Hydrogène liquide

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lancement du satellite militaire DSP-23 le 10/11/2007 à bord d'une fusée Delta IV Heavy propulsée à l'hydrogène liquide (LH2) avec de l'oxygène liquide (LOX).
Propulseurs d'appoint Heavy : LOX / LH2
   - Impulsion spécifique : 410 s
   - Poussée : 3 312 kN pour chacun de deux propulseurs
   - Durée : 249 s
1er étage : LOX / LH2
   - Impulsion spécifique : 410 s
   - Poussée : 3 312 kN
   - Durée : 259 s
2e étage : LOX / LH2
   - Impulsion spécifique : 462 s
   - Poussée : 110 kN
   - Durée : 850 à 1 125 s
Article principal : Dihydrogène.

L'hydrogène liquide est le dihydrogène refroidi en dessous de son point de condensation, soit 20,28 K[1] (–252,87 °C) à pression atmosphérique (101 325 Pa). Il a alors une masse volumique de 70,973 kg/m3.

Il est généralement désigné par l'acronyme LH2 pour les applications astronautiques. C'est en effet l'un des combustibles liquides les plus utilisés au décollage, par exemple par les lanceurs tels que la navette spatiale, la fusée Delta IV et la fusée Ariane 5.

Liquéfaction du dihydrogène[modifier | modifier le code]

Le chimiste et physicien écossais James Dewar fut le premier à parvenir, en 1899, à liquéfier l'hydrogène, en combinant le refroidissement mécanique du gaz avec une détente adiabatique. Son procédé fut amélioré par un autre chimiste et physicien, le Français Georges Claude[2], pour donner ce qu'on appelle depuis le cycle de Claude :

  • Cycle à l'azote : refroidissement à 80 K avec de l'azote liquide
  • Cycle à l'hydrogène : compressions et détentes successives pour refroidir le gaz, dont une partie est recyclée comme réfrigérant pour alimenter le cycle
  • Détente isenthalpique de Joule-Thomson pour liquéfier l'hydrogène à 20 K.

Un autre procédé, le cycle de Brayton, utilise l'hélium liquide (le seul gaz à se liquéfier à une température inférieure à celle du dihydrogène) mélangé à l'argon (pour augmenter son poids moléculaire moyen afin de le rendre thermodynamiquement plus efficace dans les phases de refroidissement par compression).

L'énergie de liquéfaction théorique du dihydrogène (fonctionnement idéal) est d'environ 14 MJ/kg depuis la pression atmosphérique, c'est-à-dire 16 fois plus que pour liquéfier une masse équivalente de diazote.

La masse volumique de l'hydrogène liquide est assez faible de sorte que le nombre d'atomes d'hydrogène contenu dans un volume donné d'hydrogène liquide est moins élevé que dans le cas de certains hydrocarbures liquides. La chaleur de combustion d'un volume donné d'hydrogène liquide est inférieure à celle du même volume de ces hydrocarbures[3].

Isomérie de spin du dihydrogène[modifier | modifier le code]

Article principal : isomérie de spin du dihydrogène.

La molécule de dihydrogène connaît deux formes allotropiques :

  • le parahydrogène, dans lequel les deux noyaux sont de spin opposé
  • l'orthohydrogène, dans lequel les deux noyaux ont aligné leur spin

L'orthohydrogène représente 75 % des molécules à température ambiante, mais seulement 0,21 % à 20 K, la transition ortho → para étant exothermique (527 kJ/kg). Afin d'éviter qu'elle ne survienne pendant le stockage, et ne provoque l'ébullition d'une partie importante du gaz liquéfié (près de la moitié en dix jours si on laisse la conversion se faire naturellement), on réalise jusqu'à 95 % de la conversion ortho → para au moment de la liquéfaction à l'aide de catalyseurs tels que l'oxyde ferrique Fe2O3, le charbon actif, l'amiante platinée, les terres rares, des composés de l'uranium, l'oxyde chromique Cr2O3 ainsi que certains composés du nickel[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] A report on the international practical temperature scale of 1968, sur le site iupac.org, consulté le 7 septembre 2013
  2. Fondateur de la société L'Air liquide
  3. Ces deux propositions sont vraies pour un assez grand nombre d'hydrocarbures liquides aux conditions ordinaires: butane, octane, kérosène mais non point pour les hydrocarbures aromatiques tels que le benzène
  4. [PDF] Conversion ortho → para, slide no 13- non trouvé le 7 septembre 2013, sur le site mae.ufl.edu

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]