spatiale exceptionnelle pendant le vol de retour car lors de son incursion de 16 minutes dans l’espace, le vaisseau Apollo se trouvait encore à 315 000 km de la Terre.
- Apollo 16 (16 avril 1972 - 27 avril 1972), mission habitée, première à se poser sur les hauts-plateaux.
- Young et Duke passèrent 20 h 14 min sur la Lune, installant plusieurs expériences, parcourant 26,7 km (ils disposaient aussi d’une Jeep lunaire) et recueillant 95,4 kg d’échantillons rocheux. De même que lors de la mission Apollo 15, l’équipage lança un mini-satellite destiné à capter les particules et le champ magnétique solaires.
- Apollo 17 (7 décembre 1972 - 19 décembre 1972), mission habitée, derniers pas de l’Homme sur la Lune.
- Le programme d’exploration lunaire prit fin avec le vol Apollo 17. L’astronaute Eugen Cernan et son compagnon Harrison Schmitt, un géologue civil américain, furent les derniers hommes à marcher sur la Lune : ils y passèrent 22 h 5 min, parcourant grâce à la Jeep lunaire 36 km dans la région des monts Taurus, près du cratère de Littrow. Pour la petite histoire, le module de commande de la mission s’appelait “ América ” et le module lunaire s’appelait “ Challenger ”, le tout formant une phrase véridique.
[modifier] Missions annulées
- L’annulation d’Apollo 18 fut particulièrement frustrante pour l’astronaute Joe Engle : alors qu’il devait partir pour la Lune au cours de la mission Apollo 17, la présence du géologue Harrison Schmitt (prévu à l’origine sur Apollo 18) fut jugée prioritaire. Joe Engle dut attendre la seconde mission de la navette spatiale Columbia en novembre 1981 pour effectuer son baptême de l’espace.
- Un programme « post-Apollo » devait succéder immédiatement au programme Apollo et permettre l’installation de bases permanentes sur la surface lunaire. Il fut abandonné pour des raisons budgétaires et militaires au profit du programme de navette spatiale américaine.
- Apollo 18, mission annulée.
- Apollo 19, mission annulée.
- Apollo 20, mission annulée.
- Apollo 21, mission annulée, non prévue à l’origine du programme Apollo. Fut temporairement ajoutée suite à l’échec d’Apollo 13
[modifier] Le bilan scientifique et technique
[modifier] Connaissance de la Lune
[modifier] Les retombées technologiques
[modifier] La Terre une planète unique et fragile
Beaucoup d’astronautes ont commenté ce que l’effet de voir la Terre depuis l’espace leur avait fait. Un des plus grands héritages des missions Apollo sont les photographies, maintenant communes, de notre Terre comme une fragile et petite planète. La plus célèbre de ces photos a été prise par les astronautes d’Apollo 17, c’est la bille bleue. Ces photos ont motivé beaucoup de personnes pour l’écologie et la colonisation de l’espace.
[modifier] Les suites du programme Apollo
- Depuis Apollo 17, aucun humain ne s’est éloigné de plus de 1000 km de la Terre…
- En 2008, le programme Constellation prévoit que la mission Orion 15 déposera le vaisseau Altaïr 2 sur la Lune en juin 2019 avec les premiers humains depuis 1972.
[modifier] Notes
- Le programme mobilisa 400 000 personnes et une grande part de l’industrie spatiale américaine.
- Le coût du programme fut de 25,4 milliards de dollars en 1969 (Équivalent à 135 milliards de dollars, en 2006).
- 9 missions amenèrent 3 astronautes chacune dans la banlieue lunaire ou sur la Lune (Apollo 8 à Apollo 17, sauf Apollo 9, resté dans la banlieue terrestre).
- 4 vaisseaux Apollo ont été, par la suite, utilisés pour les missions Skylab 2, 3, 4 et ASTP (Apollo Soyouz Test Program). Par abus de langage, cette dernière est parfois appelée Apollo 18.
- 3 pilotes firent deux voyages vers la Lune : Jim Lovell, John W. Young et Eugene Cernan, ce qui ramène à 24 le nombre d’astronautes à s’être éloignés de la Terre.
- 12 astronautes, tous différents, marchèrent sur la Lune, au cours de 6 missions réussies (Apollo 11 à Apollo 17, à l’exception d’Apollo 13).
- Afin de pouvoir emporter une plus grande quantité d’échantillons, les astronautes ont systématiquement abandonné les chaussures de leur scaphandre sur le sol lunaire (seules, une ou deux paires ont été rapportées pour être étudiées).
- Aux commandes du LEM (ou plutôt d’un simulateur permettant de recréer le vol final au-dessus de la Lune), Neil Armstrong est passé très près de la mort. Cet accident eut lieu non pas sur la Lune mais sur la Terre...
[modifier] Liste des astronautes qui ont approché la Lune
| Nom | Missions | Nombre | Posé sur la Lune |
|---|---|---|---|
| Buzz Aldrin | Module lunaire Apollo 11 | 1 | Oui |
| William A. Anders | Module lunaire Apollo 8 | 1 | Non |
| Neil Armstrong | Commandant Apollo 11 | 1 | Oui |
| Alan L. Bean | Module lunaire Apollo 12 | 1 | Oui |
| Frank Borman | Commandant Apollo 8 | 1 | Non |
| Eugene Cernan | Module lunaire Apollo 10, Commandant Apollo 17 | 2 | Oui |
| Michael Collins | Module de commande Apollo 11 | 1 | Non |
| Charles Conrad | Commandant Apollo 12 | 1 | Oui |
| Charles M. Duke, Jr | Module lunaire Apollo 16 | 1 | Oui |
| Richard F. Gordon, Jr. | Module de commande Apollo 12 | 1 | Non |
| Fred Haise | Module lunaire Apollo 13 | 1 | Non |
| James B. Irwin | Module lunaire Apollo 15 | 1 | Oui |
| Jim Lovell | Module de commande Apollo 8 et Commandant Apollo 13 | 2 | Non |
| Ken Mattingly | Module de commande Apollo 16 | 1 | Non |
| Ed Mitchell | Module lunaire Apollo 14 | 1 | Oui |
| Stuart Roosa | Module de commande Apollo 14 | 1 | Non |
| David R. Scott | Commandant Apollo 15 | 1 | Oui |
| Alan Shepard | Commandant Apollo 14 | 1 | Oui |
| Thomas Stafford | Commandant Apollo 10 | 1 | Non |
| John L. Swigert, Jr | Module de commande Apollo 13 | 1 | Non |
| Alfred Worden | Module de commande Apollo 15 | 1 | Non |
| John W. Young | Module de commande Apollo 10, Commandant Apollo 16 | 2 | Oui |
| Ronald E. Evans | Module de commande Apollo 17 | 1 | Non |
| Harrison H. Schmitt | Module lunaire Apollo 17 | 1 | Oui |
[modifier] Les LEM des missions Apollo
Ils étaient fabriqués par la société californienne Grumman. Après que plusieurs maquettes aient été réalisées la conception est figée en juillet 1965.
Liste des LEM :
- LEM-1 prévu pour Apollo 5 (essai automatisé autour de la Terre), il sera lancé le 22 janvier 1968.
- LEM-2 prévu pour un essai similaire, il ne sera jamais utilisé (le précédent ayant très bien fonctionné).
- LEM-3 surnommé Spider par l’équipage d’Apollo 9, il sera utilisé en essai habité en orbite terrestre et lancé le 3 mars 1969.
- LEM-4 surnommé Snoopy par Apollo 10, il est essayé en orbite lunaire et lancé le 18 mai 1969.
- LEM-5 « Eagle » sera utilisé par Apollo 11 et sera donc lancé le 16 juillet 1969.
- LEM-6 « Intrepid », utilisé sur Apollo 12. Lancé le 24 novembre 1969.
- LEM-7 « Aquarius », utilisé sur Apollo 13, il ne se posera jamais sur l’astre sélène… mais servira de « canot de sauvetage » et permettra la survie de l’équipage grâce à ses réservoirs d’oxygène.
- LEM-8 « Antares », utilisé sur Apollo 14, il sera lancé le 31 janvier 1971.
- LEM-9 prévu pour Apollo 15. La mission est reportée, le LEM restera donc sur Terre.
- LEM-10 lancé le 26 juillet 1971, il servira pour Apollo 15 (on le surnommera « Falcon »).
- LEM-11 « Orion » lancé le 16 avril 1972 pour Apollo 16.
- LEM-12 « Challenger » lancé le 7 décembre 1972 pour Apollo 17.
- LEM-13, 14, 15 furent prévus pour Apollo 18, 19 et 20. Ces missions étant annulées, ces LEM resteront sur Terre.
Le LEM-2 est exposé à Washington au Smithonian Air&Space Museum. Le LEM-9 est exposé au Kennedy Space Center (Floride). Le LEM-13 est exposé au Cradle of Aviation Museum (Long Island). Le LEM-14 est au Franklin Institute (Philadelphie). Le LEM-15 a été ferraillé.
[modifier] Notes et références
[modifier] Notes
- ↑ Mais D. Eisenhower repousse le projet de débarquement sur la Lune proposé par la NASA dès 1960 (Source J. Villain).
[modifier] Références
- ↑ J. Villain, op. cit., p.67
- ↑ J. Villain, op. cit., p.68-69
- ↑ (en) Discours prononcé le 25 mai 1961 par le président américain John Fitzgerald Kennedy (archive audio) sur Internet Archive
- ↑ (en)Project Apollo : A Retrospective Analysis
- ↑ les vols précédents étaient des vols balistiques c'est à dire que la capsule Mercury ne se mettait pas en orbite
- ↑ Chariots for Apollo Analysis of LOR
- ↑ Chariots for Apollo Analysis of LOR
- ↑ Chariots for Apollo NASA-Grumman Negotiations
[modifier] Sources
- (en) G Brooks, James M. Grimwood, Loyd S. Swenson, Chariots for Apollo: A History of Manned Lunar Spacecraft, 1979 Le programme Apollo : le développement du vaisseau Apollo (document NASA n° Special Publication--4205)
- (en) W. David Compton, Where No Man Has Gone Before: A History of Apollo Lunar Exploration Missions, 1989 Le programme Apollo et l'exploration de la Lune (document NASA n° Special Publication-4214 )
- (en) Hansen, James R, Enchanted Rendezvous : John C. Houbolt and the Genesis of the Lunar-Orbit Rendezvous Concept, 1995 Génèse du rendez-vous en orbite lunaire (LOR)
- Xavier Pasco, La politique spatiale des Etats-Unis 1958-1985 : Technologie, intéret national et débat public, L'Harmattan, 1997 (ISBN 2-7384-5270-1)
- Jacques Villain, À la conquête de l'espace : de Spoutnik à l'homme sur Mars, Vuibert Ciel & Espace, 2007 (ISBN 978-2-7117-2084-2)
- Patrick Maurel, L'escalade du Cosmos, Bordas, 1972
- (en) W.David Woods, How Apollo flew to the moon, Springer, 2008 (ISBN 978-0-387-71675-6).
Histoire du programme Apollo
- (en) David A. Mindell, Digital Apollo Human and Machine in Spaceflight, The MIT Press, 2008 (ISBN 978-0-262-13497-2).
Histoire de la conception des systèmes informatiques embarqués du programme Apollo
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
- Saturn V
- Module lunaire
- module de commande Apollo
- Apollo-Soyouz
- Programme lunaire habité soviétique
- Apollo 13
- Astronautique
- De la Terre à la Lune
[modifier] Liens externes
- (en) Archives des documents de la NASA sur les missions Apollo (fiches techniques, rapports de mission, journaux de bord, procédures, ...)
- (en) Publications de la NASA (histoires du projet, monographies,...)
- (fr) De la Terre à la Lune : Site d'amateur francophone
- (fr) Max.q Site d'amateur francophone
- (en) Banque de photos des missions apollo



